MMS reprend les droits médias olympiques pour l'Afrique subsaharienne de 2026 à 2032
Marketing & Media Solutions, connue sous l'abréviation MMS, devient le nouveau partenaire régional du Comité international olympique pour la distribution des retransmissions olympiques gratuites en Afrique subsaharienne. Selon l'annonce du Comité international olympique, l'accord couvre la période de 2026 à 2032 et inclut les Jeux Olympiques, les Jeux Olympiques d'hiver ainsi que les Jeux Olympiques de la Jeunesse. MMS se voit ainsi confier le rôle de distributeur des droits pour la couverture free-to-view, c'est-à-dire pour des contenus qui devraient être accessibles aux téléspectateurs sans obstacle d'abonnement. Au centre de l'accord, il n'y a pas seulement la retransmission de grands événements sportifs mondiaux, mais aussi l'effort d'adapter les contenus olympiques aux chaînes de télévision et aux publics d'un grand nombre de pays africains. L'accord arrive à un moment particulièrement important, car Dakar 2026 sera le premier événement sportif olympique organisé sur le sol africain.
Selon les informations publiées par le CIO, le paquet de droits concerne la période qui commence avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 et se poursuit avec les grands cycles olympiques à Los Angeles 2028, dans les Alpes françaises 2030 et à Brisbane 2032. Le paquet inclut également les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver Dolomiti Valtellina 2028, ce qui donne à MMS un cadre à long terme pour coopérer avec des partenaires télévisuels locaux et régionaux. Inside The Games indique que l'accord inclut plus de 200 heures de programmes gratuits pour les Jeux Olympiques d'été et une couverture garantie des éditions d'hiver. Un tel modèle est important pour les marchés où la télévision linéaire conserve un rôle fort, mais aussi pour les médias qui combinent de plus en plus la retransmission classique, les extraits numériques, les émissions de studio et les récits sportifs localisés. Pour le CIO, l'élargissement de la portée est l'un des objectifs clés de la vente des droits médias, et cet accord s'inscrit dans la stratégie visant à maintenir les événements olympiques visibles auprès d'un large public.
Le premier grand test sera Dakar 2026
L'accord se verra concrètement pour la première fois à travers les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar, qui sont, selon les informations officielles du CIO, programmés du 31 octobre au 13 novembre 2026. Cet événement aura une portée historique, car le Sénégal accueillera le premier événement sportif olympique sur le sol africain. Les Jeux de la Jeunesse à Dakar devaient initialement se tenir en 2022, mais le Sénégal et le CIO ont convenu en 2020 d'un report à 2026. L'édition olympique au Sénégal est conçue comme un festival sportif, éducatif et culturel pour les jeunes athlètes, mais aussi comme une avancée symbolique du mouvement olympique vers un continent qui possède une base sportive solide. Dans le contexte des droits médias, cela signifie que Dakar sera précisément le premier indicateur de la façon dont MMS peut relier les diffuseurs locaux, les récits sportifs nationaux et une distribution régionale plus large.
Dans sa description officielle de Dakar 2026, le CIO souligne qu'il s'agit de la quatrième édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse d'été et d'un événement qui devrait mettre en valeur la diversité culturelle du Sénégal ainsi que le rôle croissant de l'Afrique dans le mouvement olympique. Pour les téléspectateurs en Afrique subsaharienne, il est important que l'événement sportif ne soit pas présenté seulement comme un spectacle international, mais aussi comme un événement qui se déroule sur le continent. Cela ouvre la voie à un accent plus fort sur les jeunes athlètes de la région, les communautés locales, les écoles, les comités olympiques et les fédérations nationales. Si le modèle annoncé de programmation gratuite est mis en œuvre par un large réseau de partenaires télévisuels, Dakar 2026 pourrait avoir une visibilité plus grande que les éditions précédentes des Jeux Olympiques de la Jeunesse dans de nombreux pays africains. C'est précisément pourquoi l'accord avec MMS a à la fois une dimension de communication et de développement.
