La RUSADA a enregistré 23 nouveaux manquements aux obligations de localisation en juillet, soit 152 au total depuis le début de l'année
L'Agence russe antidopage RUSADA a enregistré au cours du mois de juillet 2026 23 cas de manquements aux obligations de disponibilité des sportifs pour les contrôles antidopage, portant à 152 le nombre total de cas de ce type enregistrés entre janvier et la fin du mois de juillet. L'information a été publiée le 7 août par TASS, qui cite le service de presse de la RUSADA. Il s'agit d'une catégorie distincte d'irrégularités antidopage liée à l'obligation imposée à certains sportifs de déclarer leur localisation avec précision et dans les délais, et de rester disponibles pour des contrôles inopinés. Un tel enregistrement ne signifie pas en lui-même que le sportif a été contrôlé positif à une substance interdite, ni qu'il a automatiquement commis une violation des règles antidopage entraînant une suspension. La répétition de manquements au cours de la période prévue peut toutefois constituer une violation formelle des règles antidopage et entraîner une période de suspension.
Selon les données transmises par la RUSADA à TASS, 310 manquements aux obligations de localisation pour les contrôles ont été enregistrés sur l'ensemble de l'année 2025. Un an plus tôt, 282 cas de ce type avaient été recensés, contre 242 en 2023 et 375 en 2022. Les 152 cas enregistrés cette année au cours des sept premiers mois représentent donc un peu moins de la moitié du nombre total de 2025, mais la comparaison avec l'ensemble de l'année précédente ne fournit pas suffisamment de données pour conclure si 2026 se terminera par une hausse ou une baisse. Dans les statistiques de juillet qu'elle a publiées, la RUSADA n'a indiqué ni l'identité des sportifs, ni les disciplines dont ils sont issus, ni la répartition individuelle entre contrôles manqués et manquements à l'obligation de déclaration de localisation. Le nombre de 152 doit donc être interprété comme le total des cas enregistrés concernant la disponibilité, et non comme le nombre de sportifs ayant commis une violation des règles antidopage.
Ce que signifie réellement un manquement aux obligations de localisation
Le système de déclaration de localisation constitue l'un des éléments essentiels des contrôles antidopage inopinés. La RUSADA indique sur son site officiel que les sportifs intégrés à ses groupes cibles de contrôle doivent fournir régulièrement des informations sur leur localisation et les mettre à jour lorsque leurs projets changent. Les obligations sont plus strictes pour les sportifs appartenant au groupe cible enregistré : pour chaque jour, ils doivent définir un créneau de 60 minutes entre 5 h et 23 h durant lequel ils garantissent qu'ils se trouveront à l'endroit déclaré et seront disponibles pour un agent de contrôle chargé de prélever un échantillon. Ils doivent en outre déclarer leurs adresses d'hébergement pour la nuit, leurs horaires d'entraînement, leurs compétitions, leurs déplacements et d'autres activités régulières permettant aux agents de contrôle d'effectuer un test sans préavis.
L'Agence mondiale antidopage WADA indique dans ses instructions relatives au système ADAMS que les informations de localisation des sportifs appartenant aux groupes cibles enregistrés sont saisies chaque trimestre. Le système exige les coordonnées, le lieu d'hébergement pour chaque nuit, le calendrier des compétitions et des activités régulières, ainsi qu'un créneau quotidien d'une heure de disponibilité. L'objectif d'un tel régime n'est pas de limiter les contrôles à ces seules 60 minutes. La RUSADA précise explicitement qu'un sportif peut également être contrôlé en dehors du créneau déclaré d'une heure, ce créneau constituant simplement une période pendant laquelle il doit être possible avec certitude pour l'agent de contrôle de trouver le sportif à l'adresse indiquée. Les contrôles inopinés seraient nettement moins efficaces si les organismes antidopage dépendaient d'un accord préalable avec le sportif ou d'une confirmation téléphonique de sa localisation immédiatement avant leur arrivée.
