Le karaté intensifie sa campagne pour un retour aux Jeux olympiques de Brisbane 2032
La Fédération mondiale de karaté a intensifié sa campagne pour le retour du karaté au programme olympique, et la dernière étape a été une série de réunions organisées pendant le rassemblement des Oceania National Olympic Committees à Auckland. Selon un rapport d’Inside The Games, la délégation était dirigée par Michael Kassis, vice-président de la Fédération mondiale de karaté et président de l’Oceania Karate Federation, qui a utilisé les discussions en Nouvelle-Zélande pour présenter la croissance du karaté dans la région et pour poursuivre la pression en faveur de l’inclusion de ce sport dans le programme des Jeux de Brisbane en 2032. Les informations d’origine indiquent que les discussions ont inclus de hauts représentants du Comité international olympique et du Comité d’organisation de Brisbane 2032, ce qui donne à la campagne un poids supplémentaire au moment où se façonne le programme sportif des futurs Jeux.
Pour le karaté, il s’agit d’une période particulièrement importante, car le sport, après sa présence à Tokyo 2020, n’a pas été inclus dans le programme de Paris 2024, et il ne figure pas non plus parmi les sports additionnels que le comité d’organisation de Los Angeles 2028 a proposés et que le CIO a approuvés. Selon l’explication officielle du CIO pour Los Angeles 2028, les sports additionnels pour cette édition sont le baseball/softball, le cricket, le flag football, la crosse et le squash. Une telle évolution des événements a laissé Brisbane 2032 comme la prochaine grande opportunité olympique du karaté, surtout parce que les Jeux se tiendront en Australie, dans une région où la Fédération mondiale de karaté cherche maintenant à démontrer le potentiel à la fois sportif et social de sa discipline.
Auckland comme lieu d’un important lobbying régional
Auckland n’a pas été choisie par hasard comme scène d’un nouveau cycle de discussions. Selon l’annonce des Oceania National Olympic Committees, la 46e assemblée générale annuelle de l’ONOC s’est tenue dans le cadre d’une semaine d’événements du 17 au 23 mai 2026, tandis que l’assemblée elle-même était prévue le 21 mai. L’ONOC a décrit le rassemblement comme une réunion régionale de comités nationaux olympiques, d’athlètes, de partenaires et d’autres parties prenantes qui façonnent l’avenir du sport dans le Pacifique, avec un regard particulier vers Los Angeles 2028 et Brisbane 2032. Dans un tel environnement, les discussions sur le karaté n’étaient pas une réunion sportive isolée, mais une partie d’un débat plus large sur la manière dont l’Océanie veut utiliser les prochains cycles olympiques pour le développement du sport, de la gouvernance et de la coopération régionale.
Selon l’ONOC, le rassemblement à Auckland a en outre été marqué par l’arrivée de la présidente du Comité international olympique, Kirsty Coventry, dont la participation a confirmé l’importance de la région pour le mouvement olympique. Après la clôture de l’assemblée, l’ONOC a publié que l’ordre du jour comprenait également des rapports sur le chemin vers Brisbane 2032, y compris une allocution du président du Comité d’organisation de Brisbane 2032, Andrew Liveris. C’est précisément une telle combinaison de participants, des comités nationaux olympiques jusqu’au sommet du CIO et aux représentants de l’hôte des Jeux 2032, qui a créé un espace dans lequel le karaté pouvait présenter directement son dossier devant les personnes qui joueront un rôle important dans la poursuite de la conception du programme.
Kassis, selon les informations disponibles, a souligné lors de ces rencontres la croissance régionale du karaté et son enracinement en Océanie. Son double rôle, en tant que vice-président de la WKF et président de la fédération continentale océanienne, lui permet d’agir à la fois comme représentant de l’organisation mondiale et comme voix de la région où les Jeux auront lieu. Pour la Fédération mondiale de karaté, cela est important, car la candidature pour un retour olympique ne peut pas se fonder uniquement sur la tradition mondiale du sport, mais doit montrer que le karaté peut laisser une trace concrète dans le pays hôte et dans l’environnement régional plus large.
