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L'AMA renforce le contrôle antidopage indépendant des athlètes russes avant les Jeux olympiques de Los Angeles 2028

Suivez le renforcement du contrôle de l'AMA et de l'ITA sur les athlètes russes visant Los Angeles 2028. Découvrez pourquoi les tests seront répétés, pourquoi les échantillons seront analysés hors de Russie et comment le statut non conforme de la RUSADA peut peser sur les qualifications olympiques

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L'AMA renforce la surveillance des athlètes russes sur la route de Los Angeles 2028

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé une surveillance plus stricte et plus indépendante des athlètes russes qui reviennent dans les compétitions internationales et pourraient se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Le plan prévoit plusieurs contrôles avant leur retour sur la plus grande scène, le nombre et le calendrier des contrôles dépendant de l'évaluation du risque de dopage propre à chaque sport. Un élément essentiel du système consistera à retirer le contrôle direct des mains du système antidopage russe : le Comité international olympique (CIO) a imposé que le programme comprenant l'évaluation des risques, le plan de répartition des contrôles et la gestion des résultats soit délégué à l'Agence internationale de contrôles (ITA). Cette mesure vise à répondre à la méfiance persistante qui entoure le sport russe depuis la révélation du dopage systématique et de la manipulation d'échantillons liés aux Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014.

Le directeur général de l'AMA Olivier Niggli a déclaré à l'AFP, au siège de l'agence à Montréal, que l'organisation "n'est pas naïve" et qu'elle restera particulièrement vigilante, car les athlètes des autres pays attendent la garantie que le système sera crédible et équitable pour tous. Selon lui, les athlètes russes qui se rapprochent d'une qualification olympique devraient être testés à plusieurs reprises, et les échantillons ne seront pas analysés en Russie. Niggli a également souligné que les circonstances qui avaient permis les manipulations durant la période de Sotchi ne sont plus les mêmes aujourd'hui, précisément parce que les échantillons doivent quitter le pays pour être analysés. Pour l'AMA, il s'agit de l'un des mécanismes les plus importants pour réduire le risque d'un contrôle national sur l'ensemble de la chaîne de prélèvement et d'analyse des échantillons.

Le CIO a ouvert la voie au retour, mais sous un régime antidopage particulier

Le nouveau cadre fait suite à la décision de la commission exécutive du CIO du 7 juillet 2026, qui a provisoirement levé la suspension du Comité olympique russe et retiré les recommandations antérieures qui limitaient la participation des athlètes et des équipes russes. Le CIO a expliqué que le Comité olympique russe ne compte plus parmi ses membres d'organisations sportives régionales provenant de territoires qui, selon le système olympique, relèvent de la compétence du Comité national olympique d'Ukraine, ce qui avait motivé la suspension d'octobre 2023. La décision ne signifie pas automatiquement le retour complet de la Russie dans tous les sports, car les fédérations internationales conservent leurs propres règles, sanctions et conditions de qualification. Le CIO n'a pas encore pris de décision définitive concernant l'utilisation éventuelle du drapeau russe, de l'hymne, des couleurs et d'autres symboles nationaux aux Jeux de Los Angeles. Dans le même temps, il a toutefois clairement fixé les conditions antidopage applicables à tout athlète russe revenant dans la compétition internationale.

Selon la décision officielle du CIO, les athlètes qui réintègrent les compétitions internationales doivent être couverts par un programme antidopage national dont la mise en œuvre opérationnelle est déléguée à l'ITA. Avant leur retour, ils doivent subir plusieurs contrôles, et l'intensité de ceux-ci sera déterminée selon une évaluation des risques spécifique à leur sport. Les fédérations internationales doivent convenir avec l'ITA du nombre de contrôles nécessaires et de la période pendant laquelle ils doivent être réalisés, en tenant compte des cycles de qualification pour Los Angeles 2028 qui ont déjà commencé. Si la RUSADA reste non conforme au Code mondial antidopage juste avant les Jeux de 2028, le CIO a annoncé qu'il confierait à l'ITA la mission de garantir des contrôles indépendants pour tous les athlètes russes qualifiés.

