La Biélorussie demande un retour plus rapide des sportifs aux compétitions internationales après le revirement du CIO
Le ministère biélorusse des Sports a appelé les fédérations sportives internationales à suivre la nouvelle recommandation du Comité international olympique et à lever les restrictions restantes imposées aux sportifs biélorusses. Le vice-ministre des Sports et du Tourisme Aleksandr Baraulya a déclaré à l’agence d’État biélorusse BelTA que le CIO avait « fait son geste », mais que la décision en elle-même ne signifiait pas encore un retour automatique dans tous les sports. Sa déclaration intervient après que la commission exécutive du CIO a annoncé qu’elle ne recommandait plus de restrictions à la participation des sportifs biélorusses, y compris des équipes, aux compétitions relevant de la compétence des fédérations internationales et des organisateurs d’événements sportifs. Cela a ouvert une nouvelle phase dans le débat qui dure depuis 2022, lorsque la Russie et la Biélorussie, en raison de l’invasion russe de l’Ukraine et du rôle de Minsk dans cette guerre, ont été confrontées à des sanctions sportives.
Selon l’annonce du CIO, la nouvelle recommandation concerne la Biélorussie, mais pas la Russie. Le comité a souligné que la situation du Comité olympique russe diffère de celle du Comité national olympique de Biélorussie, notamment en raison de la suspension de l’organe olympique russe et de questions supplémentaires liées au système antidopage russe. En pratique, cela signifie que les fédérations internationales disposent désormais d’un fondement politique et procédural pour normaliser le statut des sportifs biélorusses, mais conservent leur propre compétence sur les règles d’entrée, les qualifications, les drapeaux, les hymnes, les participations par équipes et les délégations officielles. C’est pourquoi la réaction des différents sports est pour l’instant inégale.
Baraulya a estimé auprès de BelTA que le processus de retour s’était déjà accéléré, mais il a ajouté que plusieurs fédérations n’avaient pas encore modifié leurs règles. Il a notamment distingué le hockey sur glace, l’athlétisme et le biathlon comme des sports dans lesquels, selon ses mots, la partie biélorusse ne voit toujours pas l’avancée attendue. Il a également indiqué que le handball et le basket-ball n’ont jusqu’à présent ouvert qu’un retour partiel, principalement pour les catégories plus jeunes ou des formats de compétition limités. Cela montre que la décision du CIO agit comme un signal que chaque fédération interprète selon ses propres règles, ses évaluations de sécurité et son rapport à la guerre en Ukraine.
La décision du CIO ne réintègre pas automatiquement les sportifs dans toutes les compétitions
Le Comité international olympique a annoncé le 7 mai 2026 qu’il ne recommandait plus de restrictions à la participation des sportifs et équipes biélorusses aux compétitions internationales. Dans son communiqué, il a été souligné que la participation des sportifs ne devrait pas être limitée en raison des actions de leurs gouvernements, y compris l’implication dans une guerre ou un conflit. Cette formulation marque un éloignement de la politique introduite après le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, lorsque de nombreuses organisations sportives, sur recommandation du CIO, ont exclu les sportifs russes et biélorusses des compétitions internationales ou ne leur ont permis de participer que sous statut neutre.
Selon les rapports d’Euronews et d’autres médias internationaux, les sportifs biélorusses ont participé aux derniers cycles olympiques en nombre fortement limité et sans signes distinctifs nationaux. Aux Jeux olympiques de Paris 2024 et aux Jeux olympiques d’hiver Milano Cortina 2026, ils ont pu concourir comme sportifs individuels neutres, sans drapeau biélorusse, sans hymne et sans équipe nationale standard. Le CIO a désormais estimé qu’une telle recommandation générale n’était plus nécessaire pour la Biélorussie, en particulier à l’approche de la période de qualification pour les Jeux olympiques d’été de Los Angeles 2028.
Malgré cela, la décision ne signifie pas que toutes les fédérations internationales soient tenues de modifier immédiatement leurs règlements. Dans le système olympique, de nombreuses qualifications, championnats du monde et continentaux ainsi que calendriers professionnels dépendent des règles des fédérations individuelles. Les fédérations peuvent conserver des mesures plus strictes, les assouplir seulement pour certains âges ou certaines disciplines, et fixer des conditions particulières pour les entraîneurs, le personnel officiel et les fédérations nationales. C’est précisément cette différence qu’a soulignée Baraulya, affirmant que les fédérations sportives biélorusses continuent de s’adresser activement aux instances internationales afin d’accélérer le retour aux compétitions.
