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IATA demande une assistance au sol plus sûre, des équipements modernes et des aéroports numériques

L’IATA souligne que la sécurité et l’efficacité des aéroports dépendent de normes renforcées, d’équipements au sol modernes et de systèmes numériques. La conférence du Caire a mis en avant de meilleurs processus, moins de dommages aux avions et des opérations plus fiables

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IATA demande une assistance au sol plus sûre, des équipements modernes et des aéroports numériques Karlobag.eu / illustration

L’IATA appelle à une application plus stricte des normes et à une numérisation plus rapide de l’assistance en escale

L’Association du transport aérien international, IATA, a appelé l’industrie aéronautique à appliquer plus vigoureusement les normes opérationnelles mondiales, à moderniser plus rapidement les équipements d’assistance au sol et à élargir la numérisation des processus qui se déroulent sur les aires de stationnement, dans les bagages, lors de l’embarquement du fret et pendant la préparation des avions pour le vol suivant. Selon les informations publiées à l’occasion de la 38e IATA Ground Handling Conference, organisée le 19 mai 2026 au Caire, l’objectif est d’accroître la sécurité, l’efficacité, la durabilité et la résilience de l’assistance en escale à un moment où le trafic aérien mondial continue de s’élargir et où les opérations dans les aéroports deviennent de plus en plus complexes.

L’IATA a transmis ce message lors de la conférence IGHC 2026, accueillie par EgyptAir, qui a réuni des représentants de transporteurs aériens, d’aéroports, de prestataires de services d’assistance en escale, de fabricants d’équipements et de fournisseurs technologiques. Selon l’annonce de l’IATA pour l’édition de cette année de la conférence, le thème central de la rencontre était l’adaptation des opérations au sol à l’ère de l’intelligence artificielle. L’organisation indique que les discussions se concentrent particulièrement sur la manière dont l’expertise humaine, l’intelligence artificielle, l’automatisation et les données standardisées peuvent contribuer à créer des opérations plus sûres et plus fiables.

L’assistance en escale reste un point critique du trafic aérien

L’assistance en escale est souvent une partie invisible du voyage, mais ses problèmes se transmettent très rapidement à l’ensemble du réseau de trafic aérien. Un retard dans le déchargement des bagages, une erreur de chargement, un dommage causé à un avion sur l’aire de stationnement ou une perturbation de l’approvisionnement en carburant peuvent affecter plusieurs vols, équipages, passagers et aéroports au-delà du lieu où le problème est apparu. C’est pourquoi l’IATA souligne dans ses nouveaux messages que les opérations au sol ne doivent pas être considérées comme un segment auxiliaire, mais comme une partie importante de la sécurité et de la fiabilité globales du transport aérien.

Monika Mejstrikova, directrice de l’IATA pour les opérations au sol, a déclaré, selon un rapport de Passenger Terminal Today, que les conséquences des erreurs dans l’assistance en escale peuvent se propager à travers tout le réseau même si la perturbation elle-même ne dure que quelques minutes. Elle a souligné qu’une application plus cohérente des normes, des équipements plus intelligents et la numérisation sont les conditions préalables fondamentales à des opérations plus sûres, plus efficaces, plus durables et plus résilientes. Un tel message s’inscrit dans la continuité des priorités antérieures de l’IATA, dans lesquelles la sécurité, les normes mondiales et la durabilité sont citées comme des domaines clés pour le développement de l’assistance en escale.

Selon les données officielles de l’IATA sur la rencontre elle-même, l’IGHC 2026 se tient du 19 au 21 mai 2026 au Caire et est conçue comme un lieu où l’industrie discute des normes, des politiques et des procédures opérationnelles. L’IATA indique que la conférence rassemble des acteurs de premier plan issus des transporteurs aériens, des aéroports, des prestataires de services au sol et des fabricants, ce qui est important parce qu’une grande partie des risques dans l’assistance en escale se situe précisément à la frontière des responsabilités de plusieurs organisations différentes.

Les normes doivent être appliquées de manière égale, et pas seulement écrites

L’un des principaux messages de l’IATA concerne la nécessité de ne pas traiter les normes mondiales uniquement comme des documents, mais comme une pratique réelle dans les aéroports. Dans l’assistance en escale, les procédures doivent être cohérentes parce que différents transporteurs, prestataires contractuels de services et aéroports locaux travaillent chaque jour dans le même espace, souvent avec des systèmes, des équipements et des obligations contractuelles différents. Si les procédures diffèrent d’une station à l’autre, le risque de malentendus, de chargement incorrect, de communication incomplète et de réaction inégale aux perturbations opérationnelles augmente.