La RUSADA reste non conforme au Code mondial antidopage

Le statut de l'Agence russe antidopage demeure la question centrale de l'ensemble du modèle. Sur sa liste officielle, l'AMA continue de considérer la RUSADA comme un signataire non conforme au Code mondial antidopage. Les conséquences juridiques découlant de la décision arbitrale du Tribunal arbitral du sport (TAS) de décembre 2020 ont expiré en décembre 2022, mais la fin de ces sanctions particulières n'a pas automatiquement entraîné le rétablissement d'un statut de conformité complète. Pour que la RUSADA retrouve le statut d'organisation conforme, l'AMA doit établir que toutes les conditions imposées ont été remplies, et la surveillance de la gouvernance, de l'indépendance et du fonctionnement réel du programme national joue un rôle important dans ce processus. Le président de l'AMA Witold Banka a déclaré à l'AFP qu'une telle évaluation nécessite un audit physique à Moscou, mais que celui-ci n'a pas pu être réalisé en raison de la situation politique et de la guerre en Ukraine.

Dans le même entretien, Banka a souligné que, dans les circonstances actuelles, il n'était pas non plus possible d'envisager le retour du laboratoire national russe dans le système des laboratoires accrédités par l'AMA. Le laboratoire de Moscou a perdu son accréditation en avril 2016, après avoir été suspendu par l'AMA en novembre 2015 à la suite de constatations de graves irrégularités. Comme la Russie ne dispose d'aucun laboratoire accrédité, les échantillons des athlètes soumis au système international sont envoyés dans d'autres pays pour analyse. Une telle organisation réduit la possibilité qu'une seule structure nationale contrôle simultanément le prélèvement des échantillons, leur traitement en laboratoire et la gestion des résultats.

L'héritage de Sotchi continue de déterminer le niveau de méfiance

La prudence actuelle est difficile à comprendre sans les événements qui ont suivi les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. La Commission indépendante de l'AMA, dirigée par Richard Pound, a publié en 2015 des conclusions faisant état d'un dopage généralisé dans l'athlétisme russe, tandis qu'une enquête ultérieure du professeur Richard McLaren a décrit un système de manipulation des procédures antidopage impliquant de nombreux sports et des structures étatiques. L'une des conclusions les plus graves concernait le remplacement d'échantillons et la dissimulation de résultats positifs dans le système de laboratoire, raison pour laquelle la question de la crédibilité des données provenant de Moscou est restée ouverte pendant des années. L'AMA a par la suite obtenu des données du système informatique du laboratoire de Moscou, et leur analyse a conduit à une série de procédures contre des athlètes, même lorsque les événements d'origine remontaient déjà à plusieurs années.

En raison de la manipulation des données de laboratoire, l'AMA a relancé en 2019 une procédure contre la RUSADA, et à la fin de 2020 le TAS a imposé un ensemble de conséquences pour une période de deux ans, affectant les symboles nationaux russes et la participation aux grandes compétitions. Les athlètes russes ont ensuite participé aux Jeux olympiques de Tokyo, organisés en 2021, et aux Jeux olympiques d'hiver de Pékin en 2022 sans pouvoir utiliser pleinement les symboles nationaux. Parallèlement à l'affaire antidopage, l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a ouvert un ensemble distinct de sanctions et de restrictions sportives. La distinction entre ces deux fondements reste importante aujourd'hui : l'assouplissement de restrictions politiques ou olympiques ne signifie pas que les questions de conformité antidopage ont simultanément disparu, tout comme le règlement de certaines conditions antidopage n'annule pas automatiquement les sanctions appliquées par les fédérations internationales en raison de la guerre.

