La justice française a confirmé qu'Achraf Hakimi devait être jugé dans une affaire d'accusation de viol
Le capitaine de l'équipe nationale marocaine de football et défenseur du Paris Saint-Germain, Achraf Hakimi, devra être jugé en France après que la cour d'appel de Versailles a rejeté, le 19 juin 2026, son recours dans une procédure menée à la suite d'une accusation de viol. Selon un rapport de l'Associated Press, la cour d'appel a confirmé la décision antérieure du juge d'instruction selon laquelle le dossier contient des éléments suffisants pour que l'affaire se poursuive devant une juridiction pénale. Hakimi, l'un des footballeurs marocains les plus connus et l'une des figures clés du PSG, rejette les accusations et affirme ne pas avoir commis d'infraction pénale. La date du procès n'a pas encore été annoncée, et la décision a été rendue au moment où le Maroc participe à la Coupe du monde 2026, dans un groupe avec le Brésil, l'Écosse et Haïti. La décision judiciaire ne signifie pas un verdict sur la culpabilité, mais l'ouverture de la phase suivante de la procédure, dans laquelle l'accusation et la défense présenteront leurs arguments devant le tribunal.
Recours rejeté à Versailles
Selon l'Associated Press, Hakimi a tenté, par son recours, de contester la décision du juge d'instruction de février 2026, qui avait accepté la recommandation du parquet de renvoyer l'affaire devant un tribunal. La cour d'appel de Versailles a conclu que l'enquête et l'instruction judiciaire avaient fourni des bases suffisantes pour la poursuite de la procédure pénale. Il s'agit d'une affaire suivie depuis plus de trois ans, après qu'une procédure formelle a été engagée contre le footballeur en mars 2023 sur la base des déclarations d'une femme alors âgée de 24 ans. Selon les informations disponibles, l'événement présumé se serait produit en février 2023 au domicile de Hakimi à Boulogne-Billancourt, une banlieue située à l'ouest de Paris. Les médias et agences français indiquent que la décision de la cour d'appel signifie que l'affaire reste sur la voie d'un procès, mais que la date de l'audience n'a pas été fixée.
Dans un communiqué relayé par l'Associated Press, la cour a indiqué que la chambre de l'instruction avait conclu qu'il existait des preuves suffisantes pour un procès. Une telle formulation est importante parce que, dans la procédure pénale française, le renvoi devant un tribunal ne constitue pas une constatation de culpabilité. Le tribunal doit encore entendre les parties, examiner les preuves et statuer sur les allégations de l'accusation. La défense de Hakimi affirme que des éléments recueillis au cours de l'enquête vont, selon elle, dans le sens du footballeur. De l'autre côté, l'avocate de la plaignante, Rachel-Flore Pardo, a salué la décision, déclarant selon l'Associated Press qu'elle apporte à sa cliente un sentiment de soulagement et l'espoir que l'affaire sera entendue devant un tribunal.
Ce que soutient la plaignante et ce que dit la défense
Le centre de la procédure est constitué par les déclarations de la femme qui a indiqué que Hakimi l'avait violée à son domicile. Selon le rapport de l'Associated Press, la femme a affirmé que l'agression s'était produite dans la banlieue parisienne, puis le parquet français a ouvert une enquête. Le Monde a indiqué dans un rapport antérieur que, pour décider du renvoi devant le tribunal, le juge d'instruction avait pris en compte ses déclarations, les messages échangés avec une personne proche pendant et après les faits ainsi que d'autres éléments recueillis dans l'enquête. Le même journal a publié que la défense conteste la crédibilité des allégations, souligne de prétendues contradictions et affirme que certaines démarches de la plaignante ont rendu plus difficile l'établissement des faits. L'article indique également que le juge d'instruction a écarté la thèse de la défense concernant une possible tentative d'extorsion, la jugeant insuffisamment étayée à ce stade de la procédure.
