Le modèle d’Opta voit l’Espagne devant la France et l’Angleterre : l’équipe de Tuchel endosse le rôle d’un grand favori, mais pas du plus grand
L’Angleterre entre dans les derniers préparatifs de la Coupe du monde 2026 comme l’une des sélections nationales dont on parle le plus, mais selon la dernière projection publiquement disponible d’Opta Analyst, elle n’est pas la première candidate au titre. Le tableau des probabilités d’Opta pour le tournoi au Canada, au Mexique et aux États-Unis place l’Espagne en première position, avec 16,23 pour cent de chances de remporter le trophée. La France est deuxième avec 12,84 pour cent, tandis que l’Angleterre est troisième avec 10,92 pour cent, devant l’Argentine, le Portugal, le Brésil et l’Allemagne. Une telle répartition ne signifie pas que l’équipe de Thomas Tuchel est loin du sommet, mais que le modèle estime actuellement que l’Angleterre, pour décrocher son premier titre mondial depuis 1966, devrait dépasser au moins deux sélections nationales qui sont statistiquement considérées comme des candidates plus convaincantes.
L’évaluation est particulièrement intéressante parce que l’Angleterre dispose d’une génération dans laquelle se trouvent des joueurs comme Harry Kane et Jude Bellingham, et qu’elle arrive au tournoi après des années au cours desquelles elle a régulièrement été proche des phases finales des grandes compétitions. Selon une annonce d’England Football, Tuchel a nommé 26 joueurs pour la Coupe du monde, et l’équipe est menée par le capitaine Kane, pour qui ce sera la troisième participation à des Coupes du monde. Pourtant, sur la base de la force des sélections, du tirage au sort et des parcours probables dans la compétition, le modèle d’Opta ne traite pas l’Angleterre comme la première option pour le titre. Dans le contexte d’un tournoi avec 48 sélections nationales, un tour à élimination directe supplémentaire et huit matches pour les équipes qui atteignent la finale, même une petite différence dans les estimations peut avoir un poids considérable.
L’Espagne possède la meilleure position de départ
Selon Opta Analyst, l’Espagne est actuellement la sélection nationale ayant la plus forte probabilité de remporter la Coupe du monde 2026. Le modèle lui donne 98,34 pour cent de chances d’accéder à la phase à élimination directe, 51,60 pour cent pour une qualification en quart de finale, 38,70 pour cent pour la demi-finale et 25,33 pour cent pour la finale. Ces chiffres expliquent pourquoi l’Espagne devance les autres favoris dans la projection : ce n’est pas seulement la qualité globale de l’équipe qui est évaluée, mais aussi la probabilité qu’elle aille assez loin à travers le calendrier concret du tournoi pour se battre réellement pour le trophée. Dans la phase finale de la compétition, de telles différences deviennent souvent décisives, car même les meilleures formations doivent passer une série de matches dans lesquels une mauvaise journée peut effacer des mois de préparation.
L’Espagne n’entre pas dans cette évaluation uniquement sur la base de sa réputation. Dans la documentation officielle de la finale du Championnat d’Europe 2024, l’UEFA enregistre la victoire espagnole 2:1 contre l’Angleterre, par laquelle l’équipe de Luis de la Fuente a confirmé son statut de l’une des sélections européennes les plus performantes de la période récente. L’UEFA a ensuite indiqué, dans son rapport sur la demi-finale de la Ligue des nations 2025, que l’Espagne avait battu la France 5:4 à Stuttgart, dans un match où Lamine Yamal a marqué deux fois et a été mis en avant comme joueur du match. De tels résultats donnent un contexte plus large à l’évaluation d’Opta : lors des derniers grands matches, l’Espagne a déjà battu des concurrents directs que le modèle place désormais immédiatement derrière elle.
La France reste devant l’Angleterre malgré un écart plus étroit
La France est, selon la projection d’Opta, la deuxième favorite du tournoi avec 12,84 pour cent de chances de titre, ce qui est inférieur aux 16,23 pour cent espagnols, mais reste nettement supérieur aux 10,92 pour cent anglais. Le modèle donne à l’équipe de France 95,11 pour cent de chances de qualification pour la phase à élimination directe et 20,94 pour cent de chances d’atteindre la finale. La différence entre la France et l’Angleterre n’est pas énorme, mais elle est suffisamment claire pour montrer que Les Bleus sont toujours considérés comme un candidat plus fiable pour le tout dernier stade de la compétition. En pratique, cela signifie que l’Angleterre, même si elle franchit le groupe de manière convaincante, pourrait se retrouver dans une concurrence où la marge entre les favoris est très faible.