Le retour ne sera pas identique dans tous les sports

La décision de juillet du CIO ne garantit donc pas que les athlètes russes auront le même parcours vers Los Angeles dans toutes les disciplines. Les fédérations internationales conservent une autonomie considérable dans la définition des conditions de participation, et certains sports ont maintenu des restrictions plus strictes. World Athletics, par exemple, a de nouveau confirmé le 3 juillet 2026 la décision prise en 2022 excluant les athlètes, responsables et membres du personnel d'encadrement russes et biélorusses des compétitions internationales d'athlétisme en raison de la guerre en Ukraine. Cette mesure est distincte de l'ancienne suspension de la Fédération russe d'athlétisme pour des violations institutionnelles des règles antidopage, suspension qui a été levée en 2023 après sept ans. Autrement dit, l'athlétisme illustre à quel point le processus de retour peut être complexe : une suspension fédérale liée à l'antidopage peut être levée tandis qu'une sanction politique distincte reste en vigueur.

De même, dans d'autres sports, les systèmes de qualification peuvent comporter des critères antidopage supplémentaires, l'obligation de rester pendant une longue période dans des groupes cibles de sportifs soumis aux contrôles ou des règles particulières concernant la disponibilité pour les contrôles hors compétition. En haltérophilie olympique, par exemple, les règles de qualification pour Los Angeles 2028 imposent une disponibilité continue des athlètes pour les contrôles pendant la période de qualification ainsi que la transmission correcte des informations de localisation lorsqu'elles sont demandées. Il faut satisfaire à une combinaison de critères olympiques, fédéraux et antidopage, et pour les candidats russes, une couche supplémentaire est constituée par la surveillance indépendante instaurée par le CIO et l'AMA précisément en raison de l'histoire du système national.

L'ITA obtient un rôle opérationnel central

L'Agence internationale de contrôles a été créée afin de séparer autant que possible les opérations antidopage des intérêts sportifs et nationaux, et elle joue depuis quelques années un rôle de plus en plus important dans le système olympique. Depuis 2019, le CIO lui délègue l'organisation et la gestion des contrôles antidopage aux Jeux olympiques. À l'approche des Jeux olympiques d'hiver Milano Cortina 2026, l'ITA a dirigé un vaste programme pré-Jeux fondé sur des recommandations ciblées, l'évaluation des risques et le partage de données avec les fédérations internationales et les organisations nationales antidopage. Au début du mois de février 2026, le CIO a annoncé qu'environ 7 100 contrôles avaient été réalisés sur plus de 2 900 athlètes au cours des six mois précédant ces Jeux et que 92 pour cent des participants avaient été testés au moins une fois. Tous les athlètes individuels neutres ont également été testés avant les Jeux conformément aux recommandations de l'ITA.

Ce modèle donne une bonne idée de ce qui peut également être attendu dans la préparation de Los Angeles. Dès 2025, l'ITA a renouvelé et élargi son accord de coopération avec l'Agence antidopage des États-Unis (USADA), en mettant l'accent sur la coordination des contrôles, l'échange d'informations et la préparation opérationnelle de LA28. Selon Banka, l'AMA entretient de bonnes relations avec le comité d'organisation de LA28 et souhaite que les décisions antidopage soient séparées des conflits politiques.

Les contrôles multiples devraient commencer bien avant les Jeux

L'élément pratique le plus important du nouveau régime réside dans le fait que les contrôles ne devraient pas être concentrés uniquement dans les jours précédant immédiatement une participation olympique. Le CIO exige explicitement que les athlètes qui reviennent soient testés plusieurs fois avant leur retour dans la compétition internationale, et le calendrier doit être défini par les fédérations internationales en collaboration avec l'ITA. L'objectif est d'éviter une situation dans laquelle un athlète passerait une longue période en dehors du système international avec des contrôles insuffisants, puis se présenterait juste avant une compétition qualificative en ayant formellement satisfait aux conditions minimales. L'évaluation des risques peut inclure les spécificités de la discipline, l'historique des violations antidopage dans un sport donné, les périodes d'entraînement et de compétition ainsi que la disponibilité de l'athlète pour des contrôles inopinés. Le nombre définitif de contrôles ne sera donc pas nécessairement identique pour tous les candidats olympiques russes.

