Le CIO a souligné à Bakou le rôle du sport dans la planification de villes plus saines et plus inclusives
Laura Chinchilla, membre du Comité international olympique et ancienne présidente du Costa Rica, a représenté le CIO au 13e Forum urbain mondial à Bakou, où des représentants de gouvernements, de villes, d’organisations internationales, de la société civile, du monde académique et du secteur privé se sont réunis autour de l’un des thèmes de développement les plus difficiles d’aujourd’hui : la crise mondiale du logement. Le forum s’est tenu du 17 au 22 mai 2026 dans la capitale de l’Azerbaïdjan, et son thème central était « Housing the world: Safe and resilient cities and communities ». Selon ONU-Habitat, le programme des Nations Unies pour les établissements humains, les discussions à Bakou étaient axées sur la manière de relier un logement sûr, abordable et résilient à l’adaptation climatique, à la planification urbaine, au financement, aux espaces publics et à l’inclusion des communautés locales. Dans ce cadre, le CIO a cherché à souligner que le sport n’est pas seulement une activité compétitive ou récréative, mais aussi un outil des politiques urbaines qui peut contribuer à la santé, au lien social et à une utilisation plus sûre de l’espace public.
Dans un message vidéo adressé aux participants du forum, Chinchilla, selon le communiqué du CIO, a appelé les villes, les partenaires internationaux et les communautés locales à coopérer pour créer, grâce au sport, des environnements urbains plus sains, plus inclusifs et plus résilients. Son message s’est inscrit dans l’approche plus large du CIO et d’ONU-Habitat, qui considèrent le sport, l’activité physique et les loisirs actifs comme une partie du développement urbain durable. Une telle approche est particulièrement pertinente dans les villes qui font simultanément face à la croissance démographique, à la pression sur le logement, au manque d’espaces verts et publics de qualité, aux risques climatiques et à des inégalités sociales de plus en plus marquées. À Bakou, le CIO est ainsi intervenu dans un débat qui dépasse l’infrastructure sportive et entre dans le domaine de la santé publique, de la cohésion sociale et de la planification urbaine à long terme.
Un forum mondial à un moment d’urbanisation accélérée
Le Forum urbain mondial est le plus grand rassemblement mondial consacré à l’urbanisation durable, et il est organisé par ONU-Habitat. Selon le site officiel de WUF13, l’édition de Bakou a réuni des participants de 176 pays, avec une portée déclarée de 58.000 participants en présentiel et en ligne. Le programme était structuré autour de six grands dialogues portant sur la crise mondiale du logement, la transformation des établissements informels et des bidonvilles, la reconstruction après les crises, la relation entre climat et logement, la force sociale et économique du logement et les nouveaux modèles de financement. ONU-Habitat a souligné à cette occasion que le forum se tient à mi-parcours de la mise en œuvre du Nouvel Agenda urbain, un cadre international adopté en 2016 afin d’orienter le développement des villes vers davantage d’inclusion, de sécurité, de résilience et de durabilité.
Dans leurs rapports sur le forum, les Nations Unies indiquent que la crise du logement ne peut plus être considérée uniquement comme un problème de certains pays plus pauvres ou de villes en croissance rapide. Le secrétaire général de l’ONU António Guterres, dans un message aux participants, a déclaré que le logement influence directement la santé, l’éducation et les perspectives de vie des personnes, et a souligné que l’accès à un logement adéquat est une question de dignité humaine. La présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, selon un rapport de l’ONU, a averti que la simple construction d’un plus grand nombre de logements ne suffit pas si elle n’est pas liée à l’infrastructure, à la résilience climatique, à la planification urbaine, au financement et à la participation des communautés locales. Un tel cadre explique pourquoi, aux côtés des thèmes de la construction de logements et du financement, le forum a également accueilli des discussions sur les espaces publics, la gouvernance locale, la santé, la sécurité et l’inclusion sociale.
