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Lomé au centre de l’aviation africaine: le Togo accueille AFCAC 2026 et un guide pratique pour voyager

Le Togo et Lomé attirent l’attention de l’aviation africaine avant AFCAC 2026, rendez-vous des dirigeants du secteur, investisseurs et décideurs. Ce guide explique ce que la conférence signifie pour les visiteurs, comment arriver par l’aéroport international, quand organiser le voyage, où concentrer son séjour en ville et pourquoi Lomé devient un carrefour aérien africain

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Lomé au centre de l’aviation africaine: le Togo accueille AFCAC 2026 et un guide pratique pour voyager Karlobag.eu / illustration

Le Togo se positionne comme un nouveau centre aérien africain avant la convention de l’AFCAC à Lomé

Du 15 au 19 juin 2026, le Togo accueillera l’African Air Transport Convention & Expo 2026, un événement continental qui réunira à Lomé plus de 500 participants issus de l’industrie aéronautique, des institutions publiques, du secteur financier et des organisations internationales. Selon les informations officielles de la Commission africaine de l’aviation civile, l’AFCAC, la convention est conçue comme une plateforme destinée à accélérer la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain, connu sous le nom de SAATM, ainsi qu’à renforcer la connectivité, les investissements dans les infrastructures et le développement durable du transport aérien sur le continent.

La réunion dans la capitale du Togo intervient à un moment où Lomé est de plus en plus mise en avant comme point de correspondance régional entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Selon les données de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma, 1 506 946 passagers sont passés par cet aéroport en 2024, soit environ six pour cent de plus que l’année précédente. La même source indique que l’aéroport est relié à 39 destinations, qu’il est desservi par 11 compagnies aériennes régulières et qu’environ 16 915 mouvements d’aéronefs ont été enregistrés.

Pour le Togo, l’organisation d’une telle réunion est plus qu’un accueil protocolaire. Dans l’annonce de l’événement, l’AFCAC indique qu’à Lomé seront discutés la libéralisation du ciel africain, la réduction des coûts du transport aérien, le développement de nouvelles routes, le fret aérien, les investissements dans les aéroports et la modernisation des services de navigation. Le Togo tente ainsi de se présenter comme un exemple pratique de pays qui, bien que plus petit sur le plan du marché que les grandes économies africaines, construit sa connectivité aérienne grâce à sa position, à ses partenariats et à son rôle de plateforme régionale.

Lomé comme scène du débat sur un ciel africain unique

Selon le site officiel de l’événement, l’African Air Transport Convention & Expo 2026 se tiendra à l’Hôtel 2 Février, au centre de Lomé, avec l’avantage logistique de la proximité de l’aéroport international, situé à environ quatre kilomètres du centre-ville. Les organisateurs indiquent que le programme durera cinq jours et comprendra des réunions politiques de haut niveau, des tables rondes ministérielles, des négociations bilatérales, une exposition industrielle, des rencontres d’affaires et des discussions d’experts. Pour les participants qui viennent dans la capitale du Togo, les offres d’hébergement à Lomé sont également particulièrement pertinentes, mais l’accent principal de l’événement n’est pas mis sur la visibilité touristique, mais sur les décisions réglementaires et d’investissement.

L’AFCAC annonce que la réunion rassemblera des décideurs issus des gouvernements, des autorités de l’aviation civile, des compagnies aériennes, des aéroports, des prestataires de services de contrôle du trafic aérien, des institutions financières, des secteurs de la maintenance aéronautique, des établissements d’enseignement et des entreprises technologiques. Dans l’annonce, l’AFCAC, la Commission de l’Union africaine, le Gouvernement du Togo, l’AfCFTA et l’AUDA-NEPAD sont mis en avant comme coorganisateurs, ce qui montre que le transport aérien est considéré comme une partie d’une politique continentale plus large d’intégration commerciale, de mobilité et de développement des infrastructures.

