Myanmar Airways International adopte l’Aviator de Maxamation pour piloter plus finement les revenus et soutenir l’expansion du réseau
Myanmar Airways International (MAI) a déployé le système de revenue management Aviator de Maxamation afin de renforcer sa stratégie d’optimisation des revenus sur les lignes internationales et d’appuyer l’expansion prévue de son réseau. Il s’agit d’une plateforme cloud qui regroupe la prévision de la demande, la tarification et la gestion de la disponibilité des sièges, avec pour objectif de permettre aux équipes commerciales de prendre des décisions plus rapides et mieux étayées dans un environnement régional et long-courrier toujours plus concurrentiel.
MAI est un transporteur international basé à Yangon, fondé en 1993, et met en avant ces dernières années son ambition de renforcer la connectivité du Myanmar avec des marchés clés d’Asie du Sud-Est et d’Asie du Nord-Est ainsi qu’au Moyen-Orient. Dans ses échanges avec les médias spécialisés, la compagnie a souligné que ses plans de croissance intègrent le rôle de Yangon comme hub principal et celui de Mandalay comme hub secondaire, avec une remise en service progressive et une extension du réseau international après les perturbations qui ont marqué le trafic aérien après 2020.
Pourquoi le revenue management est devenu un enjeu central pour les compagnies
Dans l’aérien, un siège est un stock « périssable » : si un avion décolle avec de la capacité vide, le revenu manqué ne peut plus être récupéré. C’est précisément pour cela que le revenue management, discipline combinant analytique, prévision et pilotage de l’inventaire, devient l’un des outils clés pour stabiliser l’activité, en particulier sur des marchés où la demande fluctue fortement et où la concurrence réagit vite aux variations de prix.
Concrètement, il s’agit d’estimer en temps réel combien de passagers pourraient acheter un billet sur une période donnée, quelle est la part des annulations et des « no-shows », et comment répartir classes tarifaires et disponibilité afin de maximiser in fine le revenu tout en conservant un taux de remplissage acceptable. Cette approche est particulièrement importante sur les lignes internationales, où la pression concurrentielle est forte et où les passagers comparent de plus en plus les offres sur plusieurs canaux et en moins de temps.
Ce qu’apporte Aviator et comment il s’inscrit dans les objectifs commerciaux de MAI
Selon la description du fournisseur, Aviator est un système d’optimisation des revenus destiné aux compagnies aériennes, qui relie prévision, optimisation et reporting et s’intègre aux systèmes existants d’inventaire et de vente de billets. L’accent est mis sur l’automatisation d’une partie des tâches routinières, le traitement plus rapide de grands volumes de données et la capacité à prendre des décisions de prix et de disponibilité de manière cohérente sur l’ensemble du réseau.
Pour MAI, qui souhaite à la fois consolider sa position sur le régional et tester le potentiel de lignes plus longues, une telle plateforme peut être opérationnellement importante pour deux raisons. D’abord, elle permet une lecture plus précise de la demande par jours et par saisons, ce qui est essentiel lors de l’ouverture de nouvelles routes ou de changements de capacité sur des lignes existantes. Ensuite, elle aide à aligner les prix et la disponibilité des sièges sur l’environnement concurrentiel sans s’appuyer sur des estimations manuelles plus lentes, faiblesse fréquente des compagnies petites et moyennes en phase de croissance.
Prévision de la demande et planification de la capacité
Dans le scénario le plus simple, il ne suffit pas à l’équipe de revenue management de savoir combien de sièges ont déjà été vendus, mais aussi quel serait l’intérêt « non contraint » du marché s’il n’y avait pas de restrictions de classes tarifaires. Si la demande est sous-estimée, la compagnie peut vendre trop tôt trop de sièges à des prix plus bas. Si elle est surestimée, il existe un risque que les prix restent trop élevés et que l’avion décolle avec des sièges vides.
Aviator, en tant que système cloud, cible ce problème via des modèles de prévision fondés sur les données historiques, les réservations actuelles et le comportement du marché. Dans un contexte où les marchés se rétablissent à des vitesses différentes et où la saisonnalité évolue, ces outils peuvent réduire la volatilité et aider à affecter la capacité là où le retour sera le meilleur.
Gestion des prix et de l’inventaire sur les lignes internationales
Sur les routes internationales, notamment vers de grands hubs, la question est de savoir comment répartir la disponibilité par classes tarifaires et canaux de vente, et comment réagir aux changements de prix des concurrents. Des systèmes comme Aviator permettent d’ajuster disponibilité et prix dans des cycles plus courts, et pas uniquement via des revues « manuelles » périodiques.
Dans cette logique, l’objectif n’est pas de « baisser » constamment les prix, mais d’identifier les segments de passagers qui achètent plus tôt ou plus tard, plus sensibles au prix ou à la flexibilité, et d’ouvrir davantage de sièges à un segment donné au bon moment. Cela augmente le revenu moyen par vol, et la compagnie gagne en visibilité pour planifier sa croissance.
Contexte : les plans d’expansion de MAI et l’infrastructure des hubs
MAI indique publiquement que Yangon International Airport est son hub principal, tandis que Mandalay est présenté comme un hub secondaire pour les liaisons domestiques et internationales. Dans le même contexte, des représentants de la compagnie ont évoqué en 2024 une stratégie d’expansion du réseau en Asie du Sud-Est, en Asie du Nord-Est et au Moyen-Orient, tout en suivant la reprise de certains marchés, dont le marché chinois.