Hakimi a rejeté les accusations à plusieurs reprises et, après la décision de la cour d'appel, il s'est exprimé sur la plateforme X. Selon l'Associated Press, il a écrit qu'il se sentait comme une « cible facile » en raison de sa notoriété publique et qu'il avait gardé le silence pendant des années parce qu'il faisait confiance à la justice. Il a également déclaré qu'il attendait le procès parce que, comme il l'a indiqué, il pourra « enfin parler ». Son avocate Fanny Colin a déclaré, selon l'Associated Press et Al Jazeera, que la défense regrettait que la cour n'ait pas pris en compte ce qu'elle décrit comme des contradictions dans les déclarations de la plaignante et d'autres éléments qui, selon elle, vont dans le sens du footballeur. Colin avait auparavant, selon Al Jazeera, affirmé que la procédure reposait sur les déclarations d'une personne qui avait refusé certaines mesures d'enquête, notamment des examens médicaux et l'analyse du téléphone portable.
La procédure dure depuis 2023
L'affaire est apparue pour la première fois dans le grand public en 2023, lorsque les autorités françaises ont ouvert une enquête après un signalement de viol présumé. Selon Al Jazeera, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête après que la femme a accusé Hakimi de viol. L'Associated Press indique que Hakimi a été confronté à des accusations préliminaires en mars 2023 et que le parquet a ensuite recommandé que l'affaire soit renvoyée devant un tribunal. Le juge d'instruction a accepté cette orientation en février 2026, après quoi la défense a annoncé un recours. La décision du 19 juin 2026 confirme désormais que le recours n'a pas arrêté la procédure.
Dans le système juridique français, les affaires de cette gravité peuvent passer par une longue procédure d'instruction avant d'arriver dans la salle d'audience. Selon Légifrance, le portail officiel de la législation française, l'article 222-23 du Code pénal définit le viol comme une pénétration sexuelle ou certains actes sexuels commis par violence, contrainte, menace ou surprise, et la forme de base de l'infraction pénale est punie de jusqu'à 15 ans de prison. Cette qualification juridique explique pourquoi l'affaire est menée comme une procédure pénale grave et pourquoi les décisions du juge d'instruction et de la cour d'appel ont une grande importance procédurale. En même temps, le cadre juridique implique que la personne accusée reste innocente tant qu'une éventuelle culpabilité n'a pas été établie par un jugement définitif. C'est précisément le procès, s'il n'y a pas de nouveaux rebondissements procéduraux, qui sera l'espace dans lequel seront vérifiés les preuves, les déclarations et les arguments des deux parties.
La décision est arrivée en pleine Coupe du monde
Le contexte temporel de la décision est particulièrement sensible pour l'équipe nationale marocaine, car elle a été publiée le jour du match contre l'Écosse dans le groupe C de la Coupe du monde 2026. Selon le calendrier de la FIFA, la rencontre entre l'Écosse et le Maroc est prévue le 19 juin au Boston Stadium, tandis que le Brésil et Haïti figurent également dans le même groupe. L'Associated Press a rapporté que la décision de la cour avait été publiée quelques heures avant le match et que le Maroc avait fait match nul 1:1 contre le Brésil lors de la première journée. Ainsi, la procédure judiciaire, qui dure depuis 2023, s'est de nouveau retrouvée au centre de l'attention publique pendant une période où Hakimi est également sous la plus forte attention sportive. Pour une sélection qui, après son succès historique à la Coupe du monde 2022, est restée parmi les équipes africaines les plus suivies, l'affaire ouvre une couche supplémentaire de pression en dehors du terrain.
Dans son aperçu officiel du groupe C, la FIFA décrit le Maroc comme demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 et comme l'une des équipes nationales africaines les plus fortes, et Hakimi est depuis des années l'un des noms les plus reconnaissables de cette équipe. Sur le plan sportif, son rôle dépasse la position d'arrière droit : il s'agit d'un joueur qui participe à la construction des attaques, possède une grande expérience du football européen et un statut symbolique au sein de l'équipe nationale marocaine. C'est précisément pourquoi la décision de la justice française a un écho qui dépasse les nouvelles judiciaires. Elle ouvre en même temps des questions sur la gestion des risques réputationnels dans le sport d'élite, le rapport des clubs et des sélections nationales aux joueurs impliqués dans des procédures pénales, ainsi que l'équilibre entre la présomption d'innocence et le droit des plaignantes à ce que leur affaire soit entendue.