La partie biélorusse présente la décision du CIO comme une avancée diplomatique et sportive importante. Dans l’entretien avec BelTA, le vice-ministre a déclaré que les sportifs et les supporteurs biélorusses avaient accueilli positivement la décision et que certaines fédérations avaient déjà réagi. Mais il a en même temps reconnu que, dans une série de sports, les règles n’avaient pas encore changé ou n’avaient été assouplies que partiellement. Il a ainsi confirmé que le véritable retour ne se déroulera pas par un seul acte administratif, mais par une série de décisions séparées, sport par sport.
L’athlétisme reste l’un des principaux exemples de résistance
L’une des exceptions les plus importantes pour l’instant est l’athlétisme. World Athletics a imposé dès 2022 des sanctions à la Fédération biélorusse d’athlétisme, indiquant que les mesures s’appliquent tant que dure la guerre russe contre l’Ukraine, avec le soutien de la Biélorussie. Les sanctions comprennent l’exclusion des sportifs biélorusses et du personnel officiel des compétitions de World Athletics, ainsi que des restrictions imposées à la fédération biélorusse, notamment l’interdiction d’accueillir des événements internationaux d’athlétisme et de participer à certains processus de développement et de gouvernance. Les documents de World Athletics confirment que ces décisions sont distinctes des questions antidopage et liées précisément à la guerre en Ukraine.
Après la nouvelle recommandation du CIO, des médias britanniques et ukrainiens ont rapporté que World Athletics n’avait pas changé de position. Le président de cette organisation, Sebastian Coe, avait auparavant souligné que les décisions ne pourraient être réexaminées que lorsqu’il y aurait une avancée tangible vers des négociations de paix. Une telle position montre qu’une partie du système sportif considère toujours que la question de la participation des sportifs russes et biélorusses ne peut pas être séparée du contexte politique et sécuritaire de la guerre. Pour les athlètes biélorusses, cela signifie que, malgré la nouvelle recommandation du CIO, le retour aux grandes compétitions internationales d’athlétisme reste incertain.
L’athlétisme est particulièrement important parce qu’il fait partie des sports olympiques les plus visibles et qu’il influe directement sur les qualifications pour Los Angeles 2028. Si l’interdiction reste en vigueur, les athlètes biélorusses pourraient perdre l’accès aux compétitions qualificatives clés, aux classements et aux championnats du monde. D’autre part, le maintien des sanctions donne à World Athletics la possibilité de conserver une politique cohérente envers la Russie et la Biélorussie, indépendamment du changement de recommandation du CIO. Un tel écart pourrait devenir dans les mois à venir l’une des principales questions ouvertes du mouvement olympique.
Le handball, le basket-ball et les sports aquatiques montrent différents modèles de retour
La Fédération internationale de handball a annoncé en mars 2026 que les sélections jeunes russes et biélorusses pouvaient progressivement revenir au handball international par des matchs amicaux et des tournois qu’elles organisent elles-mêmes. Selon l’IHF, la décision concerne toutes les catégories de jeunes jusqu’à la catégorie U21 incluse, mais à condition que les sportifs, entraîneurs et membres du personnel signent une déclaration attestant qu’ils ne sont pas liés à des agences militaires ou de sécurité de l’État et qu’ils ne sont pas impliqués dans des conflits internationaux. L’IHF a parallèlement indiqué que les autres mesures de la décision de mars 2022 restent en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Dans le basket-ball, selon les informations disponibles, seul un espace limité a été ouvert au retour des jeunes équipes 3x3. Eurohoops a rapporté que la FIBA avait, par une autorisation exceptionnelle, permis aux formations U21 russes et biélorusses de participer à certaines conférences de la 3x3 Youth Nations League en Chine et en Malaisie. Cela ne représente pas un retour complet des sélections seniors, mais plutôt un test de réintégration progressive dans un format plus restreint, plus jeune et contrôlé sur le plan organisationnel. Baraulya a cité précisément cette approche comme un exemple d’avancée insuffisante, mais néanmoins visible.