Dans la pratique, deux types principaux de manquements peuvent entrer dans ces statistiques. Le premier est un manquement concernant la transmission des informations de localisation, par exemple lorsque la déclaration n'est pas déposée dans les délais, qu'elle est incomplète ou qu'elle contient des informations inexactes empêchant de trouver le sportif. Le second est un contrôle manqué, lorsque le sportif ne se trouve pas, pendant le créneau déclaré de 60 minutes, à l'endroit où il avait indiqué qu'il serait disponible. La RUSADA avertit les sportifs qu'ils doivent mettre à jour en temps utile leurs informations dans ADAMS si leur emploi du temps change et que la responsabilité personnelle de l'exactitude et de l'exhaustivité de la déclaration incombe au sportif lui-même. Une erreur administrative peut donc avoir de graves conséquences sportives même lorsqu'elle n'est associée à aucun résultat de laboratoire positif.
Trois manquements en 12 mois peuvent constituer une violation des règles antidopage
Selon l'article 2.4 du Code mondial antidopage en vigueur, toute combinaison de trois contrôles manqués et/ou manquements à l'obligation de transmission des informations de localisation sur une période de 12 mois par un sportif appartenant à un groupe cible enregistré constitue une violation des règles antidopage. Le mot essentiel est combinaison : il n'est pas nécessaire que les trois cas concernent le même type de manquement. Un sportif peut par exemple présenter deux manquements à la déclaration de localisation et un contrôle manqué ; si tous les cas ont été valablement établis au cours de la même période de douze mois, une procédure pour violation des règles relatives à la localisation peut être engagée. Un manquement isolé, en revanche, n'est pas équivalent à trois cas établis et ne constitue pas à lui seul une violation au titre de l'article 2.4.
Il est également important de noter que la période de 12 mois n'est pas nécessairement calculée selon l'année civile. La période pertinente commence à partir du premier manquement pris en considération pour une éventuelle affaire, puis il est vérifié si deux autres manquements ont été valablement enregistrés au cours des 12 mois suivants. Le total annuel publié par la RUSADA ne correspond donc pas au nombre de sportifs qui s'approchent du seuil de trois manquements. Sans données individuelles, il est impossible de déterminer combien des 152 cas concernent des sportifs ne comptant qu'un seul manquement enregistré, combien en comptent deux et combien pourraient faire l'objet d'une procédure à la suite d'un troisième cas. C'est précisément pourquoi les statistiques agrégées ne doivent pas être présentées comme des statistiques de contrôles positifs ou de décisions définitives en matière de dopage.
Le Code de la WADA en vigueur prévoit, pour une violation des obligations de localisation, une période de suspension généralement fixée à deux ans, avec la possibilité de la réduire à un minimum d'un an en fonction du degré de faute et des circonstances du cas individuel. La sanction définitive ne découle pas automatiquement de l'enregistrement statistique, mais de la procédure de gestion des résultats et de la détermination de la preuve de tous les éléments de la violation alléguée conformément aux règles applicables. Le sportif a le droit de présenter une explication et de contester l'enregistrement d'un cas particulier. Cela permet de distinguer l'enregistrement initial d'une irrégularité, l'accusation formelle de violation des règles antidopage et la décision définitive relative à une sanction.
Le nombre de manquements aux obligations de localisation n'est pas le nombre de résultats positifs au dopage
La distinction entre les manquements aux obligations de localisation et un résultat positif classique est particulièrement importante pour comprendre les chiffres de juillet. Dans une publication distincte, également fondée sur des informations de la RUSADA, TASS a rapporté que l'agence russe avait identifié neuf cas de possibles violations des règles antidopage au cours du mois de juillet, tandis que 50 cas de ce type avaient été recensés au cours des sept premiers mois de 2026. Pour l'ensemble de l'année 2025, la RUSADA avait enregistré, selon la même source, 109 cas de possibles violations des règles antidopage. Ces statistiques concernent un ensemble différent de procédures et ne doivent pas être additionnées aux 152 cas de non-respect des obligations de localisation comme s'il s'agissait d'une catégorie unique.
Dans les rapports publics sur le dopage, les résultats de laboratoire positifs, le refus de se soumettre à un contrôle, la possession ou l'usage de substances interdites, la manipulation de la procédure et les manquements aux obligations de localisation apparaissent souvent dans la même discussion. Chacune de ces catégories possède ses propres éléments juridiques et normes de preuve. Un résultat positif dans un échantillon fournit la base analytique d'un type de procédure, tandis qu'une affaire de localisation peut se développer sans aucun échantillon positif puisqu'elle repose sur un comportement consistant à ne pas respecter les obligations de déclaration ou à manquer des contrôles. Par conséquent, le fait d'affirmer que la RUSADA a enregistré 152 manquements aux obligations de localisation ne signifie ni que 152 sportifs ont échoué à un contrôle antidopage ni que l'utilisation de substances interdites a été établie dans 152 cas.
