Voyages

Ryanair en Belgique menace de réduire ses vols: Ce que la taxe change pour Charleroi et Bruxelles

Ryanair affirme que la hausse de la taxe belge sur les billets d’avion pourrait entraîner la suppression de 20 lignes, le retrait de cinq avions à Charleroi et environ un million de sièges en moins l’hiver. Un guide pratique pour les voyageurs qui préparent des vols depuis la Belgique, avec les effets possibles sur les prix et les itinéraires

· 15 min de lecture
Partager
illustration IA: Ryanair en Belgique menace de réduire ses vols: Ce que la taxe change pour Charleroi et Bruxelles Karlobag.eu / illustration IA

illustration IA — cette image n'est pas une photographie réelle et ne représente pas un événement réel. Que signifie illustration IA ?

Ryanair menace de fortes réductions en Belgique en raison de l’augmentation des taxes sur les billets d’avion

Ryanair a de nouveau durci son différend avec les autorités belges au sujet de l’augmentation de la taxe sur l’embarquement des passagers dans les avions, annonçant qu’elle réduirait considérablement son offre en Belgique dans le programme de vols d’hiver 2026/2027 si le gouvernement fédéral ne renonce pas à la hausse de la redevance. Selon l’annonce du transporteur irlandais à bas coûts, la réduction prévue comprend environ un million de sièges en moins, la suppression de 20 lignes et le retrait de cinq avions de la base de Brussels South Charleroi Airport, qui est le principal point d’ancrage belge de la compagnie. Ryanair affirme que cette décision signifierait une réduction de son offre belge d’environ 22 pour cent ainsi que la perte d’un investissement que la compagnie estime à 500 millions de dollars américains. Selon les rapports de Belga News Agency et les données citées par la compagnie elle-même, sur les 20 lignes annoncées comme supprimées, 13 concerneraient Charleroi et sept Brussels Airport à Zaventem. La compagnie affirme que l’augmentation de la taxe accroîtra directement les coûts de voyage, réduira la compétitivité des aéroports belges et encouragera le redéploiement des avions vers des pays aux coûts plus faibles.

Le différend ne concerne pas seulement une seule décision commerciale de Ryanair, mais un débat belge plus large sur la manière de taxer le transport aérien à un moment de pression sur les finances publiques, d’obligations climatiques et de concurrence entre les aéroports européens. Le gouvernement fédéral belge considère l’augmentation de la taxe comme une partie d’un ensemble budgétaire et fiscal plus vaste, tandis que les compagnies aériennes avertissent que le coût sera finalement répercuté sur les passagers. Selon un aperçu de la loi-programme publié par KPMG, le parlement belge a approuvé le 29 mai 2026 un ensemble de mesures fiscales, et la loi a été publiée au Moniteur belge le 1er juin 2026. Dans cet ensemble, il est prévu qu’à partir du 1er janvier 2027, la taxe sur l’embarquement dans un avion soit uniformisée à 10 euros, avec des augmentations supplémentaires pour les vols plus courts en 2028 et 2029. La pression de Ryanair sur le gouvernement a ainsi pris une nouvelle dimension : la compagnie ne réagit désormais plus seulement à une annonce, mais à une mesure qui est entrée dans le cadre législatif, même si le débat politique sur sa possible révision n’est pas encore totalement clos.

Ce qui change dans la taxe belge sur l’embarquement

La Belgique a introduit la taxe sur l’embarquement des passagers dans les avions en 2022, et le montant a depuis varié selon la distance du vol. Selon les informations de l’administration fiscale belge SPF Finances, à partir du 29 juillet 2025, pour les vols de plus de 500 kilomètres, les anciens montants de deux et quatre euros ont été remplacés par un montant unique de cinq euros par passager, tandis que pour les vols jusqu’à 500 kilomètres le montant de 10 euros est resté en vigueur. La nouvelle loi-programme prévoit l’étape suivante : à partir du 1er janvier 2027, la taxe pour les passagers sur les vols de plus de 500 kilomètres passe de cinq à 10 euros. Pour les vols plus courts, qui sont déjà au niveau de 10 euros, une augmentation à 10,50 euros à partir du 1er janvier 2028 et à 11 euros à partir du 1er janvier 2029 est prévue, selon les explications d’experts fiscaux et les documents parlementaires disponibles.

