Jefferson-Wooden signe 10,62, Bednarek remporte le 100 mètres : double triomphe américain à Budapest
Melissa Jefferson-Wooden et Kenny Bednarek ont remporté les titres du 100 mètres lors de la première édition du World Athletics Ultimate Championship à Budapest, offrant aux États-Unis la victoire dans les deux épreuves de sprint les plus courtes. Jefferson-Wooden a couru la finale féminine du 12 septembre en 10,62 secondes avec un vent de -0,2 m/s, à seulement un centième de son record personnel de 10,61 établi un an plus tôt lors des Championnats du monde à Tokyo. Selon les résultats officiels de World Athletics, la championne olympique Julien Alfred, de Sainte-Lucie, a terminé derrière elle en 10,74, tandis que l'Américaine Sha'Carri Richardson a signé 10,76. Quelques minutes plus tard, Bednarek s'est imposé dans la finale masculine en 9,85 secondes avec un vent de -0,6 m/s, devant le champion du monde en titre Oblique Seville, de Jamaïque, qui a couru en 9,90. Ce scénario a rendu la soirée au Centre national d'athlétisme particulièrement réussie pour le sprint américain, puisque les athlètes des États-Unis ont également remporté les deux médailles de bronze en plus des deux titres.
Jefferson-Wooden confirme son statut de sprinteuse de référence sur 100 mètres
Le chrono de 10,62 n'était pas seulement synonyme de victoire, mais constituait également l'une des performances de sprint les plus remarquables de toute la saison. World Athletics a présenté sa performance comme le septième chrono le plus rapide de l'histoire du 100 mètres, à égalité, tandis que l'Associated Press a indiqué qu'avec ce temps elle s'était également emparée de la meilleure performance mondiale de l'année 2026. La qualité de ses adversaires donne un relief particulier à cette victoire : Alfred est championne olympique du 100 mètres à Paris en 2024, tandis que Richardson est championne du monde à Budapest en 2023. Jefferson-Wooden a ainsi battu dans une même finale deux sprinteuses qui avaient remporté les deux derniers grands titres mondiaux avant son accession au sommet. La course s'est en outre déroulée avec un léger vent contraire, ce qui souligne davantage encore la valeur du chrono de 10,62.
L'Américaine avait déjà montré en demi-finale qu'elle était prête à décrocher le titre. Elle a remporté sa série en 10,73, tandis que Richardson a terminé juste derrière elle en 10,75. Dans l'autre demi-finale, Alfred a également couru en 10,73, si bien que la finale promettait une confrontation particulièrement relevée entre la championne du monde en titre, la championne olympique et l'ancienne championne du monde. En finale, toutefois, Jefferson-Wooden a nettement fait la différence : Alfred a terminé à 0,12 seconde et Richardson à 0,14. Selon le compte rendu officiel de World Athletics, Jefferson-Wooden a conservé son avantage malgré la fin de course puissante d'Alfred et est devenue la première gagnante du 100 mètres féminin dans l'histoire de la nouvelle compétition.
Son record personnel de 10,61 possède une dimension historique supplémentaire. Jefferson-Wooden l'a établi le 14 septembre 2025 en finale des Championnats du monde à Tokyo, où elle a remporté l'or et établi un record des Championnats du monde. World Athletics avait alors indiqué qu'avec ce résultat elle était devenue la quatrième femme la plus rapide de l'histoire de la discipline, derrière Florence Griffith-Joyner, Elaine Thompson-Herah et Shelly-Ann Fraser-Pryce. À Tokyo, elle avait également remporté les titres mondiaux du 200 mètres et du relais 4x100 mètres, et elle est donc arrivée à Budapest comme l'une des athlètes les plus en vue de tout le championnat. Son chrono de 10,62 a montré qu'un an plus tard elle restait encore très proche du niveau auquel elle avait accompli la plus grande percée de sa carrière.