Quelles compétitions le paquet de droits couvre
Le paquet convenu pour la période 2026-2032 couvre plusieurs événements olympiques clés. Selon les informations disponibles, il comprend les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver Dolomiti Valtellina 2028, les Jeux Olympiques Los Angeles 2028, les Jeux Olympiques d'hiver Alpes françaises 2030 ainsi que les Jeux Olympiques Brisbane 2032. Cela donne à MMS un portefeuille pluriannuel qui couvre à la fois les éditions d'été et d'hiver, ainsi que les compétitions de jeunes athlètes. Pour les diffuseurs, un tel paquet est important, car il permet de planifier les programmes, la vente d'espaces publicitaires, les partenariats de sponsoring et les formats sportifs locaux sur plusieurs années. Pour le CIO, la dimension à long terme est également importante, car elle réduit la fragmentation du marché et permet une disponibilité plus cohérente des contenus olympiques.
Los Angeles 2028 sera l'une des éditions les plus importantes commercialement dans ce cycle, tandis que Brisbane 2032 clôturera la période couverte par l'accord. Les Jeux Olympiques d'hiver Alpes françaises 2030 apportent un défi spécifique, car les sports d'hiver dans de nombreuses parties de l'Afrique subsaharienne n'ont pas la même tradition que l'athlétisme, le football, le basket-ball ou les sports de combat. Néanmoins, dans sa politique de droits médias, le CIO met l'accent sur la couverture la plus large possible sur différentes plateformes médiatiques, de sorte que l'inclusion des éditions d'hiver fait partie d'un effort plus large visant à présenter le mouvement olympique comme un ensemble. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver Dolomiti Valtellina 2028 serviront en outre de transition entre les grands événements d'été et d'hiver, ainsi que de prolongement du récit sur les jeunes générations d'athlètes. Dans la description officielle de cet événement, le CIO indique que des installations existantes seront utilisées, ce qui s'inscrit dans l'accent plus large mis sur la durabilité et l'héritage des compétitions sportives d'hiver.
La gratuité comme clé de l'accord
La partie la plus importante de l'accord concerne les droits free-to-view, ce qui signifie que l'objectif est de permettre une large disponibilité des contenus olympiques par le biais de chaînes télévisées et numériques qui ne sont pas exclusivement liées à des abonnements payants. Selon Inside The Games, MMS sera le distributeur régional de ces droits auprès des diffuseurs en Afrique subsaharienne. Cela ne signifie pas que chaque téléspectateur dans chaque État disposera automatiquement d'un paquet de programmes identique, car la disponibilité finale dépend des contrats locaux, des capacités des diffuseurs et des décisions de programmation. Le modèle vise toutefois à éviter que les contenus olympiques ne soient limités aux seules chaînes sportives premium. Pour des marchés marqués par de grandes différences de revenus, de disponibilité d'internet et de pénétration des bouquets de télévision payante, une telle approche a une valeur publique importante.
Sur sa page consacrée aux droits médias, le CIO indique qu'il détient les droits médias mondiaux des Jeux Olympiques à la télévision, à la radio et sur les plateformes numériques, et qu'il attribue ces droits aux médias par des négociations sur des accords territoriaux. La même page souligne que la distribution des retransmissions est l'un des principaux moteurs du financement du mouvement olympique, de la croissance de la popularité mondiale des Jeux et de la promotion des valeurs olympiques. Dans ce contexte, l'accord avec MMS n'est pas un arrangement commercial isolé, mais fait partie d'un réseau plus large de contrats régionaux que le CIO conclut pour différentes parties du monde. Des arrangements similaires à long terme existent aussi dans d'autres régions, par exemple en Europe, en Amérique latine, aux États-Unis d'Amérique ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L'Afrique subsaharienne reçoit désormais une solution distincte pour un cycle qui comprend cinq événements olympiques et olympiques de la jeunesse.
Ce que dit le CIO et ce que dit MMS
Anne-Sophie Voumard, directrice d'IOC Television and Marketing Services, a déclaré que le CIO était satisfait de l'accord avec MMS et du début de la coopération visant à assurer une couverture gratuite de qualité des Jeux Olympiques et des Jeux Olympiques de la Jeunesse en Afrique subsaharienne. Sa déclaration met l'accent sur deux éléments: l'accessibilité et la qualité. En pratique, cela signifie qu'il n'est pas seulement attendu du détenteur des droits une distribution technique du signal, mais aussi un travail avec des diffuseurs capables de rendre le contenu pertinent dans chaque pays. La localisation des récits sportifs, le choix des disciplines, l'accent mis sur les athlètes nationaux et régionaux ainsi que la disponibilité de résumés peuvent être aussi importants que les droits de retransmission en direct eux-mêmes. En ce sens, le contenu olympique devient à la fois un défi de programmation et un défi éditorial.
