L'UEFA sanctionne Marseille et la Roma pour violation des règles financières, sept clubs sortent du régime de règlement
La Première chambre de l'Instance de contrôle financier des clubs de l'UEFA, connue sous le nom de CFCB, a achevé l'évaluation des clubs qui, lors de la saison 2025/26, devaient respecter des objectifs financiers spécifiques issus d'accords de règlement antérieurs. Selon le communiqué de l'UEFA du 17 juin 2026, la décision la plus lourde a été prise à l'encontre de l'Olympique de Marseille, qui s'est vu infliger une amende totale de 10 millions d'euros ainsi qu'une restriction de l'inscription de nouveaux joueurs sur la liste A pour les compétitions de l'UEFA lors de la saison 2026/27. Le club du sud de la France n'a pas atteint l'objectif final du règlement car, selon l'évaluation du CFCB, il n'était pas conforme à la règle relative aux revenus du football pour la période couvrant les états financiers clos en 2023, 2024 et 2025. L'UEFA a dans le même temps indiqué qu'en déterminant les mesures, elle avait tenu compte de l'ampleur limitée de l'infraction, mais aussi de la baisse importante et inattendue des revenus des droits télévisés nationaux qui touche les clubs français lors de la saison 2025/26 et se poursuit lors de la saison 2026/27.
La décision est importante parce qu'elle ne représente pas seulement une sanction financière, mais aussi un avertissement sur les conséquences sportives si la situation ne s'améliore pas. Selon l'UEFA, Marseille risque l'exclusion de la première compétition interclubs de l'UEFA suivante pour laquelle il se qualifierait au cours des trois prochaines saisons si, lors de la saison 2026/27, il n'atteint pas l'objectif lié aux revenus du football. Cette mesure est conditionnelle, ce qui signifie que le club n'est pas automatiquement exclu des compétitions européennes à ce stade, mais qu'il entre dans le prochain cycle de contrôle avec un seuil financier clair qu'il doit atteindre. La restriction supplémentaire de l'inscription de nouveaux joueurs sur la liste A concerne directement la possibilité d'inscrire l'équipe pour les matches européens, et pourrait donc avoir une incidence sur la planification du mercato et la structure de l'effectif.
Marseille sanctionné à deux titres
Dans le cas de l'Olympique de Marseille, la sanction se compose de deux éléments distincts. Selon le communiqué de l'UEFA, la Première chambre du CFCB a infligé au club une amende de 6 millions d'euros pour non-respect de l'objectif final prévu par l'accord de règlement et pour non-conformité à la règle relative aux revenus du football. Cette règle, selon l'explication de l'UEFA sur le système de viabilité financière, a remplacé l'ancien concept d'exigence d'équilibre financier et examine le rapport entre les revenus pertinents et les dépenses pertinentes au cours de la période de surveillance. Un club peut présenter un excédent ou un déficit, mais le déficit doit rester dans l'écart autorisé ou être couvert de la manière prévue par les règles. Pour Marseille, le CFCB a conclu que l'objectif final du règlement n'avait pas été atteint.
La deuxième partie de la sanction concerne la règle relative aux coûts de l'effectif. L'UEFA a indiqué que, pour l'année civile 2025, Marseille avait déclaré un ratio de coûts de l'effectif supérieur aux 70 pour cent autorisés, ce qui lui a valu une amende supplémentaire de 4 millions d'euros. Selon les règles de l'UEFA sur l'octroi de licences aux clubs et la viabilité financière, le ratio de coûts de l'effectif ne doit pas dépasser la limite fixée à 70 pour cent. Selon les explications publiques de l'UEFA, ce ratio comprend les coûts des salaires des joueurs et des entraîneurs, les dépenses de transfert et les commissions d'agents par rapport aux revenus du club. La règle a été introduite progressivement après la réforme du contrôle financier : le seuil était de 90 pour cent lors de la saison 2023/24, de 80 pour cent lors de la saison 2024/25, et depuis la saison 2025/26 une limite permanente de 70 pour cent s'applique.
