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CIO, neutralité politique du sport et retour de la Russie vers les Jeux olympiques Los Angeles 2028

Le Comité international olympique remet la neutralité politique du sport au centre du débat alors que la possible voie de retour de la Russie vers les Jeux olympiques Los Angeles 2028 interroge. L’article analyse la position de Kirsty Coventry, le statut de la Russie et du Bélarus, les athlètes neutres et la pression sur les fédérations

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Le CIO défend de nouveau la neutralité politique, mais le retour russe vers Los Angeles 2028 reste la question la plus sensible

Le Comité international olympique a de nouveau placé la neutralité politique du sport au centre de son message public, à un moment où l'on observe avec une attention croissante si la Russie peut obtenir une voie plus large de retour vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a déclaré lors de la 146e Session de l'organisation à Lausanne que le mouvement olympique voulait protéger le sport de toute ingérence politique à tout moment, selon le compte rendu d'Inside the Games sur la session. Le CIO présente une telle position comme une protection du droit des athlètes à concourir sans sanction collective pour les décisions de leurs gouvernements. Dans le même temps, la même formulation ouvre la question de savoir si le principe de neutralité peut se transformer en mécanisme de réhabilitation progressive de la Russie sur la plus grande scène sportive. Au 25 juin 2026, il n'a pas été officiellement confirmé que le Comité olympique russe reviendra pleinement pour les Jeux de 2028, mais l'orientation de la discussion montre que la décision se déplace de plus en plus d'un régime de sanctions extraordinaires vers un débat plus complexe sur les limites de l'autonomie sportive.

La neutralité comme principe et comme problème politique

Dans ses documents officiels, le CIO se réfère depuis des années à la Charte olympique, selon laquelle les organisations sportives du mouvement olympique doivent appliquer la neutralité politique et préserver l'autonomie du sport. En pratique, cela signifie que le CIO cherche à séparer le droit d'un athlète individuel à participer du comportement de l'État dont il ou elle porte le passeport, surtout lorsque l'athlète concourt sans drapeau, hymne et symboles nationaux. Coventry a repris cette approche au moment où elle est devenue la dixième présidente du CIO et la première femme à cette fonction, après avoir été élue en mars 2025 lors de la session à Costa Navarino, selon l'annonce officielle du CIO. Son message sur la neutralité n'est donc pas seulement une déclaration générale de valeurs, mais un signal sur la manière dont la nouvelle direction veut résoudre les différends géopolitiques les plus difficiles dans le sport. Les critiques, surtout issus du milieu sportif et politique ukrainien, avertissent que la neutralité peut devenir inégale si elle traite de la même manière le pays attaqué et l'État dont l'invasion a conduit aux sanctions.

Le débat est d'autant plus sensible que le CIO n'agit pas dans un espace vide. Les Jeux olympiques disposent d'un public mondial, de grands contrats commerciaux, d'une visibilité politique et d'une force symbolique que les États utilisent souvent pour construire leur prestige. Pour cette raison, l'affirmation selon laquelle le sport doit être protégé de la politique est à la fois compréhensible et difficile à mettre en œuvre. Selon le CIO, l'objectif est d'empêcher que les athlètes soient utilisés comme moyen de pression politique ou de propagande, mais chaque décision concernant les athlètes russes et biélorusses produit nécessairement des conséquences politiques. C'est précisément dans cette tension que réside le problème central : la neutralité peut protéger les individus d'une responsabilité collective, mais elle peut aussi atténuer les conséquences pour les systèmes qui utilisent le sport comme partie intégrante de la puissance de l'État.

Le cas russe n'est pas le même que le cas biélorusse

Le changement le plus important avant Los Angeles s'est produit le 7 mai 2026, lorsque la commission exécutive du CIO a annoncé qu'elle ne recommandait plus de restrictions à la participation des athlètes biélorusses, y compris des équipes, aux compétitions relevant de la compétence des fédérations internationales et des organisateurs d'événements sportifs. Selon cette annonce officielle, les mesures de 2022 et 2023 ont cessé d'être recommandées pour la Biélorussie, ce qui ouvre la possibilité pour les athlètes biélorusses, dans le cycle de qualification pour Los Angeles, de concourir de nouveau avec une identité nationale, si les différentes fédérations l'acceptent. Le CIO a toutefois souligné que la situation de la Russie diffère de celle de la Biélorussie. Le Comité olympique russe reste suspendu, et la raison n'est pas seulement la guerre, mais aussi la décision du comité russe d'inclure sous sa juridiction des organisations sportives des territoires ukrainiens occupés, ce que le CIO a qualifié de violation de la Charte olympique et de l'intégrité territoriale du Comité national olympique d'Ukraine.