Selon le rapport de Passenger Terminal Today, l’IATA a indiqué qu’en 2025, sur près de 40 millions de vols, aucun décès dans l’assistance en escale et une blessure grave ont été enregistrés. Cette donnée montre que le niveau de sécurité du secteur peut être amélioré, mais l’IATA avertit en même temps que la poursuite de la croissance du trafic exige de la discipline dans l’application quotidienne des règles. L’organisation cite comme documents de référence clés pour les transporteurs aériens et les prestataires de services au sol l’IATA Ground Operations Manual, c’est-à-dire l’IGOM, et l’Airport Handling Manual, c’est-à-dire l’AHM.

Ces manuels servent de cadre à l’harmonisation des procédures, depuis le déplacement des véhicules autour de l’avion jusqu’au chargement, à la communication, au traitement des bagages et aux contrôles de sécurité. L’IATA appelle en outre l’industrie à réduire les variations locales inutiles et à utiliser plus fortement les programmes de vérification, y compris l’IATA Safety Audit for Ground Operations, connu sous le nom d’ISAGO. De tels audits sont importants parce qu’ils permettent de vérifier les procédures non seulement de manière formelle, mais à travers l’organisation concrète du travail dans une station particulière.

Les dommages aux avions au sol ont un coût à la fois sécuritaire et financier

La deuxième priorité concerne la modernisation des équipements d’assistance au sol, connus sous le sigle GSE. Il s’agit d’un vaste groupe de véhicules, de machines et de dispositifs utilisés pour l’assistance des avions au sol, notamment les tapis de transport des bagages, les chargeurs de fret, les escaliers passagers, les véhicules de traction, les groupes électrogènes, les citernes, les dispositifs de dégivrage et d’autres équipements sans lesquels un avion ne peut pas être préparé au vol de manière sûre et efficace. Dans ses documents, l’IATA souligne que la conception et la fonctionnalité de tels équipements influencent directement l’efficacité opérationnelle, la sécurité et les conditions de travail du personnel au sol.

Selon les données de l’IATA sur les équipements d’assistance au sol, les opérations de GSE peuvent représenter jusqu’à 40 pour cent de l’ensemble des dommages mondiaux causés aux avions au sol. C’est pourquoi l’organisation recommande depuis 2017 que les équipements soient dotés de systèmes anticollision, c’est-à-dire que l’on passe au zogenaamde enhanced GSE. De tels équipements peuvent inclure des capteurs, des systèmes d’alerte, des limitations de vitesse ou d’autres technologies qui aident les opérateurs à éviter le contact avec l’avion ou d’autres infrastructures.

Selon le rapport de la conférence au Caire, l’IATA a indiqué qu’en 2025, plus de 29.000 événements de dommages aux avions au sol ont été signalés. Mejstrikova a averti que les coûts pourraient se multiplier si le taux de tels événements ne diminue pas tandis que le trafic augmente. Dans ses documents officiels, l’IATA estime que le coût annuel des dommages au sol pourrait atteindre près de 10 milliards de dollars américains d’ici 2035 si des mesures préventives ne sont pas prises.

Un GSE moderne signifie moins de risques, mais aussi des opérations plus propres

L’Enhanced GSE Recognition Program de l’IATA a été mis en place afin d’accélérer la transition vers des équipements dotés de technologies anticollision. Selon la description officielle du programme, l’objectif est de valider les flottes d’équipements des prestataires de services au sol dans une station particulière et de confirmer qu’elles remplissent les critères de réduction du risque de dommages aux avions. L’IATA indique que la participation au programme apporte de meilleures performances de sécurité, une réduction des risques, la confirmation de la conformité aux normes industrielles et une reconnaissance publique pour les stations qui remplissent les critères.

Dans ses données les plus récentes, l’organisation indique que des centaines de candidatures ont été reçues depuis le lancement du programme, et selon le rapport de Passenger Terminal Today, l’IATA a enregistré plus de 450 candidatures, validé 187 stations et reconnu 75 stations pour la réduction du risque opérationnel. La page officielle du programme indique également que, depuis 2025, le programme fait partie des audits ISAGO pour les stations dans lesquelles les rampes sont incluses dans la vérification. Cela fait sortir la modernisation des équipements du cadre d’une initiative volontaire et la lie de plus en plus à un système plus large de contrôle opérationnel.