Une telle construction de la sanction montre que le CFCB n'a pas reproché à Marseille un seul écart par rapport au plan, mais une combinaison entre l'objectif de revenus non atteint et une part excessive des coûts de l'effectif. En pratique, le club doit travailler simultanément à l'amélioration de son résultat financier et à la réduction des dépenses liées à son effectif de joueurs. Cela peut signifier des investissements plus prudents dans de nouveaux contrats, une plus grande importance accordée à la vente de joueurs, une répartition différente des obligations de transfert ou un renforcement des revenus, mais l'UEFA n'a pas prescrit dans son communiqué de mesures commerciales concrètes que le club devrait entreprendre. La condition mesurable essentielle est la conformité à l'objectif de revenus du football lors de la saison 2026/27, car c'est précisément à cette condition qu'est liée l'éventuelle interdiction de participer à une compétition européenne.
La Roma a reçu une amende totale de 6 millions d'euros
L'AS Roma reste également sous la surveillance accrue du contrôle financier de l'UEFA, bien que son cas soit décrit de manière moins sévère que celui de Marseille. Selon le communiqué du CFCB, le club romain a légèrement dépassé l'objectif intermédiaire fixé pour l'exercice financier se terminant en 2025 et a donc été sanctionné d'une amende de 2 millions d'euros. En outre, l'UEFA a établi que la Roma avait déclaré pour l'année civile 2025 un ratio de coûts de l'effectif supérieur à 70 pour cent, ce qui lui a valu une amende supplémentaire de 4 millions d'euros. L'amende totale s'élève donc à 6 millions d'euros.
La différence entre Marseille et la Roma est importante pour comprendre la gravité de la décision. Marseille n'a pas atteint l'objectif final du règlement et a reçu une menace conditionnelle d'exclusion d'une compétition européenne, tandis que la Roma, selon la formulation de l'UEFA, a dépassé un objectif intermédiaire et reste un club qui continuera d'être surveillé au cours de la période suivante. Cela ne signifie pas que la sanction infligée à la Roma soit insignifiante : les 4 millions d'euros supplémentaires au titre de la règle relative aux coûts de l'effectif montrent que l'UEFA applique de plus en plus fermement le nouveau système de contrôle des dépenses liées à l'effectif. Pour les clubs qui veulent être compétitifs dans les compétitions européennes, le plus grand défi n'est plus seulement de couvrir les pertes totales, mais aussi de démontrer que la croissance des salaires, de l'amortissement des transferts et des coûts connexes reste dans un rapport raisonnable avec les revenus.
La Roma devra donc, au cours de la prochaine période, équilibrer ses ambitions sportives et ses contraintes financières. L'UEFA n'a pas mentionné dans son communiqué d'interdiction d'inscription de joueurs ni d'exclusion conditionnelle pour le club romain, mais elle a clairement indiqué que la Première chambre du CFCB continuerait de surveiller les clubs qui restent dans le régime de règlement pendant la saison 2026/27. Une telle surveillance signifie en pratique que les résultats financiers, les dépenses d'effectif et le respect des objectifs convenus ne seront pas examinés uniquement de manière rétroactive, mais aussi comme une condition de sortie du régime de règlement. Pour les clubs ayant des masses salariales importantes et une pression constante de résultats dans les compétitions nationales et européennes, cela devient l'un des éléments clés de la gestion.
Sept clubs ont rempli leurs obligations et sortent du régime de règlement
Par la même décision, l'UEFA a également confirmé des résultats positifs pour sept clubs qui étaient soumis à des accords de règlement. Selon le CFCB, AC Milan, AS Monaco, Beşiktaş, FC Internazionale Milano, Paris Saint-Germain, Royal Antwerp et Trabzonspor ont atteint l'objectif final du règlement parce qu'ils se sont conformés à la règle relative aux revenus du football lors de la saison 2025/26, pour la période de surveillance couvrant les exercices de reporting clos en 2023, 2024 et 2025. Ces clubs sont donc sortis du régime de règlement. Pour eux, cela ne signifie pas la fin du contrôle financier de l'UEFA dans son ensemble, car les règles de viabilité financière continuent de s'appliquer à tous les clubs participant aux compétitions de l'UEFA, mais cela signifie qu'ils ne sont plus liés par les objectifs spécifiques issus des précédents accords de règlement.