Cette différence a également été confirmée par le Tribunal arbitral du sport à Lausanne, qui a rejeté en 2024 l'appel du Comité olympique russe contre la suspension, selon un compte rendu d'Associated Press. Le tribunal a alors accepté que la suspension n'avait pas violé les principes de légalité, d'égalité, de prévisibilité ou de proportionnalité. Après la décision, le CIO a répété que le comité russe ne peut pas recevoir de fonds ni agir comme un comité national olympique à part entière tant que dure la suspension. Les athlètes russes ne sont toutefois pas automatiquement exclus de toutes les voies olympiques : depuis 2023, ils peuvent, sous des conditions strictes, se qualifier et concourir en tant qu'athlètes individuels neutres. C'est précisément cette différence entre l'institution et l'individu qui a permis au CIO d'affirmer qu'il sanctionne une violation des règles olympiques, mais ne ferme pas la porte à chaque athlète titulaire d'un passeport russe.

Le modèle des athlètes individuels neutres

Le système des athlètes individuels neutres, connu sous le nom d'AIN, a été introduit comme compromis après les premières recommandations d'exclusion des athlètes russes et biélorusses après l'invasion de l'Ukraine en 2022. Selon les règles officielles pour Paris 2024, les athlètes titulaires d'un passeport russe ou biélorusse devaient satisfaire aux normes de qualification dans leurs sports, passer une vérification supplémentaire des fédérations internationales et du CIO, et concourir sans drapeau national, hymne, couleurs ou autres symboles nationaux. Les participations par équipes n'étaient pas autorisées, et les athlètes qui soutenaient activement la guerre ou étaient liés à l'armée et aux services de sécurité de la Russie ou de la Biélorussie ne pouvaient pas obtenir le statut de participants neutres. Le CIO a conservé le même cadre pour les Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, selon son annonce de septembre 2025.

Un tel modèle devait montrer que les sanctions visaient la représentation étatique, et non chaque individu. Mais son application a ouvert une série de questions pratiques et morales. La vérification des positions publiques, des liens contractuels, de l'appartenance à des clubs sportifs liés à l'armée et des apparitions à des événements soutenant la guerre est une procédure complexe dans laquelle les erreurs ont de graves conséquences. Les institutions sportives ukrainiennes et les organisations de défense des droits humains ont averti à plusieurs reprises que des athlètes liés à des structures étatiques ou à des événements de propagande pouvaient se cacher derrière le statut neutre. Selon des reportages de médias internationaux, l'Ukraine a aussi demandé en 2026 un examen supplémentaire du statut neutre de certains athlètes russes, affirmant que les critères n'étaient pas toujours appliqués avec suffisamment de rigueur.

Los Angeles 2028 comme prochain grand tournant

Les Jeux olympiques de Los Angeles se tiendront du 14 au 30 juillet 2028, selon l'annonce officielle des organisateurs de LA28, et les cycles de qualification pour de nombreux sports commencent bien avant l'ouverture des Jeux. C'est pourquoi les décisions du CIO de 2026 ne sont pas seulement administratives. Elles influencent les règles selon lesquelles les fédérations internationales planifient déjà les qualifications, la répartition des quotas et les participations des athlètes aux compétitions menant au programme olympique. Si le cadre existant est maintenu pour la Russie, les athlètes russes pourraient concourir uniquement comme individus neutres, sans drapeau ni hymne, avec des vérifications et sans disciplines par équipes. Si le régime est assoupli, la question s'ouvrirait de savoir si la Russie peut apparaître à Los Angeles avec une identité nationale complète ou au moins avec des droits élargis par rapport à Paris et à Milano Cortina.

