BKT EuroCup 2025/2026 : la saison où l’Europe s’est arrêtée entre Istanbul, Jérusalem et une dernière bataille franco-turque
Une compétition qui ne tolère pas le récit creux
Le BKT EuroCup lors de la saison 2025/2026 n’est pas seulement la deuxième compétition européenne de clubs par ordre d’importance. C’est une ligue de 20 clubs issus de 13 pays, étalée sur deux groupes, 18 journées de saison régulière et des phases éliminatoires où une mauvaise soirée efface des mois de travail. La saison a été ouverte le 30 septembre 2025, la saison régulière s’est terminée le 11 février 2026, les huitièmes de finale ont été joués les 10 et 11 mars, les quarts de finale les 17 et 18 mars, les demi-finales sont programmées les 31 mars, 3 et 8 avril, et la finale est prévue les 22 et 28 avril ainsi que, si nécessaire, le 1er mai 2026.
L’EuroCup reste une compétition dans laquelle le format crée le drame. Dans les groupes, on joue en aller-retour, chacun contre chacun à domicile et à l’extérieur, pour un total de 18 journées. Les six premiers de chaque groupe poursuivent l’aventure, mais la répartition des récompenses n’est pas la même pour tout le monde : les premiers et deuxièmes de groupe sautent les huitièmes de finale et vont directement en quarts de finale, tandis que les troisièmes à sixièmes doivent survivre à un tour supplémentaire. Les huitièmes de finale et les quarts de finale se jouent sur un seul match, sans rattrapage. Seules les demi-finales et la finale ramènent la série à deux, puis à trois matches. En d’autres termes : la saison régulière récompense la continuité, les phases éliminatoires punissent chaque fissure.
Qui joue : vingt clubs, deux groupes, une série de signatures basket différentes
Dans le groupe A ont joué Hapoel Jerusalem, BAXI Manresa, U-BT Cluj-Napoca, Bahcesehir College Istanbul, Umana Reyer Venice, Aris Thessaloniki, Neptunas Klaipeda, Cedevita Olimpija Ljubljana, Veolia Towers Hamburg et Slask Wroclaw.
Dans le groupe B ont joué Turk Telekom Ankara, JL Bourg-en-Bresse, ratiopharm Ulm, Besiktas GAIN Istanbul, Buducnost VOLI Podgorica, Panionios Athens, Lietkabelis Panevezys, Dolomiti Energia Trento, NINERS Chemnitz et London Lions.
Ce n’est pas une liste décorative, mais un éventail de styles. Hapoel Jerusalem a apporté une attaque qui broyait par le rythme et la profondeur. Besiktas ressemblait à une équipe qui sait quand accélérer et quand transformer un match en affrontement physique. Tout au long de la saison, Bahcesehir a tenu le rebond et la pression défensive, Cluj a joué vite et large, Bourg a recherché la fluidité et la circulation du ballon, et Turk Telekom est de nouveau arrivé au printemps comme une équipe que personne n’aime voir dans un match couperet.
À quoi a ressemblé la saison régulière : le sommet avec peu de pitié
La saison régulière s’est terminée avec deux vainqueurs de groupe au bilan de 13-5 : Hapoel Jerusalem a terminé premier du groupe A, et Besiktas premier du groupe B. Derrière Hapoel se sont classés Bahcesehir, Cedevita Olimpija, Reyer Venezia, Manresa et Cluj-Napoca. Dans l’autre groupe, derrière Besiktas, ont terminé Bourg, Buducnost, Turk Telekom, Trento et NINERS Chemnitz.
Un tel dénouement n’avait rien d’un hasard. Hapoel Jerusalem a été le moteur statistique collectif de la saison : 113,7 de PIR d’équipe et 96,5 points par match ont été les meilleures performances parmi tous les clubs. Besiktas a réussi le plus de tirs à trois points par match parmi les équipes de tête, 10,8, et a terminé la saison régulière comme une équipe qui, à domicile, paraissait presque intouchable. Bahcesehir a été premier au rebond total avec 39,1 rebonds par rencontre, et Cluj premier aux passes avec 22,8 par match. Celui qui ne regardait que le classement voyait l’ordre ; celui qui regardait les matches voyait les schémas de victoire.
