L’Olympic Refuge Foundation a intégré 17 nouveaux athlètes réfugiés sur la route des Jeux LA28
L’Olympic Refuge Foundation, organisation fondée par le Comité international olympique, a annoncé le 15 juin 2026 qu’elle avait intégré 17 nouveaux athlètes réfugiés dans son programme de soutien, avec l’ambition de les inscrire dans le parcours de qualification vers les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Selon l’annonce du CIO et de l’Olympic Refuge Foundation, il s’agit d’athlètes qui seront accompagnés dans leur préparation, par un soutien spécialisé et par une coopération avec les comités nationaux olympiques dans le cadre du programme Refugee Athlete Support. L’annonce a été présentée à l’approche de la Journée mondiale des réfugiés, qui, selon les Nations unies, est célébrée chaque année le 20 juin. L’entrée dans le programme ne signifie pas automatiquement une participation aux Jeux, mais elle ouvre aux athlètes une voie plus structurée vers une éventuelle sélection dans la Refugee Olympic Team.
Ce nouveau cycle de soutien est important parce qu’il cherche à assurer aux athlètes réfugiés ce qui est souvent déterminant dans le sport de haut niveau : la continuité de l’entraînement, l’accès à des experts, le lien avec les compétitions internationales et un soutien administratif dans un système souvent particulièrement complexe pour les personnes déplacées. Selon l’Olympic Refuge Foundation, les athlètes inclus dans le programme relèvent de huit comités nationaux olympiques et concourent dans neuf sports. Leurs hôtes sont les comités olympiques des pays dans lesquels ils vivent et s’entraînent désormais, parmi lesquels l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, le Kenya, le Mexique, les États-Unis d’Amérique, la Suède et le Brésil. Cela poursuit le modèle selon lequel les athlètes réfugiés ne concourent pas à travers le système national de leur pays d’origine, mais par l’intermédiaire d’une structure olympique spéciale qui les relie aux hôtes et aux fédérations internationales.
Ce qu’apporte l’entrée dans le programme
Selon les données du CIO, Refugee Athlete Support comprend désormais au total 62 athlètes dans 14 sports, avec le soutien de 16 comités nationaux olympiques. Le programme s’appuie sur les bourses d’Olympic Solidarity et sur la coopération avec les fédérations sportives internationales, et tous les athlètes inclus dans ce cycle devraient recevoir un soutien jusqu’aux Jeux olympiques LA28. L’Olympic Refuge Foundation indique que la participation au programme rend les athlètes éligibles à une éventuelle sélection dans la Refugee Olympic Team, mais que la composition définitive n’est arrêtée qu’après les critères sportifs, l’évaluation de l’état de préparation et les décisions des instances olympiques. Autrement dit, il s’agit d’une étape importante de qualification et de développement, mais non d’une garantie de participation à Los Angeles.
Pour être intégrés au programme, selon l’annonce du CIO, les athlètes doivent être des concurrents d’élite dans leurs disciplines et avoir le statut de réfugié dans le pays hôte, reconnu en coopération avec le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés. Cette disposition est importante parce qu’elle distingue ce programme des projets humanitaires ou récréatifs généraux : l’objectif n’est pas seulement de permettre l’accès au sport, mais d’aider des athlètes qui possèdent déjà un potentiel compétitif international à poursuivre leur carrière après un déplacement forcé. Beaucoup d’entre eux ont dû interrompre leur entraînement, changer d’entraîneur, perdre l’accès aux compétitions ou faire face à des obstacles administratifs qui influent directement sur leur carrière sportive. Le programme réunit donc les aspects sportif, organisationnel et social du soutien.
