Dalić près du bas de la liste des salaires des sélectionneurs pour la Coupe du monde 2026, bien que les résultats maintiennent la Croatie parmi l’élite
Zlatko Dalić aborde une nouvelle Coupe du monde avec une réputation de sélectionneur bâtie sur les résultats, et non sur la puissance financière de la fédération qu’il dirige. Selon le classement du portail spécialisé Finance Football, le sélectionneur croate se trouve à la 20e place parmi les sélectionneurs les mieux payés des équipes nationales participantes à la Coupe du monde 2026, avec environ 1,5 million d’euros par an indiqué. La même source affirme que le sélectionneur le mieux payé du tournoi est Carlo Ancelotti, sélectionneur du Brésil, avec environ 10 millions d’euros par an, tandis que le champion du monde Lionel Scaloni avec l’Argentine n’est qu’à la 14e place avec environ 2,3 millions d’euros. Finance Football précise à cet égard qu’une partie des montants dans de tels classements n’a pas été officiellement confirmée, de sorte qu’il faut les lire comme des estimations fondées sur les informations disponibles, et non comme des données contractuelles officielles.
Un tel classement rouvre la question du rapport entre le salaire d’un sélectionneur et la performance sportive des équipes nationales. Sous Dalić, la Croatie a remporté trois grandes médailles entre 2018 et 2023 : l’argent à la Coupe du monde 2018 en Russie, le bronze à la Coupe du monde 2022 au Qatar et l’argent en Ligue des nations en 2023. Dans ses bilans de succès, la Fédération croate de football met précisément en avant cette continuité comme preuve que, après 1998, l’équipe nationale a conservé la capacité de rivaliser avec les plus grands, malgré un marché nettement plus petit et une base de joueurs plus limitée que les grandes puissances du football. Dans ce contexte, la position de Dalić dans le classement financier ne parle pas seulement de son contrat, mais aussi du modèle plus large dans lequel l’équipe nationale croate compense depuis des années l’écart d’argent par l’organisation, l’expérience et la continuité.
Ancelotti loin devant la concurrence
Selon la publication de Finance Football, Ancelotti est en tête du classement avec un salaire annuel d’environ 10 millions d’euros comme sélectionneur du Brésil, une équipe nationale qui sera de nouveau parmi les plus suivies à la Coupe du monde 2026. Derrière lui se trouve le sélectionneur allemand Julian Nagelsmann avec environ 7 millions d’euros, tandis que la troisième place revient à Mauricio Pochettino, sélectionneur des États-Unis d’Amérique, avec environ 6 millions d’euros. Thomas Tuchel, qui dirige l’Angleterre, est indiqué à la quatrième place avec environ 5,8 millions d’euros, et parmi les dix premiers figurent aussi Roberto Martínez, Fabio Cannavaro, Didier Deschamps, Ronald Koeman, Marcelo Bielsa, Jesse Marsch, Javier Aguirre et Gustavo Alfaro. Le sommet même de la liste montre que les salaires les plus élevés sont liés aux équipes nationales disposant d’un grand marché, d’un fort potentiel commercial ou du statut d’hôte du tournoi.
Dalić, selon le même classement, est à égalité avec le sélectionneur autrichien Ralf Rangnick à la 20e place. Devant lui figurent, entre autres, les sélectionneurs de la Suisse, de l’Espagne, de la Colombie, de l’Équateur et du Qatar, tandis que derrière lui sont mentionnés les sélectionneurs de l’Arabie saoudite, du Japon, de la Norvège, de la Belgique et de l’Écosse. Il est particulièrement intéressant que Scaloni, sélectionneur de l’actuel champion du monde, ne figure même pas parmi les dix mieux payés, ce qui confirme encore que le football de sélection ne suit pas toujours la logique du marché des clubs. Les salaires des sélectionneurs dépendent des budgets des fédérations, de la durée des contrats, du statut de marché de l’entraîneur, de la position de négociation, des ambitions sportives et de la valeur commerciale de l’équipe nationale.
Les résultats croates dépassent le rang financier
Si l’on compare la position de Dalić dans le classement des salaires et les résultats obtenus par la Croatie sous sa direction, la différence est évidente. La Fédération croate de football rappelle que l’équipe nationale a atteint en 2018 en Russie la finale de la Coupe du monde et remporté la médaille d’argent, ce qui était le plus grand résultat de son histoire. Quatre ans plus tard, la Croatie est de nouveau montée sur le podium au Qatar et a remporté le bronze, puis en 2023, lors de la troisième édition de la Ligue des nations, elle a terminé deuxième après la finale contre l’Espagne à Rotterdam. Une telle série de résultats a placé la Croatie parmi les équipes nationales les plus performantes des derniers cycles, même si, dans les comparaisons financières, elle ne peut pas se mesurer au Brésil, à l’Allemagne, à l’Angleterre, à la France ou aux États-Unis d’Amérique.