Le programme officiel prévoit que la première journée soit consacrée à la mise en œuvre du SAATM et à l’accessibilité financière du transport aérien. L’AFCAC indique que les discussions porteront sur le soutien politique à la libéralisation du marché, sur les coûts du transport aérien en Afrique ainsi que sur les taxes, redevances et frais qui influencent les prix des billets. La suite du programme prévoit des discussions sur le fret aérien, le développement des corridors de routes, la facilitation des voyages, les investissements dans les infrastructures, les carburants d’aviation durables, la technologie et le développement des ressources humaines.

Le SAATM est l’ossature du débat sur la connectivité de l’Afrique

Le Marché unique du transport aérien africain est l’un des projets phares de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Selon l’Union africaine, l’objectif du SAATM est de promouvoir la connectivité entre les capitales et d’autres destinations importantes en Afrique grâce à la création d’un marché unique du transport aérien, comme moteur de l’intégration économique du continent. L’AFCAC indique que ce mécanisme est lié à la décision de Yamoussoukro, c’est-à-dire au cadre de libéralisation de l’accès aux marchés du transport aérien entre les États africains.

Dans la pratique, le SAATM devrait faciliter l’ouverture de nouvelles routes et réduire les obstacles issus d’anciennes restrictions bilatérales. Selon l’AFCAC, l’objectif est d’accroître la connectivité intracontinentale, de soutenir le développement économique et de permettre aux compagnies aériennes de planifier plus facilement les vols en fonction de la demande du marché. Le débat à Lomé ne sera donc pas seulement technique : il concerne les prix des voyages, la compétitivité des compagnies aériennes africaines, le commerce de marchandises à forte valeur et l’accès aux marchés plus petits qui dépendent de meilleures liaisons avec les centres régionaux.

Les organisateurs annoncent également de possibles résultats concrets, parmi lesquels la déclaration ministérielle de Lomé, un cadre pour les taxes, redevances et frais, une plateforme de développement des routes africaines, des corridors prioritaires de fret et de commerce ainsi qu’une liste de projets d’infrastructure prêts pour des discussions avec les financeurs. Selon le programme officiel, l’alignement des accords bilatéraux de services aériens sur les dispositions de la décision de Yamoussoukro est également attendu, de même qu’un accord sur des étapes-cadres pour les carburants d’aviation durables et les carburants à faible teneur en carbone.

Pourquoi le Togo est entré dans le viseur de l’industrie aéronautique

Le Togo n’est pas le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest, mais il possède plusieurs éléments qui lui donnent un poids aéronautique supérieur à la taille de son marché intérieur. Lomé est située sur la côte du golfe de Guinée et dispose d’une position qui permet de relier l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale aux autres parties du continent. Le site officiel de l’aéroport souligne que l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma accueille un trafic croissant, et les données officielles sur plus de 1,5 million de passagers en 2024 montrent que le trafic se rétablit et s’élargit après une période de perturbations dans l’aviation mondiale.

Une partie importante de cette stratégie est liée au transporteur ASKY Airlines, qui a sa base à Lomé. Selon les données d’ASKY, le réseau de la compagnie couvre 30 destinations dans 28 pays d’Afrique de l’Ouest, centrale, orientale et australe, avec 336 vols par semaine et une moyenne de 24 000 passagers transportés chaque semaine. ASKY indique également que son réseau est organisé autour du hub de Lomé, qui se positionne progressivement comme une plateforme régionale, et que les correspondances sont alignées avec le réseau de son partenaire stratégique Ethiopian Airlines.

Un tel modèle explique pourquoi l’accueil de la convention de l’AFCAC a une valeur symbolique et pratique. Dans le transport aérien africain, ce qui est déterminant n’est pas seulement la taille d’un aéroport, mais la possibilité de créer des liaisons régulières, fiables et financièrement durables entre des marchés qui sont souvent insuffisamment reliés directement. Si de nouvelles étapes réglementaires sont convenues à Lomé et si une partie des projets d’investissement annoncés se transforme en plans réalisables, le Togo pourrait encore renforcer sa position de centre aérien intermédiaire pour la région élargie.

