La Formule 1 attend septembre pour décider du sort du Qatar et d’Abou Dabi, une deuxième course à Las Vegas écartée
LONDRES – La Formule 1 ne prendra pas avant la mi-septembre de décision définitive quant à la possibilité d’organiser comme prévu les Grands Prix du Qatar et d’Abou Dabi à la fin de la saison 2026. Le directeur général du championnat, Stefano Domenicali, a confirmé le 29 juillet que les deux courses restaient pour l’instant inscrites au calendrier officiel, mais aussi que la situation sécuritaire au Moyen-Orient serait déterminante pour leur avenir. Si l’évaluation des risques n’est pas suffisamment claire et favorable, le championnat s’achèverait sur des circuits européens, Imola figurant parmi les possibilités étudiées. Dans le même temps, l’idée de faire organiser à Las Vegas deux courses consécutives afin que la ville accueille la fin de saison a été abandonnée. La direction de la Formule 1 a estimé qu’une telle décision pourrait affaiblir la valeur de l’événement existant au Nevada et l’exposer à la concurrence directe du football américain pendant la période des fêtes.
Le Qatar et Abou Dabi restent confirmés, mais sans garantie définitive
Selon le calendrier officiel de la Formule 1, le Grand Prix du Qatar sur le circuit de Lusail est prévu du 27 au 29 novembre, tandis que la finale de la saison doit se dérouler à Abou Dabi du 4 au 6 décembre. Domenicali a souligné que les deux événements étaient actuellement confirmés et que, d’après les informations dont dispose l’organisation, les capacités de vente étaient déjà épuisées. Cela ne garantit toutefois pas que les courses auront lieu si les évaluations de sécurité concluent que le déplacement d’un grand nombre de personnes ainsi que le transport du matériel et du personnel technique ne sont pas acceptables. La Formule 1 entend donc utiliser presque tout le temps disponible avant de prendre une décision définitive, plutôt que de modifier trop tôt le calendrier avant de devoir l’adapter de nouveau. Une échéance située autour de la mi-septembre laisse aux organisateurs un peu plus de deux mois pour mettre en œuvre un plan alternatif avant le premier des week-ends finaux prévus.
Cette approche reflète la complexité d’une décision qui ne concerne pas uniquement l’organisation d’un événement sportif. Chaque Grand Prix implique le transport international des monoplaces, des pièces de rechange, du matériel des garages, des infrastructures télévisuelles et de centaines de membres des équipes, ainsi que des obligations distinctes pour les promoteurs, les fournisseurs, les services de sécurité et les autorités locales. En cas de changement de lieu, il faut coordonner l’homologation du circuit, les plans opérationnels, le programme télévisé, les contrats avec les sponsors, la vente des billets et les déplacements du public. Pour cette raison, la Formule 1 ne peut pas attendre les derniers jours précédant la course, mais souhaite en même temps éviter une décision qui pourrait se révéler prématurée. Domenicali a déclaré que le championnat suivrait l’évolution de la situation et ne déciderait que lorsqu’il estimerait disposer d’une vision suffisamment fiable.
La saison a déjà été modifiée en raison des annulations d’avril
L’incertitude entourant le Qatar et Abou Dabi prolonge les difficultés qui ont déjà touché le calendrier 2026. En mars, la FIA et la Formule 1 ont annoncé que les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auraient pas lieu en avril en raison de la situation dans la région. Aucun remplacement n’avait alors été immédiatement introduit, ce qui avait créé un grand vide dans le programme entre les manches japonaise et américaine. La course saoudienne est pour l’instant perdue pour le championnat de cette année, tandis qu’une solution inhabituelle a été trouvée pour Bahreïn. La Formule 1 et la FIA ont annoncé le 26 juillet que le Sepang International Circuit, en Malaisie, accueillerait du 2 au 4 octobre un événement portant le nom officiel de Grand Prix de Bahreïn en Malaisie.