Une telle approche est également importante en raison des limites du système de laboratoires en Russie. Chaque échantillon qui doit être analysé dans un laboratoire accrédité situé à l'étranger entraîne des exigences logistiques supplémentaires, mais apporte en même temps un niveau d'indépendance supplémentaire. L'AMA n'affirme pas que le simple fait d'avoir la nationalité russe implique un soupçon à l'égard d'un athlète individuel ; l'accent est mis sur un système de vérification qui doit être suffisamment solide pour éliminer les doutes concernant le processus. Niggli a déclaré que l'AMA ne disposait actuellement d'aucune preuve concrète qui constituerait à elle seule une nouvelle "alerte rouge", mais il estime dans le même temps qu'il serait irresponsable d'ignorer ce qui s'est produit par le passé. La surveillance renforcée est donc présentée comme une mesure préventive destinée à protéger la crédibilité des qualifications, et non comme un jugement anticipé sur les athlètes qui cherchent encore à obtenir leur place.

Los Angeles 2028 sera un test de confiance, et pas seulement de retour

Il reste près de deux ans avant les Jeux olympiques de Los Angeles, et les processus de qualification dans de nombreux sports ont déjà commencé ou s'ouvrent rapidement. Cela signifie que les effets réels des nouvelles règles seront visibles bien avant la cérémonie d'ouverture du 14 juillet 2028. La question essentielle sera de savoir si les fédérations internationales, l'ITA, l'AMA et les organisations nationales antidopage peuvent construire un réseau de contrôles suffisamment interconnecté pour que chaque participant potentiel dispose d'un historique de contrôles clair et vérifiable. Pour les athlètes russes, ce seuil sera particulièrement important, car leur retour intervient alors que la RUSADA n'a toujours pas le statut d'organisation conforme et que le pays ne dispose d'aucun laboratoire accrédité par l'AMA. Tout manquement en matière d'indépendance ou de transparence pourrait rouvrir des questions que le sport international tente de refermer depuis plus d'une décennie.

Dans le même temps, le nouveau régime montre également la direction dans laquelle évolue le système antidopage mondial. Banka a indiqué que l'AMA souhaitait de manière générale des règles plus strictes selon lesquelles les contrôles lors des plus grandes compétitions seraient de plus en plus réalisés par des organismes indépendants, sans participation directe de l'organisation nationale antidopage du pays dont les athlètes sont testés. Le cas russe est donc à la fois particulier et constitue un précédent plus large : particulier en raison de Sotchi, des données de laboratoire manipulées et de la non-conformité prolongée de la RUSADA, et plus large parce qu'il pourrait accélérer la transition vers un modèle dans lequel l'indépendance opérationnelle compte davantage que la compétence nationale. Pour Los Angeles 2028, le plus grand défi ne sera pas seulement de déterminer qui peut participer, mais aussi de garantir que les athlètes de tous les pays aient des raisons de croire que leurs adversaires ont été soumis à un système de contrôle comparable, crédible et géré de manière professionnelle.

Sources :
- AFP / Dawn - déclarations d'Olivier Niggli et de Witold Banka sur le renforcement de la surveillance des athlètes russes, l'analyse en laboratoire des échantillons en dehors de la Russie et le statut de la RUSADA (lien)
- Comité international olympique - décision du 7 juillet 2026 sur la levée provisoire de la suspension du Comité olympique russe et les conditions antidopage particulières applicables au retour des athlètes (lien)
- AMA - liste mondiale des signataires non conformes au Code mondial antidopage, dont la RUSADA (lien)
- AMA - documentation sur le statut du laboratoire de Moscou et le retrait de son accréditation (lien)
- Comité international olympique - données sur le programme indépendant de contrôles de l'ITA avant les Jeux olympiques d'hiver Milano Cortina 2026 (lien)
- Agence internationale de contrôles - accord de coopération entre l'ITA et l'USADA et préparatifs pour Los Angeles 2028 (lien)
- World Athletics - décision du 3 juillet 2026 sur le maintien de l'exclusion des athlètes russes et biélorusses des compétitions internationales d'athlétisme (lien)

Remarque: Des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés lors de la préparation de ce contenu. Le contenu a été révisé par la rédaction avant publication.

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