Pour les passagers, une telle redevance n’est le plus souvent pas perçue comme une mesure politique distincte, mais comme une partie du prix total du billet. Les compagnies aériennes soulignent que la taxe est formellement payée par les transporteurs ou les opérateurs au moyen du système de déclaration et de perception, mais qu’en pratique elles peuvent l’intégrer dans le prix payé par le passager. Selon The Brussels Times, Brussels Airlines avait déjà indiqué précédemment qu’elle ne pouvait pas couvrir la taxe supplémentaire sur ses propres fonds et qu’elle devrait la répercuter sur les passagers. Airlines for Europe, organisation qui rassemble de grands transporteurs européens, a également critiqué l’augmentation belge, affirmant que de telles mesures touchent les familles, les voyageurs d’affaires et l’activité économique. D’un autre côté, les partisans de la taxation du transport aérien en Belgique et dans d’autres États européens associent souvent de telles redevances à des besoins fiscaux et à la politique environnementale, en particulier dans le cas de vols courts pour lesquels il existe des alternatives ferroviaires.

Il est important de distinguer la taxe fédérale de la mesure locale antérieure controversée à Charleroi. La Ville de Charleroi prévoyait fin 2025 d’introduire une redevance communale supplémentaire de trois euros par passager au départ de Brussels South Charleroi Airport, et selon Belga News Agency, les recettes annuelles attendues étaient d’environ 15 millions d’euros. Le gouvernement wallon a refusé le 5 février 2026 d’approuver cette mesure locale, indiquant qu’elle pourrait menacer la viabilité financière de l’aéroport et les intérêts économiques plus larges de la région. Selon Télésambre, la Ville de Charleroi a décidé en mars de ne pas introduire de recours, de sorte que cette taxe communale ne s’applique pas en 2026. Mais la suppression de la redevance locale n’a pas réglé le différend central, car la taxe fédérale sur l’embarquement reste le point clé du conflit entre Ryanair, l’aéroport et le gouvernement fédéral.

Ryanair affirme que le marché belge est devenu trop cher

Dans une annonce du 9 décembre 2025, Ryanair a indiqué que l’augmentation de la taxe à 10 euros par passager à partir de 2027 et la redevance communale alors prévue à Charleroi rendent la Belgique non compétitive par rapport à d’autres marchés européens. Le directeur commercial de la compagnie, Jason McGuinness, avait alors déclaré que les réductions concernaient le programme d’hiver 2026/2027, dont cinq avions de Charleroi et 20 lignes depuis des aéroports belges. Dans une annonce ultérieure d’avril 2026, Ryanair est allée plus loin et a demandé au Premier ministre Bart De Wever d’abolir immédiatement la taxe, affirmant qu’attendre une éventuelle révision estivale serait trop tard, car les compagnies aériennes finalisent leurs programmes pour l’hiver 2026 et l’été 2027 des mois à l’avance. Selon cette annonce, la compagnie met en garde contre la perte de plus de deux millions de sièges sur la période couvrant la saison d’hiver 2026 et la saison d’été 2027.

Charleroi est particulièrement important pour Ryanair, car il s’agit d’une base à partir de laquelle la compagnie a développé au fil des années un vaste réseau de destinations européennes. Selon Belga News Agency, Ryanair volait à l’hiver 2025/2026 de Charleroi vers 119 destinations et y avait 18 avions basés, tandis qu’elle proposait 11 destinations depuis Brussels Airport à Zaventem. L’annonce du retrait de cinq avions serait donc ressentie le plus fortement à Charleroi, non seulement par le nombre de sièges, mais aussi par la fréquence des vols, la disponibilité de certaines lignes et la pression sur les emplois liés aux services aéroportuaires. Ryanair affirme qu’une telle réduction menacerait des milliers d’emplois, mais le nombre d’emplois dépend directement de l’ampleur finale des réductions, des décisions commerciales de l’aéroport et des réactions d’autres transporteurs. Selon les informations disponibles, une liste officielle détaillée de l’ensemble des 20 lignes qui seraient supprimées n’a pas été publiée sous une forme permettant aux passagers de vérifier pleinement chaque route concernée.

Dans son argumentation, la compagnie s’appuie sur la logique du modèle à bas coûts, selon laquelle la base des avions, la fréquence des vols et un taux de remplissage élevé des sièges ne sont durables que si les coûts aéroportuaires et fiscaux sont bas. Ryanair avertit souvent que les avions peuvent être redirigés relativement rapidement vers des bases dans d’autres pays, tandis que les aéroports et les économies locales compensent plus difficilement la connectivité perdue. Dans le cas belge, la compagnie affirme que des opérations plus coûteuses conduiront à une offre moindre et à des prix de billets plus élevés, en particulier sur les lignes où il n’existe pas de forte concurrence. De telles affirmations doivent aussi être considérées comme une partie de la pression de négociation, car Ryanair a également utilisé publiquement, dans d’autres pays européens, des annonces de réductions pour contester des taxes, des redevances aéroportuaires ou des décisions réglementaires. Toutefois, en Belgique, le différend a pris une forme plus concrète, car les annonces de réductions sont liées à des saisons précisément indiquées, au nombre d’avions et à la baisse de capacité attendue.

