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Berlin avance avec le plan BERLIN+ pour les Jeux olympiques, mais la course allemande entre seulement dans sa phase clé

Découvrez pourquoi le Sénat de Berlin a soutenu à l’unanimité le plan BERLIN+ pour une possible candidature aux Jeux olympiques et paralympiques de 2036, 2040 ou 2044. Nous présentons un aperçu de la décision politique, des estimations financières, du rôle du DOSB, des villes allemandes concurrentes et des questions qui décideront de l’avenir du projet.

· 13 min de lecture

Le Sénat de Berlin a soutenu à l’unanimité le plan BERLIN+ pour la candidature olympique

Le Sénat de Berlin a adopté à l’unanimité le concept BERLIN+ et a ainsi ouvert une nouvelle phase dans la course allemande à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2036, 2040 ou 2044. La décision a été prise le 05 mai 2026, sur proposition du maire-gouverneur de Berlin Kai Wegner et de la sénatrice à l’Intérieur et aux Sports Iris Spranger. Pour Berlin, c’est une étape politiquement importante, car la ville poursuit désormais formellement la procédure nationale dans laquelle la Confédération olympique et sportive allemande, DOSB, doit choisir un candidat pour une éventuelle candidature auprès du Comité international olympique. La course ne comprend pas seulement Berlin et ses partenaires, mais aussi Hambourg, Munich ainsi que la région Rhin-Ruhr avec Cologne comme ville centrale. La décision allemande finale est attendue en septembre 2026, tandis qu’aucune date ferme pour l’attribution de l’organisation n’est encore indiquée au niveau international.

Le concept BERLIN+ a été présenté comme un projet commun de Berlin avec des Länder et villes partenaires, l’accent étant mis sur l’utilisation des infrastructures sportives existantes, la durabilité et un effet de développement plus large pour la ville et la région. Le Sénat de Berlin affirme que 97 pour cent des compétitions pourraient être organisées dans des installations sportives déjà existantes, ce qui constitue un argument clé dans la tentative de présenter la candidature comme plus raisonnable financièrement et moins risquée sur le plan urbanistique que les projets olympiques précédents, qui ont souvent été associés à des coûts énormes, à la construction de nouvelles arènes et à des problèmes d’entretien ultérieurs. C’est précisément cette affirmation d’un appui presque total sur les capacités existantes qui se trouve au centre du message berlinois adressé au DOSB et au public.

Un plan qui relie le sport, la ville et la symbolique politique

Selon la présentation officielle, BERLIN+ n’est pas conçu seulement comme une liste technique de sites de compétition et de solutions de transport, mais comme un concept d’accueil plus large qui placerait les Jeux olympiques et paralympiques dans l’espace urbain. Le plan met particulièrement en avant le concept dit Host-City, développé visuellement et sur le plan du contenu par Kulturprojekte Berlin sous la direction de Moritz van Dülmen. Ce concept cherche à relier les compétitions sportives, les contenus culturels, les espaces publics et les symboles historiques de la ville. Le parcours olympique berlinois devrait, selon la vision présentée, mener du Stade olympique à travers la ville jusqu’à Tempelhofer Feld, qui est mentionné comme espace pour l’événement cérémoniel d’ouverture.

Un accent particulier est également mis sur la porte de Brandebourg, l’un des repères les plus reconnaissables de Berlin. Le plan mentionne l’idée d’une rampe éclairée en or ou d’une structure symbolique qui permettrait de relier cet espace aux remises de médailles et à l’ambiance olympique plus large. Une telle approche a une intention de communication claire : Berlin veut présenter sa candidature comme une histoire de dépassement des divisions, de liaison du passé et de l’avenir et de présentation d’une Allemagne moderne. Cela est particulièrement sensible en raison du fait que les Jeux de 1936 à Berlin sont restés historiquement marqués par la propagande nazie. La candidature actuelle cherche donc à s’éloigner de l’héritage de cette période et à souligner l’ouverture, l’inclusivité, la culture démocratique et l’identité contemporaine de la ville.