Les informations officielles actuellement disponibles ne confirment pas un tel retour complet. Au contraire, en mai 2026, le CIO a explicitement distingué le cas biélorusse du cas russe, indiquant que le Comité olympique russe reste suspendu, tandis que des questions supplémentaires liées au cadre antidopage sont également ouvertes pour le système sportif russe. Cette différence est essentielle pour comprendre le message de Coventry : l'appel à protéger le sport de l'ingérence politique ne signifie pas automatiquement la levée de toutes les sanctions. Pourtant, le fait que la neutralité soit désormais soulignée comme un principe fondamental avant Los Angeles montre que le CIO prépare un cadre argumentatif pour de futures décisions. Que ce cadre soit utilisé pour maintenir le modèle individuel neutre ou pour un assouplissement plus large des restrictions reste, pour l'instant, ouvert.

Le rôle des fédérations internationales

Même lorsque le CIO émet une recommandation, la réalité sportive finale dépend des fédérations internationales. Elles dirigent les qualifications, déterminent les règles techniques et décident comment appliquer les lignes directrices olympiques dans leurs disciplines. L'exemple de la Biélorussie montre qu'une décision du CIO ne signifie pas nécessairement un retour uniforme dans tous les sports. Après que le CIO a recommandé en mai 2026 la levée des restrictions pour les athlètes biélorusses, certains médias ont rapporté que World Athletics maintient sa propre interdiction pour les athlètes et les officiels de Russie et de Biélorussie. Cela signifie que le chemin vers Los Angeles restera probablement inégal : dans certains sports, les règles peuvent être plus souples, dans d'autres beaucoup plus strictes.

Cette fragmentation n'est pas nouvelle. Après 2022, les fédérations internationales ont réagi différemment aux recommandations du CIO, selon les circonstances de sécurité, la pression des fédérations nationales, les risques juridiques et leurs propres statuts. Certaines ont autorisé des participations neutres avec vérifications, certaines ont maintenu les interdictions, et certaines ont fait face à des procédures devant le Tribunal arbitral du sport. Pour les athlètes, cela crée de l'incertitude, car leur parcours olympique ne dépend pas seulement du résultat, mais aussi de règles qui peuvent changer pendant le cycle. Pour le CIO, en revanche, un tel système signifie que la neutralité politique n'est pas une décision univoque venue de Lausanne, mais un cadre de négociation qui se traduit dans chaque sport par une pratique différente.

L'argument ukrainien : la neutralité ne suffit pas sans responsabilité

La partie ukrainienne avertit depuis le début que les participations russes et biélorusses ne peuvent pas être observées uniquement à travers les droits des athlètes individuels. Selon les institutions sportives ukrainiennes, le sport en Russie est souvent lié aux structures étatiques, à l'armée, aux services de sécurité et aux événements de propagande, si bien qu'une désignation neutre ne supprime pas nécessairement la signification politique d'une participation. Une sensibilité supplémentaire est créée par le fait que les athlètes ukrainiens sont en même temps touchés par la guerre, les interruptions d'entraînement, la perte d'infrastructures, la mobilisation, l'exil et la mort de membres de la communauté sportive. Lorsqu'on leur demande d'accepter les participations d'athlètes de l'État agresseur sous un drapeau neutre, le débat n'est plus seulement procédural, mais aussi moral.

Le CIO répond que le mouvement olympique doit s'en tenir à une approche universelle et que les athlètes ne doivent pas être automatiquement exclus uniquement en raison de leur passeport. Selon les explications officielles, c'est pourquoi des critères ont été introduits pour exclure ceux qui soutiennent activement la guerre ou sont liés à l'appareil militaire et sécuritaire. Mais les critiques soulignent que la frontière entre neutralité individuelle et représentation étatique dans les systèmes autoritaires est particulièrement difficile à vérifier. Si un athlète ne s'exprime pas publiquement, cela ne signifie pas nécessairement qu'il ou elle est politiquement indépendant ; s'il ou elle s'exprime, il ou elle peut subir des conséquences dans son propre pays. C'est précisément pourquoi la crédibilité de toute solution future dépendra de la transparence des vérifications, de critères clairs et de la volonté du CIO d'expliquer chaque changement de politique.