Réactions en Belgique et position de l’aéroport de Charleroi

Les institutions belges ne sont pas unanimes dans l’évaluation des conséquences de l’augmentation de la taxe. Le gouvernement fédéral a inclus la mesure dans le paquet budgétaire, tandis que les autorités wallonnes et la direction de l’aéroport de Charleroi ont averti de dommages possibles pour la connectivité régionale. Selon un communiqué du cabinet de la ministre wallonne des Aéroports Cécile Neven, le gouvernement wallon, en rejetant la taxe communale de Charleroi, a souligné que l’aéroport est un outil économique stratégique pour la région. Le même communiqué indique que la taxe locale de trois euros par passager, bien qu’elle ne soit formellement pas imposée directement aux compagnies aériennes, toucherait le concessionnaire de l’aéroport et pourrait influer sur sa viabilité financière. Le gouvernement wallon a également indiqué qu’il souhaitait protéger l’emploi, l’activité économique et l’avenir du réseau aéroportuaire dans la région.

La direction de Brussels South Charleroi Airport a salué la décision du gouvernement wallon de ne pas confirmer la taxe locale, mais selon Télésambre elle a souligné que cela ne suffit pas si la taxe fédérale reste inchangée. L’aéroport a indiqué que Ryanair, tant que la mesure fédérale n’est pas modifiée, maintient son plan de retrait de cinq avions basés à partir de la saison 2026/2027. BSCA a dès lors demandé des discussions entre les niveaux fédéral et wallon du pouvoir, en expliquant que la prévisibilité des coûts et une image réglementaire claire avant la finalisation des programmes de vols sont importantes pour le secteur aérien. Selon des rapports locaux, le débat est particulièrement sensible, car Charleroi dépend d’une grande part du trafic à bas coûts et Ryanair est le transporteur dominant sur cet aéroport.

Au niveau fédéral, cependant, il n’y a actuellement aucune confirmation que l’augmentation sera retirée. Selon un rapport de Télésambre et Belga du 9 juin 2026, le ministre belge des Finances Jan Jambon a déclaré en commission parlementaire que les décisions concernant cette taxe, en ce qui le concerne, ont été prises et qu’il n’a pas l’intention de les modifier. Dans le même temps, selon le même rapport, il a ajouté que, dans le cadre du processus budgétaire, des propositions peuvent être soumises si des partis politiques souhaitent les ouvrir. Cette déclaration a encore réduit la marge de manœuvre pour un accord rapide, même si elle n’exclut pas la possibilité que la taxe réapparaisse dans les négociations politiques avant son entrée en vigueur le 1er janvier 2027. Pour Ryanair, le problème est que les échéances commerciales arrivent avant les échéances politiques : les programmes de vols, la base des avions et les ventes commerciales sont planifiés bien avant le début même de l’année fiscale.

Ce que la réduction signifierait pour les passagers

Si Ryanair met en œuvre les réductions annoncées, les passagers qui utilisent Charleroi et Brussels Airport pourraient être confrontés à un choix moindre de lignes directes, à des départs moins fréquents et à des prix plus élevés sur certaines routes. Les conséquences ne seraient pas les mêmes pour toutes les destinations. Sur les marchés où il existe plusieurs transporteurs ou une bonne alternative ferroviaire, la pression sur les prix pourrait être plus modérée. Sur les routes qui dépendent des vols à bas coûts, en particulier au départ de Charleroi, la perte de capacité pourrait être plus visible. Selon Ryanair, c’est précisément la mobilité des avions qui est essentielle : si les coûts en Belgique augmentent, la compagnie affirme pouvoir déplacer sa capacité vers des bases où elle attend un rendement plus élevé et une politique fiscale plus stable.

Pour les aéroports, l’effet est plus complexe que le seul nombre de passagers. Moins de sièges signifie moins d’utilisateurs potentiels des services aéroportuaires, des parkings, des commerces, de la restauration et des opérations au sol. Dans le cas de Charleroi, les conséquences possibles touchent aussi les fournisseurs locaux, la connectivité des transports et des emplois qui ne sont pas nécessairement directement employés par Ryanair. Selon les estimations présentées dans les médias belges par des représentants du secteur, le retrait d’avions peut avoir un effet plus large sur des centaines ou des milliers d’emplois directs et indirects, mais le nombre exact dépend de la décision finale de la compagnie et d’éventuelles opérations de remplacement par d’autres transporteurs. Pour les passagers, il est donc le plus important de suivre les annonces officielles des transporteurs et des aéroports, car les annonces de capacité ne signifient pas toujours automatiquement l’annulation de vols déjà achetés, mais elles peuvent influer sur la disponibilité de futures dates.