Alfred et Richardson de nouveau parmi les meilleures, mais sans réponse face à 10,62
Julien Alfred a confirmé à Budapest qu'elle restait l'une des figures majeures du sprint féminin mondial. Elle a pris la deuxième place de la finale en 10,74, et son statut de championne olympique 2024 a encore renforcé l'importance du duel avec Jefferson-Wooden. World Athletics indique dans le profil de l'athlète qu'Alfred détient les records nationaux de Sainte-Lucie sur 100 et 200 mètres et qu'elle a offert en 2024 à son pays la première médaille d'or olympique de son histoire. Avant Budapest, son meilleur chrono sur 100 mètres en 2026 était de 10,70, réalisé à la fin du mois d'août. Même si elle s'est rapprochée de sa meilleure performance de la saison en finale, Jefferson-Wooden a cette fois été nettement plus rapide.
Sha'Carri Richardson a remporté le bronze en 10,76, permettant aux États-Unis de placer deux athlètes sur le podium. Derrière le trio de tête, Jonielle Smith et Tina Clayton ont toutes deux réalisé 10,94, Smith étant classée quatrième et Clayton cinquième selon le classement officiel. La Luxembourgeoise Patrizia van der Weken a terminé sixième en 11,06, la Jamaïcaine Lavanya Williams septième en 11,07 et la Britannique Amy Hunt huitième en 11,09. Une telle densité en finale a montré à quel point le concept de sélection de l'Ultimate Championship avait concentré l'élite mondiale du sprint dans seulement quelques courses. La compétition ne comportait pas de séries éliminatoires classiques : les sprinteuses entraient directement en demi-finales et les quatre premières de chaque série se qualifiaient pour la finale.
Bednarek, en 9,85, bat le champion du monde Seville
La finale masculine a offert une dynamique différente, mais le même résultat national. Kenny Bednarek s'est imposé en 9,85 secondes, devançant Oblique Seville, champion du monde à Tokyo en 2025 et vainqueur de la finale de la Diamond League 2026. Seville a terminé deuxième en 9,90, tandis que Ronnie Baker a remporté le bronze en 9,93. Le Nigérian Kayinsola Ajayi a lui aussi couru en 9,93, mais il a été classé quatrième selon le classement officiel. Christian Coleman a pris la cinquième place en 9,94, Gift Leotlela la sixième en 9,98, le champion olympique du 200 mètres Letsile Tebogo la septième en 10,07 et Akani Simbine la huitième en 10,09.
Bednarek a atteint la finale en remportant la deuxième demi-finale en 9,94, devant Baker et Ajayi, tous deux crédités de 10,00. Dans la première série, Seville a été le plus rapide en 9,90, Tebogo a terminé deuxième en 9,95, Coleman troisième en 9,96 et Leotlela quatrième en 10,03. Les demi-finales avaient déjà montré que l'affrontement final serait extrêmement serré, mais Bednarek a amélioré son chrono des demi-finales de neuf centièmes en finale et s'est détaché de ses principaux concurrents. Sa victoire sur Seville était particulièrement précieuse, car le Jamaïcain avait abordé la saison en tant que champion du monde en titre et comme l'un des sprinteurs les plus réguliers sur 100 mètres. Avant le championnat, World Athletics avait rappelé que Seville avait couru à plusieurs reprises sous les 9,90 au cours de l'année 2026 et qu'il arrivait à Budapest comme l'un des principaux favoris.
Pour Bednarek, le titre sur 100 mètres a encore élargi le profil d'un sprinteur qui avait bâti l'essentiel de sa réputation mondiale sur 200 mètres. World Athletics le présente comme double médaillé d'argent olympique et comme l'un des meilleurs sprinteurs mondiaux de ces dernières années, tandis que son record personnel officiel sur 100 mètres est de 9,79. En 2026, il avait terminé derrière Noah Lyles et Ronnie Baker aux Championnats des États-Unis, tandis qu'au meeting de Silésie il avait pris la deuxième place derrière Seville. La finale de Budapest a donc représenté un tournant important dans leur confrontation directe : Bednarek a devancé le Jamaïcain dans la course la plus importante de la nouvelle compétition de fin de saison. Il a en même temps montré que sa compétitivité sur 100 mètres n'était pas seulement un complément à sa carrière sur 200 mètres, mais une menace réelle pour les meilleurs au monde.
