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Vols de rapatriement du MV Hondius après une épidémie de hantavirus aux Canaries

Les passagers du MV Hondius ont été débarqués à Tenerife après une épidémie confirmée de hantavirus. Voici ce que l’on sait des vols de rapatriement, du suivi sanitaire, des risques pour les voyageurs et des mesures prises par les autorités espagnoles et internationales

· 14 min de lecture

Début de l’évacuation des passagers du MV Hondius après une flambée de hantavirus

Les passagers du navire de croisière MV Hondius, un bâtiment battant pavillon néerlandais lié à une flambée de hantavirus pendant une traversée de l’Atlantique, ont commencé à débarquer le 10 mai 2026 à Tenerife, dans les îles Canaries espagnoles. Selon un rapport de l’agence Associated Press, le premier groupe de passagers évacués a quitté le navire dans le port de Granadilla, après quoi ils ont été transportés vers l’aéroport et embarqués sur des vols de rapatriement. Les autorités espagnoles ont annoncé que l’opération se déroule progressivement, selon la nationalité des passagers et les protocoles des pays qui les prennent en charge. À bord, selon les informations disponibles, il n’y avait plus de personnes présentant des symptômes de la maladie au moment du début du débarquement, mais l’évacuation est menée avec des mesures de protection renforcées. Les passagers et le personnel impliqué dans le transfert portaient des équipements de protection, et les contacts avec la population locale ont été réduits au minimum possible.

Le MV Hondius était ancré les jours précédents au large du Cap-Vert, après qu’un groupe de cas de maladie respiratoire grave a été enregistré pendant le voyage. L’Organisation mondiale de la Santé a annoncé avoir reçu, le 2 mai 2026, une notification concernant un cluster de personnes malades sur un navire de passagers naviguant d’Argentine vers le Cap-Vert. Selon la mise à jour de l’OMS du 8 mai, huit cas au total ont été signalés, dont trois décès. Six cas ont été confirmés en laboratoire comme une infection par hantavirus, et tous les échantillons confirmés ont été identifiés comme le virus Andes, une souche associée à une forme pulmonaire-cardiaque grave de la maladie en Amérique. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a indiqué que le navire était arrivé au port de Granadilla à Tenerife et que les passagers avaient commencé à embarquer sur une série de vols de rapatriement.

L’opération de débarquement a été organisée par étapes

L’évacuation n’a pas été menée comme un débarquement habituel d’un navire de croisière, mais comme une opération contrôlée de santé publique et de logistique. Selon le ministère espagnol de la Santé, la Commission de santé publique a approuvé un protocole pour la prise en charge des personnes débarquant du MV Hondius, et les mesures reposent sur le principe de précaution. Le protocole prévoit l’évaluation de l’état de santé, l’identification des contacts, la surveillance des personnes qui se trouvaient à bord ainsi que la coordination entre les services étatiques, régionaux et internationaux. L’Espagne a pris la décision d’accueillir le navire après coordination avec l’Organisation mondiale de la Santé, l’ECDC, les autorités des Pays-Bas, l’opérateur maritime et d’autres États dont les ressortissants figurent parmi les passagers et les membres d’équipage.

Selon l’AP, le premier avion transportant des passagers évacués a décollé de Tenerife à destination de Madrid, où les ressortissants espagnols ont été dirigés vers un hôpital militaire pour observation. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, selon le même rapport, a indiqué que les passagers français passeraient 72 heures sous surveillance hospitalière après leur retour, puis poursuivraient une quarantaine à domicile. Les passagers américains, selon des rapports de médias américains et internationaux citant des responsables sanitaires, devaient être transportés aux États-Unis pour une évaluation et un suivi supplémentaires. Les États impliqués dans le rapatriement appliquent leurs propres protocoles, mais l’objectif commun est la détection précoce de symptômes possibles pendant la période d’incubation. Pour cette raison, le débarquement ne devrait pas signifier un retour immédiat des passagers à leurs activités habituelles.

