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L’Union européenne change son approche du tourisme : moins de foule dans les hotspots, plus d’attention aux destinations durables

Découvrez comment l’Union européenne veut alléger les villes et les côtes les plus visitées en réorientant les voyageurs vers des destinations moins connues. Nous proposons un aperçu des nouvelles propositions sur le tourisme durable, les liaisons de transport, la location de courte durée et le rôle des communautés locales en Europe.

L’Union européenne change son approche du tourisme : moins de foule dans les hotspots, plus d’attention aux destinations durables
Photo by: Domagoj Skledar - illustration/ arhiva (vlastita)

L’Union européenne veut alléger les foules touristiques : l’attention se déplace des destinations les plus surchargées vers des régions moins connues

Le Parlement européen a ouvert une nouvelle phase du débat sur l’avenir du tourisme en Europe, avec un message clair selon lequel la croissance du secteur ne peut plus être observée uniquement à travers le nombre d’arrivées et de nuitées. Le 18 mars 2026, la commission des transports et du tourisme a adopté des propositions qui plaident pour une gestion différente des flux touristiques, un renforcement des liaisons de transport vers des destinations moins développées, une approche plus stricte de la location de courte durée et une implication accrue des communautés locales dans l’élaboration de la politique touristique. Il s’agit d’une résolution non contraignante qui doit encore être approuvée par le Parlement européen dans son ensemble, tandis que la Commission européenne prévoit de publier sa stratégie annoncée pour un tourisme durable au cours du deuxième trimestre 2026.

Cette approche intervient à un moment où le tourisme européen enregistre de nouveau des résultats records. Selon les données d’Eurostat, 2024 a été la meilleure année touristique de l’histoire de l’Union européenne, avec plus de trois milliards de nuitées dans les établissements d’hébergement touristique. Dans le même temps, les institutions européennes avertissent que cette forte croissance n’est pas répartie de manière uniforme, ni dans l’espace ni sur le plan social. Alors qu’une partie des villes et des zones côtières subit la pression d’un nombre excessif de visiteurs, de nombreuses zones rurales, montagneuses et moins promues restent encore en dehors des principaux flux de la demande touristique, bien qu’elles disposent d’un potentiel de développement et de revenus supplémentaires.

D’une croissance à tout prix vers la gestion de la pression touristique

Le cœur politique des nouvelles propositions peut se résumer à une idée simple : l’objectif n’est plus seulement d’attirer encore plus de visiteurs, mais de mieux répartir la demande existante. Dans le document adopté par la commission parlementaire, il est indiqué que 80 pour cent des voyageurs ne visitent que 10 pour cent des destinations mondiales. Dans le contexte européen, cela signifie que la plus forte pression continue de se concentrer sur quelques grands centres urbains, les zones côtières les plus connues et les sites culturels les plus exposés, tandis qu’un large éventail d’autres régions reste sous-représenté sur le plan touristique.

Les députés demandent donc que les visiteurs soient davantage orientés vers des destinations moins connues, nouvelles ou plus éloignées, y compris l’intérieur des terres, les zones montagneuses et les régions qui ne font pas partie des itinéraires estivaux classiques. Parmi les outils potentiels, ils citent le développement du tourisme œno-gastronomique, du cyclotourisme, du patrimoine culturel, des manifestations locales et des expériences touristiques dites régénératives. L’idée n’est pas seulement de soulager les lieux les plus surchargés pendant le pic de la saison, mais aussi de prolonger l’activité touristique au-delà de quelques mois forts et de répartir une plus grande part des revenus sur un territoire plus large.

Un tel changement est particulièrement important pour les milieux qui ressentent ces dernières années les conséquences du surtourisme. Dans une série de villes européennes, le débat sur le tourisme ne se mène plus uniquement à travers le prisme des revenus de l’hôtellerie et de l’hébergement, mais aussi à travers la question du logement, de la qualité de vie des habitants, de la pression sur les infrastructures publiques, des déchets, du bruit et de la perte d’identité locale. C’est précisément pourquoi le Parlement européen utilise de plus en plus souvent dans ses documents récents l’expression « gestion intelligente du tourisme », afin de souligner la nécessité que les destinations soient non seulement promues, mais aussi gérées.

Les liaisons de transport comme clé pour ouvrir des destinations moins visibles

L’un des éléments les plus concrets de la nouvelle ligne européenne concerne les transports. Les députés estiment qu’un tourisme plus durable n’est pas possible sans de meilleures liaisons aériennes, maritimes et terrestres vers des régions qui ne sont aujourd’hui pas suffisamment accessibles. En ce sens, ils demandent à la Commission européenne un mécanisme spécial de soutien qui renforcerait l’accessibilité de telles destinations dans la future stratégie de tourisme durable.