Le statut du karaté n’est pas encore réglé
Malgré l’intensification de la campagne, le karaté n’a actuellement pas de place confirmée dans le programme des Jeux olympiques de Brisbane 2032. Selon les informations officielles du CIO, le programme sportif initial de Brisbane 2032 devrait être déterminé lors de la Session du CIO en 2026, après un processus adapté de développement du programme sportif. Cela signifie que les discussions menées par la Fédération mondiale de karaté peuvent être politiquement et sportivement significatives, mais qu’elles ne représentent pas encore une décision d’inclusion. En pratique, les fédérations internationales qui veulent une place au programme doivent montrer que leur sport répond aux critères du mouvement olympique, aux besoins de l’hôte, à l’intérêt du public, à la durabilité de la compétition et aux possibilités de mise en œuvre sans élargissement inutile des coûts et de l’infrastructure.
Au cours des derniers cycles olympiques, le CIO a ouvert un espace aux comités d’organisation des hôtes pour proposer des sports additionnels correspondant au marché local et à la vision de Jeux particuliers. Un tel modèle a permis qu’à Tokyo 2020 apparaissent des sports fortement liés à l’intérêt sportif japonais et mondial, parmi lesquels le karaté, qui y a alors connu son plein début olympique. Le même modèle, toutefois, ne garantit pas la continuité : un sport qui apparaît à des Jeux ne doit pas automatiquement rester aux suivants. Le karaté est précisément un tel exemple, car après Tokyo il a été absent de Paris, puis également du programme de Los Angeles 2028.
Pour la WKF, la campagne pour Brisbane 2032 est donc plus qu’une simple demande de retour. La fédération doit convaincre les décideurs olympiques que le karaté n’a pas été seulement un ajout ponctuel à Tokyo, mais un sport doté d’une masse mondiale suffisante, d’un potentiel commercial, d’une base régionale et d’une valeur sociale. Selon une publication relayée par Karate Canada, la WKF souligne que le karaté compte environ 100 millions de participants dans le monde et environ 320 millions de fans, tandis qu’en Australie près de 200.000 personnes participent chaque année à des activités de karaté. La même source indique qu’en Australie le karaté figure parmi les dix sports extrascolaires les plus populaires pour les garçons et les filles de moins de 14 ans, ce qui est un argument par lequel la WKF cherche à relier la candidature olympique au développement des jeunes et à l’héritage local.
Le parcours olympique de Buenos Aires à Tokyo
Avant sa présence aux Jeux olympiques seniors, le karaté a été inclus dans les Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos Aires en 2018, puis a obtenu son plein début olympique à Tokyo 2020. Selon le portail olympique officiel, la compétition à Tokyo comprenait le kata et le kumite, c’est-à-dire une discipline technique dans laquelle sont évaluées des formes prédéterminées et une discipline de combat dans laquelle les athlètes s’affrontent en opposition directe. Ce format a permis de montrer deux dimensions reconnaissables du karaté : la précision, le contrôle et la tradition d’un côté, et le combat sportif dynamique de l’autre.
L’absence de Paris 2024 a été un coup dur pour la communauté du karaté, mais aussi un rappel que le programme olympique contemporain n’est pas statique. Le CIO et les comités d’organisation des hôtes examinent de plus en plus les sports à travers le prisme des jeunes publics, de l’attrait numérique, de l’égalité des sexes, de la durabilité et de l’importance locale. Dans cette concurrence, le karaté fait face à d’autres sports qui veulent également tirer parti du contexte australien de Brisbane 2032. C’est pourquoi la WKF tente de souligner que le karaté dispose déjà d’une structure compétitive réglementée au niveau international, d’une large base de fédérations nationales et d’un système de valeurs reconnaissable.
Selon le projet Guardian Girls Karate, la WKF rassemble 201 fédérations nationales et est citée comme la seule organisation de karaté reconnue par le Comité international olympique. Cette position institutionnelle est importante vis-à-vis du CIO, car le système olympique recherche un interlocuteur international clair, des règles harmonisées, des normes antidopage et la capacité d’organiser des compétitions au niveau mondial. Pour un sport comme le karaté, qui existe dans le monde à travers différents styles et écoles, une représentation sportive unifiée à travers la WKF est essentielle pour la candidature olympique.