Coûts, redevances et infrastructures parmi les principaux défis

L’un des thèmes centraux de la convention sera le prix du transport aérien en Afrique. Dans le programme, l’AFCAC indique que les taxes, redevances et frais seront discutés en particulier, car ces coûts peuvent avoir une influence importante sur le prix final d’un billet d’avion. Dans de nombreux États africains, le transport aérien reste coûteux par rapport au pouvoir d’achat de la population, et une faible connectivité augmente souvent le temps de trajet et le nombre de correspondances, même entre des villes relativement proches.

Le deuxième grand défi concerne les infrastructures. Le programme de la réunion prévoit des discussions sur la manière de rendre les projets aéronautiques acceptables pour le financement, sur la préparation des projets d’investissement des aéroports et des prestataires de services de navigation, ainsi que sur la façon de relier le secteur public, les banques de développement et les investisseurs privés. L’AFCAC annonce que l’un des résultats devrait être une liste de projets prêts à l’investissement, ce qui signifie que l’on attend des participants davantage que des déclarations générales.

Le troisième domaine concerne le fret aérien et les corridors commerciaux. Selon le programme officiel, l’un des objectifs est d’aligner le développement des routes sur les chaînes de valeur de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’AfCFTA. C’est important parce que le fret aérien, bien que quantitativement inférieur au transport maritime ou routier, joue un rôle majeur dans le transport de marchandises de plus grande valeur, de médicaments, de produits frais et d’envois urgents. Une meilleure connectivité peut également aider les États qui ne disposent pas de compagnies aériennes nationales fortes s’ils sont intégrés aux réseaux régionaux.

Durabilité et capital humain dans le même ensemble que la libéralisation du marché

La convention de Lomé ne traitera pas seulement de l’ouverture du marché et des infrastructures. Selon le programme de l’AFCAC, une partie de la réunion est consacrée au transport aérien durable, à la résilience climatique, aux carburants d’aviation durables et aux carburants d’aviation à faible teneur en carbone. Les organisateurs annoncent des discussions sur les mesures-cadres, les investissements, les sources de matières premières, les partenariats et les conditions étatiques nécessaires au développement d’énergies plus propres dans l’aviation.

La question de la durabilité est particulièrement sensible pour les transporteurs africains parce que l’on attend d’eux une modernisation et une réduction de leur empreinte climatique, tandis qu’ils opèrent en même temps sur des marchés avec des capitaux limités, des flottes plus petites et des coûts opérationnels élevés. C’est pourquoi les discussions sur la durabilité seront probablement liées au financement, à la technologie et au soutien réglementaire, et pas seulement à des objectifs généraux de réduction des émissions. Si de telles discussions se transforment en cadre de projets, elles pourraient aider les aéroports et les transporteurs à accéder plus facilement aux instruments financiers internationaux.

Le programme comprend également l’innovation, les technologies numériques, les femmes, les jeunes et le développement des compétences dans le transport aérien. Selon l’AFCAC, l’objectif est de définir les priorités pour les futurs personnels, l’inclusion et l’adaptation technologique de l’industrie. C’est une partie importante du débat, car l’expansion des routes, des aéroports et des systèmes de contrôle aérien ne peut être durable à long terme sans pilotes, ingénieurs, contrôleurs, experts en sécurité, gestion d’aéroports et systèmes numériques.

Une réunion au poids politique et aux ambitions économiques

Le site officiel de l’événement indique que la convention se tient sous le haut patronage de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise. Selon le site officiel de la Présidence du Conseil, Gnassingbé a été investi dans cette fonction en 2025 après des changements institutionnels au Togo. Dans le contexte de la réunion de l’AFCAC, son rôle est présenté à travers l’accueil par un État qui veut montrer une infrastructure aéronautique, hôtelière et de conférence capable d’accueillir une grande réunion internationale.