Le statut français dans les projections repose sur la continuité des résultats et la profondeur de l’effectif, mais aussi sur le fait que la sélection est restée, ces dernières années, une participante régulière aux phases finales des grandes compétitions. Le modèle d’Opta ne mesure pas seulement l’impression laissée par certaines stars, mais combine des données sur la force de l’équipe et sur un possible parcours dans le tournoi. C’est pourquoi la défaite 5:4 contre l’Espagne en Ligue des nations, que l’UEFA a décrite comme le match le plus prolifique de l’histoire de cette compétition, n’est pas nécessairement suffisante pour faire passer la France sous l’Angleterre. Au contraire, un tel match confirme aussi à quel point les différences sont faibles entre les principales sélections européennes.
L’Angleterre est le troisième favori, mais le chemin vers le titre n’est pas simple
L’Angleterre est troisième dans le tableau d’Opta avec 10,92 pour cent de chances de remporter le titre, 95,91 pour cent d’accéder à la phase à élimination directe et 18,52 pour cent de se qualifier pour la finale. Ces pourcentages confirment que l’Angleterre est considérée comme l’une des candidates les plus sérieuses du tournoi, mais aussi que son chemin vers le trophée est statistiquement plus exigeant que celui de l’Espagne et de la France. Dans l’espace public, les ambitions anglaises sont souvent mesurées à travers le poids historique de 1966, mais le modèle regarde plus froidement la structure du tournoi. Son message n’est pas que l’Angleterre n’a pas une équipe pour le titre, mais qu’il existe actuellement des sélections auxquelles on accorde une position de départ un peu meilleure.
Selon l’annonce d’England Football concernant la liste pour la Coupe du monde, l’équipe de Tuchel s’est réunie au début du mois de juin dans un camp de préparation en Floride, puis poursuivra vers sa base permanente de tournoi à Kansas City. La même source indique que l’Angleterre disputera, avant le début de la compétition, des matches de préparation contre la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica, puis le groupe L. L’Angleterre ouvre le tournoi contre la Croatie à Dallas le 17 juin, poursuit contre le Ghana à Boston le 23 juin et termine la phase de groupes contre le Panama à New York New Jersey le 27 juin. Sur le papier, un tel calendrier paraît maîtrisable, mais le nouveau format signifie que, pour décrocher le trophée, il ne suffit plus de passer six ou sept matches comme dans les éditions précédentes.
Le rôle de Tuchel et la pression après l’ère Southgate
Thomas Tuchel a pris la tête de l’Angleterre le 1er janvier 2025, après que la FA a annoncé en octobre 2024 sa nomination comme sélectionneur de l’équipe nationale masculine senior. Selon la Football Association, Tuchel a signé un contrat de 18 mois, et Anthony Barry l’a rejoint dans le staff technique. La FA avait alors indiqué que l’objectif de l’engagement était de donner à l’Angleterre la meilleure chance possible de remporter un grand tournoi, en mettant particulièrement l’accent sur la Coupe du monde 2026. Entre-temps, selon le profil d’England Football, Tuchel a prolongé son séjour jusqu’au Championnat d’Europe 2028, ce qui montre que la fédération ne considère pas le projet seulement comme une aventure à court terme.
Sa tâche a toutefois été immédiatement définie par de grandes attentes. Sous Gareth Southgate, l’Angleterre a atteint les finales de l’Euro 2020 et 2024, et en 2024 elle a perdu à Berlin précisément contre l’Espagne. Tuchel ne repart donc pas de zéro, mais reprend une équipe qui a déjà appris à jouer les phases finales, sans encore avoir trouvé le moyen de les transformer en titre. L’évaluation d’Opta, qui place l’Angleterre au troisième rang parmi les favoris, peut se lire à la fois comme une confirmation de qualité et comme un avertissement : le potentiel existe, mais la concurrence est suffisamment forte pour que le rôle de favori de l’Angleterre soit pris avec mesure.
Le nouveau format augmente le nombre de pièges
La FIFA a introduit pour la Coupe du monde 2026 un format avec 48 sélections nationales, 12 groupes de quatre équipes et un total de 104 matches. Selon l’explication officielle de la FIFA, les deux meilleures sélections de chaque groupe ainsi que les huit meilleures troisièmes accèdent à la phase à élimination directe, après quoi suit le seizième de finale. Le tournoi se déroule du 11 juin au 19 juillet 2026, et la finale est prévue au stade New York New Jersey à East Rutherford. En pratique, cela signifie que le vainqueur devra tenir dans un tournoi plus long que ce qui était le cas dans le format à 32 sélections.
