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James Webb a capturé deux disques protoplanétaires et a ouvert un nouveau regard sur les premières phases de la formation des planètes

Découvrez ce que révèlent les nouvelles images du télescope James Webb sur les systèmes Tau 042021 et Oph 163131. Nous proposons un aperçu de la manière dont se forment les disques protoplanétaires, pourquoi leur position de profil est importante et pourquoi les astronomes voient dans l’un d’eux une possible trace de formation planétaire.

James Webb a capturé deux disques protoplanétaires et a ouvert un nouveau regard sur les premières phases de la formation des planètes
Photo by: ESA/ArianeGroup/ ESA/ArianeGroup

James Webb a capturé deux disques protoplanétaires : un regard sur les premières phases de la formation de nouvelles planètes

La NASA, l’ESA et la CSA ont publié une nouvelle édition de l’image mensuelle du télescope James Webb, et cette fois-ci, ce ne sont ni des galaxies lointaines ni des nébuleuses spectaculaires qui sont au centre de l’attention, mais deux systèmes stellaires très jeunes dans lesquels les conditions de la formation des planètes sont encore en train de se mettre en place. Il s’agit des disques protoplanétaires Tau 042021 et Oph 163131, des objets situés relativement près à l’échelle astronomique, à environ 450 et 480 années-lumière de la Terre, respectivement. La composition publiée, présentée le 3 avril 2026, associe des observations du télescope James Webb à des données antérieures du télescope Hubble, et pour Oph 163131 également à des observations radio du système ALMA, ce qui offre aux astronomes une vision plus détaillée de la répartition des particules de poussière, du gaz et des structures à l’intérieur même des disques.

La valeur particulière de cette publication ne réside pas seulement dans la représentation impressionnante de deux jeunes systèmes, mais aussi dans le fait que les deux disques sont orientés presque par la tranche par rapport à la Terre. Une telle position permet aux astronomes que la lumière intense de la jeune étoile au centre soit en grande partie masquée par le disque lui-même, de sorte que les instruments enregistrent plus clairement la lumière diffusée et les couches de fine poussière au-dessus et au-dessous du plan du disque. C’est précisément ce point qui est crucial pour comprendre les processus qui précèdent la formation des planètes, car la répartition de la matière dans ces zones détermine où les grains de poussière peuvent entrer en collision, s’agglomérer et croître progressivement en corps plus grands.

Pourquoi les disques protoplanétaires sont importants pour comprendre la formation des systèmes planétaires

Les disques protoplanétaires se forment après la naissance d’une étoile. Lorsqu’un amas de gaz et de poussière s’effondre à l’intérieur d’un immense nuage moléculaire, une jeune étoile se forme au centre, tandis que le reste de la matière continue à orbiter autour d’elle sous la forme d’un disque dense et aplati. Dans ces disques commence le long processus de croissance des particules : depuis une poussière cosmique très fine, en passant par des amas toujours plus grands, jusqu’aux planétésimaux, des corps considérés comme les briques élémentaires des planètes. Une partie de cette matière ne devient jamais des planètes, mais reste sous la forme d’astéroïdes, de comètes et d’autres corps plus petits, tandis qu’une partie du gaz est progressivement dispersée au fil du temps par le rayonnement et l’activité de la jeune étoile.

C’est précisément pour cela que les astronomes observent de tels objets avec un grand intérêt. En regardant d’autres systèmes dans leur phase précoce, ils essaient de reconstituer ce qui se passait aussi dans notre propre Système solaire il y a environ 4,5 milliards d’années. L’agencement actuel des planètes, des géantes gazeuses, des mondes rocheux, des astéroïdes et des comètes est en réalité le résultat final de processus qui ont autrefois dû ressembler à ce que l’on voit aujourd’hui autour de jeunes étoiles dans les constellations du Taureau et d’Ophiuchus.

Deux objets, deux géométries semblables, mais aussi des détails importants pour la science

Tau 042021, également connu sous la désignation de catalogue 2MASS J04202144+2813491, se trouve dans une région de formation d’étoiles de la constellation du Taureau. Oph 163131, ou 2MASS J16313124-2426281, est situé dans la constellation d’Ophiuchus. Au premier regard, les deux structures rappellent des toupies spatiales colorées ou des diffusions lumineuses en forme de papillon, mais derrière cet aspect visuel impressionnant se cache une information scientifique très précise. Comme nous les observons presque par la tranche, les disques apparaissent comme une bande horizontale plus sombre, tandis qu’au-dessus et au-dessous apparaissent des nuages éclairés de fine poussière qui réfléchissent la lumière de l’étoile centrale.