Brisbane comme opportunité pour un héritage plus large
Les organisateurs des Jeux de Brisbane 2032 parlent depuis des années de durabilité, d’accessibilité et d’héritage à long terme, et les données officielles de l’Australian Olympic Committee indiquent que les Jeux olympiques se tiendront du 23 juillet au 8 août 2032. Pour les sports qui recherchent une place au programme, cela signifie qu’ils doivent offrir plus que la simple compétition pendant quelques jours. Ils doivent montrer qu’ils s’intègrent dans l’infrastructure existante, qu’ils peuvent attirer des spectateurs et l’intérêt des médias, mais aussi qu’ils peuvent contribuer aux objectifs de l’hôte dans les domaines de la santé, de l’inclusion, de l’éducation et de la vie active. Dans cette logique, le karaté se présente comme un sport qui ne demande pas d’infrastructure complexe et coûteuse, et qui peut être pratiqué dans les écoles, les clubs, les communautés et les programmes universitaires.
C’est précisément pour cette raison que la dimension sociale du karaté est de plus en plus mentionnée dans la campagne de la WKF. Le programme Guardian Girls Karate, lancé en coopération avec le United Nations Population Fund et la Koyamada International Foundation, utilise le karaté pour renforcer la confiance en soi, la sécurité et les compétences pratiques des femmes et des filles. Selon les informations officielles du programme, la WKF a signé en 2022 un mémorandum d’entente avec la KIF, et le projet a été lancé conjointement la même année dans le cadre d’une initiative plus large. En Australie, le programme a obtenu une visibilité supplémentaire en juillet 2025, lorsque le lancement national et océanien du programme Guardian Girls Karate s’est tenu à Adelaide.
Selon un discours publié sur le site Government House Adelaide, le lancement du programme en Océanie a inclus des représentants de la Fédération mondiale de karaté, de la Koyamada International Foundation et de l’UNFPA, et le programme a alors été présenté comme une initiative orientée vers la prévention de la violence contre les femmes, la confiance en soi et la résilience émotionnelle. Le même discours indique que le programme a été conçu comme une activité gratuite, inclusive et de 90 minutes, destinée aux femmes d’âges et d’origines différents. De tels projets permettent à la WKF de présenter le karaté dans les discussions olympiques non seulement comme un art martial, mais aussi comme un outil d’impact social.
Les universités et les communautés locales comme partie de l’argument
Un élément supplémentaire de la stratégie australienne est le lien entre le karaté et le secteur universitaire et de recherche. Selon une publication de Guardian Girls International, Griffith University, dans le sud-est du Queensland, a rejoint le programme Guardian Girls Karate comme première plateforme universitaire de ce type en Océanie. La publication indique que la WKF et Karate Australia collaboreront avec l’université à la mise en œuvre du programme à travers le Disrupting Violence Beacon et le Sport and Gender Equity Research Hub, ce qui relie l’activité sportive à la recherche, à la prévention de la violence et à l’égalité des sexes. Étant donné que Griffith University se trouve dans la région qui sera directement liée aux Jeux de Brisbane, cet exemple est particulièrement utile pour l’affirmation de la WKF selon laquelle le karaté peut laisser un héritage à long terme dans le Queensland.
Pour les décideurs olympiques, de tels exemples peuvent être importants, car la question de l’inclusion d’un sport ne se réduit plus seulement au nombre de médailles et de compétiteurs. On attend des sports qu’ils montrent comment ils contribuent à l’image plus large des Jeux, surtout à une période où l’on discute de plus en plus de la taille du programme olympique, des coûts d’accueil et de la nécessité de ne pas construire d’installations inutiles. Le karaté peut en ce sens mettre en avant le fait que les compétitions peuvent se tenir dans des espaces couverts sans infrastructure spécialisée comme celle exigée par certains autres sports. Toutefois, la décision finale dépendra de l’ensemble du paquet de critères, y compris la compétitivité mondiale, l’attrait télévisuel et numérique, l’égalité des sexes et la conformité aux limites programmatiques du CIO.