Un tel résultat est particulièrement important pour les clubs ayant de grandes ambitions européennes, car la sortie du régime de règlement supprime un niveau supplémentaire de surveillance et de sanctions potentielles liées aux non-conformités antérieures. Milan, l'Inter et le PSG figurent parmi les clubs les plus connus au monde inclus dans ce groupe, tandis que Monaco, Beşiktaş, Royal Antwerp et Trabzonspor représentent différents modèles financiers et de marché du football européen. La décision de l'UEFA montre que le régime de règlement ne s'applique pas uniquement aux plus grandes ligues, mais aussi à des clubs issus de différents systèmes nationaux qui, à travers les compétitions européennes, entrent dans le même cadre réglementaire. En ce sens, l'évaluation du CFCB est l'un des instruments par lesquels l'UEFA cherche à harmoniser les règles minimales de comportement financier dans les compétitions placées sous son égide.
La sortie des clubs mentionnés du régime de règlement envoie également le message que les accords du CFCB ne constituent pas nécessairement une restriction permanente, mais un cadre temporel dans lequel un club doit démontrer son retour à la conformité. Selon les règles de procédure du CFCB, les accords de règlement peuvent comprendre des objectifs, des restrictions sportives, des délais et des mesures disciplinaires, et leur objectif est de ramener le club en conformité avec les règlements relatifs à l'octroi de licences et à la viabilité financière. Lorsqu'un club atteint les objectifs convenus, il peut sortir de ce régime. Lorsqu'il ne les atteint pas, comme dans le cas de Marseille et partiellement de la Roma, le CFCB peut activer ou prononcer des mesures supplémentaires.
Ce que mesure réellement le système de viabilité financière de l'UEFA
L'UEFA a présenté le nouveau cadre de viabilité financière comme le successeur de l'ancien fair-play financier, avec un accent sur la solvabilité, la stabilité et le contrôle des coûts. Selon l'explication de l'UEFA, les règles ont plusieurs objectifs : encourager les clubs à fonctionner sur la base de leurs propres revenus, protéger les créanciers, accroître la transparence, limiter les dépenses excessives et protéger à long terme la viabilité du football interclubs européen. Le CFCB est l'organe qui supervise l'application de ces règles, et ses décisions peuvent inclure des avertissements, des amendes, la retenue de revenus issus des compétitions de l'UEFA, des restrictions d'inscription de joueurs, des interdictions d'inscription de nouveaux joueurs, des exclusions de compétitions et d'autres mesures disciplinaires prévues par les règles.
La règle relative aux revenus du football examine les revenus et dépenses pertinents au cours de la période de surveillance, tandis que la règle relative aux coûts de l'effectif fixe une limite au ratio entre les dépenses sportives les plus sensibles et les revenus. Ces deux règles agissent ensemble. La première vise la stabilité globale de l'activité, tandis que la seconde vise le contrôle des coûts qui augmentent le plus rapidement dans le football professionnel. Un club peut disposer de revenus solides, mais si une part trop importante de ces revenus est consacrée aux salaires, aux transferts et aux commissions d'agents, il peut enfreindre la règle relative aux coûts de l'effectif. À l'inverse, un club peut être plus prudent dans ses coûts d'effectif, mais ne pas atteindre malgré tout l'objectif de revenus du football si la structure globale des revenus et des dépenses n'est pas durable.
Pour les supporters et le marché des joueurs, la conséquence la plus visible de ces règles réside souvent dans les restrictions lors des mercatos. Une restriction d'inscription sur la liste A ne signifie pas nécessairement qu'un club ne peut pas recruter des joueurs, mais elle peut signifier qu'il ne peut pas tous les inscrire aux compétitions de l'UEFA s'il ne remplit pas les conditions. Ainsi, une règle financière devient une question directement sportive : l'entraîneur et le secteur sportif doivent planifier l'effectif en sachant que le cadre réglementaire peut influer sur le nombre et le profil des joueurs disponibles pour les matches européens. Dans le cas de Marseille, cet élément est particulièrement souligné, car l'UEFA a explicitement mentionné une restriction de l'inscription de nouveaux joueurs pour la saison 2026/27.
Les revenus télévisés français comme circonstance atténuante, mais pas comme exemption
Une partie spécifique de la décision de l'UEFA concerne le contexte du football français. Lors de l'évaluation de Marseille, le CFCB a indiqué qu'il avait tenu compte de la baisse importante et inattendue des revenus des droits télévisés nationaux qui touche les clubs français lors de la saison 2025/26 et se poursuit lors de la saison 2026/27. Selon des rapports de médias internationaux et de publications spécialisées, la ligue professionnelle française a traversé ces dernières saisons une période instable liée aux droits audiovisuels nationaux, comprenant la résiliation ou la modification d'accords avec la plateforme DAZN et le passage à un autre modèle de distribution des matches de Ligue 1. L'UEFA n'a pas détaillé dans sa décision les contrats commerciaux, mais a cité la baisse des revenus nationaux comme une circonstance prise en considération lors de la détermination des mesures.