Le mandat de Dalić a commencé en octobre 2017, au moment où la Croatie se trouvait dans une situation délicate dans les qualifications pour la Coupe du monde en Russie. Depuis, le sélectionneur a construit un modèle qui repose en grande partie sur un noyau de joueurs expérimentés, un système hiérarchique clair dans le vestiaire et l’intégration progressive de jeunes footballeurs. Dans ses interventions publiques avant la Coupe du monde 2026, Dalić, selon les publications de la HNS, a de nouveau souligné l’importance de l’atmosphère, de la phase défensive et de la stabilité de l’équipe. Sa déclaration selon laquelle l’objectif de base est de passer le groupe, puis d’avancer pas à pas, s’inscrit dans le schéma jusqu’ici observé : la Croatie entre rarement dans les tournois comme grande favorite, mais elle a montré à plusieurs reprises dans les phases à élimination directe sa capacité à survivre à la pression.
La Coupe du monde 2026 sera la plus grande jusqu’à présent
La Coupe du monde 2026 se tiendra du 11 juin au 19 juillet au Canada, au Mexique et aux États-Unis d’Amérique, selon les informations officielles de la FIFA. Ce sera la première édition avec 48 équipes nationales et 104 matchs, répartis dans 16 villes hôtes. La FIFA indique que le tournoi se jouera à Toronto et Vancouver au Canada, à Guadalajara, Mexico City et Monterrey au Mexique, ainsi que dans douze villes américaines, dont New York New Jersey, Los Angeles, Dallas, Miami et Seattle. L’élargissement du tournoi augmente les exigences sportives et logistiques, mais aussi la valeur commerciale de la compétition, ce qui explique davantage pourquoi les salaires de certains sélectionneurs se retrouvent au centre de l’attention publique.
Dans un tel environnement, les fédérations plus riches ont une plus grande possibilité d’engager des entraîneurs au plus haut statut international. Ancelotti, Tuchel, Pochettino, Nagelsmann, Martínez et Bielsa avaient déjà de solides carrières en club ou des profils de marché élevés avant de prendre des sélections. Le travail de sélectionneur, toutefois, diffère du travail en club, car les sélectionneurs disposent de moins de temps pour travailler avec les joueurs, dépendent de l’état de santé de footballeurs venant de différents championnats et doivent créer rapidement une identité compétitive. C’est pourquoi un salaire élevé ne garantit pas un résultat, tout comme un contrat plus faible ne signifie pas une moindre valeur sportive.
Le modèle de Dalić : continuité, hiérarchie et confiance
La Croatie a le plus bénéficié de la continuité durant le mandat de Dalić. Dans la période après 2018, l’équipe nationale a traversé un changement générationnel progressif, mais n’a pas perdu sa stabilité compétitive. Luka Modrić, Marcelo Brozović, Ivan Perišić, Andrej Kramarić et d’autres joueurs expérimentés ont longtemps porté la structure principale de l’équipe, tandis que des footballeurs comme Joško Gvardiol, Josip Stanišić, Luka Sučić et d’autres joueurs de la nouvelle génération ont été progressivement intégrés au système. Dans ses annonces avant la Coupe du monde 2026, la HNS a publié que Dalić mettait l’accent sur la profondeur, l’agressivité et la vitesse comme éléments qu’il souhaite encore développer dans les préparations finales.
Une telle approche ne peut pas être réduite à la question du salaire du sélectionneur. Les équipes nationales qui conservent longtemps le même staff technique supportent souvent plus facilement les courts cycles de préparation, car les joueurs connaissent déjà les exigences, les relations et les règles de comportement. Au fil des années, Dalić a construit un style de communication reconnaissable, dans lequel il évite de créer publiquement une forte pression, mais fixe clairement des objectifs minimaux. Avant le tournoi 2026, selon la HNS, il a souligné qu’il ne voulait pas créer de pression ni sur lui-même ni sur les joueurs, mais qu’il croyait en la qualité de l’équipe nationale. Un tel message reflète l’équilibre entre ambition et prudence qui a marqué une grande partie de son mandat jusqu’à présent.
Les salaires des sélectionneurs ne sont pas un indicateur officiel de la FIFA
Il est important de souligner que la FIFA ne publie pas de classement officiel unique des salaires des sélectionneurs, et que les contrats de toutes les fédérations nationales ne sont pas publiquement disponibles dans la même mesure. C’est pourquoi les classements comme celui publié par Finance Football sont utiles pour la comparaison, mais doivent être lus avec réserve. Le portail indique dans sa propre publication que certains chiffres sont le résultat de recherches et que certains n’ont pas été officiellement confirmés. En pratique, cela signifie que les montants peuvent différer selon qu’ils incluent les bonus, les conditions fiscales, les primes de qualification, les clauses commerciales ou seulement le salaire annuel de base.