Pourquoi le logement est devenu une question centrale du développement
Selon les estimations d’ONU-Habitat, plus de 2,8 milliards de personnes vivent dans une forme de logement inadéquat. Ce chiffre comprend environ 1,1 milliard de personnes dans des établissements informels et des bidonvilles, ainsi que plus de 300 millions de personnes confrontées au sans-abrisme. Dans le document de référence pour WUF13, ONU-Habitat avertit que l’urbanisation rapide accentuera encore la pression, car on s’attend à ce qu’en 2050 environ 68 pour cent de la population mondiale vive dans les villes. Les conséquences de la crise ne s’arrêtent pas à l’absence d’un toit au-dessus de la tête : le logement inadéquat est associé à une santé plus fragile, à de moindres possibilités éducatives et économiques, à l’insécurité, à l’exposition aux risques climatiques et à l’instabilité politique.
Le Bureau de l’ONU à Genève a rapporté qu’environ 1,5 million de personnes s’installent chaque semaine dans les villes, tandis que près de 90 pour cent de la croissance urbaine future se concentrera en Afrique et en Asie. Dans les pays en développement, selon la même source, plus de 30 pour cent des habitants urbains vivent dans des bidonvilles et des quartiers dépourvus d’infrastructures adéquates. C’est pourquoi les discussions à Bakou étaient orientées vers les systèmes plus larges qui déterminent la qualité de vie dans les villes : l’accès à l’eau et à l’assainissement, des transports publics sûrs, les espaces verts, les écoles, les services de santé, la protection contre les événements météorologiques extrêmes et la sécurité juridique du logement. Dans un tel contexte, le sport ne peut être important que s’il est intégré dans une politique urbaine globale, et non s’il se réduit à des projets isolés ou à de grands équipements qui ne sont pas accessibles aux habitants.
Chinchilla : le sport comme partie des politiques urbaines
Laura Chinchilla s’est exprimée au forum du point de vue du CIO, mais aussi en tant que femme politique ayant l’expérience de la direction de l’État. Selon son profil au CIO, elle est membre du Comité international olympique depuis 2019 et, depuis 2026, elle occupe également la fonction d’observatrice permanente du CIO auprès des Nations Unies. Dans son travail antérieur au sein du CIO, elle a été impliquée dans les questions d’affaires publiques, de développement social par le sport, de communication, d’éthique et d’élection des membres. Ce rôle est important parce que, ces dernières années, le CIO cherche de plus en plus à relier le sport aux objectifs de développement durable, aux communautés locales et aux partenariats avec les organisations des Nations Unies.
Selon le rapport du CIO sur WUF13, Chinchilla a déclaré aux participants que le sport peut aider les villes à répondre à certains de leurs plus grands défis. L’accent n’était pas mis sur le sport comme substitut aux politiques de logement, sociales ou infrastructurelles, mais sur le sport comme complément pouvant renforcer la santé publique, l’accessibilité des espaces et le sentiment d’appartenance. L’agence azerbaïdjanaise Trend a rapporté que Chinchilla a souligné que l’inclusion du sport dans les politiques urbaines et la planification peut renforcer la santé et le bien-être, créer des espaces publics plus sûrs et plus inclusifs et encourager la solidarité au sein de la communauté. De tels messages suivent la direction dans laquelle le CIO se présente dans le programme Olympism365, où le sport, l’activité physique et les loisirs actifs sont décrits comme des moteurs possibles de la qualité de vie, de la réduction des inégalités, de la durabilité environnementale et de la paix dans les villes.
Le sport ne résout pas la crise du logement, mais il peut façonner la vie quotidienne en ville
Le rôle du sport dans le débat sur le logement peut sembler secondaire au premier abord, mais il devient plus clair lorsque le logement est considéré comme une partie d’un système urbain plus large. Un logement adéquat ne signifie pas seulement un objet physique, mais aussi un environnement sûr, l’accès aux services de base, la connexion avec les emplois, les écoles et la santé, ainsi que la possibilité d’utiliser les espaces publics sans peur ni exclusion. Des terrains de sport, des parcs, des cours d’école, des pistes de marche et de vélo ainsi que des espaces récréatifs de quartier de qualité peuvent améliorer la vie quotidienne des habitants, en particulier des enfants, des jeunes, des personnes âgées et des groupes qui sont souvent exclus des contenus formels. C’est pourquoi le sport dans la planification urbaine est de plus en plus lié à la santé publique, à la prévention de la violence, à l’égalité des sexes, à l’accessibilité des espaces et à un mode de vie actif.
