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À partir du 10 avril, l’Europe introduit l’EES complet : ce que le nouveau système d’entrée et de sortie signifie pour les voyageurs et les frontières

Découvrez ce qu’apporte, à partir du 10 avril 2026, la pleine application du système européen Entry/Exit System. Nous proposons un aperçu des nouvelles règles aux frontières, des contrôles biométriques, de la différence entre l’EES et l’ETIAS ainsi que des conséquences possibles pour les voyageurs entrant dans l’espace Schengen depuis des pays tiers.

À partir du 10 avril, l’Europe introduit l’EES complet : ce que le nouveau système d’entrée et de sortie signifie pour les voyageurs et les frontières
Photo by: Domagoj Skledar - illustration/ arhiva (vlastita)

À partir du 10 avril, l’Europe passe à un nouveau système d’entrée et de sortie : ce que les voyageurs doivent savoir sur l’EES

À partir du 10 avril 2026, l’Europe entre dans une nouvelle phase de contrôle des frontières extérieures. L’Entry/Exit System, abrégé en EES, sera à partir de cette date pleinement opérationnel à tous les points de passage des frontières extérieures des 29 pays européens qui utilisent ce système. Il s’agit de l’un des plus grands changements pour les voyageurs de pays tiers au cours des dernières années, car l’apposition manuelle de tampons dans les passeports est remplacée par un enregistrement numérique des entrées, des sorties et des refus d’entrée. Pour un grand nombre de voyageurs, cela signifie un suivi plus simple et plus précis du séjour, mais aussi un nouveau régime de contrôle qui peut, au début, entraîner des temps d’attente plus longs, en particulier aux points de passage terrestres les plus fréquentés, dans les aéroports et dans les terminaux accueillant un grand nombre de voyageurs internationaux.

Selon la Commission européenne, le système est en déploiement progressif depuis le 12 octobre 2025, et le 10 avril 2026 marque la fin de la période transitoire pendant laquelle certains États et certains points frontaliers introduisaient ses éléments par étapes. En pratique, cela signifie qu’à partir de cette date, l’EES n’est plus un projet pilote ni une solution partielle, mais une procédure standard aux frontières extérieures des États qui l’appliquent. La Commission souligne que l’objectif est de moderniser la gestion des frontières, de renforcer la détection des usurpations d’identité, de faciliter l’identification des dépassements de séjour autorisé et d’améliorer les contrôles de sécurité sans s’appuyer sur des tampons papier, souvent lents et sujets à erreur.

Qu’est-ce que l’EES et pourquoi est-il introduit

L’EES est un système d’information automatisé destiné à enregistrer les ressortissants de pays hors de l’Union européenne qui viennent pour un court séjour. Son objectif principal est d’enregistrer électroniquement quand un voyageur est entré dans un pays utilisant le système, quand il en est sorti, à quel point de passage il a été enregistré et si l’entrée lui a éventuellement été refusée. En outre, le système recueille aussi des données biométriques, avant tout une image faciale et, dans certains cas, des empreintes digitales. L’objectif est d’obtenir ce que les tampons précédents ne pouvaient pas garantir avec le même niveau de fiabilité : le calcul automatique du séjour autorisé dans le cadre de la règle des 90 jours sur toute période de 180 jours, ainsi qu’une détection plus efficace des personnes qui utilisent plusieurs identités ou tentent de contourner les règles de l’entrée de courte durée.

À l’origine de ce changement se trouve un projet européen de longue date de numérisation de la gestion des frontières. La logique officielle de Bruxelles est qu’il n’est plus possible, dans l’espace Schengen, de s’appuyer sur des méthodes de contrôle analogiques au moment où des millions de personnes entrent et sortent chaque année par les frontières extérieures. Un enregistrement numérique permet de comparer les données entre les États qui utilisent le système, et la vérification biométrique réduit en plus la marge de fraude. La Commission européenne indique que, durant le déploiement progressif, le système a déjà enregistré des dizaines de millions de passages de frontière, plus de dizaines de milliers de refus d’entrée, ainsi que des centaines de personnes considérées comme présentant un risque pour la sécurité ou repérées dans des schémas suspects d’utilisation de l’identité.