La modernisation du GSE ne concerne pas seulement la sécurité, mais aussi les effets environnementaux. L’IATA indique que les équipements électriques d’assistance au sol peuvent réduire les émissions lors de la rotation des avions, réduire le bruit et diminuer les coûts de maintenance, bien que la transition des équipements fonctionnant aux combustibles fossiles vers des flottes électriques exige la planification de l’infrastructure, de la recharge et des horaires opérationnels. Selon le rapport de la conférence, l’IATA estime que le GSE électrique peut réduire les émissions pendant la rotation des avions de 35 à 52 pour cent, selon la composition des équipements et la source d’électricité.

La numérisation est nécessaire pour des décisions plus rapides et plus précises

La troisième priorité est la numérisation de l’assistance en escale. L’IATA avertit que les données fragmentées, la saisie manuelle, les informations retardées et les systèmes non connectés continuent de limiter la sécurité et l’efficacité. En pratique, cela signifie que les données relatives aux bagages, au chargement de l’avion, à l’état des équipements, au personnel, aux conditions météorologiques, au dégivrage ou aux changements d’horaires peuvent arriver en retard ou se trouver dans des systèmes qui n’échangent pas les informations entre eux assez rapidement. Dans des opérations où les décisions sont prises en quelques minutes, de tels retards augmentent la probabilité d’erreur.

Selon le rapport de Passenger Terminal Today, Mejstrikova a averti que trop de processus dépendent encore de systèmes non connectés, de saisies manuelles et d’informations qui arrivent trop tard. Comme domaines dans lesquels la numérisation peut apporter des avantages pratiques, l’IATA a particulièrement mis en avant les bagages, le chargement des avions ainsi que les processus de dégivrage et de protection contre le givrage. Dans ces trois domaines, l’exactitude des données est cruciale pour la sécurité, car une donnée erronée sur les bagages, le fret ou l’état de l’avion peut influencer l’horaire, la masse et le centrage, les contrôles de sécurité et la décision de décoller.

La numérisation ne concerne donc pas seulement l’introduction de nouvelles applications, mais la création de normes de données communes. Dans les documents officiels de l’IGHC 2026, l’IATA indique que le programme inclut la numérisation comme l’un des thèmes stratégiques, avec la capacité, la transformation de la main-d’œuvre, les facteurs humains et les préparatifs pour de nouvelles exigences réglementaires. Dans le secteur aéronautique plus large, l’IATA promeut déjà l’interopérabilité et les normes de données, y compris des initiatives dans le fret aérien comme ONE Record, conçu comme un moyen d’échange de données entre les participants de la chaîne d’approvisionnement.

L’intelligence artificielle et l’automatisation ne remplacent pas la responsabilité humaine

La réunion de cette année au Caire se tient sous le thème de l’adaptation des opérations au sol à l’ère de l’intelligence artificielle. Selon l’annonce de l’IATA, la conférence examine les applications pratiques de l’intelligence artificielle et de l’automatisation pour améliorer la sécurité, l’efficacité et la cohérence. Mais les mêmes documents soulignent aussi le rôle des facteurs humains, notamment la fatigue, la charge de travail et la prise de décision. Le message est donc que la technologie peut aider les opérateurs, mais ne peut pas supprimer la nécessité de la formation, de procédures claires et d’une gestion responsable.

Les équipements autonomes d’assistance au sol représentent l’un des axes de développement. L’IATA indique que le GSE autonome utilise des technologies avancées et des capteurs pour effectuer des tâches sans intervention humaine constante et que la standardisation aide à définir les critères opérationnels pour de tels équipements. L’organisation souligne qu’elle a élaboré des pratiques recommandées pour tester et introduire le GSE autonome, mais aussi qu’elle continue de travailler sur les cas d’utilisation et les processus d’automatisation de bout en bout. Cela indique une approche progressive et contrôlée, et non un remplacement brutal des opérations existantes.

Dans les aéroports, un tel développement peut ouvrir des questions d’investissement, de formation des employés, de zones de sécurité, de responsabilité en cas d’incident et de compatibilité des différents systèmes. C’est pourquoi le message de l’IATA sur les normes a un poids particulier : les systèmes numériques et automatisés ne peuvent apporter des bénéfices que s’ils sont introduits d’une manière harmonisée entre les transporteurs aériens, les prestataires de services, les fabricants d’équipements et les aéroports. Sans règles communes, une nouvelle technologie peut créer une complexité supplémentaire au lieu de la réduire.