Redha Chibani, directeur général de MMS, selon Inside The Games, a souligné que l'entreprise voulait ouvrir un nouveau chapitre pour les Jeux Olympiques en coopération avec des diffuseurs gratuits en Afrique subsaharienne. Il a mis en avant la création d'une plateforme sur laquelle les chaînes de télévision pourraient construire une couverture olympique adaptée à leur propre public, à leurs parties prenantes et à leurs sponsors. Il s'agit d'une formulation importante, car elle montre qu'il ne s'agit pas seulement d'une retransmission centralisée du même contenu, mais d'un modèle qui laisse aux partenaires locaux une marge pour leur propre identité de programmation. Pour les médias de la région, cela peut signifier la possibilité de développer des émissions avant et après les compétitions, des équipes locales de commentateurs, des entretiens avec les fédérations nationales et des formats spéciaux pour les réseaux sociaux. Le produit olympique peut ainsi être rapproché des téléspectateurs qui ne suivent pas régulièrement toutes les compétitions olympiques.
Les territoires couverts par l'accord
Selon la liste disponible publiée par Inside The Games, l'accord couvre 44 territoires en Afrique subsaharienne. Au Tchad et à Djibouti, les droits sont mentionnés comme non exclusifs, tandis que le Sénégal est exclu des droits pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse, ce qui est important car le Sénégal accueillera Dakar 2026. De telles exceptions dans les contrats médias ne sont pas inhabituelles, car les marchés hôtes sont souvent régis par des arrangements particuliers. La liste des territoires montre l'ampleur de l'accord et la complexité de la distribution dans une région présentant de grandes différences de langues, de systèmes médiatiques, de puissance de marché et d'habitudes de visionnage. En pratique, le succès dépendra de la rapidité avec laquelle MMS parviendra à conclure des accords locaux et de la mesure dans laquelle les diffuseurs rendront les contenus visibles aux heures de grande écoute.
- L'accord inclut l'Angola, le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Burundi, le Cap-Vert, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, les Comores, le Congo, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et Djibouti.
- Sont également couverts la Guinée équatoriale, l'Érythrée, l'Eswatini, l'Éthiopie, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, Madagascar, le Malawi et le Mali.
- La liste comprend encore Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, le Sénégal, les Seychelles, la Sierra Leone, le Togo, l'Ouganda, la République-Unie de Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.
Une telle ampleur territoriale est particulièrement importante pour les sports dans lesquels les athlètes africains jouent traditionnellement un rôle international fort, par exemple l'athlétisme, les sports de combat et les disciplines de football dans les catégories de jeunes. Bien que les Jeux Olympiques couvrent un programme sportif beaucoup plus large, les intérêts locaux déterminent souvent la place que certaines compétitions obtiendront dans la programmation. Dans les pays ayant une forte tradition d'athlétisme, comme l'Éthiopie et le Kenya, il est attendu qu'une attention particulière soit accordée aux épreuves de course et aux histoires de jeunes athlètes. En Afrique de l'Ouest, le football, le basket-ball et les sports de combat peuvent être de puissants moteurs d'audience, tandis que les États insulaires et les marchés plus petits peuvent utiliser le contenu olympique comme une occasion de donner une plus grande visibilité internationale à leurs propres athlètes. C'est précisément là que le traitement éditorial local peut jouer un rôle décisif.
MMS possède déjà une expérience dans les droits sportifs
MMS est une agence relativement nouvelle, mais déjà active dans le domaine des droits médias sportifs pour l'Afrique subsaharienne. Selon les données publiées par des sources sportives et médiatiques, l'entreprise a été fondée en 2022 et est associée à la distribution de droits pour des compétitions de football et d'athlétisme dans la région. La FUFA, Fédération ougandaise de football, a indiqué dans une annonce antérieure que MMS et PC Plus étaient les distributeurs officiels des qualifications africaines pour la Coupe du monde 2026, des compétitions de World Athletics sur la période 2025-2029 et des compétitions de la Confédération asiatique de football de 2025 à 2029. L'Union européenne de radio-télévision a également annoncé que l'accord de Hagerie TV pour les retransmissions des World Athletics Series en Éthiopie avait été conclu par l'intermédiaire de MMS, après une sous-licence de l'UER en tant que distributeur exclusif de World Athletics pour l'Afrique subsaharienne. Ces exemples montrent que MMS travaille déjà avec un modèle de distribution régionale vers les diffuseurs nationaux.