Le secteur des sports aquatiques est allé le plus loin. Selon des rapports de médias internationaux, World Aquatics a permis en avril 2026 aux sportifs russes et biélorusses de revenir sous signes nationaux, y compris les drapeaux et les hymnes, avec des conditions liées aux tests antidopage et aux vérifications d’éligibilité. Cette décision a suscité les critiques de sportifs ukrainiens et d’une partie du public, car elle a été prise alors que la guerre en Ukraine se poursuit. Elle a en même temps montré que certaines fédérations estiment que le sport de compétition peut revenir progressivement vers le modèle standard, avec des contrôles spécifiques pour les sportifs et le personnel d’accompagnement.
Ce sont précisément les différences entre ces sports qui expliquent pourquoi le retour biélorusse ne peut pas être décrit simplement comme une levée de l’interdiction. Le handball s’est concentré sur les catégories jeunes et les événements amicaux, le basket-ball sur des formats 3x3 sélectifs, les sports aquatiques sur un retour plus large des symboles nationaux, tandis que l’athlétisme maintient son interdiction. Pour les sportifs, les entraîneurs et les fédérations nationales, cela crée un calendrier très complexe dans lequel le statut dépend de chaque discipline, de l’âge, du type de compétition et de la position de la fédération internationale.
La Biélorussie poursuit sa coopération avec la Russie malgré son ouverture vers le monde
Baraulya a souligné dans son entretien avec BelTA que la coopération sportive biélorusse avec la Russie ne sera pas interrompue, même si les interdictions internationales sont progressivement levées. Il a déclaré que les ministères des Sports des deux pays coordonnaient depuis 2022 des plans communs et des calendriers de compétitions afin que les sportifs puissent maintenir leur forme dans des conditions d’isolement. Comme l’un des principaux projets communs, il a distingué la Coupe des sportifs les plus forts, à laquelle, selon ses mots, participent non seulement des concurrents biélorusses et russes, mais où des sportifs d’autres pays sont également invités.
Selon Baraulya, la saison estivale apporte des compétitions dans 15 sports, dont sept devraient être organisées en Biélorussie. Comme premier événement, il a cité la Coupe des sportifs les plus forts en escrime à Minsk à la fin du mois de mai. De telles compétitions ont une double fonction pour la Biélorussie. D’une part, elles aident les sportifs à conserver un rythme compétitif après des années de calendrier international limité. D’autre part, elles servent de message politique et sportif montrant que Minsk et Moscou continuent de développer des formats parallèles même lorsqu’ils cherchent à revenir dans le système sportif mondial.
En 2022, la Biélorussie a permis que son territoire soit utilisé comme point de départ pour les forces russes lors de l’invasion de l’Ukraine, ce qui fut l’une des principales raisons du traitement commun du sport russe et biélorusse dans les premières décisions de sanctions. Bien que la nouvelle recommandation du CIO sépare le statut de la Biélorussie de celui de la Russie, ce contexte historique et politique ne peut pas être complètement effacé du débat. C’est pourquoi, dans le sport international, les portes s’ouvrent simultanément aux sportifs biélorusses tandis que la prudence demeure à l’égard des liens institutionnels entre Minsk et Moscou.
Le cycle olympique vers Los Angeles 2028 met les fédérations sous pression
Le calendrier de la décision du CIO est important parce que les processus de qualification pour les Jeux olympiques d’été de Los Angeles 2028 entrent progressivement dans une phase concrète. Si le statut des sportifs biélorusses n’est pas clarifié à temps, beaucoup pourraient manquer des tournois de qualification, des championnats continentaux ou des compétitions qui attribuent des points pour les classements olympiques. Baraulya a déclaré que la Biélorussie avait déjà approuvé un plan global de préparation pour le nouveau cycle olympique, avec un accent mis sur les compétitions qualificatives, l’organisation des entraînements et les responsabilités des différentes structures. Selon lui, la levée des restrictions devrait permettre le retour progressif des sportifs biélorusses dans le sport international.
Dans le même entretien, il est aussi revenu sur la participation olympique hivernale en Italie, où les sportifs biélorusses n’ont remporté aucune médaille. Il a cité comme l’une des raisons le manque d’expérience compétitive internationale, affirmant que certains sportifs avaient obtenu trop tard l’accès aux tournois de qualification par rapport à leurs concurrents. Cette argumentation s’inscrit dans le message plus large de la Biélorussie aux fédérations internationales : le fait de permettre formellement la participation ne suffit pas si les sportifs n’ont pas assez de temps pour se préparer, marquer des points et retrouver un rythme normal de compétition.