Le nombre de passagers dans les rapports publics variait selon le moment de publication et selon que seuls les passagers ou également les membres d’équipage étaient comptés. L’OMS a indiqué dans son premier rapport qu’il y avait 147 passagers et membres d’équipage à bord, tandis que le ministère espagnol de la Santé parlait d’environ 150 personnes issues de 23 États, parmi lesquelles 14 ressortissants espagnols. L’ECDC a publié que des personnes de 23 pays se trouvaient à bord, dont neuf États de l’Union européenne et de l’Espace économique européen. Une telle composition explique pourquoi l’évacuation est menée par étapes, avec des protocoles d’accueil distincts dans les pays de destination.

Ce que l’on sait jusqu’à présent des personnes malades

Selon l’OMS, les premiers symptômes chez les personnes atteintes sont apparus entre le 6 et le 28 avril 2026. La maladie, selon le rapport de l’organisation, commençait par de la fièvre et des troubles digestifs, et dans les cas les plus graves elle progressait rapidement vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un choc. Dans un rapport antérieur, l’OMS avait fait état de sept cas, dont deux confirmés en laboratoire, cinq suspects, avec trois décès. Dans la mise à jour du 8 mai, il a été confirmé que le nombre de cas signalés était passé à huit, dont six confirmés en laboratoire. L’organisation a souligné que l’enquête se poursuit, y compris le suivi épidémiologique des passagers, la reconstruction des expositions possibles et la vérification des contacts après le débarquement de passagers antérieurs.

Le ministère espagnol de la Santé a publié que le navire des Pays-Bas naviguait depuis l’Argentine, avec une destination initiale vers le Cap-Vert, après un passage par l’Afrique du Sud. Dans son rapport de situation, le ministère a indiqué que l’événement avait été signalé dans le cadre du Règlement sanitaire international, ce qui signifie qu’il est traité comme un événement transfrontalier de santé publique nécessitant un échange d’informations entre États. Selon les données disponibles, les personnes symptomatiques avaient auparavant été évacuées du navire, tandis que les personnes qui étaient restées sur le MV Hondius au moment de l’arrivée à Tenerife étaient sans symptômes. Cela ne supprime pas la nécessité d’une surveillance, car les symptômes de l’infection par le virus Andes peuvent apparaître après une période plus longue depuis l’exposition. Le CDC américain indique que les symptômes du syndrome pulmonaire à hantavirus causé par le virus Andes apparaissent habituellement dans un délai de 4 à 42 jours après l’exposition.

À l’heure actuelle, aucune source unique d’infection n’a été officiellement confirmée. L’OMS indique que les hantavirus se maintiennent naturellement chez les rongeurs sauvages et que les personnes sont le plus souvent infectées par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, ou par inhalation de particules contaminées. Dans des informations antérieures, le ministère espagnol de la Santé a indiqué que des expositions possibles pendant le voyage étaient étudiées, y compris un séjour dans une zone où des rongeurs auraient pu être présents, mais une autre explication n’a pas non plus été exclue. Comme il s’agit du virus Andes, les autorités sanitaires suivent particulièrement la possibilité d’une transmission limitée entre humains, bien que l’OMS et le CDC soulignent qu’une telle transmission est rare et associée principalement à un contact étroit et prolongé avec une personne symptomatique. En raison de cette spécificité, le cas se distingue de la plupart des infections à hantavirus, qui ne se transmettent pas entre humains.

