Sophie Adenot est arrivée sur l’ISS : début officiel de la mission εpsilon de l’ESA en février 2026.
L’arrivée du nouvel équipage à bord de la Station spatiale internationale (ISS) le 14 février 2026 à 21:15 heure d’Europe centrale a marqué le début de la mission εpsilon, première mission spatiale de l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) Sophie Adenot. À bord de la capsule SpaceX Crew Dragon
Freedom, les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway ainsi que le cosmonaute de Roscosmos Andrei Fedyaev sont également arrivés sur la station. L’amarrage à la station a été réalisé après environ 34 heures de vol depuis le lancement en Floride, et l’arrivée de l’équipage ramène l’ISS à son effectif opérationnel complet après une période de sous-effectif et le report d’une partie des activités à l’extérieur de la station.
Lancement et amarrage : 34 heures en orbite avant l’entrée sur l’ISS
L’équipage de la mission Crew-12 a décollé le 13 février 2026 à 11:15 heure d’Europe centrale (10:15 UTC) au sommet d’une fusée Falcon 9 depuis Cape Canaveral aux États-Unis, dans le cadre du programme de vols habités commerciaux de la NASA. Après une série de manœuvres orbitales, la capsule
Freedom s’est amarrée au module d’amarrage de la station le 14 février 2026 à 21:15 CET (20:15 UTC). Selon la NASA, il s’agit d’une mission de rotation qui durera environ huit à neuf mois, et durant leur séjour l’équipage mènera des expériences scientifiques, des démonstrations technologiques et la maintenance des systèmes de la station.
Pendant le voyage vers l’ISS, Adenot et Hathaway, tous deux pour la première fois dans l’espace et forts d’une expérience de pilotes d’essai, ont eu le temps de s’adapter à la vie en microgravité et de se familiariser avec les procédures de travail à bord du véhicule. Cette période de transition, utilisée dans chaque équipage pour la mise en route, est particulièrement importante pour les nouveaux membres car elle leur permet, après l’entrée sur l’ISS, de s’intégrer plus rapidement au rythme opérationnel de la station et de reprendre une partie des tâches qui s’étaient accumulées lorsque l’équipage était moins nombreux.
Accueil à bord et symbolique des « ailes d’astronaute »
Après l’égalisation de la pression et l’ouverture de l’écoutille entre le véhicule et la station, Crew-12 a été accueilli par les membres de l’équipe précédente. Selon les informations de l’ESA, l’équipage a été salué par l’astronaute de la NASA Christopher Williams et les cosmonautes russes Sergei Kud-Sverchkov et Sergei Mikayev, arrivés sur l’ISS en novembre 2025 à bord d’un Soyouz. La courte séquence protocolaire — qui constitue aussi, en pratique, une vérification de sécurité confirmant la stabilité des systèmes et la possibilité pour l’équipage de circuler entre les modules — s’est terminée par une cérémonie durant laquelle Adenot et Hathaway ont reçu des « ailes d’astronaute » des mains du commandant de la station, Sergei Kud-Sverchkov.
Ces cérémonies, bien que brèves, jouent un rôle important dans la culture des équipages : elles marquent le passage de la phase de voyage à celle du travail opérationnel complet. Dans le cas d’εpsilon, le fait qu’il s’agisse d’une mission qui pourrait, selon les plans de l’ESA, être le vol le plus long d’un astronaute européen à ce jour, avec une durée prévue pouvant aller jusqu’à neuf mois, lui confère un poids supplémentaire.
Pourquoi εpsilon est important pour l’Europe
L’ESA appelle la mission εpsilon, et ce nom porte une symbolique à plusieurs niveaux. L’ESA explique qu’en mathématiques, le signe ε est associé aux « petites quantités », ce qui est interprété comme un accent mis sur la contribution des individus dans les grands projets internationaux. En outre, ε sert aussi à désigner des étoiles dans les constellations, si bien que la mission s’inscrit dans la tradition française de nommer les vols d’après des corps célestes. Dans le contexte européen, la mission est importante aussi parce qu’Adenot est la première astronaute « de carrière » de la promotion ESA 2022, connue sous le surnom « Hoppers », à voler dans l’espace.
Le directeur du programme de l’ESA pour l’exploration humaine et robotique, Daniel Neuenschwander, a souligné qu’εpsilon montre la volonté de l’Europe de maintenir une présence continue en orbite terrestre basse et de placer l’utilisation scientifique de l’ISS au cœur de cette approche. Dans ce cadre, Adenot n’est pas seulement une « passagère » à bord de la station, mais une actrice opérationnelle clé, chargée d’une partie des capacités de recherche européennes à bord et de la coordination d’expériences provenant de laboratoires européens.
