La FIFA ouvre une procédure contre l'Argentine en raison des affrontements en finale et d'une banderole sur les Malouines
La Fédération internationale de football association a engagé une vaste procédure disciplinaire contre la Fédération argentine de football, ainsi que des procédures distinctes contre quatre membres de la sélection argentine et le milieu de terrain espagnol Gavi. L'affaire porte sur les incidents survenus après la finale de la Coupe du monde 2026, mais aussi sur une banderole portant le message "Las Malvinas son Argentinas", présentée après la victoire de l'Argentine contre l'Angleterre en demi-finale.
Le 29 juillet 2026, la FIFA a officiellement confirmé que sa Commission de discipline examinait de possibles violations de plusieurs articles du Code disciplinaire pendant plusieurs matchs de l'Argentine lors de la Coupe du monde organisée au Canada, au Mexique et aux États-Unis d'Amérique. La procédure contre la Fédération argentine de football, connue sous le sigle AFA, dépasse les événements d'un seul match et comprend le comportement de l'équipe, du personnel technique et d'une partie des supporters. La FIFA a mentionné des cris et des gestes discriminatoires, des retards dans le coup d'envoi des matchs, le non-respect des protocoles de match et des règles de sécurité, l'affichage de messages inappropriés ainsi que des jets d'objets depuis les tribunes. Parmi les messages ayant attiré le plus d'attention figure la banderole sur les Malouines, ou îles Falkland, que les joueurs argentins ont montrée après la demi-finale contre l'Angleterre. Aucune décision définitive n'a été prise et toutes les personnes signalées ont eu la possibilité de présenter leur défense.
Trois chefs d'accusation contre Paredes, deux contre Molina pour agression
La partie individuelle la plus grave de la procédure concerne les événements survenus après la finale entre l'Espagne et l'Argentine, disputée le 19 juillet au stade New York/New Jersey. La FIFA a annoncé avoir reçu un rapport du procureur désigné pour les questions disciplinaires et éthiques et avoir, sur la base de sa recommandation, ouvert des procédures pour de possibles agressions physiques. Le milieu de terrain argentin Leandro Paredes fait l'objet de trois chefs d'accusation, tandis que deux cas sont reprochés au défenseur Nahuel Molina, dont l'un est décrit par la FIFA comme une agression commise et l'autre comme une tentative d'agression. Une procédure a été ouverte contre Roberto Ayala, membre du personnel technique argentin, pour une agression présumée. La formulation relative à une possible violation des règles est importante, car l'ouverture d'une procédure ne signifie pas que la responsabilité a déjà été établie.
Outre les accusations d'agression, la FIFA mène une procédure distincte pour un possible comportement antisportif. Elle concerne Molina et son coéquipier en sélection Thiago Almada, chacun pour un chef d'accusation, ainsi que l'international espagnol Pablo Martín Páez Gavira, connu sous le nom de Gavi. Cela confirme que l'analyse des affrontements survenus après la finale ne se limite pas uniquement au camp argentin, même si le plus grand nombre de personnes signalées est lié à la sélection argentine. La Commission de discipline doit désormais évaluer les images, les rapports officiels, les déclarations des participants et les observations des fédérations. La FIFA n'a annoncé aucun délai pour la prise des décisions et n'a pas non plus indiqué à l'avance quelles sanctions pourraient être prononcées.
La finale s'est achevée par un titre espagnol et des tensions après le coup de sifflet final
L'Espagne a battu l'Argentine 1-0 après prolongation en finale et a remporté son deuxième titre de championne du monde. Selon les données officielles de la FIFA, Ferran Torres a inscrit le but décisif à la 106e minute, mettant fin à la série de l'Argentine et l'empêchant de défendre le titre remporté en 2022. La fin du match a été extrêmement tendue et l'Argentine a terminé la rencontre à dix après l'expulsion d'Enzo Fernández dans le temps additionnel de la seconde période. Après le match, des bousculades et des affrontements ont éclaté entre des membres des deux sélections, ce qui a ensuite fait l'objet d'un examen par le procureur disciplinaire et éthique. C'est précisément de ce rapport qu'ont découlé les accusations individuelles contre Paredes, Molina, Ayala, Almada et Gavi.
Les procédures contre les joueurs et le membre du personnel technique sont juridiquement distinctes de l'affaire menée contre l'AFA. Dans le premier cas, la Commission de discipline évalue le comportement de personnes précises, tandis que dans le second, elle examine la responsabilité de la fédération nationale pour une série d'événements survenus pendant le tournoi. Cette séparation permet à la FIFA d'imposer différents types de mesures en fonction de ce qui sera prouvé. Les personnes physiques peuvent faire l'objet de suspensions et d'amendes dans les affaires disciplinaires, tandis que la fédération peut être confrontée à des sanctions financières et organisationnelles ou à d'autres mesures prévues par le règlement de la compétition. Toutefois, à ce stade, il n'a pas été confirmé que l'une de ces mesures sera effectivement prononcée.