À qui le système s’applique et qui en est exempté

L’EES ne s’applique pas à tous les voyageurs entrant en Europe. Il est destiné aux ressortissants de pays tiers voyageant pour un court séjour dans les pays qui utilisent le système, qu’ils viennent pour des raisons touristiques, professionnelles ou familiales, et qu’ils aient besoin d’un visa de court séjour ou qu’ils en soient exemptés. En d’autres termes, il couvre à la fois les voyageurs pouvant entrer sans visa pour une période allant jusqu’à 90 jours sur 180 jours et ceux qui arrivent avec un visa Schengen de court séjour.

En revanche, le système ne s’applique pas aux citoyens des États membres qui utilisent l’EES, ni aux citoyens de l’Irlande et de Chypre. Selon les règles officielles, certaines catégories de membres de la famille de citoyens de l’UE et de personnes disposant d’une carte de séjour valide ou d’un titre de séjour lié au droit à la libre circulation sont également exemptées. Des règles particulières s’appliquent aussi aux titulaires de visas de long séjour, de titres de séjour ainsi qu’à certains régimes de transit spécifiques. C’est précisément pour cela que, pour une partie des voyageurs, le plus important sera de vérifier leur propre statut avant le départ, car le fait qu’une personne ne soit pas citoyenne de l’UE ne signifie pas automatiquement qu’elle suivra la même procédure qu’un touriste en court séjour.

Quels pays utilisent l’EES

Selon les informations européennes officielles, 29 États utilisent l’EES : l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la Tchéquie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, le Liechtenstein, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Espagne, la Suède et la Suisse. C’est important pour une raison pratique : un voyageur qui entre dans l’un de ces pays entre dans le régime de suivi numérique du séjour au sein de règles calculées conjointement pour l’ensemble de la zone couverte par le système. En d’autres termes, on ne considère plus seulement chaque État individuellement, mais l’ensemble de l’espace où s’applique la règle du court séjour.

Pour les lecteurs croates, il est en outre important de noter que la Croatie fait partie des États qui utilisent l’EES, de sorte que le système s’appliquera aussi aux voyageurs de pays tiers qui entrent par les frontières extérieures croates. Cela est particulièrement important pour les aéroports, les axes routiers internationaux et les ports maritimes pendant la saison touristique, lorsque chaque nouvelle étape de la procédure peut avoir un effet visible sur la fluidité.

À quoi ressemble le contrôle à la frontière

Pour les voyageurs qui franchissent pour la première fois une frontière extérieure après le début de l’application de l’EES, la procédure sera plus détaillée qu’auparavant. Les agents frontaliers prendront les données du document de voyage, captureront une image faciale et, lorsque cela est applicable, scanneront les empreintes digitales. Ces données sont stockées dans l’enregistrement numérique du voyageur. Lors des voyages suivants, l’accent sera mis sur la vérification de l’enregistrement déjà existant, c’est-à-dire sur la comparaison de l’identité de la personne au point de passage avec les données précédemment introduites dans le système.

Les pages européennes officielles indiquent que, pour les voyageurs titulaires d’un visa de court séjour, les empreintes digitales ne seront en règle générale pas à nouveau stockées dans l’EES si elles ont déjà été enregistrées dans le système d’information sur les visas. Pour les enfants de moins de 12 ans, les empreintes ne sont actuellement pas prises, bien qu’ils puissent eux aussi être couverts par le système. Cela signifie que la procédure réelle différera selon le type de voyage, le type de document et le statut juridique du voyageur. Le message essentiel pour les voyageurs est qu’ils doivent s’attendre, lors du premier enregistrement, à un contact plus long avec le contrôle frontalier qu’auparavant, surtout s’ils voyagent aux heures de pointe.

Les institutions européennes soulignent en même temps que le refus de fournir des données biométriques peut avoir une conséquence directe : le refus d’entrée. En d’autres termes, l’EES n’est pas un programme volontaire de passage accéléré de la frontière, mais une partie intégrante du contrôle d’entrée pour les catégories de voyageurs auxquelles il s’applique. Les voyageurs doivent donc, avant le départ, tenir compte non seulement de la validité du passeport et, le cas échéant, du visa, mais aussi de leur disposition à suivre la nouvelle procédure d’identification.