Pour des favoris comme l’Espagne, la France et l’Angleterre, l’élargissement du tournoi apporte deux conséquences différentes. D’un côté, le plus grand nombre de sélections classées troisièmes en phase à élimination directe réduit le risque de catastrophe en groupe, car une entrée plus faible dans le tournoi ne doit pas nécessairement signifier une élimination immédiate. De l’autre, le tour éliminatoire supplémentaire augmente le nombre de matches dans lesquels un favori peut trébucher contre un adversaire organisé. C’est pourquoi les probabilités d’Opta ne doivent pas être lues comme un verdict définitif, mais comme une photographie actuelle des risques et des avantages dans un système de tournoi plus complexe que jamais.
L’Argentine, le Portugal et le Brésil attendent en embuscade
Derrière les trois premières sélections, le modèle d’Opta place l’Argentine, le Portugal et le Brésil. L’Argentine, championne du monde en titre, possède selon ce tableau 10,12 pour cent de chances de défendre son titre, ce qui est très proche du pourcentage anglais. Le Portugal est à 7,18 pour cent et le Brésil à 6,35 pour cent, ce qui montre que les puissances classiques du football ne peuvent pas être écartées même lorsqu’elles ne sont pas tout en haut des projections initiales. Un tel classement souligne encore davantage à quel point le sommet de la hiérarchie est resserré : la différence entre l’Angleterre et l’Argentine est inférieure à un point de pourcentage, tandis que le plus grand saut ne se fait qu’en direction de la France et de l’Espagne.
C’est également important pour interpréter le statut anglais. Être le troisième favori d’une Coupe du monde avec 48 sélections nationales est, sur le plan sportif, une position extrêmement élevée, mais ce n’est pas la même chose que d’avoir un rôle dominant. L’Angleterre entre dans le tournoi comme une équipe ayant la qualité pour la phase finale, mais la projection montre que son chemin réel vers le trophée devra probablement se jouer dans des confrontations directes avec des sélections de force similaire ou supérieure. C’est précisément pourquoi le travail de Tuchel sera évalué non seulement à travers la sortie du groupe, mais aussi à travers sa capacité à trouver des solutions en phase à élimination directe contre des équipes qui ont des ambitions tout aussi élevées.
Ce que dit réellement l’évaluation d’Opta
Les probabilités d’Opta sont utiles parce qu’elles offrent une vision structurée du tournoi, mais elles ne suppriment pas l’incertitude qui rend la Coupe du monde particulière. Le pourcentage de 16,23 pour l’Espagne signifie qu’elle est la gagnante la plus fréquente dans le modèle, mais il signifie en même temps que, dans l’immense majorité des scénarios possibles, le trophée va à quelqu’un d’autre. Les 10,92 pour cent de l’Angleterre ne sont pas un petit chiffre, mais la confirmation qu’il s’agit d’une sélection appartenant au cercle le plus restreint des candidates. La différence est que les attentes publiques cherchent souvent une réponse simple à la question de savoir qui est favori, tandis que les modèles statistiques montrent un éventail d’issues possibles.
Pour l’Angleterre, la conclusion la plus importante est donc double. D’un côté, le modèle confirme que l’équipe de Tuchel est suffisamment forte pour que l’on parle d’elle comme d’une candidate au titre, avec de fortes chances de passer le groupe et une chance réelle d’atteindre la finale. De l’autre, l’Espagne et la France ont actuellement une meilleure position statistique, tandis que l’Argentine, le Portugal et le Brésil sont suffisamment proches pour changer l’image dès la première semaine du tournoi. Dans ce cadre, la quête anglaise pour mettre fin à l’attente depuis 1966 reste l’une des histoires centrales de la Coupe du monde 2026, mais pas une histoire dont la fin serait écrite à l’avance.
Sources :
- Opta Analyst – tableau des probabilités publiquement disponible pour la Coupe du monde 2026, incluant les chances de l’Espagne, de la France, de l’Angleterre et des autres favoris (link)
- FIFA – explication du format de la Coupe du monde 2026 avec 48 sélections nationales, 12 groupes et 104 matches (link)
- FIFA – aperçu officiel des groupes, des critères de qualification et des règles d’accès à la phase à élimination directe (link)
- FIFA – calendrier officiel des matches de la Coupe du monde 2026 et dates clés du tournoi (link)
- England Football – annonce de la liste de l’Angleterre pour la Coupe du monde 2026, du calendrier de préparation et des matches du groupe L (link)
- England Football – profil de Thomas Tuchel avec des informations sur sa nomination, son contrat et son staff technique (link)
- UEFA – page officielle de la finale du Championnat d’Europe 2024 entre l’Espagne et l’Angleterre (link)
- UEFA – rapport sur la demi-finale de la Ligue des nations 2025 dans laquelle l’Espagne a battu la France 5:4 (link)