Le retour de Sepang, qui avait accueilli la Formule 1 pour la dernière fois en 2017, a permis au championnat de récupérer l’une des deux courses d’avril. L’événement a été placé entre le Grand Prix d’Azerbaïdjan à Bakou et la course nocturne de Singapour, créant une intense séquence asiatique de trois week-ends sur une courte période. Le calendrier officiel compte désormais 23 courses, soit une de moins que les 24 initialement prévues, puisque la manche saoudienne n’a pas été réintégrée. La solution malaisienne montre jusqu’où la Formule 1 est prête à adapter l’identité traditionnelle d’une course afin de préserver l’ampleur de la saison, mais aussi à quel point une telle mesure dépend de la coopération des fédérations nationales, des promoteurs, de la FIA et des détenteurs de droits commerciaux. Domenicali a présenté cet accord comme une solution exceptionnelle, et non durable, à une situation de crise.
L’Europe est la seule solution de réserve réaliste pour la fin du championnat
Si le Qatar et Abou Dabi sont retirés du calendrier, Domenicali affirme que la Formule 1 ne cherchera pas de remplacement en Amérique du Nord, en Asie ou dans une autre région éloignée. La fin de la saison serait alors déplacée en Europe, où se trouvent davantage de circuits homologués, des infrastructures existantes et des voies logistiques plus courtes vers les bases de la majorité des équipes. Le directeur général a également évoqué les complications documentaires liées au passage du matériel par le Royaume-Uni depuis le Brexit, ce qui réduit encore le nombre de combinaisons réalisables dans un délai très court. Après la course de Las Vegas, prévue le 21 novembre, le week-end suivant du calendrier actuel est réservé au Qatar, tandis qu’Abou Dabi doit suivre seulement une semaine plus tard. Un tel rythme laisse peu de place à l’improvisation sur un autre continent.
Un remplacement européen ne serait néanmoins pas simple. Les courses organisées à la fin du mois de novembre ou au début du mois de décembre présentent un risque accru de basses températures, de pluie, de brouillard et même de neige sur certains sites, tandis que les journées plus courtes limitent le temps disponible pour les activités en piste sur les circuits ne disposant pas d’un éclairage permanent. Les organisateurs devraient rapidement garantir le personnel, les commissaires, les services médicaux, les transports, l’hébergement et un nombre suffisant de spectateurs afin que l’événement soit viable sur les plans opérationnel et commercial. Domenicali a toutefois rejeté l’hypothèse selon laquelle la météo européenne serait automatiquement moins favorable que les conditions à Las Vegas, où la course nocturne peut également se dérouler sous des températures très basses. Son message était que le risque météorologique existe, mais qu’il n’exclut pas à lui seul une finale européenne.
Imola est une option, mais aucune décision n’a encore été prise
Le lieu de réserve évoqué de la manière la plus concrète est l’Autodromo Internazionale Enzo e Dino Ferrari d’Imola. Domenicali, né dans cette ville italienne, a confirmé que le circuit figurait parmi les possibilités, tout en soulignant que rien n’était encore défini. Imola a fait partie du calendrier depuis le retour de la Formule 1 pendant la saison 2020 marquée par la pandémie jusqu’à la course de 2025, mais n’a pas été intégrée au programme régulier de 2026. Le circuit dispose d’infrastructures modernes et d’une expérience récente dans l’organisation d’un Grand Prix, ce qui le rend plus pratique qu’un site qui devrait être préparé presque à partir de zéro. En revanche, une date à cheval entre novembre et décembre serait inhabituelle pour une course dans le nord de l’Italie et nécessiterait une évaluation détaillée des conditions météorologiques.