Ce qui change pour les voyageurs en pratique

Le plus grand changement pour le voyageur moyen est la disparition du tampon dans le passeport comme principale preuve de l’entrée et de la sortie. À la place, l’enregistrement reste dans le système numérique, et c’est précisément ce système qui calculera combien de jours une personne a passés dans le cadre du régime de court séjour autorisé. Cela est particulièrement important pour les voyageurs qui entrent et sortent fréquemment de l’espace Schengen, pour les propriétaires de biens immobiliers qui n’ont pas de titre de séjour, pour les voyageurs d’affaires ainsi que pour ceux qui combinent plusieurs États au cours d’un ou de plusieurs voyages.

L’EES devrait aussi supprimer une partie de l’ancienne zone grise juridique dans laquelle un tampon était illisible, omis ou mal interprété. En théorie, cela apporte une plus grande sécurité juridique aux voyageurs comme aux services frontaliers. En pratique, toutefois, les premières semaines de mise en œuvre complète seront probablement une sorte de test d’endurance pour le système. Les médias européens ont averti ces derniers jours que certains ports, terminaux ferroviaires et points de passage routiers avaient déjà enregistré des difficultés opérationnelles pendant la phase préparatoire, et une attention particulière se porte sur les nœuds de transport comptant un très grand nombre de voyageurs en peu de temps.

Selon les rapports de plusieurs médias européens, parmi lesquels des sources britanniques et spécialisées dans le tourisme, une partie des opérateurs et des autorités locales ont mis en garde contre le risque d’engorgements, notamment sur les routes entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale. Dans certains cas, il a été fait mention de ralentissements temporaires, d’ajustements techniques et de la nécessité d’une flexibilité supplémentaire pendant les périodes de pointe. Néanmoins, la position officielle européenne reste que le système est prêt pour une pleine opérationnalité et que les États, malgré d’éventuelles difficultés initiales, devront assurer sa mise en œuvre à toutes les frontières extérieures couvertes par les règles.

L’EES n’est pas la même chose que l’ETIAS

L’une des confusions les plus fréquentes parmi les voyageurs est l’assimilation de l’EES et de l’ETIAS. Ce ne sont pas les mêmes systèmes et ils n’entrent pas en vigueur de la même manière. L’EES est un système d’enregistrement des entrées et des sorties à la frontière elle-même. En d’autres termes, il n’exige pas des voyageurs une demande préalable en ligne simplement parce qu’ils voyagent, mais l’enregistrement s’effectue lorsque la personne arrive physiquement à la frontière extérieure d’un pays utilisant le système. L’ETIAS est, au contraire, une autorisation électronique de voyage distincte pour les ressortissants de pays qui voyagent autrement sans visa, et selon le calendrier officiel européen, il n’est attendu qu’au dernier trimestre 2026.

Cette différence est importante, car une partie des voyageurs croit à tort qu’à partir du 10 avril 2026, ils doivent demander à l’avance une nouvelle autorisation d’entrée. Pour l’EES, ce n’est pas exact. Ce à quoi ils doivent s’attendre, c’est une nouvelle procédure à la frontière et un enregistrement numérique du séjour. Ce n’est que lorsque l’ETIAS sera introduit que les voyageurs de certains pays bénéficiant du régime sans visa devront aussi obtenir une autorisation électronique préalable avant le départ. Pour l’instant, il est donc essentiel de distinguer l’enregistrement à la frontière de l’autorisation préalable de voyage.

Protection des données et question de la vie privée

Étant donné que l’EES comprend des données biométriques, la question de la vie privée se pose inévitablement. Les informations européennes officielles indiquent que le système collecte les données du document de voyage, la date et le lieu d’entrée et de sortie, une image faciale, des empreintes digitales lorsque celles-ci sont prévues par les règles, ainsi que des informations sur un éventuel refus d’entrée. Ces données sont traitées sur la base d’un règlement de l’UE régissant l’EES, et l’accès en est réservé aux autorités compétentes en matière de frontières, de visas et d’immigration, tandis que, dans des cas particuliers, les autorités chargées de l’application de la loi ainsi qu’Europol peuvent également y avoir accès, dans le cadre des conditions prévues par la loi.