Le risque pour le grand public est évalué comme faible

L’Organisation mondiale de la Santé a indiqué que le risque de santé publique pour la population générale est faible, tout en précisant que des mesures de précaution sont mises en œuvre afin d’éviter une exposition possible pendant le débarquement et la poursuite du voyage. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné dans une déclaration publique que cet événement ne peut pas être comparé à la pandémie de COVID-19 et qu’il s’agit d’un virus différent, d’un mode de transmission différent et d’une ampleur de risque différente. L’ECDC a également indiqué que, dans le contexte du MV Hondius, des vols de rapatriement et un suivi des passagers sont réalisés, et que le public est orienté vers les informations officielles des autorités sanitaires nationales. L’évaluation d’un faible risque ne signifie pas que la maladie est bénigne, mais que, selon le mode de transmission connu jusqu’à présent et l’état actuel à bord, une propagation incontrôlée dans la communauté n’est pas attendue. C’est pourquoi l’accent est mis sur des mesures ciblées pour les personnes qui ont été exposées, et non sur de larges restrictions pour la population de Tenerife ou d’autres destinations.

Dans un avis sanitaire sur cet événement, le CDC indique que le virus Andes est le seul hantavirus pour lequel une transmission de personne à personne a été documentée. Une telle transmission, selon le CDC, est rare et exige en règle générale un contact étroit et prolongé avec une personne symptomatique, y compris une exposition à la salive, aux sécrétions respiratoires ou à d’autres fluides corporels. Dans son explication de la maladie, l’OMS indique que les hantavirus dans les Amériques peuvent provoquer un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, une affection qui atteint rapidement les poumons et le cœur, tandis qu’en Europe et en Asie ils sont plus souvent associés à une fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Les symptômes précoces peuvent ressembler à d’autres infections, ce qui complique la reconnaissance de la maladie au stade initial. C’est précisément pourquoi les protocoles pour les passagers du MV Hondius comprennent l’observation, le signalement rapide des symptômes et des contrôles de santé après le retour.

Pour le grand public, le message le plus important des autorités sanitaires est que le hantavirus ne se propage pas comme les virus respiratoires saisonniers. L’exposition habituelle est liée aux rongeurs et à leurs excrétions, surtout dans des espaces fermés ou poussiéreux où des rongeurs ont séjourné. Dans ce cas, une attention supplémentaire est portée au virus Andes parce qu’il peut, dans de rares circonstances, se transmettre entre humains. Toutefois, les agences de santé publique n’indiquent pas pour l’instant qu’il existe un risque pour les personnes qui n’étaient pas à bord, n’ont pas été en contact étroit avec les malades et n’ont pas participé à l’opération de débarquement. Les mesures de protection dans le port de Granadilla visent donc avant tout à contrôler le cercle connu des personnes exposées et à empêcher tout contact inutile pendant le transit.

L’Espagne coordonne la réponse face à la pression internationale et aux inquiétudes locales

L’arrivée du MV Hondius aux îles Canaries a également suscité des inquiétudes locales en Espagne. Une partie des responsables des îles Canaries a demandé une communication claire sur les risques et la protection de la population, tandis que le gouvernement central, selon les annonces de La Moncloa et du ministère de la Santé, a souligné que l’accueil du navire est organisé en coordination avec l’OMS et des partenaires internationaux. Le ministère a insisté sur le fait que les informations seraient publiées sur la base de données vérifiées. Une telle approche est importante parce que, dans les crises sanitaires sur des navires, l’incertitude et les informations inexactes peuvent se propager très rapidement.

L’opération à Tenerife implique plusieurs niveaux d’autorités et de services, des équipes sanitaires aux services portuaires et de sécurité. Selon les annonces espagnoles, les personnes qui débarquent doivent passer une évaluation sanitaire et recevoir des instructions supplémentaires, tandis que l’organisation du voyage est adaptée aux plans des différents États. Les passagers ne sont pas retenus dans des infrastructures touristiques, mais orientés vers des itinéraires et des vols contrôlés. Dans le cas des ressortissants espagnols, selon l’AP et des sources espagnoles, un départ vers Madrid et une surveillance dans un hôpital militaire sont prévus. Pour les ressortissants étrangers, la responsabilité est partagée entre les autorités espagnoles, les représentations diplomatiques et les institutions sanitaires des États qui les prennent en charge.