Dans le cas de Dalić, le fait public le plus important est que la Fédération croate de football a auparavant prolongé son contrat jusqu’à la Coupe du monde 2026, assurant ainsi la poursuite de la coopération à travers un nouveau cycle de qualification et de tournoi. Dans le cas croate, la stabilité au poste de sélectionneur a été un message important après les médailles remportées, car elle a permis que le changement générationnel se déroule sans rupture brutale. Dans le football de sélection, une telle continuité a souvent une valeur que les classements financiers peuvent difficilement représenter précisément. L’argent détermine les possibilités de marché des fédérations, mais n’explique pas entièrement la relation entre le sélectionneur, les joueurs, le staff et le système construit au fil des années.
Une comparaison favorable à la Croatie
La position de Dalić près du bas de la moitié supérieure du classement des sélectionneurs les mieux payés devient encore plus marquée lorsqu’on la compare aux performances de l’équipe nationale dans les grandes compétitions. De 2018 à 2023, la Croatie a remporté trois médailles lors de trois grands tournois finaux, tandis que de nombreuses équipes nationales disposant de budgets plus élevés et de staffs techniques plus coûteux n’ont pas réussi à atteindre une continuité similaire. Selon la HNS, l’équipe nationale croate s’est qualifiée depuis l’indépendance pour la grande majorité des championnats d’Europe et du monde, et les résultats de l’ère Dalić se sont inscrits dans la continuité du bronze de 1998 comme nouveau sommet de l’histoire du football national. Un tel contexte explique pourquoi le contrat de Dalić fait souvent l’objet de comparaisons, en particulier avant un tournoi qui rassemble le plus grand nombre d’équipes nationales jusqu’à présent.
D’autre part, la modestie financière ne signifie pas que la Croatie entre dans la compétition sans attentes. Au contraire, les succès de Russie, du Qatar et de la Ligue des nations ont changé la perception de l’équipe nationale. Dalić lui-même, avant les préparations finales pour la Coupe du monde 2026, selon la HNS, a rappelé que l’ambiance est différente d’avant la Russie et le Qatar, car on attend désormais davantage de la Croatie. C’est l’un des plus grands changements de son mandat : une équipe nationale qui a surpris le monde en 2018 ne peut plus aujourd’hui compter sur le rôle de totale outsider, même lorsque les données financières montrent que son sélectionneur n’est pas parmi les mieux payés.
L’argent explique le marché, mais pas toute l’histoire
Le classement de Finance Football est donc plus qu’une curiosité sur les salaires. Il montre combien différents modèles de football de sélection se heurtent dans le même tournoi. Le Brésil avec Ancelotti représente l’exemple d’une fédération qui fait venir l’un des entraîneurs de club les plus titrés du football moderne. L’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis d’Amérique s’appuient sur des sélectionneurs dont les contrats reflètent la taille du marché et les ambitions. La Croatie, elle, évolue dans la même compagnie avec un sélectionneur qui, selon les estimations, est beaucoup moins payé, mais qui possède des résultats le plaçant parmi les sélectionneurs les plus performants de la dernière décennie.
Cela ne signifie pas que les salaires peuvent être ignorés. Ils montrent le cadre économique dans lequel les fédérations travaillent, mais aussi le niveau de risque qu’elles sont prêtes à prendre. Un contrat plus important s’accompagne souvent d’une plus grande pression, d’attentes publiques plus fortes et d’une exposition médiatique plus intense. Le cas de Dalić montre une autre logique : la durée, la confiance mutuelle et les résultats prouvés ont créé une relation dans laquelle la comparaison financière n’est pas la seule mesure de la valeur. Avant la Coupe du monde 2026, le terrain sera de nouveau le seul espace où l’on pourra confirmer ce que vaut un tel modèle.
Sources : - Finance Football – classement des sélectionneurs les mieux payés des équipes nationales participantes à la Coupe du monde 2026 et note sur les montants estimés (link) - FIFA – informations officielles sur les dates, le format, les villes hôtes et le nombre de matchs de la Coupe du monde 2026 (link) - Fédération croate de football – aperçu des succès de l’équipe nationale croate, y compris la Coupe du monde 2018, la Coupe du monde 2022 et la Ligue des nations 2023 (link) - Fédération croate de football – déclarations de Dalić avant les préparations finales pour la Coupe du monde 2026 (link) - Fédération croate de football – publication de la liste et déclarations de Dalić sur les objectifs, l’effectif et le plan de jeu pour la Coupe du monde 2026 (link)