Rôle sur l’ISS : Columbus et Kibo au cœur du travail
Pendant son séjour sur l’ISS, Sophie Adenot agira comme spécialiste d’équipage pour le module Columbus, le laboratoire européen de la station, mais aussi pour le module scientifique japonais Kibo. Concrètement, cela signifie qu’une grande partie de sa journée de travail sera consacrée à la préparation et à la conduite d’expériences, à la manipulation d’échantillons, au contrôle des systèmes expérimentaux et aux comptes rendus vers les centres au sol qui suivent les expériences en temps réel.
Columbus est l’un des éléments clés de la présence européenne sur l’ISS : il permet des recherches de longue durée en conditions de microgravité, de la biologie et de la médecine à la physique des fluides et à l’observation de la Terre. Kibo est le plus grand module de recherche individuel de la station, et la coopération entre l’ESA et l’agence japonaise JAXA pour son utilisation illustre la manière dont le programme scientifique de l’ISS repose sur le partage d’infrastructures et l’échange de ressources entre partenaires.
Jusqu’à 36 expériences européennes : médecine, climat et technologie
Selon l’ESA, dans le cadre d’εpsilon, Adenot mènera jusqu’à 36 expériences européennes, dont sept ont été développées par l’agence spatiale française CNES spécialement pour cette mission. L’éventail des thèmes couvre des études de physiologie humaine, où l’on analyse les changements dans les muscles, les os, le système cardiovasculaire et le système nerveux lors de séjours prolongés en microgravité, ainsi que des projets portant sur le climat et l’observation de la Terre.
Une partie des expériences est axée sur des démonstrations technologiques — essais de nouveaux matériaux, capteurs, systèmes logiciels ou procédures — qui sont importantes car l’ISS sert aussi de « banc d’essai » pour de futures missions plus loin dans le Système solaire. L’ESA souligne que les résultats de ces recherches reviennent sur Terre sous forme de nouvelles connaissances médicales, d’un meilleur traitement des données environnementales et du développement de technologies applicables à l’industrie, à la santé ou aux systèmes de sécurité.
Pour les équipes de recherche européennes, la durée de la mission est particulièrement importante. Un séjour plus long permet de mener des expériences en plusieurs phases, de répéter des mesures et de suivre des effets à long terme, ce qui est difficile à obtenir lors de vols plus courts. Il crée aussi une « fenêtre » plus large pour les imprévus, comme des retards techniques ou des modifications du planning de travail de la station, courants dans les missions spatiales.
Contexte plus large : l’ISS a temporairement fonctionné avec un équipage réduit
L’arrivée de Crew-12 a aussi une dimension opérationnelle qui dépasse les plans scientifiques. Selon la NASA et les médias internationaux, l’ISS a fonctionné sur la période précédente avec un équipage réduit après le retour anticipé d’un équipage pour une raison médicale, ce qui a entraîné une diminution temporaire du nombre de personnes à bord. Dans de telles circonstances, les priorités se déplacent souvent vers la maintenance des systèmes, la sécurité et les opérations indispensables, tandis qu’une partie des activités scientifiques et des sorties extravéhiculaires (spacewalk) est reportée.
Avec l’arrivée de l’équipage de quatre personnes, la station retrouve une capacité permettant de travailler en parallèle sur les expériences, les tâches de maintenance routinières et la préparation d’activités à l’extérieur de la station. C’est précisément pour cela que les arrivées d’équipages de rotation ne sont pas seulement un « changement d’équipe », mais aussi des moments clés pour le rythme de la recherche et la logistique en orbite.
Qui est Sophie Adenot et pourquoi on parle d’elle comme d’un « nouveau visage » de l’astronautique européenne
Sophie Adenot appartient à la nouvelle génération d’astronautes de l’ESA sélectionnés en 2022. Dans ses documents, l’ESA a souligné qu’il s’agit d’une astronaute de carrière qui a relativement rapidement franchi le parcours allant de la formation de base à la préparation spécifique à la mission. Concrètement, cela signifie que le programme d’entraînement a été condensé et fortement centré sur les rôles qu’elle exercera sur l’ISS, notamment le travail dans le module Columbus, les procédures de sécurité, la gestion des cargaisons, la robotique et la coopération avec des partenaires internationaux.