Pour le CIO, une telle expérience est pertinente, car le programme olympique n'est pas un seul événement avec quelques matchs, mais une immense combinaison de disciplines, de calendriers, de signaux, de résumés, de contenus d'archives et de besoins promotionnels locaux. Le rôle du distributeur dans un tel environnement inclut les négociations, la coordination technique, l'harmonisation des droits, le positionnement commercial et le soutien aux diffuseurs. Si MMS parvient à relier son réseau existant de partenaires sportifs au paquet olympique, les Jeux pourraient obtenir une présence plus stable dans les États où les retransmissions olympiques antérieures dépendaient d'arrangements différents et souvent fragmentés. Cela sera particulièrement important lorsque l'attention du public devra être maintenue grâce aux annonces, aux récits de qualification, aux formats documentaires et aux contenus sur les jeunes athlètes. C'est précisément pourquoi le paquet à long terme jusqu'en 2032 a une valeur plus grande qu'un contrat ponctuel.
Importance plus large pour le mouvement olympique en Afrique
L'accord avec MMS doit aussi être envisagé à travers la position plus large de l'Afrique dans le mouvement olympique. Le continent a donné un grand nombre de médaillés olympiques et d'athlètes mondialement reconnaissables, mais jusqu'à Dakar 2026, il n'avait accueilli aucun événement sportif olympique. Le CIO décrit donc Dakar comme un tournant, et non seulement comme une nouvelle édition des Jeux de la Jeunesse. Si les retransmissions et les contenus d'accompagnement sont distribués avec succès, l'événement peut stimuler davantage l'intérêt pour les sports olympiques parmi les jeunes, les fédérations nationales et les sponsors. La visibilité médiatique est souvent essentielle au développement du sport, car elle influe sur les investissements, la reconnaissance des athlètes et la motivation des nouvelles générations. En ce sens, le modèle free-to-view peut avoir un effet au-delà de l'audience elle-même.
Dans le même temps, il ne faut pas négliger les défis. L'Afrique subsaharienne comprend des marchés très différents, allant de grands États dotés d'un secteur médiatique développé à de plus petits pays disposant d'une infrastructure de production limitée. La diversité linguistique, les relations entre diffuseurs publics et commerciaux, le coût de la distribution ainsi que la disponibilité d'internet peuvent influencer la portée réelle des contenus. C'est pourquoi l'accord annoncé ne réussira que s'il se transforme en retransmissions et en formats de programmes concrets et visibles localement. Le CIO et MMS ont pour l'instant présenté le cadre, tandis que les prochains mois montreront comment il sera mis en œuvre avant Dakar 2026. Pour les téléspectateurs de la région, la question la plus importante sera simple: où pourront-ils regarder les compétitions et quelle quantité de programme sera réellement disponible gratuitement?
Sources:
- Comité international olympique - annonce de l'accord entre le CIO et Marketing & Media Solutions pour les droits médias olympiques en Afrique subsaharienne (lien)
- Inside The Games - rapport sur MMS, l'étendue des droits, les territoires et les déclarations des parties concernées (lien)
- Comité international olympique - page officielle sur les droits médias et le rôle du CIO dans l'attribution des droits (lien)
- Comité international olympique - informations officielles sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 (lien)
- Olympics.com - page officielle de l'événement Dakar 2026 avec l'information sur le report de 2022 à 2026 (lien)
- Comité international olympique - informations officielles sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'hiver Dolomiti Valtellina 2028 (lien)
- FUFA - annonce antérieure sur le rôle de MMS et de PC Plus Group dans la distribution des droits sportifs en Afrique subsaharienne (lien)
- Union européenne de radio-télévision - annonce de l'accord de Hagerie TV, World Athletics et MMS pour l'Éthiopie (lien)