En même temps, une telle approche comporte aussi des limites claires. L’infrastructure sportive ne peut pas compenser le manque de logements abordables, de sécurité de propriété ou de location, d’infrastructure communale de base et de financement efficace. Si les projets sportifs et récréatifs sont planifiés sans les habitants, ils peuvent devenir inaccessibles, non durables ou liés à une pression sur les prix de l’immobilier dans les environs. C’est précisément pourquoi les messages de Bakou mettent l’accent sur la planification intégrée : les espaces publics et les contenus sportifs doivent faire partie d’une politique qui protège en même temps le droit au logement, renforce la résilience face aux risques climatiques et inclut les communautés dans la prise de décision. Sinon, les projets sportifs peuvent rester un ajout symbolique, au lieu de devenir une contribution réelle à la qualité de vie.
Le partenariat entre le CIO et ONU-Habitat
Le CIO et ONU-Habitat coopèrent à la promotion du sport pour le développement urbain durable. Selon un communiqué du CIO de 2023, les deux organisations ont annoncé une coopération par laquelle elles souhaitent encourager l’activité physique dans les environnements urbains et souligner l’importance du sport pour le développement durable des villes et le bien-être des habitants. Cette coopération a ensuite été présentée à travers l’initiative Sport for Sustainable Urban Development, liée aux efforts visant à intégrer le sport dans les politiques locales de développement, les espaces publics et les programmes destinés aux communautés. Le CIO a également participé aux éditions précédentes du Forum urbain mondial à des discussions sur la manière dont le sport peut être un catalyseur de croissance urbaine durable et de mise en œuvre des objectifs de développement durable au niveau local.
Le programme Olympism365 montre en outre comment le CIO veut placer le sport en dehors du cadre étroit des compétitions olympiques. La description du programme indique que le CIO, en coopération avec les Nations Unies, la société civile et les autorités locales, cherche à intégrer le sport, l’activité physique et les loisirs actifs dans les environnements urbains comme facteur de développement durable. Cela inclut les thèmes de la santé, de la qualité de vie, de la réduction des inégalités de genre et sociales, de la protection de l’environnement et de la construction de la paix. Dans les villes qui luttent contre la surpopulation, les établissements informels et le manque d’espaces publics sûrs, de tels objectifs ne peuvent avoir de sens que s’ils sont liés aux besoins locaux et accessibles aux habitants indépendamment de l’âge, des revenus ou du statut social.
Bakou comme lieu de discussion sur les villes de l’avenir
L’accueil du 13e Forum urbain mondial à Bakou avait aussi une dimension politique et symbolique. Le site officiel de WUF13 a présenté Bakou comme une ville qui relie le patrimoine et le développement contemporain, tandis que les autorités azerbaïdjanaises ont mis en avant le forum comme confirmation du rôle du pays dans les processus internationaux d’urbanisation. Le Bureau de l’ONU à Genève a rapporté que l’Azerbaïdjan et la Somalie sont, pour la période 2025 et 2026, coprésidents du groupe de travail intergouvernemental d’ONU-Habitat pour la résolution « Adequate Housing for All », qui coordonne les efforts des États membres et élabore des recommandations mondiales sur un logement sûr, durable et abordable. Ainsi, le thème du logement à Bakou était également lié aux processus formels au sein du système des Nations Unies.
Le forum s’est également tenu dans des circonstances qui ont elles-mêmes rappelé l’importance de la résilience climatique. Selon un rapport de l’ONU, Bakou et la péninsule d’Absheron ont enregistré le 17 mai 103 millimètres de pluie, ce qui représentait 523 pour cent de la moyenne mensuelle de mai, et les fortes précipitations ont duré neuf heures. En raison des intempéries, le Sommet mondial des dirigeants et plusieurs autres événements ont été déplacés du Stade olympique au Centre des congrès de Bakou, tandis que l’ouverture de la grande Urban Expo a été reportée. Cette donnée a encore souligné l’un des messages clés du forum : les politiques de logement et urbaines doivent tenir compte des extrêmes climatiques, de la résilience des infrastructures et de la capacité des villes à protéger les habitants dans les situations de crise.