Une telle stratégie implique que, à un moment donné, le réseau peut accueillir simultanément des routes aux profils de demande différents : voyages d’affaires, visites à la famille, tourisme, ainsi que des passagers en correspondance via Yangon ou Mandalay. C’est précisément là que le revenue management joue un rôle de « trait d’union » entre ambitions commerciales et réalité opérationnelle : si les prix et la disponibilité ne sont pas paramétrés avec précision, la croissance peut augmenter le nombre de passagers, sans améliorer la rentabilité.
Ce qui change en pratique lorsqu’une compagnie passe à une plateforme cloud-based
Historiquement, les compagnies aériennes hébergeaient les systèmes de revenue management « on-premise », avec des mises à niveau plus lentes et une flexibilité limitée. Ces dernières années, l’industrie bascule fortement vers le cloud, qui permet un déploiement plus rapide, une mise à l’échelle des ressources selon la saison et une puissance de traitement des données accrue.
Maxamation a indiqué dans des publications antérieures que la dernière génération d’Aviator est entièrement cloud-enabled, avec une infrastructure reposant sur Amazon Web Services, et que le système est conçu pour optimiser très rapidement un grand nombre de vols. Pour MAI, c’est pertinent car l’expansion du réseau s’accompagne souvent d’une hausse de la complexité : plus de destinations, plus de combinaisons tarifaires, plus de contraintes et plus de points où le travail manuel devient un goulot d’étranglement.
Réactions plus rapides au marché et meilleure visibilité des performances
Lorsque les décisions s’appuient sur des données à jour et des règles standardisées, les directions des compagnies comparent plus facilement les résultats par route et par période et identifient plus vite l’origine d’un problème : demande plus faible, prix inadapté, capacité trop élevée ou changement de comportement des passagers. Dans cet environnement, le revenue management n’est pas une fonction isolée, mais s’inscrit dans une vision commerciale plus large incluant ventes, marketing et planification du réseau.
Pour les passagers, les effets se voient le plus souvent dans une gamme plus large de prix et de disponibilités : à certaines dates, des tarifs plus avantageux apparaissent plus tôt, tandis qu’en période de « pointe », l’inventaire bon marché se ferme plus vite. Toutefois, l’intention de base de la compagnie n’est pas seulement de « augmenter les prix », mais de mieux aligner l’offre sur la demande et de maintenir la stabilité des revenus.
Tendance plus large : la digitalisation des fonctions commerciales dans l’aérien
Le déploiement d’un système de gestion des revenus s’inscrit dans une tendance plus large de digitalisation des fonctions commerciales dans l’aérien, de la modernisation des canaux de réservation et de distribution au renforcement de modèles de partenariat tels que l’interline et les accords de codeshare. MAI a, par exemple, annoncé en 2025 un partenariat avec WorldTicket de GO7 pour renforcer la connectivité interline et l’accès à davantage de marchés, selon la même logique : étendre la portée et accroître le potentiel de vente, tout en contrôlant les revenus par segments de voyage.
Dans ce contexte, un système de revenue management devient un pilier car il aide à répondre à la question de la valeur de chaque vente supplémentaire. Si, par exemple, le nombre de passagers en correspondance via un partenaire interline augmente, il faut fixer précisément les prix et la disponibilité afin que les correspondances ne « mangent » pas une capacité qui pourrait être vendue à des passagers directs à plus forte contribution.
Ce que l’on sait à ce stade, et ce qu’il reste à observer
L’annonce de l’implémentation d’Aviator traduit l’intention de MAI de renforcer sa stratégie de revenus et apporte une information clé : le système est appliqué sur les routes internationales et est conçu comme un soutien à l’expansion du réseau. Toutefois, à ce stade, il n’existe pas de détails publics sur le calendrier d’un déploiement complet sur toutes les destinations, sur l’ampleur de l’automatisation, ni sur la possibilité que MAI déploie en parallèle des outils supplémentaires, tels que la business intelligence pour le reporting commercial.
Pour l’industrie, c’est néanmoins un signal important : des transporteurs de taille moyenne de la région adoptent aussi des plateformes avancées de revenue management. À mesure que le marché se stabilise et que les habitudes de voyage évoluent à nouveau, la compétitivité se construit de plus en plus sur la capacité à ajuster rapidement prix et offre, et de moins en moins sur une expansion « brute » de la capacité. C’est précisément dans cet espace que l’on verra si MAI, avec sa modernisation technologique, a réussi à transformer la croissance du réseau en revenus par vol plus durables et en une meilleure résilience face aux chocs de marché.
Sources :- Maxamation – description du produit Aviator et fonctionnalités d’optimisation, de prévision et d’intégration (link)- Travel Daily Media – article sur l’Aviator cloud-enabled, la vitesse d’optimisation et l’infrastructure AWS (link)- Travel Daily Media – interview d’un représentant de MAI sur le réseau, les hubs et les plans d’expansion (link)- Myanmar Airways International – profil officiel de la compagnie et informations de base (link)- AirlineRevenueManagement.com – explication de la discipline du revenue management et des éléments typiques d’un RMS (link)- Travel And Tour World – information sur le partenariat MAI–WorldTicket pour la connectivité interline (link)
Trouvez un hébergement à proximité
Heure de création: 2 heures avant