Une telle perspective est particulièrement utile, car elle permet d’étudier la structure verticale du disque. Les scientifiques ne s’intéressent pas seulement à la quantité de matière qui orbite autour de la jeune étoile, mais aussi à la manière dont cette matière est répartie en hauteur et en profondeur. Si les grains de poussière plus gros descendent avec le temps vers le plan central du disque, la densité de la matière y augmente, et avec elle la possibilité qu’un rassemblement plus efficace des particules en corps plus grands commence. Un tel « tassement » ou dépôt de poussière est considéré comme l’une des étapes clés vers la formation des planétésimaux, puis des planètes.

Ce qu’a montré James Webb, et ce que Hubble et ALMA ont ajouté

Les images publiées sont composées de données des instruments NIRCam et MIRI du télescope James Webb, dans le cadre du programme d’observation numéro 2562, dirigé par les astronomes François Ménard et Karl Stapelfeldt. Ce programme a été conçu précisément pour l’étude des disques que nous voyons de profil depuis la Terre, car de tels objets offrent une possibilité rare de suivre simultanément les couches superficielles de la lumière diffusée, les signaux infrarouges plus profonds et les couches plus froides et plus denses du plan central révélées par les observations radio.

Webb est particulièrement important parce qu’il travaille dans la région infrarouge du spectre. NIRCam enregistre le proche infrarouge, et MIRI le moyen infrarouge, de sorte qu’ensemble ils permettent de suivre différentes tailles de grains de poussière et des traces chimiques à l’intérieur du disque. Selon l’explication donnée dans la publication ESA/Webb, les tons rouges, orangés et verts des images composites indiquent différentes tailles de particules de poussière ainsi que la présence de molécules et de composés tels que l’hydrogène moléculaire, le monoxyde de carbone et les hydrocarbures aromatiques polycycliques. En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement d’une image traitée de manière esthétique, mais d’une carte des conditions physiques à l’intérieur des jeunes systèmes.

Des données de Hubble ont été ajoutées afin de montrer la lumière visible réfléchie par de très fins grains de poussière depuis l’étoile centrale. Cela crée un pont entre la vision optique et la vision infrarouge du même objet. Dans le cas du système Oph 163131, des observations de l’interféromètre ALMA, qui fonctionne à des longueurs d’onde millimétriques et submillimétriques, ont également été intégrées à l’analyse. Contrairement à Hubble et à Webb, qui voient particulièrement bien la poussière très fine, ALMA détecte des grains plus gros, d’une taille approximativement millimétrique, concentrés plus près du plan central du disque. Ces grains plus gros constituent précisément l’une des conditions importantes pour la croissance ultérieure de la matière vers des corps plus grands et plus compacts.

Oph 163131 et la trace qui pourrait indiquer la formation d’une planète

L’un des détails les plus intéressants de cette nouvelle publication concerne le système Oph 163131. Les données d’ALMA montrent, dans sa partie interne, une lacune, c’est-à-dire un vide dans la répartition de la poussière. Les astronomes n’affirment pas catégoriquement qu’une planète y a déjà été confirmée, mais ils indiquent qu’une telle structure pourrait être le signe qu’un jeune corps planétaire se forme dans le disque et que sa gravité enlève ou redistribue la matière environnante. En astronomie, c’est précisément ce type de formulation prudente qui est important : une lacune dans le disque peut être un indicateur très fort des changements qui accompagnent la formation des planètes, mais des observations et des modélisations supplémentaires sont généralement nécessaires pour une confirmation définitive.

Des travaux antérieurs fondés sur ALMA avaient déjà indiqué qu’Oph 163131 est un disque fortement « tassé », c’est-à-dire que les grains de poussière plus gros se concentrent efficacement dans une couche mince et dense le long du plan central. Un tel état intéresse particulièrement les chercheurs, car c’est justement la densité plus élevée dans cette bande étroite qui peut accélérer les processus de croissance des grains et la formation des planétésimaux. La nouvelle composition de Webb n’est donc pas une curiosité visuelle isolée, mais une partie d’un tableau plus large qui se construit depuis des années en combinant des observations faites avec différents télescopes et à différentes longueurs d’onde.