Le CIO indique également que 18 fédérations sportives internationales permettent désormais la participation d’athlètes réfugiés à leurs compétitions internationales, et qu’une partie d’entre elles inclut aussi des équipes de réfugiés aux championnats du monde. C’est une évolution importante, car une participation olympique n’est pas possible sans parcours de compétition, résultats et classement international dans les sports où de tels critères existent. En pratique, cela signifie que le soutien n’est pas limité à la préparation d’un seul événement, mais comprend l’accès à un calendrier de compétitions plus large. Une telle approche donne aux athlètes une possibilité plus réaliste de se mesurer à la concurrence, de remplir les minima et de rester visibles dans leurs disciplines.
Noms des nouveaux athlètes et pays hôtes
Selon la liste publiée par le CIO, le nouveau cycle du programme inclut des athlètes en athlétisme, taekwondo, lutte, haltérophilie, tir, canoë, judo, natation et cyclisme. La liste montre à quel point le parcours sportif des réfugiés est dispersé : certains athlètes s’entraînent dans de grands systèmes olympiques européens, une partie est liée à des hôtes africains et américains, et certains concourent dans des sports où les qualifications dépendent de règles internationales très spécifiques. L’inclusion d’athlètes de différentes disciplines élargit également les possibilités de l’équipe de réfugiés, qui, depuis sa création, a dépassé le cadre symbolique initial et est devenue une partie permanente du système olympique. Parmi les nouveaux athlètes inclus figurent :
- Abolfazl Abbasipouya, taekwondo, hôte Allemagne
- Ali Idow Hassan, athlétisme, hôte France
- Arman Karapetyan, lutte, hôte France
- Ayda Khorshidi, taekwondo, hôte Royaume-Uni
- Aysa Khorshidi, taekwondo, hôte Royaume-Uni
- Clementine Meukeugni Noumbissi, haltérophilie, hôte Royaume-Uni
- Dario Lokoro, athlétisme, hôte Kenya
- Edilio Francisco Centeno Nieves, tir, hôte Mexique
- Farhad Nourikhorjestan, lutte, hôte Royaume-Uni
- Fatemeh Keshavarz, haltérophilie, hôte Royaume-Uni
- Fernando Dayan Jorge Enriquez, canoë, hôte États-Unis d’Amérique
- Habiba Bayati, judo, hôte Suède
- Hannaneh Afshar, natation, hôte Brésil
- Marialejandra Coromoto Centeno Nieves, tir, hôte Mexique
- Mehdi Abedini, taekwondo, hôte France
- Mohammad Ganjkhanlo, cyclisme, hôte Royaume-Uni
- Tesfu Weldegebreal, athlétisme, hôte États-Unis d’Amérique
Une telle liste possède également une valeur sportive plus large, car elle montre que le programme olympique pour les réfugiés n’est plus orienté seulement vers quelques disciplines dans lesquelles il était auparavant le plus facile d’assurer l’accès à l’entraînement. L’inscription du canoë, du tir, de l’haltérophilie, de la natation et du cyclisme aux côtés de l’athlétisme, des sports de combat et du judo indique l’élargissement progressif du réseau de soutien. Dans le même temps, le programme demeure dépendant des comités olympiques nationaux, des clubs, des entraîneurs et des fédérations qui doivent créer les conditions du travail quotidien. Pour les athlètes qui ont connu le déplacement, cette stabilité est souvent tout aussi importante que le soutien financier.
Los Angeles comme prochaine grande cible
Les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, selon le calendrier olympique officiel, se tiendront du 14 au 30 juillet 2028. Pour les athlètes réfugiés, ce cadre temporel signifie qu’ils disposent de deux années pour progresser en compétition, satisfaire aux critères internationaux et prouver leur forme. Dans des sports comme l’athlétisme, la natation ou le cyclisme, la route vers les Jeux dépend souvent de minima, de classements et de participations à des compétitions internationales, tandis que les sports de combat et le tir peuvent avoir leurs propres systèmes de qualification et tournois continentaux. C’est pourquoi l’intégration précoce au programme est importante, car elle permet de planifier tout le cycle, et pas seulement les préparatifs finaux.