C'est précisément l'existence de contrôles inopinés qui explique pourquoi les règles relatives à la localisation sont considérées comme une partie importante du système antidopage mondial. Si les agents de contrôle ne peuvent pas trouver un sportif pendant une période où il est censé être disponible, la possibilité d'effectuer des contrôles ciblés hors compétition est affaiblie, qu'il existe ou non à ce moment-là un soupçon d'utilisation d'une substance particulière. La WADA et les organisations nationales antidopage considèrent donc le système de localisation comme un mécanisme permettant de préserver le caractère imprévisible des contrôles. Dans le même temps, les règles doivent laisser la possibilité d'examiner les circonstances de chaque cas individuel, car des changements de voyage, des erreurs de déclaration ou d'autres événements n'ont pas automatiquement la même signification qu'une volonté délibérée d'éviter un contrôle.
ADAMS permet une mise à jour permanente des informations
ADAMS, ou Anti-Doping Administration and Management System, est le système numérique central utilisé par la WADA pour gérer de nombreux aspects du processus antidopage. Dans son module consacré à la localisation, les sportifs appartenant à des groupes cibles enregistrés peuvent saisir et modifier les informations utilisées par les organisations antidopage pour planifier les contrôles. La WADA indique dans ses instructions officielles que la déclaration comprend une adresse postale et une adresse électronique, le lieu d'hébergement quotidien pour la nuit, les compétitions, les activités régulières telles que l'entraînement ou le travail, ainsi qu'un créneau de 60 minutes pour chaque jour du trimestre. Le système est conçu de manière à permettre l'enregistrement de modifications lorsque l'emploi du temps du sportif change, réduisant ainsi le risque que des informations obsolètes entraînent l'échec d'une tentative de contrôle.
La RUSADA précise également que les informations doivent être suffisamment précises pour permettre à l'agent de contrôle de trouver le sportif sans devoir contacter au préalable des tiers. Dans la pratique, cela signifie qu'une simple indication générale du lieu, par exemple le nom d'un grand complexe sportif ou d'un hôtel sans informations supplémentaires, peut être insuffisante si l'agent de contrôle ne peut pas atteindre le sportif à partir de la déclaration fournie. L'agence souligne également que les modifications du créneau d'une heure doivent être saisies avant le début de ce créneau. Ces règles visent à établir un équilibre entre la flexibilité de l'emploi du temps sportif et la nécessité de maintenir des contrôles antidopage inopinés et réalisables sur le plan opérationnel.
Pour les sportifs de haut niveau, notamment ceux qui voyagent fréquemment entre les stages de préparation, les compétitions et leurs obligations privées, l'exigence de mise à jour permanente de leur localisation représente une obligation administrative constante. Toutefois, le groupe cible enregistré ne constitue pas une liste de tous les sportifs d'un pays, mais un groupe ciblé soumis à un régime de suivi renforcé. La RUSADA indique que les résultats sportifs, la candidature à de grandes compétitions, de précédentes violations des règles antidopage ou d'autres raisons pour lesquelles un sportif particulier est important pour le plan de contrôle peuvent être pris en considération lors de l'intégration dans les groupes cibles. Un principe similaire est également appliqué par les fédérations sportives internationales dans leurs propres groupes cibles enregistrés.
La tendance des années précédentes montre de fortes fluctuations
Les données de la RUSADA relayées par TASS montrent que le nombre annuel de cas de manquements aux obligations de localisation a considérablement varié au cours des dernières années. Après 375 cas en 2022, le nombre est tombé à 242 en 2023, puis est remonté à 282 en 2024 et à 310 en 2025. Les sept premiers mois de 2026 ont donné lieu à 152 cas enregistrés. Ce chiffre à lui seul, en l'absence de données sur la taille des groupes cibles, le nombre de tentatives de contrôle, les modifications des critères d'intégration des sportifs ou le nombre de personnes ayant plusieurs manquements, ne suffit pas pour évaluer de manière fiable si la discipline des sportifs en matière de déclaration de localisation s'est améliorée ou détériorée.