Tau 042021 et pourquoi il est important pour l’étude du mélange vertical de la poussière

Tau 042021 a lui aussi fait l’objet d’analyses plus détaillées ces dernières années. Des observations antérieures d’ALMA ont montré que ce disque présente des signes marqués de séparation verticale des particules de tailles différentes, ce qui signifie que les grains plus gros se répartissent différemment des plus petits. C’est précisément l’un des problèmes clés de la physique des disques protoplanétaires : de quelle manière la poussière se sépare, se dépose et se déplace à l’intérieur du disque avant que ne se forment des amas plus grands. Le programme James Webb numéro 2562 a été conçu de manière à relier les images optiques prises auparavant par Hubble, les observations d’ALMA de la poussière plus froide et plus grossière dans le plan central, et le nouveau regard infrarouge capable de « regarder » entre ces couches.

Pour les scientifiques, cela signifie la possibilité d’estimer pour la première fois de manière empirique et plus précise comment la densité et la taille des grains varient avec la hauteur dans le disque. C’est plus qu’un détail technique. Les modèles qui tentent d’expliquer comment une poussière dispersée peut parvenir à former des corps de taille kilométrique, c’est-à-dire atteindre le stade où la gravité commence à jouer un rôle nettement plus important dans la croissance ultérieure, en dépendent.

Pourquoi de telles images ont à la fois une valeur scientifique et publique

Des publications comme celle-ci attirent régulièrement une grande attention du public en raison de l’apparence inhabituelle et attractive des images, mais leur valeur scientifique est bien plus profonde que la simple impression visuelle. Les disques protoplanétaires observés par la tranche comptent parmi les laboratoires naturels les plus précieux pour l’étude des premières phases de la formation des systèmes planétaires. La vue habituelle « d’en haut » complique souvent la séparation des couches à l’intérieur du disque, tandis que la vue latérale permet d’évaluer plus directement l’épaisseur des couches, la répartition de la poussière fine et plus grossière ainsi que les relations entre les surfaces éclairées et le plan central plus sombre.

De plus, Webb confirme combien il est important de relier plusieurs observatoires. Hubble apporte la lumière visible et une longue archive d’observations, Webb offre une sensibilité exceptionnelle dans l’infrarouge et la capacité de pénétrer à travers les nuages de poussière, et ALMA révèle une matière plus froide et plus grossière, essentielle à la croissance physique des futures planètes. Ce n’est que lorsque toutes ces données sont rassemblées qu’émerge une image plus complète de ce qui se passe dans des disques qui n’ont qu’une fraction de l’âge de la durée de vie d’une étoile.

C’est précisément pour cette raison que la nouvelle image des deux disques n’est pas seulement une nouvelle curiosité visuelle venue de l’espace profond. Elle montre à quoi ressemble la phase dans laquelle la matière ne s’est pas encore transformée en planètes achevées, mais où les processus fondamentaux sont déjà en cours. Dans un cas, on voit un système dans lequel on peut suivre la répartition des particules à travers plusieurs couches, et dans l’autre, un vide interne qui pourrait indiquer un signe très précoce de formation planétaire. Pour l’astronomie, c’est un regard en arrière vers les conditions dont sont issues la Terre et les autres mondes du Système solaire, et pour le grand public, un rappel que la formation des planètes ne se produit pas en un seul moment dramatique, mais dans une longue série de processus complexes et encore insuffisamment élucidés, qui laissent des traces reconnaissables dans la poussière et le gaz autour des jeunes étoiles.

Sources :
- ESA/Webb – publication officielle « A pair of planet-forming discs », avec description des objets Tau 042021 et Oph 163131, date de publication et explication de la représentation (lien)
- STScI – programme JWST 2562 « Dust Settling and Grain Evolution in Edge-on Protoplanetary Disks », avec un résumé des objectifs scientifiques des observations (lien)
- JPL/NASA Catalog of Circumstellar Disks – données de base et travaux de référence pour l’objet Oph 163131 (lien)
- Science Explorer / A&A – résumé de l’article sur les observations ALMA de disques protoplanétaires orientés par la tranche, y compris Tau 042021 et le dépôt de grains plus gros (lien)

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