Cette circonstance a manifestement influencé le ton de la décision, mais elle n'a pas supprimé la responsabilité du club. Marseille a tout de même été sanctionné, a reçu une restriction d'inscription de joueurs et une menace conditionnelle d'exclusion s'il n'atteint pas l'objectif lors de la saison 2026/27. Cela montre comment le CFCB distingue les chocs externes du marché de l'obligation finale du club de s'adapter aux règles. Dans le football européen, les revenus des droits télévisés jouent un rôle clé dans la planification des budgets, des salaires et des transferts, mais le système de l'UEFA ne prévoit pas d'exemption automatique en raison de la baisse d'une source particulière de revenus. Au lieu de cela, le régulateur peut prendre cette circonstance en compte lors de la détermination de la sanction, tandis que le club doit toujours démontrer la viabilité de son activité.
Pourquoi la décision est importante pour le marché européen des clubs
Les décisions concernant Marseille, la Roma et les clubs qui sont sortis du régime de règlement interviennent à un moment où le football européen fait face à la hausse des salaires, à une forte inflation des indemnités de transfert et à des écarts croissants entre les ligues. Le système de viabilité financière de l'UEFA cherche à limiter le risque que la compétitivité sportive soit financée par des pertes non viables à long terme. Pour les grands clubs, les règles signifient que les investissements dans l'équipe doivent être alignés sur les revenus, les contributions des propriétaires et les écarts autorisés. Pour les clubs petits et moyens, elles devraient réduire la pression consistant à suivre le rythme financier de concurrents plus riches au prix de leur propre stabilité.
Le cas de Marseille montre qu'une sanction peut combiner un élément financier, sportif et conditionnel. Le cas de la Roma montre que même un dépassement plus léger d'un objectif intermédiaire peut entraîner des sanctions de plusieurs millions, surtout si la règle relative aux coûts de l'effectif a également été enfreinte. Les exemples de Milan, Monaco, Beşiktaş, Inter, PSG, Royal Antwerp et Trabzonspor montrent que les clubs peuvent sortir du régime de règlement s'ils remplissent les objectifs convenus. Pour l'UEFA, c'est l'occasion de montrer que le système ne vise pas seulement à sanctionner, mais aussi à ramener les clubs en conformité.
La Première chambre du CFCB a annoncé qu'elle continuerait de surveiller les clubs qui restent soumis à des accords de règlement pendant la saison 2026/27. Pour Marseille, cette période sera décisive, car le non-respect de l'objectif peut activer l'interdiction de participer à une compétition interclubs de l'UEFA pour laquelle le club se qualifierait autrement au cours des trois prochaines saisons. Pour la Roma, le prochain cycle de surveillance sera l'occasion de démontrer sa conformité aux objectifs intermédiaires et à la règle relative aux coûts de l'effectif. Pour le reste du marché européen, le message est clair : les règles financières passent de plus en plus de l'arrière-plan de la gestion au centre de la planification sportive, car elles influent sur les amendes, l'inscription des joueurs et l'accès aux plus importantes compétitions continentales.
Sources :
- UEFA – communiqué officiel sur l'évaluation des clubs soumis à des accords de règlement lors de la saison 2025/26 (lien)
- UEFA – aperçu du rôle de l'Instance de contrôle financier des clubs, de ses pouvoirs et des mesures disciplinaires possibles (lien)
- UEFA – explication du système de viabilité financière, de la règle relative aux revenus du football et de la règle relative aux coûts de l'effectif (lien)
- UEFA Documents – article 94 du Règlement de l'UEFA sur l'octroi de licence aux clubs et la viabilité financière pour 2025, avec la limite de 70 pour cent pour le ratio de coûts de l'effectif (lien)
- UEFA Documents – article 15 des règles de procédure du CFCB sur les accords de règlement et les conséquences de leur violation (lien)
- Reuters / The Star – dépêche d'agence sur les sanctions contre Marseille, la restriction de la liste A et le contexte des compétitions européennes (lien)