L’accent n’est pas mis uniquement sur les grands projets d’infrastructure. Les propositions mentionnent aussi des mesures plus concrètes telles que le renforcement des trains de nuit transfrontaliers, l’introduction plus rapide d’un système de billetterie intégré couvrant le transport ferroviaire, aérien et maritime, ainsi qu’un soutien ciblé pour le leasing de véhicules électriques et le développement des bornes de recharge. Le message des institutions européennes est ici clair : le voyage vers des destinations moins développées ou moins connues doit être accessible, compréhensible et simple sur le plan logistique si l’on veut réellement modifier la carte de la demande touristique européenne.

Cette partie des propositions s’inscrit dans le cadre plus large que la Commission européenne développe depuis la feuille de route de transition pour le tourisme publiée en 2022. Dans ce document, l’accent était mis sur la transition verte et numérique, la résilience du secteur et le développement des compétences de la main-d’œuvre. L’initiative parlementaire actuelle tente désormais de traduire ces objectifs dans une orientation politique plus concrète : moins de dépendance aux zones « hotspot » surchargées, et davantage d’investissements dans la connectivité, l’accessibilité et un développement régional plus équilibré.

La location de courte durée reste l’une des questions les plus sensibles

La partie peut-être la plus sensible de l’ensemble du débat concerne la location de courte durée. Le Parlement européen salue les nouvelles règles européennes sur la collecte et l’échange de données relatives à l’hébergement de courte durée, qui commencent à s’appliquer le 20 mai 2026, mais estime en même temps que cela ne suffit pas pour résoudre les problèmes que l’explosion de la location via plateforme a ouverts dans de nombreuses villes et régions touristiques. Le nouveau cadre réglementaire devrait, selon les règles en vigueur, permettre des données plus transparentes, une identification plus facile des loueurs et une meilleure application des règles locales.

Mais la commission parlementaire affirme qu’un cadre européen supplémentaire est également nécessaire, qui définirait plus clairement les normes de prestation de service, distinguerait les catégories d’hôtes et donnerait aux États membres et aux autorités locales des outils plus puissants, y compris la limitation du nombre de nuitées, des systèmes d’autorisation ou le zonage. Ce message n’est pas fortuit. Ces dernières années, les institutions européennes relient de plus en plus ouvertement la croissance incontrôlée de la location de courte durée à la hausse des prix du logement, à la diminution de la location de longue durée pour la population locale et au déplacement progressif des résidents hors des quartiers les plus recherchés.

Les données publiées par le Parlement européen renforcent encore ce contexte. En août 2024, 152,2 millions de nuitées ont été enregistrées dans des hébergements de courte durée réservés via quatre grandes plateformes internet dans l’Union européenne, contre 96,9 millions en août 2019. Cette croissance montre à quel point le marché a changé en une période relativement courte. Dans le même temps, un nombre croissant de villes en Europe tente de limiter par ses propres règles les effets négatifs d’un tel modèle, mais sans données de qualité et comparables, les mesures locales restent souvent difficiles à mettre en œuvre.

Communautés locales, patrimoine culturel et question de savoir qui en bénéficie réellement

Au centre de la nouvelle argumentation européenne se trouve également la question du bénéfice que le tourisme laisse à la communauté locale. La commission parlementaire avertit expressément que le gain économique à court terme ne doit pas se faire au prix de la perte d’authenticité, de la détérioration de la structure sociale des localités ou de l’éviction des habitants des centres-villes. C’est pourquoi les propositions évoquent aussi la possibilité que les taxes écologiques ou touristiques, déjà introduites par certaines collectivités européennes, deviennent une source de financement pour des projets utiles à la population locale et à l’environnement.

Une partie importante du débat concerne aussi la culture. Les députés estiment que le patrimoine culturel ne doit pas être réduit à un décor pour le trafic massif de visiteurs, mais doit rester le fondement de la qualité du tourisme européen. Dans ce contexte, le rôle des professionnels de la culture, des organisations locales et des bénévoles en tant que gardiens du patrimoine est mis en avant. Le Parlement demande donc à la Commission des lignes directrices qui encourageraient le volontariat culturel et faciliteraient l’implication des citoyens dans la préservation des valeurs locales.

Un tel accent a aussi une signification plus large. Lorsque les institutions européennes parlent de réorienter le tourisme vers des destinations moins connues, il ne s’agit pas seulement d’un déplacement géographique des touristes d’un point à un autre. Il s’agit aussi d’un changement de modèle, c’est-à-dire d’une tentative pour que l’offre touristique soit davantage enracinée dans l’identité locale, les produits locaux, le contenu culturel et les petits entrepreneurs, au lieu de s’appuyer de manière dominante sur des schémas standardisés de consommation de masse.