L’Oceania Karate Federation et Karate Australia sont particulièrement importants dans cette campagne, car ils peuvent montrer comment l’inclusion du karaté à Brisbane aurait un effet direct sur la base nationale et régionale du sport. Selon les informations relayées par Karate Canada, le karaté australien est déjà inclus dans des programmes scolaires et extrascolaires, et Karate Australia est devenu partenaire sportif national dans le programme Sporting Schools. Cela donne à la WKF un argument selon lequel la visibilité olympique pourrait encourager une plus grande entrée des enfants et des jeunes dans le sport, développer les structures d’entraîneurs et de juges et ouvrir davantage d’espace pour des compétitions internationales en Océanie.
La concurrence pour une place au programme sera forte
Bien que le karaté ait des arguments reconnaissables, le processus ne sera pas simple. Le CIO a indiqué dans les informations officielles sur Brisbane 2032 que le programme initial sera déterminé en 2026, et que les décisions sur les sports additionnels doivent s’inscrire dans la discussion générale sur la taille durable des Jeux. Los Angeles 2028 aura déjà un programme très large avec des sports additionnels, et le mouvement olympique cherche en même temps à garder le contrôle du nombre total d’athlètes, de disciplines et d’exigences logistiques. Cela signifie que chaque candidat pour Brisbane doit prouver non seulement qu’il est attractif, mais aussi qu’il peut s’intégrer sans alourdir le modèle d’organisation.
Le karaté a pour lui une longue tradition, un réseau mondial développé et l’expérience de l’organisation de compétitions selon les règles olympiques. Ce qui peut jouer contre lui est le fait qu’après Tokyo il est déjà resté deux fois hors du programme, ce qui montre qu’il n’a pas atteint le statut de sport olympique permanent. La WKF tente donc de changer le cadre de la discussion : au lieu de présenter le karaté comme un sport qui demande un retour en raison de mérites passés, la fédération cherche à le montrer comme une discipline moderne, mondiale et socialement utile qui s’inscrit dans la vision de Brisbane. Les réunions à Auckland font partie de cette stratégie, car elles relient directement la fédération mondiale, les structures sportives océaniennes, le CIO et l’hôte des Jeux.
Pour l’instant, le plus précis est de dire que le karaté est un candidat sérieux qui construit activement un soutien politique et sportif, mais que son inclusion dans le programme de Brisbane 2032 n’est pas officiellement confirmée. Les prochaines décisions du CIO sur le programme sportif seront essentielles pour répondre à la question de savoir si le karaté reviendra sur la scène olympique après Tokyo. D’ici là, la campagne de la Fédération mondiale de karaté se poursuivra probablement à travers des réunions avec les organisateurs, le renforcement des programmes en Australie et en Océanie, la mise en avant des chiffres mondiaux de participation et le lien du sport avec les thèmes de l’éducation, de la sécurité et de l’héritage social.
Sources :
- Inside The Games – campagne de la WKF pour Brisbane 2032 et réunions à Auckland (link)
- Karate Canada – données de la WKF sur les discussions avec Brisbane 2032, la portée mondiale et le développement en Australie (link)
- ONOC – annonce de l’assemblée annuelle à Auckland et contexte vers LA28 et Brisbane 2032 (link)
- ONOC – rapport sur la clôture de la 46e assemblée, la participation de Kirsty Coventry et l’allocution d’Andrew Liveris (link)
- CIO – information selon laquelle le programme sportif initial de Brisbane 2032 sera déterminé en 2026 (link)
- CIO – décisions et processus de développement du programme sportif pour LA28 et Brisbane 2032 (link)
- Olympics.com – début olympique du karaté à Tokyo 2020 et absence de Paris 2024 (link)
- Australian Olympic Committee – dates officielles des Jeux de Brisbane 2032 (link)
- Guardian Girls Karate – description du programme, des partenariats et du statut de la WKF (link)
- Government House Adelaide – discours à l’occasion du lancement du programme Guardian Girls Karate en Australie (link)
- Guardian Girls International – intégration de Griffith University au programme Guardian Girls Karate (link)