Des grands événements aux espaces de quartier
La discussion sur le rôle du sport dans les villes est souvent associée aux grands événements sportifs et aux stades, mais les messages de WUF13 indiquent un accent différent. Dans le contexte de la crise du logement et des inégalités urbaines, la question la plus importante est de savoir comment les équipements sportifs et récréatifs fonctionnent dans la vie quotidienne des quartiers. Les villes qui développent un réseau de terrains de jeux accessibles, de parcs, d’espaces scolaires ouverts, d’itinéraires sûrs pour les piétons et les cyclistes, ainsi que de programmes de loisirs, peuvent réduire les obstacles à la participation et encourager des habitudes plus saines. De tels contenus sont particulièrement importants dans les quartiers densément peuplés, où les habitants n’ont souvent pas d’espaces privés pour le repos, le jeu et le mouvement.
Pour le CIO, ce thème est important parce qu’il montre comment le mouvement olympique tente de relier son rôle social au développement local, et pas seulement à l’organisation de compétitions. Pour ONU-Habitat, il est important parce que le logement est considéré comme le centre de la vie urbaine, mais non comme une politique isolée. Le logement, la rue, l’école, le parc, le terrain de sport, les transports publics et l’administration locale forment un système connecté. Lorsque l’un de ces éléments manque, la qualité de vie diminue et les inégalités augmentent. Le message que Chinchilla a transmis à Bakou peut donc se résumer à l’idée que le sport a du sens comme partie d’un plan urbain plus large : proche des habitants, accessible à tous et orienté vers la santé, la sécurité et la communauté.
La portée plus large du message de Bakou
WUF13 n’a pas apporté de solution simple à la crise mondiale du logement, et ne pouvait pas l’apporter. L’ampleur du problème, selon les données d’ONU-Habitat, montre que des politiques coordonnées du logement, du foncier, du financement, des services de base, de l’adaptation climatique et de la gouvernance locale sont nécessaires. Mais la participation du CIO et le message de Laura Chinchilla ont élargi la discussion vers la question du type de villes qu’il faut construire autour des unités de logement elles-mêmes. Si le logement est compris comme le fondement d’une vie digne, alors les espaces publics, le sport et les loisirs doivent aussi être considérés comme une partie des conditions d’une ville saine, sûre et inclusive.
C’est précisément à cet endroit que se rencontrent deux thèmes souvent considérés séparément : le droit à un logement adéquat et le droit à une vie quotidienne de qualité au sein de la communauté. Les discussions à Bakou ont montré que la crise mondiale du logement exige des réponses concrètes, du financement du logement abordable à la rénovation des établissements informels et à la protection contre les risques climatiques. Dans cette image, le sport n’est pas l’instrument principal, mais il peut être un allié important s’il est planifié de manière responsable, accessible et avec les personnes qui utiliseront ces espaces.
Sources :
- Comité international olympique – communiqué sur le rôle du sport et l’intervention de Laura Chinchilla au Forum urbain mondial à Bakou (lien)
- ONU-Habitat / WUF13 – page officielle du 13e Forum urbain mondial, thème, programme et principaux domaines de discussion (lien)
- Bureau des Nations Unies à Genève – rapport sur la crise du logement et l’ouverture du Forum urbain mondial à Bakou (lien)
- ONU-Habitat – document de référence « Housing the world: Safe and resilient cities and communities » pour WUF13 (lien)
- Comité international olympique – profil de Laura Chinchilla et ses fonctions au CIO (lien)
- Comité international olympique – programme Olympism365 sur le sport urbain et le bien social (lien)
- Comité international olympique – communiqué sur la coopération entre le CIO et ONU-Habitat pour promouvoir le sport au service du développement urbain (lien)
- Trend News Agency – rapport sur le message de Laura Chinchilla concernant le sport dans les politiques urbaines à WUF13 (lien)