LA28 sera le premier cycle olympique d’été après Paris 2024 dans lequel l’équipe de réfugiés entrera avec l’expérience d’une médaille historique. Le HCR et l’Olympic Refuge Foundation avaient précédemment souligné que la boxeuse Cindy Ngamba avait remporté à Paris 2024 la première médaille olympique pour la Refugee Olympic Team, donnant ainsi à l’équipe un nouveau symbole sportif en plus du message humanitaire déjà existant. Ce résultat n’a pas modifié la finalité fondamentale de l’équipe, mais il a montré que les athlètes réfugiés peuvent être compétitifs au plus haut niveau, et pas seulement présents comme représentants d’une crise mondiale. Pour le nouveau groupe d’athlètes, cela signifie que les attentes du public seront plus élevées, mais aussi que la voie qui s’ouvre devant eux est plus visible que dans les premières années du programme.
La Refugee Olympic Team a participé pour la première fois aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, puis a également pris part aux Jeux de Tokyo 2020 et de Paris 2024. Selon les données de l’Olympic Refuge Foundation et du HCR, l’équipe parisienne était la plus nombreuse jusqu’alors, avec 37 athlètes dans 12 sports. Cette évolution montre que l’initiative est passée d’une réponse olympique ponctuelle à la crise des réfugiés à une partie plus durable du système sportif. Elle montre également que la question des athlètes réfugiés n’est plus envisagée uniquement à travers la cérémonie d’ouverture, mais à travers des années d’entraînement, de qualifications et de coopération internationale.
Le sport dans le contexte du déplacement mondial
Les données les plus récentes du HCR donnent un cadre plus large à cette annonce. Selon les données de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, à la fin de 2025, il y avait dans le monde 117,8 millions de personnes déplacées de force en raison de persécutions, de conflits, de violences, de violations des droits humains ou d’événements troublant gravement l’ordre public. Dans son rapport Global Trends, le HCR indique que le déplacement forcé mondial a enregistré une baisse pour la première fois en dix ans, tout en avertissant que le nombre reste extrêmement élevé. L’agence a estimé qu’à la fin d’avril 2026, le niveau du déplacement mondial s’était maintenu approximativement au niveau de la fin de 2025, soit autour de 117 à 118 millions de personnes. Dans ce contexte, le programme olympique pour les athlètes réfugiés représente une petite partie, mais très visible publiquement, de la réponse plus large aux conséquences durables du déplacement.
Dans sa mission, l’Olympic Refuge Foundation met l’accent sur l’accès à un sport sûr pour les jeunes touchés par le déplacement, et non seulement sur le soutien aux athlètes d’élite. Selon les données de l’organisation, le sport peut aider à créer un sentiment de sécurité, d’appartenance et de stabilité pour les jeunes qui ont perdu leur foyer, leur communauté ou leur quotidien régulier. Le programme destiné aux athlètes d’élite est donc la partie la plus visible d’un travail plus vaste, mais il n’est pas le seul. L’ORF agit avec des partenaires locaux, des entraîneurs et des organisations humanitaires afin d’adapter les espaces sportifs à la réalité des crises, des migrations et de l’intégration dans de nouvelles communautés.
Cette approche distingue le système olympique des réfugiés du modèle classique des équipes nationales. La voie olympique habituelle repose sur la citoyenneté, la fédération nationale et le système de compétitions du pays que l’athlète représente. Pour les réfugiés, en particulier ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas concourir pour leur pays d’origine, ce modèle n’est souvent pas accessible. La Refugee Olympic Team concourt donc sous le drapeau olympique, et ses athlètes représentent symboliquement des millions de personnes qui ont été contraintes de quitter leur foyer. Sur le plan sportif, toutefois, ils doivent passer par le même processus exigeant d’entraînement, de sélection et de compétition que les autres athlètes de haut niveau.