Il n’a pas été officiellement confirmé si Imola remplacerait le Qatar, Abou Dabi ou seulement l’une de ces deux courses. Domenicali a évoqué plusieurs possibilités à l’étude, mais n’a pas souhaité promettre à l’avance un programme précis. La Formule 1 cherche à conserver le plus grand nombre possible de courses, mais la sécurité et la faisabilité auront la priorité sur l’objectif d’atteindre à tout prix les 24 événements initialement prévus. Différentes solutions sont donc envisageables : un remplacement européen et une saison de 22 courses, deux remplacements européens permettant de conserver le total actuel de 23, ou le maintien du Qatar et d’Abou Dabi si l’évaluation de la sécurité s’améliore. Pour l’instant, les seuls éléments certains sont que Las Vegas ne deviendra pas un double hôte et qu’en cas de retrait de la région du Golfe, le dernier chapitre du championnat s’écrira en Europe.
Pourquoi une deuxième course à Las Vegas a été écartée
L’idée d’un double week-end à Las Vegas est apparue comme une solution apparemment simple. La Formule 1 y dispose déjà de sa propre structure opérationnelle, de stands et d’un circuit urbain long d’un peu plus de six kilomètres, tandis que l’ensemble du matériel du championnat se trouvera de toute façon dans la ville pour la course du 19 au 21 novembre. Un événement supplémentaire pourrait réduire les coûts d’un déplacement vers un tout nouveau site et offrir une finale attrayante sur l’un des marchés les plus importants sur le plan commercial. Malgré ces avantages, Domenicali a confirmé que cette possibilité avait été étudiée puis abandonnée. La Formule 1 ne veut pas diluer l’exclusivité d’un événement qui, depuis son retour en 2023, a construit son identité autour d’une course nocturne le long du Las Vegas Strip, d’un accueil luxueux et d’un vaste programme de divertissement.
Le calendrier sportif américain joue également un rôle important. La semaine suivant le Grand Prix de Las Vegas correspond à la période de Thanksgiving, au cours de laquelle la National Football League attire traditionnellement une immense audience télévisée et occupe une grande partie de l’espace sportif, marketing et médiatique. Motorsport.com indique que plusieurs matchs de NFL sont prévus pendant cette période de fêtes, notamment des rencontres sur de grands marchés. La Formule 1 serait donc en concurrence non seulement pour les téléspectateurs, mais aussi pour l’attention des sponsors, les capacités hôtelières, les déplacements du public et les ressources locales. Domenicali a estimé qu’il serait insensé de compromettre la croissance du Grand Prix existant avec un week-end supplémentaire susceptible d’entraîner une demande plus faible ou une saturation du marché.
La décision s’inscrit dans la stratégie à long terme pour Las Vegas. En juin, la Formule 1 a annoncé la prolongation de son partenariat, selon laquelle les courses dans les rues de la ville devraient se poursuivre jusqu’en 2037, ce qui montre que l’organisation considère l’événement comme une plateforme permanente et non comme une réserve temporaire destinée aux situations de crise. C’est précisément pour cette raison que la direction du championnat souhaite préserver le sentiment de rareté et le caractère particulier d’un unique week-end annuel. Deux courses disputées sur la même configuration à quelques jours d’intervalle pourraient remplir le calendrier à court terme, mais également soulever des questions concernant la valeur des billets, le produit télévisuel et l’intérêt des partenaires. Entre une solution à court terme et la protection de la marque à long terme, la Formule 1 a choisi de préserver l’événement existant.
Le WEC a déjà déplacé sa finale hors de la région
En expliquant la situation, Domenicali a expressément mentionné le Championnat du monde d’endurance, dont la Formule 1 suit les décisions comme un indicateur important des conditions logistiques et sécuritaires. Le FIA WEC a annoncé le 28 juillet que les deux dernières courses de la saison, initialement prévues au Qatar et à Bahreïn, seraient organisées en Europe. Barcelone accueillera une course de six heures du 16 au 18 octobre, tandis que la finale a été transférée à Monza du 6 au 8 novembre. Cette décision ne signifie pas automatiquement que la Formule 1 doit suivre la même voie, car les dates, le nombre de participants, les contrats commerciaux et les protocoles de sécurité sont différents. Elle montre néanmoins qu’un autre grand championnat automobile mondial a déjà choisi une solution européenne pour la fin de l’année 2026.
