Euroligue 2025/2026 : la saison où le basket européen a élargi la carte et appuyé sur l’accélérateur
Lorsque l’Euroligue s’est ouverte le 30 septembre 2025 avec 20 clubs et un calendrier de 38 journées, il était clair qu’il n’y avait plus de place pour une entrée lente dans la saison. C’est la première année du format élargi et la première sans l’ancien titre de sponsor Turkish Airlines dans le nom de la compétition, mais sur le parquet est resté tout ce qui fait que l’Euroligue demeure la ligue de clubs la plus dure en dehors de la NBA : des voyages sans répit, des déplacements au bord du vacarme et des équipes punies pour une mauvaise soirée, pas pour un mauvais mois.
Au 7 avril 2026, la saison régulière n’est pas encore terminée, mais l’image s’est déjà suffisamment affinée pour voir qui fonce vers les play-offs et qui est resté piégé entre une grande victoire et trop de soirées manquées. En tête figurent Olympiacos et Fenerbahce avec un bilan de 23-12, juste derrière eux Real Madrid et Valencia avec 22-13, et dans la zone qui mène directement aux quarts de finale se trouvent aussi Hapoel IBI Tel Aviv et Žalgiris. Derrière eux s’entassent déjà Panathinaikos, Barcelona, Crvena zvezda et Monaco, des équipes qui aujourd’hui joueraient le play-in et qui, en quelques jours, pourraient passer des rêves de Final Four à l’effondrement estival des analyses. Sous la ligne se trouvent encore Maccabi, Dubai et Milano, suffisamment proches pour que chaque soirée change la répartition de la tension dans l’ensemble du classement.
À quoi ressemble le format quand la ligue passe à 20 clubs
Pour la saison 2025/2026, l’Euroligue est passée à un système en double aller-retour avec 20 participants, ce qui signifie que chacun joue contre chacun à domicile et à l’extérieur, soit un total de 38 matchs en saison régulière. Les six premières équipes vont directement en play-offs. Les clubs classés de la 7e à la 10e place entrent dans le play-in : le septième et le huitième jouent un match pour accéder aux quarts de finale, le neuvième et le dixième jouent un match à élimination directe, puis le vainqueur de ce duel affronte le perdant de l’affiche 7-8 pour le dernier billet parmi les huit. Les quarts de finale se jouent au meilleur des cinq matchs, et la phase finale est à nouveau un Final Four, mais sans match pour la troisième place. Les demi-finales sont prévues le 22 mai, et la finale le 24 mai 2026.
Un tel calendrier ne pardonne ni aux riches ni aux intelligents. Dans l’ancien rythme de 34 journées, on pouvait survivre à une mauvaise semaine. Dans le nouveau rythme, avec 38 matchs, des voyages supplémentaires et des doubles journées qui arrivent tôt dans la saison, la profondeur d’effectif n’est plus un luxe mais une condition élémentaire de survie. C’est aussi pour cela qu’on voit pourquoi Olympiacos, Fenerbahce, Real et Valencia ont longtemps tenu le sommet : non pas parce qu’ils sont seulement meilleurs dans leur cinq majeur, mais parce qu’ils se fissurent moins quand le calendrier devient impitoyable.
Qui joue cette Euroligue
Lors de la saison 2025/2026 participent Anadolu Efes Istanbul, AS Monaco, Baskonia Vitoria-Gasteiz, Crvena zvezda Meridianbet Belgrade, Dubai Basketball, EA7 Emporio Armani Milan, FC Barcelona, FC Bayern Munich, Fenerbahce Beko Istanbul, Hapoel IBI Tel Aviv, LDLC ASVEL Villeurbanne, Maccabi Rapyd Tel Aviv, Olympiacos Piraeus, Panathinaikos AKTOR Athens, Paris Basketball, Partizan Mozzart Bet Belgrade, Real Madrid, Valencia Basket, Virtus Bologna et Žalgiris Kaunas.
C’est une liste qui montre bien où se trouve l’Euroligue aujourd’hui. On y retrouve les anciens maîtres des salles d’Athènes, du Pirée, de Madrid, de Barcelone et de Belgrade, mais aussi de nouveaux projets. Dubai Basketball est devenu le premier club hors d’Europe, si l’on excepte les représentants israéliens, à jouer cette compétition. Hapoel IBI Tel Aviv est arrivé via l’EuroCup et a apporté une nouvelle énergie, tandis que Valencia est revenu comme un club qui ne veut plus être un invité de passage mais un facteur permanent.