Pour les voyageurs, il est important de savoir que l’EES n’est pas seulement un outil technique destiné à accélérer la vérification des documents, mais un système qui modifie durablement la manière dont l’entrée de courte durée en Europe est enregistrée. Cela accroît également la responsabilité des voyageurs de suivre leur propre statut, car les données relatives au séjour seront liées beaucoup plus précisément à une personne concrète qu’à l’époque où l’on se fiait aux tampons et aux registres manuels. Dans le même temps, les autorités européennes soulignent que le traitement des données s’effectue dans le cadre des règles relatives à la protection des données personnelles, mais il est clair que le débat sur l’équilibre entre sécurité et vie privée se poursuivra même après la pleine application du système.

Ce que les voyageurs doivent faire avant le départ

L’approche la plus raisonnable pour les voyageurs est une préparation pratique. Cela signifie avant tout vérifier si l’EES s’applique à leur statut, s’ils disposent d’un document de voyage valide et, si nécessaire, d’un visa ou d’une autre autorisation. Ensuite, il faut prévoir un temps supplémentaire lors du premier franchissement de frontière après le 10 avril 2026, en particulier aux points de passage fréquentés. Les voyageurs qui voyagent souvent devraient accorder une attention particulière à la règle des 90 jours sur 180 jours, car l’enregistrement numérique réduira la marge d’improvisation et les mauvaises estimations sur la durée pendant laquelle ils ont séjourné dans la zone couverte par le système.

Les pages européennes officielles indiquent également que, dans certains États, l’application mobile Travel to Europe est disponible et peut permettre la saisie préalable d’une partie des données, bien que sa fonctionnalité ne soit pas la même dans tous les pays. Ce n’est pas une solution universelle pour tous les voyageurs ni pour toutes les destinations, mais cela montre dans quelle direction évolue l’infrastructure frontalière européenne : vers des données numériques préparées à l’avance, une vérification biométrique et des systèmes interopérables qui, à long terme, devraient réduire la charge administrative à la frontière. À court terme, cependant, c’est précisément le passage d’un régime papier à un régime numérique qui peut être source de frustrations si le nombre de voyageurs et la préparation technique ne coïncident pas.

Ainsi, à partir du 10 avril, l’Europe ne change pas seulement la technique de contrôle des passeports, mais aussi la logique du contrôle frontalier. Pour les voyageurs de pays tiers, l’entrée dans l’espace des États qui utilisent l’EES ne sera plus marquée par un tampon comme principale preuve du voyage, mais par une trace numérique qui suivra tout le déroulement du séjour de courte durée. Pour les institutions européennes, c’est un pas vers une gestion des frontières plus sûre et plus efficace. Pour les voyageurs, c’est le signal que les règles ne peuvent plus être interprétées de manière approximative, mais que chaque voyage, chaque sortie et chaque jour de séjour seront enregistrés beaucoup plus précisément qu’auparavant.

Sources :
- Commission européenne – annonce sur la pleine opérationnalité de l’EES à partir du 10 avril 2026 (link)
- Travel to Europe / Union européenne – page officielle du système EES avec des explications de base et la liste des États qui utilisent le système (link)
- Travel to Europe / Union européenne – questions et réponses officielles sur les personnes concernées par l’EES, son fonctionnement et le moment où il sera pleinement opérationnel (link)
- Travel to Europe / Union européenne – explication officielle des données que l’EES collecte, des personnes qui peuvent y accéder et de ce qui se passe si un voyageur refuse le contrôle biométrique (link)
- Travel to Europe / Union européenne – clarification officielle de la différence entre l’EES et l’ETIAS ainsi que du lancement attendu de l’ETIAS au dernier trimestre 2026 (link)
- Travel to Europe / Union européenne – calendrier révisé selon lequel l’ETIAS est attendu au dernier trimestre 2026 (link)
- The Guardian – rapport sur les difficultés opérationnelles et les possibles ralentissements sur les routes transfrontalières avant la pleine mise en œuvre du système (link)
- Skift – analyse de la préparation des nœuds de transport et des éventuels embouteillages dans les premiers jours de la pleine mise en œuvre de l’EES (link)

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