Les joueurs qui ont marqué la saison
Si la saison doit être réduite à quelques visages, il est impossible de contourner Daron Russell. Le meneur, avec une moyenne de 19,7 points par match, a été le meilleur marqueur de la saison et le type d’arrière capable de faire basculer un match à partir de rien, sans longue préparation de possession. Jared Harper, avec 18,6 points et 22,7 de PIR, est resté parmi les attaquants les plus meurtriers de la compétition, tandis qu’Ante Zizic, avec la même moyenne de PIR, s’est imposé comme la figure centrale du jeu intérieur de Besiktas.
Arnas Velicka a été le meilleur passeur de la compétition avec 7,7 passes par match, Austin Wiley le meilleur rebondeur avec 9,3 rebonds, Dogus Ozdemiroglu le premier voleur de ballons avec 2,1 interceptions, et Kaodirichi Akobundu-Ehiogu le meilleur contreur avec 1,8 contres. Ce ne sont pas seulement de belles colonnes dans un tableau. Ce sont des profils qui révèlent comment on gagne en EuroCup : les uns cassent les matches par le tir, les autres par le contrôle de la raquette, d’autres encore par la pression sur le ballon, et d’autres enfin par le rythme des passes.
Jusqu’au 7 avril 2026 : un finaliste connu, l’autre place brûle encore
À la date du 7 avril 2026, l’EuroCup n’a pas encore une affiche de finale complète, mais un finaliste est déjà connu. Besiktas s’est qualifié pour la finale aux dépens du rival de la ville Bahcesehir, et de manière convaincante : 91-72 lors du premier match et 82-72 lors du deuxième. Ce n’était pas un passage grâce à l’expérience, mais grâce au contrôle. Dans cette série, Besiktas a paru plus profond, plus solide et plus calme, une équipe qui sait reconnaître le moment où il faut serrer l’adversaire jusqu’au bout.
L’autre histoire de demi-finale n’est pas encore terminée. Turk Telekom a ouvert la série à Bourg-en-Bresse par une victoire brutale 99-71, mais Bourg a répondu à Ankara et a remporté le deuxième match 76-73. Cela signifie que le 8 avril arrive un match d’appui en France, une rencontre qui décide du deuxième voyageur vers la finale. Un tel calendrier donne à cette saison exactement ce que l’EuroCup a souvent en avril : la sensation que plusieurs mois de travail se brisent au final en quarante minutes et en deux ou trois possessions.
Arènes et villes : l’atlas basket de la saison
Cette saison s’est jouée à travers un large arc géographique, de Las Palmas et Ljubljana à Jérusalem, Ankara et Podgorica. Certaines salles portent une grande histoire européenne même lorsqu’aucune finale n’y est jouée, et certaines sont plus petites, mais en EuroCup elles produisent une tension presque de laboratoire parce que le public est assis pratiquement sur le parquet.
- Sinan Erdem Sports Hall, Istanbul – environ 16.000 places ; l’une des plus grandes scènes de la saison et la salle dans laquelle Besiktas et Bahcesehir ont joué un match de demi-finale devant 12.525 spectateurs.
- Ankara Spor Salonu / Ankara Arena, Ankara – environ 10.400 places ; le domicile de Turk Telekom et la salle dans laquelle l’équipe hôte a construit pendant la saison le rythme d’un nouveau bond printanier.
- Pais Arena, Jerusalem – environ 11.000 places ; le grand théâtre domestique de Hapoel, l’équipe qui a terminé première du groupe A.
- Ekinox, Bourg-en-Bresse – 3.548 places ; une salle plus petite, mais ce sont justement de telles salles qui créent en EuroCup une atmosphère dense, presque de play-off, dès l’entre-deux initial.
- BTarena, Cluj-Napoca – environ 10.000 places ; une arène roumaine moderne où Cluj a, cette saison encore, poussé un rythme offensif élevé.
- Stožice Arena, Ljubljana – jusqu’à 12.480 places pour le basket ; le domicile de Cedevita Olimpija et l’une des plus grandes salles parmi les participants de cette saison.