Kai Wegner a déclaré que le Sénat de Berlin se tient uni derrière la candidature et qu’il voit dans les Jeux olympiques et paralympiques une occasion d’investissements, de cohésion sociale et de visibilité internationale. Iris Spranger a souligné que le projet ne vise pas seulement quelques semaines de spectacle sportif, mais un bénéfice à long terme pour les habitants de la ville, les infrastructures sportives et les prochaines générations. Au sens politique, la décision du Sénat envoie au DOSB le signal que Berlin veut rester un candidat sérieux, mais elle ouvre en même temps des questions sur les coûts, le soutien public et la manière de décider.

Cadre financier : coûts, recettes et effets promis

L’un des éléments les plus importants du plan berlinois concerne les finances. Selon les données présentées après la séance du Sénat, les coûts d’organisation des Jeux sont estimés à 4,82 milliards d’euros. Dans le même temps, des recettes de 5,24 milliards d’euros sont attendues, ce qui, selon le calcul présenté par Iris Spranger, pourrait entraîner un excédent d’environ 420 millions d’euros. Cet excédent, selon le message politique des autorités municipales, serait orienté vers les écoles et le sport pour la population au sens large. Il s’agit de l’un des points les plus sensibles de la candidature, car les débats publics sur les projets olympiques en Europe et dans le monde au cours des dernières décennies tournent souvent précisément autour des questions des coûts réels, des dépassements budgétaires et du bénéfice à long terme.

Les partisans de la candidature berlinoise affirment que le risque financier est réduit par le fait que presque toutes les compétitions seraient installées dans des équipements existants. Un tel modèle correspond aussi à l’orientation plus récente du Comité international olympique, qui, dans le processus officiel de sélection des hôtes, encourage des concepts plus flexibles, l’utilisation des infrastructures existantes et des solutions régionales au lieu d’une construction coûteuse d’équipements sans destination future claire. Toutefois, les estimations de recettes et de coûts à ce stade doivent être considérées comme des projections de planification, et non comme des montants définitifs. On ne sait pas encore pour quelle année l’Allemagne se porterait candidate, quelles seraient les exigences du CIO dans un éventuel dialogue ciblé, ni comment la responsabilité financière serait partagée entre la ville, le Land, les autorités fédérales, le comité d’organisation et les partenaires privés.

C’est précisément pourquoi la durabilité financière sera l’un des critères selon lesquels le DOSB évaluera Berlin et les autres candidats. La confédération a annoncé que, dans la phase finale, elle utiliserait une matrice d’évaluation, élaborée avec le gouvernement fédéral, en examinant particulièrement la compétitivité internationale et la faisabilité économique des propositions. Berlin, dans cette comparaison, essaie de mettre en avant l’expérience d’une grande ville, les infrastructures existantes et la reconnaissance mondiale, tandis que les projets concurrents soulignent leurs propres avantages, par exemple l’héritage de Munich de 1972, le concept urbanistique de Hambourg ou le potentiel sportif et démographique de la région Rhin-Ruhr.

La course nationale allemande n’est pas encore terminée

La décision berlinoise ne signifie pas que Berlin sera précisément le candidat allemand devant le Comité international olympique. Le DOSB mène une procédure nationale dans laquelle quatre concepts ont passé la première phase : Berlin, Hambourg, Munich et Rhin-Ruhr. Selon les informations du DOSB, l’Allemagne n’a pas à s’engager à ce stade sur une année exacte. L’accent est mis sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2036, 2040 ou 2044, et le DOSB veut être prêt pour le moment où une réelle opportunité s’ouvrira dans le processus international. La confédération indique qu’elle a l’intention d’entrer dans un dialogue continu avec le Comité international olympique, ce qui constitue la première étape formelle de la procédure réformée de sélection des hôtes.