L’augmentation de la taxe soulève également la question de savoir dans quelle mesure les politiques fiscales et climatiques nationales peuvent être menées sans affaiblir la compétitivité des petits et moyens aéroports. En théorie, une taxe sur les vols courts peut encourager le passage au train là où il existe une liaison ferroviaire rapide et fiable. En pratique, le cas belge montre que les compagnies aériennes considèrent la taxe comme le coût total du départ depuis le pays, que le vol soit régional court ou européen plus long. Brussels Airlines, selon The Brussels Times, a souligné dans le débat l’importance d’une meilleure connexion ferroviaire avec Brussels Airport, car une alternative aux vols courts serait plus crédible si les passagers disposaient de liaisons simples et rapides vers l’aéroport et entre les grandes villes européennes. Le débat sur la taxe se transforme ainsi en une question plus large de politique des transports, et pas seulement en un différend entre une compagnie et le gouvernement.

L’issue dépend d’une décision politique et des échéances des compagnies aériennes

Au 13 juin 2026, les faits essentiels restent les suivants : l’augmentation fédérale de la taxe d’embarquement est prévue pour le 1er janvier 2027, la taxe locale de Charleroi de trois euros par passager pour 2026 a été arrêtée au niveau wallon, et Ryanair continue de lier l’ampleur future de ses activités en Belgique à l’issue finale de la mesure fédérale. Selon la compagnie, le programme de vols d’hiver 2026/2027 et les plans pour l’été 2027 ne peuvent pas attendre le dernier moment des négociations politiques. Selon les rapports belges, le ministre des Finances Jan Jambon ne montre pour l’instant aucune intention de retirer la taxe, tandis que les autorités wallonnes et l’aéroport de Charleroi cherchent une solution qui réduirait le risque pour la connectivité régionale et l’emploi. Dans ces circonstances, les passagers ne connaîtront pas immédiatement la liste finale des lignes concernées, mais ils peuvent déjà s’attendre à ce que le marché belge du transport aérien reste, dans les prochains mois, sous la pression des décisions politiques et des échéances commerciales.

Sources :
- Ryanair Corporate – annonce de la réduction prévue de capacité en Belgique, du retrait de cinq avions et de la suppression de 20 routes durant la saison d’hiver 2026/2027. (lien)
- Ryanair Corporate – appel ultérieur au Premier ministre belge pour qu’il abolisse immédiatement l’augmentation de la taxe fédérale sur le transport aérien en raison de la planification des programmes de vols d’hiver et d’été. (lien)
- Parlement belge – document de la loi-programme avec les modifications des montants de la taxe sur l’embarquement dans un avion. (lien)
- KPMG TaxNewsFlash – aperçu de la loi-programme belge adoptée, de la date de publication et de l’entrée en vigueur des mesures fiscales, y compris la taxe d’embarquement. (lien)
- SPF Finances Belgium – informations officielles sur le système DivTax et les changements de la taxe belge sur l’embarquement dans un avion à partir du 29 juillet 2025. (lien)
- Belga News Agency – rapport sur les réductions annoncées par Ryanair en Belgique, le nombre de lignes, d’avions et de sièges ainsi que le rôle de Charleroi et de Brussels Airport. (lien)
- Cabinet de la ministre wallonne Cécile Neven – communiqué sur la décision du gouvernement wallon de ne pas approuver la taxe communale de Charleroi de trois euros par passager. (lien)
- Télésambre / Belga – rapport sur la réaction de Brussels South Charleroi Airport après le blocage de la taxe locale et l’inquiétude concernant la taxe fédérale. (lien)
- Télésambre / Belga – rapport sur la position du ministre des Finances Jan Jambon selon laquelle il n’a pas l’intention de modifier la décision concernant la taxe d’embarquement. (lien)
- The Brussels Times – rapport sur les réactions des compagnies aériennes et les avertissements selon lesquels l’augmentation de la taxe pourrait être répercutée sur les passagers. (lien)

Remarque: Des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés lors de la préparation de ce contenu. Le contenu a été révisé par la rédaction avant publication.

Étiquettes Ryanair Belgique Charleroi Bruxelles taxe aérienne billets d’avion voyages vols low cost Brussels Airport

Newsletter — événements phares de la semaine

Un email par semaine: événements phares, concerts, matchs sportifs, alertes baisse de prix. Rien de plus.

Pas de spam. Désabonnement en un clic. Conforme RGPD.