La République du Cap-Vert accélère sa croissance touristique : de nouveaux hôtels, des liaisons aériennes renforcées et l’élargissement de l’offre changent l’image de l’archipel atlantique
Ces dernières années, la République du Cap-Vert s’affirme de plus en plus clairement comme l’une des destinations insulaires les plus dynamiques sur le marché touristique européen au sens large. L’archipel de l’Atlantique, situé au large de la côte ouest de l’Afrique, attire depuis longtemps des visiteurs en quête de soleil, de mer et d’un climat stable pendant la majeure partie de l’année, mais les données les plus récentes indiquent que le tourisme local ne repose plus uniquement sur le modèle classique des vacances à la plage. Avec la hausse du nombre de visiteurs, l’intérêt croissant des investisseurs et l’élargissement des liaisons aériennes vers les marchés européens, le Cap-Vert cherche à renforcer sa position de destination capable d’allier vacances, culture, nature et expérience urbaine de différentes îles.
Selon les données de l’Institut national de statistique du Cap-Vert, les établissements hôteliers du pays ont accueilli 1.177.467 clients en 2024, soit une hausse de 16,5 pour cent par rapport à l’année précédente. Le même aperçu statistique indique que le nombre estimé de touristes a atteint 981.354, soit la valeur la plus élevée jamais enregistrée dans la série jusqu’à présent et une augmentation de 11,8 pour cent par rapport à 2023. Ces indicateurs sont importants non seulement parce qu’ils confirment la reprise après les perturbations liées à la pandémie, mais aussi parce qu’ils suggèrent que le tourisme dans cet État insulaire revient sur la voie d’une expansion à long terme. Pour un pays dont le tourisme est justement l’un des principaux piliers économiques, un tel résultat signifie un afflux de revenus plus important, un intérêt accru des investisseurs et une pression supplémentaire sur le développement des infrastructures.
Des chiffres records et une base de visiteurs toujours plus large
La croissance du trafic touristique au Cap-Vert ne repose pas uniquement sur une seule niche de marché. Bien que les vacances au soleil et les resorts jouent toujours un rôle très important, les données officielles montrent qu’il s’agit d’une destination de plus en plus visible simultanément sur plusieurs marchés émetteurs européens. Dans les statistiques de 2024, le Royaume-Uni se distingue à nouveau comme le principal marché d’où provient le plus grand nombre de visiteurs, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la forte présence des tour-opérateurs britanniques et de la grande notoriété des îles de Sal et de Boa Vista parmi les voyageurs à la recherche d’une destination ensoleillée hivernale et annuelle. Dans le même temps, l’intérêt des visiteurs européens n’est plus lié exclusivement aux forfaits « soleil et mer », mais aussi aux vacances actives, à la gastronomie locale, à la musique, aux sentiers de randonnée et à l’identité créole spécifique des îles.
C’est précisément cette diversité qui explique en partie pourquoi le Cap-Vert est de plus en plus souvent mentionné ces dernières années comme une destination capable de dépasser sa propre image de marché classique des resorts. Le portail touristique officiel du pays souligne que chaque île offre une expérience différente, allant des plages et des sports nautiques aux itinéraires de randonnée, aux villes historiques et aux contenus culturels. Sal et Boa Vista restent les symboles les plus forts des vacances au bord de l’océan, tandis que São Vicente est particulièrement associée à la musique, à la scène culturelle et à la ville de Mindelo, et Santo Antão à la nature, aux montagnes et au trekking. Un tel positionnement est important, car il élargit le profil des visiteurs auxquels le pays s’adresse : non seulement les familles et les voyageurs en forfait, mais aussi les visiteurs individuels, les amoureux de la nature, les nomades en quête de longs séjours et les voyageurs au pouvoir d’achat plus élevé.
Les données de 2024 montrent également que l’île de Sal reste de loin la plus demandée, avec 58,5 pour cent du total des arrivées de clients dans les établissements hôteliers au niveau national. Cela confirme que Sal demeure le point central du modèle touristique du pays, avant tout grâce à ses plages, à ses grands resorts et à sa bonne connectivité avec les marchés d’Europe occidentale. Mais en même temps, une telle concentration du trafic soulève aussi la question d’un développement plus équilibré des autres îles. Si l’État veut augmenter ses revenus à long terme, réduire la saisonnalité et désengorger les destinations les plus sollicitées, il devra continuer à investir dans la connectivité des transports, l’hébergement et la promotion des îles qui, pour l’instant, attirent un cercle plus restreint, mais de plus en plus intéressé, de visiteurs.
De nouvelles capacités d’hébergement et un signal aux investisseurs
L’élargissement de la demande touristique s’accompagne aussi d’un changement du côté de l’offre. À côté des complexes all inclusive déjà bien établis, le marché s’ouvre à des hôtels visant un profil de clientèle différent : des voyageurs intéressés par une combinaison de vacances, d’expérience locale, d’infrastructures d’affaires et de courts séjours urbains. Dans ce contexte, l’entrée de Marriott International sur le marché cap-verdien est particulièrement symbolique. La plateforme de Marriott mentionne actuellement au Cap-Vert le Four Points by Sheraton São Vicente Resort, ce qui signifie que l’une des plus grandes chaînes hôtelières mondiales est également formellement présente dans cet État insulaire.