La Formule 1 souhaite conserver sa propre échéance et ne pas se lier à l’avance à la décision du WEC. Le Qatar et Abou Dabi ont lieu plus tard que les courses du WEC initialement prévues, de sorte que la direction du championnat estime que les circonstances pourraient évoluer d’ici la fin du mois de novembre. Dans le même temps, les préparatifs d’une option de réserve doivent avancer en parallèle afin qu’un organisateur européen puisse réagir dès que la décision sera prise. Cela signifie que la mi-septembre n’est pas seulement une échéance politique ou sécuritaire, mais aussi le dernier point opérationnel après lequel il deviendrait de plus en plus difficile d’organiser correctement un Grand Prix de remplacement. Pour le public et les détenteurs de billets, l’essentiel est que le programme officiel n’a pour l’instant pas été modifié, mais que le statut des deux dernières courses reste conditionné par l’évaluation des risques.
Ce que la décision signifie pour la fin de saison et le calendrier 2027
Un éventuel changement de lieu pourrait également avoir un effet sportif direct. Le Qatar et Abou Dabi présentent des caractéristiques différentes de celles d’Imola ou des autres circuits européens : les courses s’y déroulent dans des conditions plus chaudes, sur des complexes larges et modernes, avec des configurations qui sollicitent différemment les pneus, les freins et l’aérodynamique. Le déplacement de la finale pourrait donc modifier les priorités techniques des équipes et la manière dont les pilotes abordent les dernières courses du championnat. Si la lutte pour les titres reste ouverte jusqu’en décembre, le choix du circuit pourrait devenir un facteur compétitif important, même si les règles et le système de points resteraient inchangés. La Formule 1 devra donc s’assurer que tout remplacement respecte les normes sportives et sécuritaires de la FIA et que toutes les équipes reçoivent à temps les mêmes informations opérationnelles.
L’incertitude s’étend également à la saison 2027, dont le calendrier définitif n’a pas encore été publié. Selon Domenicali, l’objectif reste un championnat de 24 courses, mais les projets concernant Bahreïn et les autres événements de la région dépendront de l’évolution de la situation sécuritaire. L’organisation dispose de davantage de temps pour l’année prochaine que pour la fin de la saison 2026, ce qui lui permet de préparer des scénarios alternatifs sans la pression immédiate du transport et de la vente des billets. Les changements de cette année montrent toutefois déjà que les risques géopolitiques peuvent rapidement remodeler un calendrier sportif mondial. Jusqu’à la mi-septembre, le Qatar et Abou Dabi restent les hôtes officiels, Imola demeure une possibilité de réserve, et la Formule 1 tente de maintenir un équilibre entre la sécurité, l’intégrité sportive et la stabilité commerciale.
Sources :
- Formule 1 – calendrier officiel de la saison 2026 avec les dates des courses de Las Vegas, du Qatar et d’Abou Dabi (lien)
- Motorsport.com – déclaration de Stefano Domenicali concernant l’échéance de la mi-septembre, une finale européenne, Imola et l’abandon d’une deuxième course à Las Vegas (lien)
- Sky Sports – détails supplémentaires sur les possibles remplacements européens, les contraintes logistiques et le statut du calendrier de 23 courses (lien)
- Formule 1 et FIA – confirmation officielle que Sepang accueillera du 2 au 4 octobre le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie (lien)
- FIA – annonce officielle confirmant que les courses de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’ont pas eu lieu en avril 2026 (lien)
- FIA WEC – décision officielle de déplacer les dernières courses du Qatar et de Bahreïn vers Barcelone et Monza (lien)
- Formule 1 – confirmation de l’accord à long terme selon lequel Las Vegas restera au calendrier jusqu’en 2037 (lien)
- Reuters / The Straits Times – article sur l’échéance de la décision, le statut d’Imola et l’objectif de 24 courses pour la saison 2027 (lien)