Ce processus diffère de l’ancien modèle dans lequel les villes candidates se disputaient pendant des années dans une course publiquement visible avec des échéances connues à l’avance et de grandes campagnes. Le CIO peut désormais, au moyen d’un dialogue continu, discuter avec des comités olympiques nationaux, des villes, des régions ou des États sans obligation immédiate pour une année concrète. S’il est estimé qu’un projet donné a une valeur stratégique, la commission exécutive du CIO peut ouvrir une phase de dialogue ciblé avec un ou plusieurs hôtes préférés. Ce n’est qu’alors que le processus entre dans une phase plus sensible et plus concrète. Cela signifie que l’Allemagne doit d’abord décider avec quel projet elle veut se présenter, et seulement ensuite tenter de conquérir une position internationale.

Selon le calendrier actuel, le DOSB devrait prendre le choix final du candidat allemand à l’automne 2026, et dans les annonces médiatiques et officielles, le 26 septembre 2026 est mentionné comme date clé. D’ici là seront comparés le soutien politique, l’acceptation publique, les infrastructures sportives, les plans financiers, la faisabilité des transports, la durabilité et l’attractivité internationale de chaque proposition. Berlin a maintenant renforcé sa position par la décision unanime du Sénat, mais reste confrontée à des concurrents qui tentent eux aussi de montrer qu’ils peuvent offrir un projet olympique crédible, acceptable et moderne.

Soutien public et question du référendum

L’une des spécificités du cas berlinois est le fait qu’il n’y aura pas de référendum municipal organisé par le gouvernement. À la différence de certains autres candidats, Berlin s’appuie sur d’autres formes de participation du public. Dans le cadre du processus, une charte citoyenne avec dix recommandations a été élaborée, issue d’ateliers, de visites des quartiers de la ville, d’une consultation en ligne ainsi que d’un forum citoyen et de jeunesse. Parmi les recommandations ressortent le renforcement du bénévolat et des clubs sportifs, une offre sportive et récréative plus accessible, une mobilité durable et accessible, un logement abordable, un développement urbain plus résistant au climat, l’inclusion de l’économie locale, un programme culturel et la participation active des jeunes.

Ce thème pourrait être politiquement sensible, car les candidatures olympiques en Allemagne ont une histoire de fort examen public. Par le passé, certains projets allemands se sont heurtés à la résistance des électeurs, et les organisateurs cherchent maintenant à éviter l’impression que de grandes manifestations sportives sont imposées d’en haut. Le DOSB indique qu’un référendum positif n’est pas une condition formelle ni pour le CIO ni pour la procédure allemande, mais qu’il respecte les décisions des autorités locales qui optent pour une telle forme de vérification du soutien. Munich a déjà obtenu le soutien des citoyens lors d’un référendum, et dans d’autres zones des processus locaux de consultation sont prévus ou ont été organisés. Berlin, selon les informations disponibles, suit la voie d’une décision politique du Sénat, d’un débat parlementaire et de la participation du public au moyen de formats consultatifs.

Pour la crédibilité du projet, il sera important que les autorités municipales puissent montrer de manière convaincante que les recommandations citoyennes ne sont pas seulement un ajout de communication, mais une véritable partie de la planification. Les promesses de logement abordable, de meilleure mobilité et d’élargissement des contenus sportifs semblent souvent attrayantes dans la phase de candidature, mais deviennent l’objet de critiques si elles ne se transforment pas ensuite en mesures concrètes. BERLIN+ devra donc, dans les prochains mois, faire ses preuves non seulement comme un récit olympique attrayant, mais aussi comme un plan capable de résister aux questions sur le logement, les transports, la sécurité, les coûts et les priorités à long terme de la politique publique.

Pourquoi Berlin est importante dans la stratégie olympique allemande

Berlin entre dans la course nationale avec plusieurs avantages évidents. La ville dispose d’une reconnaissance mondiale, d’importantes infrastructures touristiques et de transport, d’une expérience des événements de masse et d’installations sportives qui peuvent être intégrées dans le calendrier olympique. Le Stade olympique, bien que chargé historiquement, fait déjà depuis des décennies partie de la vie sportive et culturelle contemporaine de la ville. Tempelhofer Feld, ancien aéroport transformé en un immense espace public, est utilisé dans la candidature comme symbole de transformation urbaine et d’ouverture. La porte de Brandebourg et d’autres espaces publics devraient donner à la candidature une forte reconnaissance visuelle.