Sur le parquet, cela signifie un choc de styles et de biographies. Olympiacos continue de rouler sur la dureté, le contrôle du rythme et la hiérarchie interne. Fenerbahce est le tenant du titre et ressemble encore à une équipe qui sait quand il faut briser un match par la défense et quand il faut le voler grâce à l’expérience de Wade Baldwin, Marko Gudurić et Nigel Hayes-Davisa. Real Madrid conserve cette vieille aura européenne d’un club pour lequel chaque série ressemble à un état naturel, et Panathinaikos rejoue une saison avec l’ambition d’une huitième étoile, en s’appuyant sur des noms comme Kendrick Nunn, Kostas Sloukas, Jerian Grant et Juancho Hernangomez. Monaco continue de faire tourner son attaque autour de Mike James et de la vitesse de ses arrières, Baskonia vit des explosions au tir de Markus Howard, et Crvena zvezda comme Partizan portent, comme toujours, la moitié de la ville sur leurs épaules.
On retrouve aussi d’autres figures reconnaissables de cette saison : Shane Larkin à l’Efes, Nikola Mirotić et Shavon Shields à Milano, Codi Miller-McIntyre et Chima Moneke dans l’histoire basque, Walter Tavares et Facundo Campazzo dans le cadre madrilène, Kevin Punter et Jan Vesely à Barcelona, Carsen Edwards au Bayern, Theo Maledon et Nando De Colo ne sont plus le même instant européen mais un rappel de la rapidité avec laquelle l’Euroligue se renouvelle, tandis que Žalgiris ressemble à nouveau à un club qui tire du système et de la discipline plus que ce que l’effectif sur le papier promet.
Arenas : les lieux où l’Euroligue se joue réellement
On ne peut pas décrire l’Euroligue sans ses salles. C’est une saison qui montre à nouveau que la compétition n’est pas faite seulement de rosters, mais aussi d’acoustique, de pression et de cette sensation que chaque attaque traverse un mur de bruit.
- Panathinaikos – Telekom Center Athens, Athènes, 18.989
- Partizan – Belgrade Arena, Belgrade, 18.386
- Crvena zvezda – Belgrade Arena, Belgrade, 18.386
- Real Madrid – Movistar Arena, Madrid, 17.453
- Baskonia – Fernando Buesa Arena, Vitoria-Gasteiz, 15.504
- Žalgiris – Žalgiris Arena, Kaunas, 15.415
- Fenerbahce – Ülker Sports and Event Hall, Istanbul, 13.800
- Milano – Mediolanum Forum, Assago, 12.700 ; une partie des matchs aussi à l’Allianz Cloud Arena, 5.420
- Olympiacos – Peace and Friendship Stadium, Le Pirée, 11.640
- Maccabi – Menora Mivtachim Arena, Tel Aviv, 10.383
- Virtus Bologna – Virtus Arena, Bologne, 9.980 ; sur une partie des dates aussi au PalaDozza, 5.570
- Bayern – SAP Garden, Munich, 11.500
- Barcelona – Palau Blaugrana, Barcelone, 7.585
- Monaco – Salle Gaston Médecin, Fontvieille, 4.700
- Anadolu Efes – Basketball Development Center, Istanbul, 10.000
- Dubai Basketball – Coca-Cola Arena, Dubaï, 13.221 ; une partie des dates européennes aussi à Sarajevo, Juan Antonio Samaranch Olympic Hall, 12.000
- Hapoel IBI Tel Aviv – Arena 8888 Sofia, 12.373, ainsi qu’Arena Botevgrad, 4.500
- LDLC ASVEL – Astroballe, Villeurbanne, 5.556
- Paris Basketball – Adidas Arena, 8.000 ; pour les plus grandes soirées aussi à l’Accor Arena, 15.705
- Valencia Basket – Roig Arena, Valencia, 15.600
Rien qu’à partir de ces chiffres, on voit l’ampleur de l’expérience. À Monaco, tout est resserré et proche, presque intimiste. À Kaunas et à Belgrade, on a l’impression que le public respire avec le ballon. À Madrid et à Athènes, l’espace est plus grand, mais même là il n’y a plus d’air quand le match entre dans les trois dernières minutes. Paris et Valencia ont apporté une nouvelle infrastructure et une scénographie différente, plus moderne, tandis que la saison du Hapoel et en partie celle de Dubai rappellent que l’Euroligue 2025/2026 n’est pas seulement une histoire sportive, mais aussi logistique.
Ce que dit déjà la saison 2025/2026
Les chiffres de cette saison montrent que l’expansion n’a pas tué la qualité, mais l’a répandue sur davantage de villes. Selon les données arrêtées au 27 mars 2026, l’affluence moyenne était de 9.503 spectateurs par match, et plus de 3,12 millions de personnes se sont au total trouvées dans les tribunes. La plus grande affluence enregistrée a été de 21.854 spectateurs lors du derby de Belgrade entre Partizan et Crvena zvezda le 12 décembre 2025. Le match le plus prolifique de la saison est pour l’instant le fou 134:124 de Barcelona contre Baskonia après trois prolongations, tandis que l’un des écarts les plus marquants a été vu quand Olympiacos a écrasé Partizan 104:66 à Belgrade.