Une banderole après le renversement de situation contre l'Angleterre
La partie politiquement la plus sensible de l'affaire est liée à la demi-finale disputée le 15 juillet à Atlanta. L'Argentine a battu l'Angleterre 2-1 après un renversement de situation tardif: l'Angleterre a ouvert le score grâce à Anthony Gordon, tandis que l'Argentine a répondu en fin de match par des buts d'Enzo Fernández et de Lautaro Martínez. Après la fin de la rencontre, les joueurs argentins ont présenté une banderole portant l'inscription "Las Malvinas son Argentinas", ce qui signifie "Les Malouines sont argentines". Des photographies et des comptes rendus du match ont montré la banderole sur la pelouse pendant les célébrations de la sélection argentine. Dans sa notification disciplinaire officielle, la FIFA a associé cet événement à une possible utilisation d'un événement sportif pour présenter un message antisportif, c'est-à-dire extérieur au sport.
Le code de conduite de la FIFA dans les stades interdit les banderoles, drapeaux, vêtements et autres matériels politiques, offensants et discriminatoires. Dans cette affaire, la Commission de discipline n'examine pas le débat historique lui-même sur l'archipel, mais évalue si le stade et la scène officielle de la Coupe du monde ont été utilisés pour une manifestation politique contraire aux règles. L'affaire est donc importante au-delà des relations entre l'Argentine et le Royaume-Uni: la décision pourrait montrer avec quelle rigueur la FIFA entend appliquer l'interdiction des messages politiques lorsqu'ils sont présentés par les joueurs eux-mêmes et non uniquement par les spectateurs. Des responsables britanniques ont demandé à la FIFA d'enquêter sur l'incident, tandis qu'en Argentine, la question de la banderole est liée à la politique de longue date de l'État à l'égard de l'archipel. Au moment de l'annonce de la procédure, l'AFA n'avait pas encore présenté publiquement une réponse complète à toutes les allégations.
Pourquoi les Malouines et les îles Falkland restent une question durablement sensible
L'archipel de l'Atlantique Sud est appelé îles Falkland dans l'usage international, tandis que l'Argentine emploie le nom Islas Malvinas. Le territoire est sous administration britannique, mais l'Argentine revendique sa souveraineté, raison pour laquelle les Nations Unies décrivent la question comme un différend qui devrait être résolu par des moyens pacifiques. L'Argentine affirme avoir hérité des droits sur l'archipel après son indépendance de l'Espagne et considère la prise de contrôle britannique en 1833 comme une occupation illégale. Le Royaume-Uni souligne le droit des habitants de l'archipel à l'autodétermination et affirme que le statut du territoire ne peut être modifié sans leur consentement. Ces positions opposées sont restées inchangées dans les déclarations officielles des deux États au cours de l'année 2026.
Le différend a dégénéré en guerre en 1982 après la prise de l'archipel par l'Argentine sous la dictature militaire. Le conflit de dix semaines s'est achevé par une victoire britannique et de lourdes pertes humaines dans les deux camps, tandis que ses conséquences politiques et sociales sont restées fortes pendant des décennies. En janvier 2026, le ministère argentin des Affaires étrangères a de nouveau affirmé ce qu'il qualifie de droit légitime et permanent de l'Argentine sur les Malouines, la Géorgie du Sud, les îles Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes. En juin 2026, le gouvernement britannique a répété qu'aucune négociation sur une modification du statut ne pouvait avoir lieu sans le consentement des habitants des îles Falkland, en faisant également référence au référendum de 2013, au cours duquel une très large majorité des électeurs s'était prononcée en faveur du maintien du statut politique existant. Le Comité des Nations Unies chargé de la décolonisation avait précédemment appelé l'Argentine et le Royaume-Uni à poursuivre les négociations en vue d'un règlement pacifique du différend.
L'AFA fait face à une liste beaucoup plus large de violations possibles
La banderole n'est pas le seul fondement de la procédure contre la Fédération argentine de football. La FIFA a mentionné quatre catégories de violations possibles de son Code disciplinaire: l'utilisation d'un événement sportif pour des manifestations de nature antisportive, le comportement inconvenant de l'équipe, la discrimination et les insultes racistes, ainsi que les atteintes à l'ordre et à la sécurité pendant les matchs. La notification officielle ne fournit pas une liste séparée des événements pour chaque match, mais évoque plusieurs rencontres de la sélection argentine pendant le tournoi. Parmi les problèmes précis mentionnés figurent des cris et gestes discriminatoires, des coups d'envoi retardés, des violations des protocoles de match et de sécurité, des messages inappropriés de l'équipe et des spectateurs, ainsi que des objets jetés depuis les tribunes. En raison de son étendue, l'affaire pourrait nécessiter l'examen de plusieurs rapports de délégués, registres de sécurité et documents audiovisuels.