Ce que signifierait le retour complet de la Russie

Le retour complet de la Russie aux Jeux olympiques signifierait beaucoup plus qu'un changement de désignations d'accréditation. Il inclurait la question du drapeau, de l'hymne, des couleurs nationales, des sports collectifs, de la présence de responsables, de la place dans le tableau officiel des médailles et des droits du Comité olympique russe dans le système olympique. Tant que le Comité olympique russe est suspendu, un tel retour est difficile à imaginer sans règlement formel du différend né de l'inclusion de structures sportives des territoires ukrainiens occupés. Selon Associated Press, c'est précisément cette démarche qui a constitué la base de la décision du CIO d'octobre 2023 et de sa confirmation ultérieure devant le CAS. En outre, selon des reportages sur la décision de mai 2026, le CIO a aussi mentionné, dans le cas de la Russie, la nécessité d'une meilleure compréhension de l'état du système antidopage.

C'est pourquoi la prudence dans les formulations est importante. On peut dire qu'au sommet olympique, la neutralité politique est de nouveau fortement soulignée, que le régime pour la Biélorussie s'assouplit déjà et que le statut russe est de plus en plus évoqué dans le contexte de Los Angeles 2028. On ne peut toutefois pas affirmer que le retour de la Russie a déjà été approuvé. Pour l'instant, il est seulement confirmé que le CIO maintient la porte ouverte aux athlètes individuels neutres dans les conditions qu'il fixe lui-même, tandis que le statut institutionnel du Comité olympique russe reste non résolu. Dans cet espace entre neutralité de principe et sanctions concrètes se déroulera l'un des débats sportivo-politiques les plus importants avant les prochains Jeux olympiques d'été.

La neutralité devra prouver sa propre cohérence

Le message de Coventry selon lequel le sport doit être protégé de l'ingérence politique ressemble à une continuation de la doctrine olympique de longue date, mais les circonstances dans lesquelles il est prononcé lui donnent un poids particulier. Si le CIO veut défendre la neutralité comme principe, il devra montrer qu'elle n'est pas sélective, qu'elle ne sert pas seulement à calmer les pressions des grandes puissances sportives et qu'elle n'ignore pas les conséquences de la guerre pour les athlètes ukrainiens. S'il veut protéger le droit des individus à participer, il devra prouver de manière convaincante que ces individus ne représentent réellement pas l'appareil d'État qui a conduit aux sanctions. Et s'il veut conserver son autorité face aux fédérations internationales, il devra offrir des règles suffisamment claires pour pouvoir être appliquées de manière égale dans différents sports.

Los Angeles 2028 devient donc un test plus large que la question de savoir qui peut entrer dans le stade. C'est un test de la crédibilité de la neutralité olympique à une époque où le sport, la diplomatie, la guerre, le marché et la perception publique ne peuvent pas facilement être séparés. Le CIO peut affirmer qu'il veut protéger le sport de la politique, mais la décision sur la Russie sera lue politiquement quelle que soit la terminologie officielle. C'est précisément pourquoi les étapes futures ne seront pas mesurables uniquement par le nombre d'athlètes titulaires d'un passeport russe qui obtiendront éventuellement le droit de participer. Elles se mesureront aussi à la capacité du mouvement olympique à expliquer pourquoi une certaine limite a été tracée exactement là où elle l'a été.

Sources :
- International Olympic Committee – annonce officielle de l'élection de Kirsty Coventry comme dixième présidente du CIO et première femme à cette fonction (lien)
- International Olympic Committee – annonce officielle sur la neutralité politique, l'autonomie du sport et l'opposition à la politisation du sport (lien)
- International Olympic Committee – annonce officielle sur la levée des restrictions recommandées pour les athlètes biélorusses et la distinction entre les cas biélorusse et russe (lien)
- International Olympic Committee – annonce officielle sur les conditions pour les athlètes individuels neutres aux Jeux olympiques de Paris 2024 (lien)
- International Olympic Committee – annonce officielle sur l'application des mêmes conditions pour les athlètes individuels neutres aux Jeux olympiques d'hiver Milano Cortina 2026 (lien)
- Associated Press – compte rendu de la décision du CAS rejetant l'appel du Comité olympique russe contre la suspension du CIO (lien)
- Euronews / AFP – compte rendu de la levée des restrictions pour la Biélorussie, du maintien des restrictions pour la Russie et du contexte des qualifications pour Los Angeles 2028 (lien)
- Inside the Games – compte rendu de la 146e Session du CIO sur le nouvel accent mis sur la neutralité politique du sport sous la direction de Kirsty Coventry (lien)
- LA28 – dates officielles des Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028 (lien)

Remarque: Des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés lors de la préparation de ce contenu. Le contenu a été révisé par la rédaction avant publication.

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