Dans le même temps, Berlin porte aussi des défis particuliers. Chaque histoire olympique dans cette ville se confronte inévitablement à la question historique des Jeux de 1936, de sorte que le projet contemporain doit être particulièrement prudent dans la manière dont il utilise les symboles, l’espace et l’histoire. En outre, Berlin est depuis des années confrontée à des pressions sur le marché du logement, à des besoins de transport complexes et à des débats politiques sur les priorités des dépenses publiques. Les critiques des projets olympiques avertissent généralement que les grands événements peuvent accélérer la hausse des prix, évincer les besoins locaux et détourner l’accent budgétaire des services publics fondamentaux. Le plan berlinois essaie donc de répondre en affirmant qu’il ne s’agit pas de construire une ville pour les Jeux, mais d’utiliser les Jeux comme stimulant pour des objectifs de développement déjà existants.

Sur le plan de la communication, BERLIN+ cherche à unir un événement sportif avec un message sur une Allemagne démocratique, diverse et durable. Cela est important parce que la concurrence olympique internationale pour 2036 et les années suivantes comprend plusieurs pays et régions intéressés, et que le CIO valorise de plus en plus la stabilité politique, la durabilité, le soutien public et la capacité de l’hôte à organiser un événement sans interventions infrastructurelles excessives. L’Allemagne veut se présenter dans cette compétition avec une candidature qui serait convaincante à la fois chez elle et sur la scène internationale.

Ce qui suit après la décision du Sénat

Après la décision unanime du Sénat de Berlin, le projet BERLIN+ entre dans une phase de positionnement national plus intensif. Jusqu’à la décision du DOSB, Berlin devra développer davantage ses arguments sur les sites de compétition, les finances, la sécurité, les transports, l’hébergement des athlètes, l’accessibilité paralympique et l’inclusion du public. L’affirmation selon laquelle 97 pour cent des sites de compétition sont déjà disponibles sera particulièrement observée, car elle constitue l’une des principales différences par rapport aux plans olympiques classiques qui exigeaient d’importantes nouvelles constructions. Le succès de la candidature dépendra aussi de la mesure dans laquelle Berlin réussira à convaincre les structures sportives et politiques allemandes que précisément la capitale possède la meilleure combinaison de symbolique, de faisabilité et d’attractivité internationale.

La décision du Sénat n’est donc pas la fin, mais le début de la phase décisive. Berlin a clairement indiqué qu’elle veut les Jeux olympiques et paralympiques, mais elle a devant elle des mois de comparaisons, de persuasion politique et de débat public. Si le DOSB la choisit, suivra un processus international encore plus exigeant, dans lequel la candidature allemande devra s’intégrer aux priorités du CIO et rivaliser avec d’autres hôtes intéressés. Si, en revanche, un autre projet allemand obtient l’avantage, BERLIN+ restera un indicateur important de la manière dont les grandes manifestations sportives tentent aujourd’hui d’être présentées : non plus seulement comme une compétition pour quelques semaines d’attention mondiale, mais comme un test de la capacité d’une ville à relier le sport, l’infrastructure, la culture et l’intérêt public en un ensemble convaincant.

Sources :
- Chancellerie du Sénat de Berlin – communiqué officiel sur la décision du Sénat et le concept BERLIN+ (link)
- Berlin.de / dpa – rapport sur l’adoption du concept, les coûts estimés, les recettes et la concurrence nationale (link)
- DOSB – informations officielles sur la candidature olympique allemande, les quatre concepts et la procédure de sélection (link)
- Mein.Berlin.de – informations de projet sur BERLIN+ et la participation du public (link)
- Berlin.de / dpa – rapport sur la charte citoyenne et les recommandations pour la candidature olympique (link)
- Comité international olympique – explication du processus de sélection des futurs hôtes olympiques (link)

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