Pour l’industrie aéronautique africaine, le soutien politique reste essentiel, car la libéralisation du transport aérien ne dépend pas uniquement des compagnies. Des décisions sont nécessaires de la part des gouvernements, des autorités de l’aviation civile, des régulateurs de la concurrence, des services de migration, des autorités douanières et des institutions financières. C’est pourquoi, selon le programme, à Lomé se réuniront, en plus des dirigeants de l’aviation et des investisseurs, des ministres, des régulateurs, des représentants d’organisations internationales et des experts en sécurité, infrastructures et commerce.

Les résultats annoncés de la réunion seront un test important pour savoir si l’idée ancienne d’un ciel africain unique peut être transformée en changements mesurables. Si, après la convention, il ne reste que des déclarations, l’effet sera limité. Si, cependant, des étapes concrètes sont convenues concernant les routes, les redevances, les accords, le financement et la durabilité, Lomé pourrait devenir l’un des lieux où la libéralisation aéronautique africaine a pris une forme plus opérationnelle.

Ce que la convention pourrait signifier pour les passagers et la connectivité commerciale

Pour les passagers finaux, la question la plus importante n’est pas le nom institutionnel de l’initiative, mais de savoir si les voyages à l’intérieur de l’Afrique deviendront plus simples, plus rapides et plus abordables. Selon l’Union africaine, le SAATM est conçu comme un instrument de renforcement de l’intégration du continent par la connectivité aérienne. Dans la pratique, cela signifierait davantage de routes directes, une meilleure fréquence des vols, moins de correspondances inutiles en dehors de la région et une concurrence plus forte, même si de tels effets ne peuvent pas être obtenus du jour au lendemain.

Pour l’économie, les attentes sont plus larges. Le transport aérien relie les centres d’affaires, permet des déplacements plus rapides des experts, soutient l’industrie des conférences et le tourisme et facilite l’exportation de marchandises pour lesquelles le délai de livraison est crucial. Dans le cas du Togo, le hub aérien de Lomé s’inscrit dans l’ambition plus large du pays d’être un point logistique et de services en Afrique de l’Ouest. Cela ne signifie pas que le succès est garanti, mais explique pourquoi la prochaine réunion de l’AFCAC est considérée comme un événement important pour le positionnement du pays.

Jusqu’au début de la convention le 15 juin 2026, les principales annonces resteront dans le domaine des attentes. Mais le programme officiel, le nombre de participants annoncés, le rôle de l’AFCAC en tant qu’agence spécialisée de l’Union africaine pour l’aviation civile et la croissance du trafic à l’aéroport de Lomé donnent à l’événement une signification plus large que celle d’un simple salon industriel. En juin, le Togo aura l’occasion de montrer si sa position de centre aérien régional peut devenir une partie d’une plus grande histoire africaine sur un transport aérien plus connecté, plus compétitif et plus durable.

Sources :
- AFCAC / African Air Transport Convention & Expo 2026 – informations officielles sur la date, le lieu, le programme, les participants, les résultats attendus et les organisateurs de l’événement (link)
- AFCAC – site officiel de la Commission africaine de l’aviation civile, rôle de l’AFCAC et lien avec le SAATM et la décision de Yamoussoukro (link)
- Union africaine – description officielle du Marché unique du transport aérien africain et de ses objectifs dans le cadre de l’intégration continentale (link)
- Aéroport International Gnassingbé Eyadéma – indicateurs officiels du trafic de l’aéroport de Lomé pour 2024, nombre de destinations, de transporteurs et de mouvements d’aéronefs (link)
- ASKY Airlines – données officielles sur le réseau de destinations, le nombre de vols, les passagers et le rôle du hub de Lomé (link)
- Présidence du Conseil de la République togolaise – données officielles sur la fonction de président du Conseil et sur Faure Essozimna Gnassingbé (link)

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