Selon les informations publiées sur le site officiel de l’hôtel, le Four Points by Sheraton São Vicente Resort est situé au-dessus de la plage de Laginha à Mindelo et dispose de 127 chambres et suites, ainsi que d’un bar sur le toit, d’un beach club, d’une piscine, d’un restaurant, d’un spa, d’un centre de fitness et d’espaces pour événements. Le seul choix de l’emplacement en dit long sur la direction que le tourisme local souhaite prendre. Mindelo, sur l’île de São Vicente, n’est pas exclusivement une zone de resort, mais une ville à forte reconnaissance musicale et culturelle, ainsi qu’un point important du pays sur les plans des transports et de la vie sociale. L’arrivée d’une marque hôtelière mondialement connue est donc plus qu’une simple extension de la capacité d’hébergement : c’est un message adressé aux investisseurs indiquant que l’archipel n’est plus intéressant seulement comme marché de grands complexes de vacances packagées, mais aussi comme espace pour des hôtels de marque internationale capables d’associer tourisme de loisir et tourisme urbain.
De tels projets ont généralement des effets plus larges que le seul nombre de chambres. L’entrée de grandes chaînes influence les standards de service, le niveau de formation de la main-d’œuvre, la demande auprès des fournisseurs locaux et la visibilité de la destination dans les canaux de vente mondiaux. Pour les petites économies insulaires, cela est particulièrement important, car les réseaux hôteliers internationaux les intègrent dans des systèmes de réservation, des programmes de fidélité et des réseaux corporatifs de clients auxquels les hôteliers locaux ont souvent plus de mal à accéder seuls. D’un autre côté, le renforcement des marques internationales soulève aussi la question du maintien de l’équilibre entre le capital étranger et l’identité locale, en particulier dans un pays qui se vend de plus en plus fortement sur le plan touristique précisément à travers l’authenticité, la musique, la culture créole et la notion sociale de « morabeza », c’est-à-dire la chaleur et l’hospitalité des hôtes.
La connectivité aérienne devient un levier clé du développement
Pour un État insulaire comme la République du Cap-Vert, la connectivité aérienne n’est pas seulement une question technique de transport, mais le fondement de tout le modèle touristique. Sans suffisamment de liaisons, de prix compétitifs et de connexions fiables, il ne peut pas y avoir de réelle expansion du marché. Les deux dernières années sont donc importantes, car elles montrent que c’est précisément dans ce domaine que se produisent des changements susceptibles d’accroître l’attractivité de la destination à long terme. L’un des exemples les plus visibles est la ligne d’easyJet entre Londres Gatwick et l’île de Sal. Le transporteur britannique a annoncé avoir lancé cette première liaison le 31 mars 2025, avec trois vols par semaine. Pour easyJet, il s’agissait en même temps de sa première destination en Afrique subsaharienne depuis le Royaume-Uni, ce qui montre en outre que le Cap-Vert est entré dans le viseur des transporteurs à la recherche de marchés où la demande de vacances « sun and beach » à l’année est en croissance.
L’importance de telles lignes dépasse le seul marché britannique. Lorsqu’un transporteur low cost ou une grande compagnie européenne ouvre une nouvelle route vers une destination insulaire, l’effet se répercute aussi sur la perception du marché, les prix des forfaits, la disponibilité des voyages individuels et l’intérêt d’autres compagnies. Le Cap-Vert devient ainsi plus visible pour les voyageurs qui n’avaient peut-être pas sérieusement envisagé cet archipel auparavant, que ce soit en raison du prix ou d’une notoriété plus faible. Le portail touristique officiel du pays souligne à cet égard que des vols internationaux en provenance de différentes parties du monde arrivent chaque jour sur les îles et qu’il existe des liaisons efficaces vers les autres îles, ce qui est important pour les voyageurs souhaitant combiner plusieurs destinations au cours d’un même voyage.
Un signal supplémentaire provient également des données de l’entreprise VINCI Airports, qui gère les aéroports du Cap-Vert. Dans un communiqué publié après l’achèvement des travaux de modernisation, il est indiqué que depuis la prise en main de la gestion en 2023, un renforcement sensible de la connectivité a eu lieu, avec une croissance du trafic passagers de 60 pour cent entre 2022 et 2025 ainsi que l’ouverture de 35 nouvelles lignes aériennes, dont 15 en 2024 et 20 en 2025. De telles données montrent que l’infrastructure de transport ne suit pas passivement la croissance du tourisme, mais qu’elle la stimule activement. Plus le réseau de vols est large, plus la marge de manœuvre est grande pour les hôteliers, les tour-opérateurs et les autorités locales qui souhaitent attirer des visiteurs de différents pays et réduire la dépendance à quelques marchés dominants.