Au niveau individuel, la saison avait aussi, jusqu’à la fin mars, des leaders clairs : Kendrick Nunn était le meilleur marqueur avec 19,7 points par match, Nikola Milutinov le meilleur rebondeur avec 7,1 rebonds, et Codi Miller-McIntyre le meilleur passeur avec 7,4 passes. Ces chiffres ne valent pas seulement comme décoration. Nunn explique pourquoi Panathinaikos peut encore survivre même quand le match bascule dans le chaos. Milutinov est l’une des raisons pour lesquelles Olympiacos paraît solide même quand l’attaque ne fleurit pas. Miller-McIntyre est la preuve que, même dans une saison turbulente, on peut tenir le rythme de toute une équipe.
De Berlin à Abu Dhabi, puis retour à Athènes
Les deux derniers Final Four terminés expliquent bien où en était l’Euroligue avant cette saison. À Berlin en 2024, Panathinaikos a battu Real Madrid 95:80 en finale et a décroché son septième titre européen, le premier depuis 2011. Ce fut une soirée où Kostas Sloukas a dirigé le match comme un vieux maître d’œuvre de braquage, Kendrick Nunn a ajouté le feu, et Panathinaikos est revenu du statut de revenant parmi les champions.
Un an plus tard, en 2025, le titre est parti chez Fenerbahce. À Abu Dhabi, le club turc a battu Monaco 81:70 et est devenu champion d’Europe pour la deuxième fois de son histoire. Nigel Hayes-Davis a joué une finale de une, a inscrit 23 points et capté 9 rebonds, et Fenerbahce a fait basculer la victoire dans le quatrième quart-temps, de la manière dont les équipes sérieuses gagnent habituellement les trophées : sans panique, sans gestes superflus, avec un sens clair du moment où il faut ôter l’air à l’adversaire.
Désormais, la scène est prête pour Athènes. Le Final Four 2026 se jouera au Telekom Center Athens, une salle d’une capacité de plus de 18 mille places, et la ville accueillera le tournoi final pour la deuxième fois, la première depuis 2007. Il est aussi important que, depuis cette saison, il n’y ait plus de match pour la troisième place, si bien que la phase finale devient encore plus dépouillée : deux demi-finales, une seule soirée de finale, sans lot de consolation pour le perdant.
L’histoire de la compétition et pourquoi cette saison porte davantage de poids
Le format moderne de l’Euroligue a officiellement commencé le 16 octobre 2000, lorsque Real Madrid a battu Olympiacos 75:73 lors du premier match de la nouvelle ère. Les premiers points de l’Euroligue moderne ont été marqués par Dino Rađa. Vingt-cinq ans plus tard, le 18 décembre 2025, la compétition a atteint son millionième point, et le ballon historique à travers le cercle a été envoyé par Theo Maledon lors du match entre Real et Paris. C’est une belle donnée, mais aussi plus que cela : la confirmation que la ligue change, accélère et accumule des souvenirs sans répit.
Dans la hiérarchie historique, Real Madrid reste le club européen le plus titré, tandis que Panathinaikos, Olympiacos, Maccabi, Barcelona, Virtus, Fenerbahce, Partizan, Žalgiris et Milano portent chacun à leur manière des fragments de l’ancienne mémoire continentale. C’est pourquoi cette saison n’est pas seulement une histoire de nouveaux classements. C’est le choc entre la vieille aristocratie et les nouveaux projets, entre des villes qui ont déjà des cicatrices européennes et des villes qui veulent seulement maintenant laisser leur trace.
Les curiosités qui rendent cette saison différente
- La première Euroligue à 20 clubs a apporté 38 journées et une pression encore plus forte sur la profondeur des effectifs.
- Dubai Basketball est entré dans la compétition comme une percée historique hors de la carte européenne habituelle.
- Hapoel IBI Tel Aviv dispute sa saison de début en Euroligue, mais non pas dans un environnement domestique classique, plutôt dans des salles neutres.
- Le Final Four 2026 revient à Athènes, et la phase finale a été réduite à trois matchs puisque l’affiche pour la troisième place a été supprimée.
- La compétition a, le 18 décembre 2025, atteint le millionième point de l’ère moderne.
- L’affluence reste énorme ; la saison précédente, achevée en 2024/2025, a établi le record de la saison régulière avec une moyenne de 10.589 spectateurs par match.
L’Euroligue 2025/2026 ressemble donc, pour l’instant, à une saison où il n’y a pas une force dominante unique, mais plusieurs clubs qui paraissent suffisamment sérieux pour venir à Athènes pour le titre, et non pour une excuse. Olympiacos a la dureté, Fenerbahce la gravité du champion, Real le nom qui pousse toujours l’adversaire à vérifier son pouls une fois de plus, Panathinaikos la qualité de champion, Valencia la progression la plus stable de ces derniers mois, et Monaco comme Barcelona assez de talent pour changer l’histoire dans une seule série. Et c’est précisément pour cela que cette saison est agréable à regarder et difficile à pronostiquer : presque personne n’est certain, et presque tous ceux d’en haut ont une raison de croire que le mois de mai leur appartient.