- Morača, Podgorica – environ 6.000 places ; une salle qui a depuis des années la réputation d’être l’une des adresses régionales les plus dures pour les déplacements.
- Gran Canaria Arena, Las Palmas – environ 11.500 places ; bien que Gran Canaria ne figure pas parmi les participants cette saison, cette salle reste une référence importante de l’EuroCup en raison de la finale 2023.
C’est précisément la combinaison des grandes arènes et des salles denses et bruyantes de plus petite capacité qui donne à l’EuroCup son ton reconnaissable. Ce n’est pas une compétition d’une seule esthétique. Un soir, tu joues devant plus de dix mille personnes, et le suivant une salle compacte t’attend, où chaque défense se fait entendre comme un choc métallique.
Une histoire qu’on ne peut pas contourner
L’EuroCup d’aujourd’hui porte une continuité officielle depuis 2003, et entrer dans l’histoire de la compétition signifie presque toujours aussi entrer dans une classe européenne supérieure. Les derniers champions avant cette saison étaient Hapoel Tel Aviv en 2024/2025, Paris Basketball en 2023/2024, Gran Canaria en 2022/2023 et Virtus Bologna en 2021/2022. La saison dernière, Hapoel a balayé Gran Canaria 2-0 en finale et a inscrit 103 points lors du deuxième match, ce qui est devenu le record des finales pour le plus grand nombre de points marqués par une équipe ; lors de ce même match, le record du nombre de tirs à trois points réussis en finale a également été battu.
Si l’on regarde l’histoire plus large, Valencia est le club le plus titré de la compétition avec quatre titres. C’est une donnée qui en dit long sur le poids du tournoi : remporter l’EuroCup n’est pas un épisode, mais une inscription dans un registre européen sérieux. C’est pourquoi chaque nouvelle saison ne se lit pas seulement à travers la question de savoir qui est le meilleur maintenant, mais aussi à travers celle de savoir qui rejoindra ce cercle étroit de clubs qui ont su tenir jusqu’en avril et en mai.
Les détails intéressants qui rendent la saison vivante
L’EuroCup 2025/2026 a déjà apporté plusieurs histoires qui valent au-delà du simple résultat. Besiktas et Bahcesehir ont transformé la demi-finale en un affrontement stambouliote avec un public du genre qu’on ne voit pas chaque semaine dans le deuxième échelon européen. Bourg et Turk Telekom ont ouvert leur série par un choc au tableau d’affichage de 99-71 pour l’équipe turque, avant que les Français ne répondent seulement trois jours plus tard et n’arrachent un match d’appui. C’est l’EuroCup dans sa forme pure : un match fait de toi le favori, le suivant te ramène à zéro.
Lors de la saison régulière, on a aussi enregistré des extrêmes au score qui révèlent le rythme de la saison. Le 30 décembre, Bahcesehir a écrasé Hamburg 105-68 pour la plus large victoire à domicile de la saison, le 21 janvier, Turk Telekom s’est imposé chez Panionios 106-61 pour la plus large victoire à l’extérieur, et la rencontre entre Neptunas et Reyer s’est terminée sur le score de 118-103, ce qui constitue le match le plus prolifique de la saison. Ce sont des chiffres qui montrent à quel point l’EuroCup est large : dans la même compétition, il y a de la place aussi bien pour une bagarre tactique à quelque soixante-dix points que pour un match qui va largement au-delà de deux cents points cumulés.
C’est aussi dans cette ampleur que réside son attrait. Ce n’est pas une compétition dans laquelle il n’existe qu’un seul modèle de réussite. Tu peux aller au bout avec une attaque comme Hapoel, une forteresse à domicile comme Besiktas, le rebond comme Bahcesehir ou un bon timing de forme comme Turk Telekom. C’est pourquoi la saison 2025/2026, jusqu’au 7 avril, a laissé l’impression d’une course ouverte, même maintenant qu’un finaliste est déjà connu. En ce sens, l’EuroCup est resté fidèle à lui-même : suffisamment grand pour que toute l’Europe le suive, suffisamment rude pour que seule l’équipe qui sait jouer aussi bien en octobre qu’en avril le remporte.