Les États-Unis prennent quatre des six places sur les podiums
En cumulant les deux finales du 100 mètres, les sprinteurs américains ont remporté quatre des six places disponibles sur les podiums. Jefferson-Wooden et Bednarek ont pris l'or, tandis que Richardson et Baker ont obtenu le bronze. Seuls Alfred et Seville ont empêché un podium intégralement américain, tous deux en remportant l'argent. Un tel bilan est particulièrement intéressant parce que l'Ultimate Championship, contrairement à de nombreuses grandes compétitions par équipes nationales, n'imposait pas de limite stricte au nombre d'athlètes d'un même pays dans une discipline donnée. World Athletics a conçu le format de façon à permettre à plusieurs concurrents de très haut niveau d'un même pays de prendre le départ s'ils avaient obtenu leur qualification grâce à des titres, aux classements ou à d'autres critères qualificatifs.
C'est précisément pour cette raison que la concentration de sprinteurs américains dans les finales était si importante. Bednarek, Baker et Coleman ont participé à la finale masculine, tandis que Jefferson-Wooden et Richardson étaient présentes dans la finale féminine. Le format réduisait également la marge d'erreur : il n'y avait pas de séries préliminaires sur 100 mètres, et les deux demi-finales déterminaient directement les huit finalistes. Les meilleurs sprinteurs devaient donc être prêts à disputer deux courses extrêmement rapides au cours de la même soirée, sans possibilité d'entrer progressivement dans la compétition à travers plusieurs tours comme aux Jeux olympiques ou aux Championnats du monde. Bednarek et Jefferson-Wooden ont précisément montré en finale la plus forte progression par rapport à leur prestation des demi-finales.
Première édition du nouveau championnat de fin de saison
Le World Athletics Ultimate Championship s'est déroulé du 11 au 13 septembre 2026 au Centre national d'athlétisme de Budapest, le stade qui avait accueilli les Championnats du monde 2023. Selon les données de World Athletics, 381 athlètes issus de 65 fédérations nationales ont participé à la première édition, tandis que le programme comprenait 28 disciplines réparties sur trois sessions en soirée. Le concept a été imaginé comme un affrontement mondial de fin de saison entre champions olympiques, champions du monde, vainqueurs de la Diamond League et athlètes les mieux classés de la saison. Les organisateurs ont par ailleurs annoncé que la compétition serait organisée tous les deux ans, ce qui devrait permettre à l'Ultimate Championship d'occuper une place permanente à la fin de la saison estivale d'athlétisme. Budapest a obtenu l'organisation de l'édition inaugurale après la présentation officielle du projet par World Athletics en 2024.
La compétition a également proposé la plus importante dotation globale que World Athletics avait alors annoncée pour une seule manifestation d'athlétisme. Un total de 10 millions de dollars américains était prévu, et le vainqueur de chaque épreuve individuelle recevait 150 000 dollars. Les deuxièmes recevaient 75 000 dollars, les troisièmes 40 000 dollars, des récompenses étant également prévues pour les autres finalistes. Ce système constituait l'un des éléments essentiels du nouveau projet, dont l'objectif était d'associer une durée de compétition courte, des plateaux extrêmement relevés et une valeur financière nettement plus importante pour une victoire individuelle. En remportant les titres du 100 mètres, Jefferson-Wooden et Bednarek ont donc obtenu non seulement le statut historique de premiers champions Ultimate de la discipline, mais aussi 150 000 dollars chacun.
Le Centre national d'athlétisme disposait pour cette compétition d'une capacité d'environ 14 000 spectateurs, selon World Athletics. Le stade situé sur les rives du Danube avait été l'arène principale des Championnats du monde 2023, et le nouvel événement a ramené une partie des plus grandes stars de l'athlétisme mondial sur la piste où avaient été remportées des médailles mondiales trois ans plus tôt. Ce lien était particulièrement visible dans le sprint masculin : Seville, champion du monde de Tokyo, arrivait dans la ville où il avait terminé quatrième du 100 mètres en 2023, tandis que Bednarek remportait désormais à Budapest l'un des plus grands titres individuels de sa saison. Pour World Athletics, cette première édition servait également de test à un format plus court et plus compact pour la télévision, avec un grand nombre de finales chaque soir.