Dans de tels cas, la responsabilité d'une fédération de football ne dépend pas nécessairement uniquement de la possibilité d'identifier chaque supporter. Les organisateurs de grandes compétitions imposent aux fédérations nationales l'obligation de surveiller le comportement de la sélection, des officiels et des groupes de supporters liés à l'équipe. La Commission de discipline peut donc examiner simultanément les actes des individus et la responsabilité institutionnelle de l'AFA. Pour la fédération argentine, il sera particulièrement important de savoir si la FIFA considérera les différents incidents comme des événements distincts ou comme un schéma de comportement pendant le tournoi. Cette appréciation peut influencer la gravité d'une éventuelle sanction, mais la FIFA n'a pour l'instant publié aucune proposition de sanction.
Une banderole similaire avait déjà entraîné une sanction en 2014
L'affaire de 2026 possède un précédent clair. En 2014, la FIFA avait réprimandé l'AFA et lui avait infligé une amende de 30 000 francs suisses après que des internationaux argentins avaient posé, avant un match amical contre la Slovénie à La Plata, avec une banderole portant le même message sur les Malouines. Une violation des règles relatives aux activités politiques lors des matchs de football avait alors été établie. Cette affaire antérieure ne détermine pas automatiquement l'issue de la nouvelle procédure, car les circonstances, le code applicable et le nombre total d'allégations sont différents. La Commission de discipline peut néanmoins tenir compte du fait que la fédération a déjà été sanctionnée pour un message presque identique.
L'affaire actuelle est nettement plus complexe que celle de 2014, car elle ne concerne pas uniquement la banderole. Un message politique, de possibles contenus discriminatoires, des défaillances de sécurité, le comportement des spectateurs, des retards présumés de matchs et les affrontements survenus après la finale ont été réunis dans un même cadre procédural. En outre, les accusations individuelles d'agression peuvent potentiellement entraîner des conséquences sportives plus graves qu'une infraction se limitant à une amende infligée à la fédération. La FIFA devra clairement distinguer les preuves relatives à chaque allégation afin que les décisions soient motivées et proportionnées. Les éventuelles procédures d'appel dépendront de la nature et du contenu des décisions que la Commission de discipline doit encore rendre.
La suite de la procédure disciplinaire
Toutes les personnes accusées et l'AFA ont eu la possibilité de présenter leurs observations, après quoi la Commission de discipline évaluera si les infractions ont été prouvées. La FIFA n'a pas indiqué de date de décision, de sorte qu'il n'est actuellement pas clair si les différentes affaires seront conclues simultanément ou séparément. Les rapports officiels des matchs, les enregistrements vidéo, l'identification des participants aux affrontements ainsi que les explications des sélections et des fédérations joueront un rôle important. En cas de sanctions, les parties pourront, selon les règles et la nature de la décision, demander une décision motivée et utiliser les mécanismes de recours disponibles. D'ici là, toutes les allégations doivent être considérées comme des accusations disciplinaires et non comme une culpabilité définitivement établie.
L'issue sera également importante pour l'Argentine en raison du calendrier sportif après la Coupe du monde. Les suspensions de joueurs ou de membres du personnel technique pourront s'étendre aux futurs matchs officiels si la Commission de discipline en décide ainsi, tandis que des mesures contre la fédération pourraient avoir des conséquences financières et organisationnelles. Le message que la FIFA enverra sur la limite entre l'expression politique et les événements officiels de football sera tout aussi important. La Coupe du monde 2026 s'est achevée par le titre de l'Espagne, mais l'épilogue disciplinaire de la participation argentine se poursuivra après la fin de la compétition. Ce n'est qu'après les observations de toutes les parties que l'on saura si la procédure se terminera par des amendes, des suspensions, d'autres mesures ou l'abandon de certaines allégations.
Sources:
- FIFA - notification officielle concernant les procédures disciplinaires ouvertes le 29 juillet 2026 (lien)
- FIFA Match Centre - résultat officiel et statistiques de la demi-finale Angleterre - Argentine (lien)
- FIFA Match Centre - résultat officiel et statistiques de la finale Espagne - Argentine (lien)
- Associated Press - compte rendu des accusations, des affrontements après la finale et de la banderole sur les Malouines (lien)
- Reuters / Al Jazeera - compte rendu de la demi-finale et dispositions du code des stades relatives aux messages politiques (lien)
- Nations Unies - appel à l'Argentine et au Royaume-Uni pour qu'ils poursuivent les négociations sur la souveraineté (lien)
- Ministère argentin des Affaires étrangères - position officielle de l'Argentine sur les Malouines de janvier 2026 (lien)
- Gouvernement du Royaume-Uni - position officielle sur le statut des îles Falkland et l'autodétermination de leurs habitants de juin 2026 (lien)
- Reuters - compte rendu de l'amende infligée par la FIFA à l'AFA pour une banderole portant le même message en 2014 (lien)