Néanmoins, les données sur plusieurs années montrent que les irrégularités liées à la déclaration de disponibilité ne sont pas rares et constituent un défi opérationnel permanent pour le système antidopage. Leur importance découle non seulement de la possibilité de sanctionner un sportif individuel, mais aussi du fait que des informations fiables sur la localisation permettent de procéder à des contrôles pendant des périodes où le sportif ne s'attend pas à être contrôlé. Ce sont précisément ces contrôles hors compétition qui peuvent jouer un rôle important dans la détection de l'utilisation de méthodes ou de substances interdites dont l'usage est volontairement éloigné dans le temps de la participation à une compétition.
La RUSADA continue d'opérer dans un environnement réglementaire international sensible
Les données les plus récentes concernant les obligations de localisation ont été publiées alors que le statut de la RUSADA au sein du système antidopage mondial reste soumis à une surveillance internationale. Le 10 juin 2026, à l'issue d'une réunion de son Comité indépendant de vérification de la conformité, la WADA a mentionné l'organisation nationale antidopage russe parmi les signataires toujours considérés comme non conformes au Code mondial antidopage. Cette question de conformité institutionnelle est distincte de la mise en œuvre quotidienne des contrôles et des cas individuels concernant les sportifs. Parallèlement, la RUSADA indique sur ses sites officiels qu'elle met en œuvre des programmes de contrôle et de gestion des résultats et qu'elle publie des règles et des instructions à destination des sportifs appartenant aux groupes cibles.
Ce que l'on peut pour l'instant conclure des 152 cas enregistrés
Le chiffre de 152 manquements aux obligations de localisation entre janvier et juillet 2026 confirme que la RUSADA continue d'enregistrer un nombre important de problèmes liés à la déclaration correcte et dans les délais de la localisation des sportifs ainsi qu'à leur disponibilité pour des contrôles inopinés. Dans le même temps, les données accessibles au public ne permettent pas de déterminer le nombre de sportifs risquant une sanction formelle, car la RUSADA n'a publié ni les noms, ni le nombre de manquements répétés par personne, ni le statut définitif de chaque cas enregistré. Les 23 cas du mois de juillet constituent donc avant tout un indicateur du fonctionnement du système de surveillance de la disponibilité, et non la preuve de 23 cas de dopage.
Pour les sportifs appartenant aux groupes cibles enregistrés, la conséquence pratique reste claire : les informations contenues dans ADAMS doivent être complètes, précises et à jour, et le sportif doit se trouver à l'endroit déclaré pendant son créneau quotidien de 60 minutes. Trois contrôles manqués et/ou manquements à l'obligation de déclaration valablement établis sur une période de 12 mois peuvent constituer une violation distincte des règles antidopage, indépendamment de l'existence ou non d'un résultat de laboratoire positif. C'est précisément pour cette raison que les organisations antidopage considèrent les obligations de localisation comme une composante intégrante d'un système destiné à permettre des contrôles efficaces, ciblés et inopinés tout au long de l'année.
Sources :
- TASS – données de la RUSADA concernant 23 manquements aux obligations de localisation en juillet, 152 au total entre janvier et juillet, ainsi qu'une comparaison avec la période 2022–2025 (lien)
- RUSADA – règles officielles relatives aux groupes cibles de contrôle, à la déclaration de localisation, au créneau de 60 minutes et à la procédure en cas de contrôle manqué ou de déclaration incorrecte (lien)
- WADA ADAMS Help Center – exigences officielles relatives à la déclaration trimestrielle de localisation et informations que les sportifs appartenant aux groupes cibles enregistrés doivent saisir dans ADAMS (lien)
- WADA – Code mondial antidopage 2021, y compris l'article 2.4 concernant trois contrôles manqués et/ou manquements aux obligations de déclaration sur une période de 12 mois ainsi que les règles relatives aux sanctions (lien)
- TASS – statistiques distinctes de la RUSADA concernant neuf possibles violations des règles antidopage en juillet et 50 au cours des sept premiers mois de 2026 (lien)
- WADA – communiqué du Comité de vérification de la conformité du 10 juin 2026 dans lequel l'organisation nationale antidopage russe figure parmi les signataires actuellement considérés comme non conformes (lien)