Entre resorts, culture et atouts naturels
Bien que l’histoire des liaisons aériennes et des investissements soit essentielle, la croissance du tourisme ne serait pas durable s’il n’existait pas aussi un contenu clair pouvant être proposé au visiteur. C’est précisément là que le Cap-Vert tente de construire un récit de destination plus large et plus mûr. Le portail officiel Visit Cabo Verde met en avant la combinaison de la gastronomie, de la nature, de la musique et de la culture créole comme fondement de l’identité du pays. C’est important, car sur le marché mondial, les destinations insulaires ne se concurrencent plus seulement par le climat et l’offre hôtelière ; elles se concurrencent aussi par l’expérience. Le voyageur qui choisit entre les Canaries, Madère, les Caraïbes, l’Afrique du Nord ou les archipels atlantiques recherche de plus en plus une expérience dotée d’une empreinte culturelle reconnaissable.
En ce sens, le Cap-Vert possède plusieurs avantages clairs. Le premier est la diversité géographique. Alors que certaines îles visent exclusivement les vacances à la plage, d’autres misent sur les montagnes, les paysages volcaniques, les villages locaux, la tradition de pêche et les itinéraires pédestres. Le deuxième est la singularité culturelle, en particulier dans la musique et la vie urbaine de Mindelo, souvent mentionnée comme l’un des centres culturels les plus vivants de l’archipel. Le troisième est la relative stabilité du temps tout au long de l’année, ce qui donne à la destination un avantage pendant les périodes où les voyageurs européens cherchent à fuir l’hiver ou souhaitent voyager en dehors du pic de la saison estivale.
Mais c’est justement la combinaison de ces avantages qui apporte aussi des défis de développement. Si le pays s’appuie trop fortement sur le modèle resort, il risque de voir une partie de son offre rester liée à un nombre limité d’îles et à de grands opérateurs étrangers. S’il souhaite au contraire promouvoir plus fortement la diversité, il doit investir dans les liaisons inter-îles, les services locaux, la qualité des petits hébergements et la promotion de contenus qui ne sont pas aussi simples à vendre que les forfaits classiques. C’est pourquoi la croissance du nombre d’hôtels et l’arrivée de chaînes internationales n’ont pleinement de sens que si elles s’accompagnent d’investissements dans une infrastructure de destination plus large, des aéroports et des ports jusqu’aux services publics, à la formation des employés et à la préservation de l’espace.
Ce que les résultats records signifient pour l’avenir de l’archipel
Les chiffres les plus récents suggèrent que le Cap-Vert entre dans une phase où le tourisme n’est plus seulement un secteur de reprise, mais un secteur de nouveau positionnement. Le record de près de 1,18 million de clients dans les établissements hôteliers et de plus de 981 mille touristes estimés en 2024 montre que l’intérêt pour la destination augmente au moment où la concurrence entre les marchés insulaires ensoleillés est exceptionnellement forte. L’entrée de Marriott via l’hôtel Four Points by Sheraton São Vicente Resort renforce encore la perception selon laquelle l’archipel devient un marché d’investissement plus sérieux, tandis que l’élargissement des liaisons aériennes, y compris la ligne easyJet depuis Gatwick et le renforcement du réseau de routes sous la gestion de VINCI Airports, accroît son accessibilité pour les visiteurs européens.
Pour les autorités et le secteur touristique, la question essentielle est désormais de savoir s’ils réussiront à transformer cet élan en développement durable. Cela signifie maintenir la croissance, mais aussi éviter une dépendance excessive à un type d’hébergement, à un marché ou à une île. Cela signifie également préserver ce qui rend le Cap-Vert de plus en plus attractif : le sentiment d’authenticité, les différences entre les îles et le mélange d’influences africaines, portugaises et atlantiques qu’il est difficile de copier sur le marché touristique mondial. S’il y parvient, l’archipel pourrait dans les années à venir renforcer encore son statut de destination intéressante non seulement pour ses plages de carte postale, mais aussi parce qu’il offre une expérience de voyage plus large, plus nuancée et de plus en plus accessible.
Sources :- Institut national de statistique du Cap-Vert – statistiques officielles sur les mouvements de clients et les touristes en 2024 (lien)- Institut national de statistique du Cap-Vert – aperçu des publications et des statistiques touristiques, y compris l’inventaire des établissements hôteliers pour 2024 (lien)- Marriott Bonvoy – page officielle de l’hôtel Four Points by Sheraton São Vicente Resort avec description de l’établissement et de ses capacités (lien)- Marriott Bonvoy – aperçu des hôtels du groupe Marriott au Cap-Vert (lien)- easyJet Media Centre – annonce du lancement de la ligne Londres Gatwick – Sal à partir du 31 mars 2025 et de la fréquence des vols (lien)- VINCI Airports – communiqué sur la modernisation des aéroports au Cap-Vert et le renforcement de la connectivité à travers de nouvelles routes (lien)- Visit Cabo Verde – portail touristique officiel sur l’identité de la destination, les îles et les types d’expériences (lien)
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