Le tourisme comme grande économie, mais aussi comme problème de politique publique

Le Parlement européen et la Commission européenne ne cachent pas qu’il s’agit d’un secteur d’une importance économique exceptionnelle. Selon le Parlement, le tourisme dans l’Union européenne est lié à environ 12,3 millions d’emplois et contribue à hauteur d’environ 10,5 pour cent au produit intérieur brut de l’Union. C’est précisément pour cela que les institutions européennes ne plaident pas pour une réduction du tourisme en tant que tel, mais pour une organisation différente de celui-ci. L’objectif est de préserver la force économique du secteur tout en atténuant ses conséquences négatives les plus marquées.

Cela est politiquement sensible, car le tourisme relève encore largement de la compétence des États membres et des autorités locales. L’Union européenne ne peut pas imposer unilatéralement un modèle unique à toutes les villes, destinations côtières ou régions rurales. Elle peut toutefois créer un cadre réglementaire, encourager l’échange de données, orienter les instruments financiers et définir des priorités communes. C’est précisément à ce niveau que se joue désormais la bataille pour une nouvelle stratégie européenne : restera-t-elle au niveau déclaratif ou deviendra-t-elle un outil opérationnel pour de véritables changements sur le terrain ?

Un signal politique supplémentaire est également venu de déclarations antérieures du commissaire européen aux transports et au tourisme, Apostolos Tzitzikostas, qui a déclaré au début de 2025 que les régions investissent souvent davantage dans la promotion que dans la gestion des flux touristiques. Cette évaluation résume le problème que les institutions européennes tentent maintenant de traiter. La promotion seule ne suffit plus, surtout là où le nombre de visiteurs dépasse déjà les capacités de l’espace, des infrastructures et du logement.

Ce qui suit et si l’approche européenne peut réellement changer

À ce stade, il ne s’agit pas encore d’une stratégie européenne définitive, mais d’une pression politique claire exercée sur la Commission pour qu’elle élabore une telle stratégie de manière plus ambitieuse. La commission des transports et du tourisme a adopté ses propositions par 33 voix pour, quatre contre et quatre abstentions, et la prochaine étape devrait être leur approbation par le Parlement européen en séance plénière. La stratégie de la Commission elle-même, selon le programme de travail officiel pour 2026, devrait être non contraignante, mais orientée vers un équilibre entre les effets économiques, sociaux et environnementaux du tourisme.

La question de savoir si cela sera suffisant dépendra avant tout de la capacité des États membres et des autorités locales à obtenir les outils qui leur ont jusqu’à présent manqué : des données plus fiables sur l’hébergement via plateforme, un soutien financier et en matière de transport pour le développement de régions moins visibles, ainsi qu’un espace politique pour limiter des modèles qui augmentent les revenus mais perturbent la vie quotidienne des habitants. Pour le tourisme européen, c’est un important test de maturité. Après des décennies au cours desquelles le succès signifiait presque automatiquement encore plus d’arrivées, Bruxelles affirme désormais de plus en plus ouvertement que l’avenir du secteur dépendra de la capacité de l’Europe à concilier les intérêts des voyageurs, de l’économie et des communautés qui accueillent ces voyageurs.

Sources :
  • - Parlement européen – communiqué de presse sur les propositions de la commission des transports et du tourisme pour une gestion plus intelligente du tourisme, le désengorgement des destinations surchargées, la connectivité des transports et la régulation de la location de courte durée (lien)
  • - Parlement européen, Legislative Train – annonce selon laquelle la Commission européenne prévoit de publier une stratégie non contraignante de tourisme durable au cours du deuxième trimestre 2026 (lien)
  • - Commission européenne – aperçu de la feuille de route de transition pour le tourisme, avec un accent sur la transition verte et numérique, la résilience du secteur et le développement des compétences (lien)
  • - EUR-Lex – Règlement (UE) 2024/1028 relatif à la collecte et à l’échange de données liées aux services de location de courte durée d’hébergement (lien)
  • - Parlement européen – aperçu des nouvelles règles pour une plus grande transparence de la location de courte durée et données sur la croissance des nuitées via les plateformes numériques (lien)
  • - Eurostat – annonce selon laquelle 2024 a été une année touristique record dans l’Union européenne avec plus de trois milliards de nuitées (lien)
  • - Parlement européen, EPRS – analyse du rôle du tourisme dans la politique des transports, du problème du surtourisme et de la nécessité d’une meilleure gestion des flux touristiques (lien)
  • - Commission européenne – initiative EDEN pour promouvoir des destinations européennes moins connues et durables (lien)

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