La croissance du trafic accroît la pression sur les opérations aéroportuaires

L’annonce de l’IGHC par l’IATA avertit que les opérations au sol deviennent de plus en plus complexes à mesure que le trafic augmente. Un plus grand nombre de vols signifie des horaires plus denses, des temps de rotation plus courts, une pression plus forte sur les aires de stationnement et un besoin accru de coordination entre plusieurs équipes. Si les capacités du personnel, des équipements et des données ne se développent pas aussi vite que le trafic, les aéroports et les transporteurs sont confrontés à un risque de retards, de résilience réduite et de coûts plus élevés.

Selon l’IATA, le programme de la conférence inclut aussi les thèmes du travail dans des environnements à haut risque, de la volatilité des coûts du carburant, de la résilience opérationnelle, du partenariat entre les transporteurs aériens et les prestataires de services au sol ainsi que de l’amélioration des données dans les opérations bagages. Les discussions incluent également les risques liés aux aides à la mobilité et aux batteries au lithium non déclarées, ce qui montre que l’assistance en escale n’est pas seulement une question de vitesse, mais aussi de contrôle détaillé des objets, du fret et des équipements entrant dans le système aéronautique.

Pour les aéroports et les prestataires de services, le message est clair : l’investissement dans des équipements modernes et des systèmes numériques doit s’accompagner d’un investissement dans les personnes et les procédures standardisées. Les systèmes anticollision, les véhicules électriques, le transfert automatisé des données et l’analytique avancée peuvent réduire les risques, mais leur valeur dépend de la qualité de leur application. L’IATA appelle donc à une approche industrielle dans laquelle la sécurité, l’efficacité et la durabilité ne sont pas considérées séparément, mais comme des éléments liés d’une même opération.

Le cadre réglementaire et contractuel influencera encore davantage le secteur

Dans le programme de l’IGHC, l’IATA mentionne également les préparatifs pour la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation de l’Union européenne sur l’assistance en escale en 2028 ainsi que le développement de la prochaine génération du Standard Ground Handling Agreement, connu sous le nom de SGHA. Bien que les détails de ces processus diffèrent selon les marchés, ils partagent le besoin de définir plus précisément les responsabilités, le niveau de service, l’échange de données et les attentes en matière de sécurité entre les transporteurs aériens et les partenaires contractuels. Pour une industrie qui travaille quotidiennement sous pression temporelle, un cadre contractuel et réglementaire plus clair peut réduire l’espace pour les malentendus.

Dans ce contexte, l’appel de l’IATA à une mise en œuvre plus forte des normes, à des équipements modernes et à la numérisation a une signification plus large qu’un seul message de conférence. Il reflète la direction dans laquelle l’assistance en escale doit évoluer afin de suivre la croissance du trafic, des exigences de sécurité de plus en plus strictes, la pression pour réduire les émissions et les attentes des passagers selon lesquelles les bagages, l’embarquement, l’approvisionnement et la préparation des avions fonctionnent sans interruptions visibles. Les opérations au sol restent un espace dans lequel la fiabilité du trafic aérien se confirme chaque jour, et l’IATA demande désormais que cette confirmation repose sur des normes, une technologie et des données aussi solides que le reste du système aéronautique.

Sources :

- Passenger Terminal Today – rapport sur l’appel de l’IATA à une application plus forte des normes, à la modernisation du GSE et à la numérisation de l’assistance en escale le 19 mai 2026. (lien)

- International Air Transport Association – annonce officielle de la conférence IGHC 2026 au Caire et du thème de l’adaptation des opérations au sol à l’ère de l’intelligence artificielle (lien)

- International Air Transport Association – page officielle de l’IATA Ground Handling Conference 2026 avec les données sur le lieu, la date et le programme de la rencontre (lien)

- International Air Transport Association – informations sur les équipements d’assistance au sol, le GSE autonome, le GSE électrique et la réduction des dommages aux avions au sol (lien)

- International Air Transport Association – description de l’Enhanced GSE Recognition Program, des critères de validation et des estimations des coûts des dommages aux avions au sol (lien)

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Étiquettes IATA aéroports assistance au sol équipement GSE numérisation sécurité aérienne transport aérien opérations aéroportuaires
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