Le fait que le MV Hondius soit un navire de croisière d’expédition joue également un rôle particulier. De tels voyages comprennent souvent de longues routes loin des grands ports, ce qui, en cas d’incident sanitaire, complique l’évacuation médicale et le traitement épidémiologique. Selon les informations disponibles, le navire devrait, après la fin de l’évacuation, poursuivre sa route vers Rotterdam, où d’autres procédures concernant l’équipage et la désinfection sont attendues. Le navire est ainsi traité comme un espace nécessitant un traitement sanitaire et technique, et pas seulement comme un moyen de transport ayant terminé son voyage.

Une surveillance sanitaire suivra après le retour des passagers

Après le débarquement à Tenerife, la partie principale de la réponse de santé publique se déplace vers les pays de destination. Les passagers qui rentrent chez eux seront, selon les protocoles nationaux, maintenus en observation hospitalière, dirigés vers une quarantaine ou suivis par un système de signalement régulier aux services de santé. Les différences entre États ne signifient pas nécessairement une évaluation différente du danger, mais reflètent des cadres juridiques différents, l’organisation de la santé publique et les capacités disponibles. Ce que tous les protocoles ont en commun, c’est que l’attention se concentre sur la période d’incubation et sur la reconnaissance rapide de symptômes tels que fièvre, troubles digestifs, toux, difficultés respiratoires ou détérioration soudaine de l’état général. En cas de suspicion de maladie, les personnes doivent contacter les services de santé compétents selon les instructions qu’elles ont reçues lors du rapatriement.

Pour les autorités espagnoles, la fin du débarquement ne signifiera pas la fin de l’opération. Il faut achever le transfert de tous les groupes de passagers, maintenir la sécurité dans le port et à l’aéroport, coordonner les données avec d’autres États et veiller à ce que le navire poursuive ensuite la procédure de traitement prévue. Pour les institutions sanitaires internationales, le cas du MV Hondius restera important pour plusieurs raisons : il s’agit d’une maladie rare sur un navire avec des passagers de plusieurs pays, le virus Andes a été confirmé, et l’événement a montré à quel point le rapatriement est complexe dans une situation où des personnes potentiellement exposées se trouvent dans un environnement maritime fermé. Les évaluations officielles restent pour l’instant rassurantes pour le grand public, mais les mesures opérationnelles restent strictes pour ceux qui faisaient partie du cercle connu d’exposition. C’est précisément cette combinaison d’un faible risque public et d’une grande prudence envers les personnes exposées qui caractérise la réponse à la flambée de hantavirus liée au MV Hondius.

Sources :
- World Health Organization – rapport actualisé sur le cluster de hantavirus lié au voyage du navire de croisière MV Hondius et à la confirmation du virus Andes (lien)
- World Health Organization – déclaration publique et explication de la réponse de l’OMS aux cas de hantavirus liés au navire MV Hondius (lien)
- European Centre for Disease Prevention and Control – mise à jour épidémiologique sur la flambée du virus Andes à bord du navire MV Hondius et l’arrivée à Granadilla à Tenerife (lien)
- Ministerio de Sanidad, Espagne – protocole de prise en charge des personnes débarquées du navire MV Hondius et de coordination de la réponse de santé publique (lien)
- La Moncloa / Ministerio de Sanidad – annonce sur la coordination de l’Espagne avec l’OMS et les autorités internationales dans la réponse au navire MV Hondius (lien)
- Associated Press – rapport sur le début du débarquement et les vols de rapatriement des passagers du MV Hondius à Tenerife (lien)
- U.S. Centers for Disease Control and Prevention – avis sanitaire sur le cluster multinational de hantavirus lié à un navire de croisière et les particularités du virus Andes (lien)
- World Health Organization – fiche d’information générale sur les hantavirus, leur mode de transmission et les formes cliniques de la maladie (lien)

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