Dakar 2026 comme prochaine étape importante
Avant Los Angeles 2028, le programme olympique pour les réfugiés connaîtra une autre étape importante. L’Olympic Refuge Foundation indique qu’elle se prépare également aux Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, auxquels devrait participer la Refugee Youth Olympic Team. Selon les informations olympiques officielles, Dakar 2026 sera le premier événement olympique organisé sur le continent africain, et l’intégration d’une jeune équipe de réfugiés représente une nouvelle étape dans l’élargissement du programme aux catégories d’âge plus jeunes. Ainsi, le parcours sportif des réfugiés ne se construit pas seulement en direction d’athlètes d’élite déjà formés, mais aussi vers une génération qui entre tout juste dans le système international de compétition.
Pour les jeunes athlètes, le déplacement signifie souvent la perte d’accès aux clubs, aux compétitions scolaires, à l’équipement et aux entraîneurs précisément pendant la période où le potentiel sportif se développe le plus rapidement. C’est pourquoi la composante jeunesse du programme est particulièrement importante : elle peut empêcher qu’un talent disparaisse en raison de circonstances qui n’ont rien à voir avec la qualité sportive. En même temps, Dakar 2026 offre l’occasion de relier la question des réfugiés au contexte africain, continent qui est à la fois l’hôte de la compétition et l’une des zones clés des déplacements mondiaux. Pour le CIO et l’ORF, c’est une manière de rendre la solidarité sportive visible non seulement sur la plus grande scène olympique, mais aussi dans la partie de développement du mouvement olympique.
Une route qui reste à conquérir
Même si l’annonce de l’Olympic Refuge Foundation est une nouvelle importante pour 17 athlètes, leur véritable route vers Los Angeles ne fait que commencer. Au cours des deux prochaines années, ils devront maintenir la continuité de l’entraînement, participer aux compétitions pertinentes et satisfaire à des critères qui diffèrent d’un sport à l’autre. Le programme leur donne un cadre, un soutien financier et spécialisé ainsi qu’une visibilité institutionnelle, mais le résultat sportif reste déterminant. C’est précisément pourquoi l’accent mis par l’ORF sur la reconnexion des athlètes avec leurs communautés sportives est important : sans compétitions régulières et sans structure d’entraînement, même les athlètes les plus talentueux ne peuvent pas atteindre le niveau olympique.
Pour le public mondial, l’éventuelle participation de l’équipe de réfugiés à LA28 portera un double message. D’une part, il s’agit d’une équipe sportive qui veut concourir à égalité, avec des résultats et des ambitions clairs. D’autre part, chaque apparition sous le drapeau olympique rappelle les millions de personnes dont la vie a été interrompue par les guerres, les persécutions et les crises. Le nouveau programme ne peut pas résoudre les causes du déplacement, mais il peut rendre à certains athlètes une part de continuité professionnelle et montrer au public que l’expérience de réfugié n’est pas un obstacle à l’ambition, à la discipline et au sport de haut niveau.
Sources :
- International Olympic Committee / Olympic Refuge Foundation – annonce concernant 17 nouveaux athlètes inclus dans Refugee Athlete Support, la liste des athlètes, les hôtes, les sports et les conditions du programme (lien)
- Olympic Refuge Foundation – description de la mission de l’organisation et de son travail sur le sport sûr pour les jeunes touchés par le déplacement (lien)
- International Olympic Committee – page officielle des Jeux olympiques LA28 avec les dates de tenue et les informations actuelles sur les Jeux à Los Angeles (lien)
- UNHCR – rapport Global Trends 2025 avec des données sur le déplacement forcé mondial à la fin de 2025 et des notes méthodologiques pour le début de 2026 (lien)
- UNHCR – communiqué sur la participation de l’équipe olympique des réfugiés à Paris 2024 et la première médaille pour cette équipe (lien)
- Nations unies – informations officielles sur la Journée mondiale des réfugiés et sa célébration le 20 juin (lien)