Le PSG s'était auparavant distancié des messages des supporters
L'affaire avait déjà suscité des réactions dans le football français. Le Monde a rapporté en mars 2026 que des supporters du PSG avaient déployé, lors d'un match au Parc des Princes, une banderole de soutien à Hakimi le lendemain de la décision du juge d'instruction ordonnant le renvoi de l'affaire devant un tribunal. Selon la même source, le message a suscité des critiques de la part de certaines associations féministes et citoyennes, qui estimaient qu'un tel soutien public négligeait la situation de la personne ayant déposé plainte. Le PSG a alors, selon Le Monde, indiqué que le contenu de telles banderoles ne représente pas la position officielle du club et a souligné que Hakimi demeure protégé par la présomption d'innocence jusqu'à la fin de la procédure. Le club a également souligné qu'il cherchait à garantir à son joueur un environnement de travail calme et juridiquement fondé.
Sur le plan sportif, Paris Saint-Germain est fortement lié à Hakimi, qui est arrivé au club en 2021 et est entre-temps devenu l'un des membres les plus importants de l'équipe. Selon les communiqués officiels du PSG, Hakimi a été désigné en novembre 2025 meilleur footballeur africain de l'année, et le club le décrit comme l'un de ses joueurs de premier plan et vice-capitaine. Un tel statut explique pourquoi chaque décision dans cette affaire a un effet public plus large, notamment pendant les périodes de grandes compétitions internationales. Toutefois, du point de vue judiciaire, la carrière sportive, les trophées et la notoriété publique ne devraient constituer ni une circonstance atténuante ni une circonstance aggravante dans l'établissement des faits. La procédure judiciaire doit être menée selon les preuves, et non selon la réputation de l'une ou l'autre partie.
Ce qui suit après la décision de la cour d'appel
Après la décision de la cour d'appel de Versailles, la prochaine étape clé sera la fixation de la date du procès, mais celle-ci, selon les informations disponibles au 19 juin 2026, n'est pas encore connue. La défense peut continuer à utiliser les voies de recours disponibles, mais la décision actuelle signifie que l'ordonnance antérieure de renvoi de l'affaire devant un tribunal reste en vigueur. En pratique, cela signifie que le tribunal devra examiner les accusations, les objections de la défense et les preuves recueillies au cours de la procédure de plusieurs années. Pour la plaignante, cela représente la possibilité que sa déclaration soit examinée publiquement et judiciairement, tandis que cela donne à Hakimi l'occasion de présenter devant le tribunal la défense qu'il annonce depuis le début de la procédure. Jusqu'à une décision définitive, l'affaire reste ouverte, et toutes les affirmations de culpabilité doivent être formulées avec la mention claire que le tribunal ne les a pas encore établies.
L'affaire contre Hakimi intervient à une période où le football européen doit de plus en plus répondre à des questions sur les violences sexuelles, la responsabilité des institutions et la manière dont les clubs communiquent les affaires impliquant des joueurs connus. L'avocate de la plaignante, Rachel-Flore Pardo, a déclaré, selon l'Associated Press, que la décision donne l'espoir que les violences sexuelles dans le football masculin seront abordées plus sérieusement. La défense, quant à elle, affirme qu'il s'agit d'une procédure infondée et que le procès permettra de présenter des éléments favorables à Hakimi. C'est précisément en raison de ces affirmations opposées que l'intérêt public pour l'affaire sera grand, mais son poids juridique sera mesuré exclusivement par les preuves présentées devant le tribunal. D'ici là, il reste le fait que le recours a été rejeté, que l'accusation se poursuit et que l'un des sportifs marocains les plus connus entre dans la phase la plus importante de la procédure pénale en France.
Sources :
- Associated Press – rapport sur la décision de la cour d'appel de Versailles, les déclarations des parties et le statut de la procédure (link)
- Le Monde – contexte de l'affaire, éléments issus de la procédure d'instruction, réactions du PSG et débat sur la banderole des supporters (link)
- Al Jazeera – rapport antérieur sur l'ordonnance de procès, la position de la défense et l'enquête du parquet de Nanterre (link)
- FIFA – calendrier officiel et contexte du groupe C de la Coupe du monde 2026 (link)
- Légifrance – article 222-23 du Code pénal français sur la définition et la peine du viol (link)
- Paris Saint-Germain – informations officielles sur le rôle de Hakimi au club et la distinction de footballeur africain de l'année 2025 (link)