Les victoires sur 100 mètres annonçaient un succès encore plus grand du sprint américain
L'histoire de Jefferson-Wooden et Bednarek ne s'est pas arrêtée à leurs titres du samedi sur 100 mètres. Le lendemain, le 13 septembre, tous deux ont également participé au 200 mètres et ont réalisé le doublé du sprint lors du premier Ultimate Championship. Selon le compte rendu du Guardian consacré à la dernière journée de la compétition, Jefferson-Wooden a remporté le 200 mètres en 21,47 secondes, un chrono classé parmi les plus rapides de l'histoire de la discipline, tandis que Bednarek s'est imposé en 19,52, qui constituait alors la meilleure performance mondiale de la saison. Tous deux ont ainsi pleinement profité du week-end final et transformé le premier double triomphe américain sur 100 mètres en doubles titres individuels. Dans le contexte de l'ensemble du championnat, leur performance est devenue l'un des thèmes sportifs les plus marquants de cette édition inaugurale à Budapest.
Pour Jefferson-Wooden, le chrono de 10,62 reste néanmoins le moment central de sa prestation sur la distance la plus courte. Elle n'était qu'à un centième de son record personnel et a de nouveau battu directement en finale une championne olympique et une championne du monde. Bednarek, de son côté, a battu sur 100 mètres le champion du monde en titre Seville tout en courant 9,85 avec un vent défavorable. Ensemble, ils ont offert aux États-Unis les deux premiers titres Ultimate du 100 mètres, tandis que les résultats et la composition des finales ont montré que cette nouvelle finale de saison n'était pas un simple ajout d'exhibition au calendrier, mais une compétition réunissant une concurrence du plus haut niveau. Budapest a ainsi vécu une nouvelle grande soirée de sprint, tandis que Jefferson-Wooden et Bednarek ont inscrit leurs noms aux premières places de l'histoire du nouveau championnat.
Sources :
- World Athletics - résultats officiels de la finale et des demi-finales féminines du 100 mètres, avec les chronos, le classement et les conditions de vent (lien)
- World Athletics - résultats officiels de la finale et des demi-finales masculines du 100 mètres à Budapest (lien)
- World Athletics - compte rendu de la victoire de Melissa Jefferson-Wooden sur 100 mètres et de l'importance historique du chrono de 10,62 (lien)
- World Athletics - données sur le premier Ultimate Championship, le nombre de disciplines, les participants et la dotation (lien)
- World Athletics - format de la compétition, calendrier et structure des demi-finales et finales (lien)
- World Athletics - profil de Melissa Jefferson-Wooden, record personnel de 10,61 et informations sur son titre mondial de Tokyo 2025 (lien)
- World Athletics - profil de Kenny Bednarek, records personnels officiels et médailles internationales (lien)
- World Athletics - présentation du 100 mètres masculin avec le contexte de la saison d'Oblique Seville et des principaux concurrents (lien)
- World Athletics - annonce initiale de la nouvelle compétition en 2024, avec des informations sur le cycle biennal et le concept de finale de saison (lien)
- World Athletics - présentation de l'Ultimate Championship avec des informations sur la capacité du Centre national d'athlétisme et la valeur des récompenses (lien)
- World Athletics - compte rendu de Silésie sur les duels Jefferson-Wooden-Alfred et Seville-Bednarek pendant la saison 2026 (lien)
- World Athletics - compte rendu des Championnats des États-Unis 2026 et classement de Bednarek sur 100 mètres derrière Noah Lyles et Ronnie Baker (lien)
- Associated Press - compte rendu des victoires de Jefferson-Wooden et Bednarek, des primes et du chrono de 10,62 comme meilleure performance mondiale de la saison (lien)
- The Guardian - compte rendu de la dernière journée du championnat et résultats de Jefferson-Wooden et Bednarek sur 200 mètres (lien)