Pour la France, εpsilon a aussi une dimension nationale. Le CNES indique qu’il s’agit de la première participation française à un équipage de l’ISS depuis la mission Alpha de Thomas Pesquet en 2021, et qu’Adenot devient seulement la deuxième Française à voler vers l’ISS, 25 ans après Claudie Haigneré. Ces données sont souvent mises en avant car les programmes spatiaux influencent fortement la perception publique de la science et de la technologie, et les astronautes deviennent des « ambassadeurs » de la recherche dans les écoles, les universités et l’industrie.
Équipage international et géopolitique de la coopération en orbite
Crew-12 réunit des représentants de trois agences : la NASA, l’ESA et Roscosmos. Même si les relations politiques sur Terre évoluent souvent, l’ISS est depuis des décennies un exemple d’infrastructure fonctionnant sur la base de la coopération opérationnelle et du partage des responsabilités. Chaque agence contribue à certains modules, capacités de transport, logistique et programmes scientifiques, et la sécurité de l’équipage dépend de la compatibilité des systèmes et des procédures.
Étant donné que la mission durera huit à neuf mois, l’équipage participera aussi aux transitions entre les Expéditions 74 et 75, ce qui inclut des changements de commandement, la planification de campagnes scientifiques et l’adaptation du planning à l’état des systèmes et à la disponibilité des vols cargo. Dans ces missions longues, les équipages traversent souvent des périodes de travail intensif, mais aussi des phases où les priorités se tournent vers la maintenance et les réparations, selon l’état technique de la station.
Ce que l’Europe y gagne : science, technologie et préparation aux futures missions
L’ESA, la NASA et leurs partenaires soulignent de plus en plus que l’ISS est une plateforme de préparation aux missions vers la Lune et au-delà, car elle permet de tester le corps humain dans des conditions de séjour spatial prolongé et de vérifier des technologies devant fonctionner de manière fiable pendant des mois. Les résultats d’expériences en physiologie et en psychologie de l’équipage servent à développer des protocoles d’alimentation, d’exercice, de protection contre les radiations et de maintien de la santé mentale pendant les longues missions.
Dans le domaine technologique, les expériences spatiales conduisent souvent à des innovations en gestion de l’énergie, recyclage de l’eau et de l’air, matériaux résistants à des conditions extrêmes et systèmes autonomes de surveillance. Dans le contexte des recherches climatiques et environnementales, le travail de l’équipage sur l’ISS soutient aussi la calibration des instruments et des comparaisons avec des mesures au sol, ce qui peut améliorer l’interprétation des données d’observation satellitaire.
Pour l’industrie européenne, ces missions apportent une valeur supplémentaire via des contrats d’équipements, le développement d’expériences et la participation à des programmes pouvant ensuite être transférés vers des produits commerciaux. En ce sens, εpsilon s’inscrit aussi dans une stratégie plus large de renforcement du secteur spatial européen à une période où l’on parle de plus en plus de la commercialisation de l’orbite basse et de l’avenir des stations après la fin des opérations de l’ISS.
Communication depuis l’orbite : réseaux sociaux et visibilité publique de la mission
L’ESA a annoncé qu’Adenot partagera durant la mission des contenus depuis l’orbite via ses profils sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, X, Facebook et LinkedIn. Cette communication est devenue la norme car le public obtient un aperçu plus direct du quotidien de l’équipage, tandis que les agences renforcent ainsi l’intérêt pour la science et inspirent les jeunes générations. L’ESA gère également une page dédiée à la mission εpsilon, où sont publiées des annonces d’expériences, des vidéos et des informations techniques.
Dans les semaines à venir, on s’attend à ce que l’équipage entre progressivement dans le rythme de travail complet, avec un accent sur la préparation des systèmes de laboratoire, la vérification du matériel et le lancement d’expériences ayant des fenêtres temporelles précisément définies. Au fur et à mesure que la mission avancera, une partie des activités inclura aussi la logistique des vols cargo, la répartition des échantillons et le retour de matériaux sur Terre.
Sources :- ESA – page officielle de la mission εpsilon (description de la mission, rôle de l’astronaute et plan de recherche indicatif) : esa.int
- NASA – “What You Need to Know About NASA’s SpaceX Crew-12 Mission” (données sur l’équipage et objectifs de la mission) : nasa.gov
- CNES – Mission Epsilon (programme français et expériences liées à la mission) : cnes.fr
- Associated Press – reportage sur l’arrivée de l’équipage et le contexte d’un retour médical antérieur (contexte opérationnel de l’ISS) : apnews.com
- Space.com – reportages sur le lancement de Crew-12 et profils des membres d’équipage (détails sur le vol et l’équipage) : space.com
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