Pour le CIO et les fédérations internationales, le principal défi sera d’harmoniser le principe de l’accès universel au sport avec les réactions de l’Ukraine et des États qui estiment qu’une normalisation complète ne doit pas avoir lieu tant que la guerre dure. La pratique jusqu’à présent montre que le mouvement olympique n’agit pas de manière unifiée. Le CIO préconise désormais la levée des restrictions générales pour la Biélorussie, mais World Athletics maintient l’interdiction, l’IHF opte pour un retour progressif des sélections jeunes, et d’autres fédérations choisissent leurs propres modèles. Une telle fragmentation peut durer des mois, surtout dans les sports où les systèmes de qualification commencent plus tôt.
Pour les sportifs biélorusses, les prochaines étapes seront pratiques : déterminer dans quels sports ils peuvent revenir sous le drapeau national, où seule une participation neutre ou limitée est possible, et où les interdictions restent complètes. Pour les fédérations internationales, la pression augmentera à mesure que Los Angeles 2028 approchera, car chaque retard aura des conséquences directes sur les qualifications. C’est pourquoi le message de Baraulya n’est pas seulement une réaction à la décision du CIO, mais aussi un appel public aux fédérations pour qu’elles définissent au plus vite les règles du jeu pour l’ensemble du cycle olympique.
Le sport reste un espace de rivalité diplomatique
Le débat sur la Biélorussie montre à quel point le sport international reste lié à la guerre en Ukraine et aux relations diplomatiques plus larges. Dans sa nouvelle recommandation, le CIO tente de séparer la responsabilité des sportifs des actes des gouvernements, tandis qu’une partie des fédérations considère que le contexte institutionnel reste déterminant. Des sportifs et responsables ukrainiens ont averti dans des cas similaires que le retour des symboles russes et biélorusses pouvait être utilisé pour une promotion politique, surtout tant que se poursuivent les attaques contre les infrastructures et les installations sportives ukrainiennes. De l’autre côté, les autorités biélorusses affirment que les interdictions sont injustes envers les sportifs qui veulent participer et se qualifier sur le terrain.
La décision du CIO peut donc être considérée comme un tournant, mais pas comme la fin du processus. La Biélorussie a obtenu un argument fort pour ses demandes auprès des fédérations, et certains sports ont déjà changé leur pratique. Pourtant, il n’existe pas de calendrier unique de retour, pas de liste commune de conditions et aucune garantie que toutes les fédérations accepteront la même interprétation. Dans les prochains mois, l’ampleur réelle du changement sera visible à travers les inscriptions aux championnats internationaux, les tournois de qualification, les décisions des organes disciplinaires et les réactions des États opposés à la normalisation.
Pour l’instant, il est plus exact de dire que le sport biélorusse est sorti d’une phase d’isolement, mais n’est pas entré dans un régime totalement normalisé. Le CIO a changé sa recommandation, le ministère biélorusse demande des gestes plus rapides de la part des fédérations, et le système sportif international reste divisé. Dans de telles circonstances, la déclaration de Baraulya reflète l’attente de Minsk que la décision du sommet olympique produise un effet domino. Que cela se produise dépendra de chaque sport, de la pression politique et de l’évolution de la guerre qui a conduit aux sanctions.
Sources :
- Comité international olympique – communiqué sur la nouvelle recommandation concernant la participation des sportifs et équipes biélorusses (link)
- BelTA – entretien avec le vice-ministre biélorusse des Sports et du Tourisme Aleksandr Baraulya sur la décision du CIO et le retour des sportifs biélorusses (link)
- Euronews – rapport sur la décision du CIO, la distinction entre le statut de la Biélorussie et de la Russie, et le contexte olympique (link)
- International Handball Federation – décision sur le retour progressif des sélections jeunes russes et biélorusses de handball (link)
- World Athletics – sanctions contre la Fédération biélorusse d’athlétisme et maintien des restrictions liées à la guerre en Ukraine (link)
- World Athletics – décisions du Conseil sur le statut des sportifs russes et biélorusses en athlétisme (link)