Les États-Unis survivent de justesse à l'Italie : le match le plus difficile des Américaines en Coupe du monde depuis près de deux décennies
L'équipe nationale féminine américaine de basket-ball est restée invaincue à la Coupe du monde 2026 à Berlin, mais face à l'Italie, elle n'a été qu'à un tir manqué d'une prolongation et de la possible interruption de l'une des séries les plus impressionnantes du basket-ball international. Les tenantes du titre se sont imposées 55:52 dans un match du groupe D disputé le 6 septembre à la Berlin Arena, obtenant ainsi leur deuxième victoire du tournoi et assurant leur qualification directe pour les quarts de finale. Selon les statistiques officielles de la FIBA, les États-Unis n'ont réussi que 29 pour cent de leurs tirs en jeu, n'ont inscrit qu'un seul de leurs 12 tirs à trois points et ont dû préserver leur avantage dans les dernières minutes face à une sélection revenue sur la scène mondiale après 32 ans d'absence. Malgré la défaite, l'Italie a eu une possession pour égaliser, mais la tentative à trois points de Cecilia Zandalasini au buzzer n'est pas entrée. Associated Press a qualifié cette rencontre de test le plus difficile des Américaines en Coupe du monde depuis près de deux décennies.
Grâce à cette victoire, les États-Unis ont porté leur série à 32 succès consécutifs en Coupe du monde, une série qui dure depuis la défaite contre la Russie en demi-finale en 2006. Associated Press indique qu'avant l'Italie, une seule sélection au cours de cette période avait terminé un match contre les Américaines avec un écart inférieur à dix points : l'Australie avait perdu de huit points en 2010. Cette fois, l'écart n'a été que de trois points et l'issue est restée totalement indécise jusqu'à la dernière seconde. Pour une sélection qui a remporté les quatre dernières Coupes du monde consécutivement et vise à Berlin un cinquième titre de suite, un tel scénario a constitué un rappel rarement observé : même une immense qualité individuelle ne garantit pas une soirée tranquille. La FIBA souligne par ailleurs que les États-Unis comptent 11 titres de champion du monde dans leur histoire, bien davantage que toute autre sélection.
D'une avance de 15 points à une incertitude totale
Le début du match ne laissait pas présager un tel suspense. Les États-Unis ont remporté le premier quart-temps 19:8 et, selon le suivi du score de la FIBA, leur plus grande avance a atteint 15 points. L'Italie ne s'est toutefois pas effondrée après son mauvais départ. Elle a réduit son retard dans le deuxième quart-temps, si bien que les Américaines sont rentrées aux vestiaires en tête 30:24. Après la pause, le rythme a complètement changé : Associated Press rapporte que l'Italie a commencé le troisième quart-temps par une série de 11:2 pour prendre l'avantage 35:32. Les États-Unis ont repris les devants 42:39 avant la fin de la période, mais n'ont ensuite plus réussi à imposer le contrôle que l'on attendait des tenantes du titre.
La défense italienne, en particulier sa zone 2-3 et ses rotations agressives, a privé les Américaines de l'espace nécessaire à leur rythme habituel en transition et les a contraintes à prendre un grand nombre de tirs difficiles. Les statistiques de la FIBA montrent que l'Italie a réussi 31 pour cent de ses tirs en jeu et les États-Unis 29 pour cent, de sorte que le match est resté presque constamment à un faible nombre de possessions et de points. Les Américaines ont affiché 34,1 pour cent à deux points et seulement 8,3 pour cent à trois points. L'Italie a elle aussi été très maladroite de loin, avec 13,3 pour cent à trois points, mais ce type de match convenait à l'outsider puisqu'il réduisait le nombre d'occasions dans lesquelles la profondeur de la rotation américaine aurait pu faire une grande différence. La FIBA a décrit la défense italienne comme la principale raison pour laquelle l'attaque américaine n'a jamais trouvé son rythme.
Dans le dernier quart-temps, l'Italie est allée encore plus loin. Selon le compte rendu d'Associated Press, les États-Unis étaient menés 50:48 à 4:29 de la fin, plaçant directement la sélection italienne au seuil de l'une des plus grandes surprises de l'histoire de la compétition. Les Américaines ont alors répondu par une série de 7:0. Breanna Stewart, qui avait manqué ses huit premiers tirs en jeu, a inscrit son premier panier pour donner l'avantage 51:50 aux États-Unis. Après avoir provoqué une faute offensive importante de l'Italie, Jackie Young a réussi un lay-up, puis Chelsea Gray a marqué un tir qui a porté l'avance américaine à 55:50. Matilde Villa a réduit l'écart à 55:52, après quoi les Américaines n'ont pas réussi à sécuriser définitivement leur victoire avec un panier supplémentaire, laissant ainsi à l'Italie la dernière possession.
Cecilia Zandalasini, meilleure marqueuse italienne de la soirée avec 14 points, a pris ses responsabilités dans les derniers instants. Sa tentative à trois points aurait pu envoyer la rencontre en prolongation, mais elle a manqué sa cible, et Breanna Stewart a pris le rebond qui a mis fin au match. La FIBA indique que plus de 9.000 spectateurs ont assisté à la rencontre ; les statistiques officielles recensent 9.232 spectateurs à la Berlin Arena. Le score par quart-temps illustre parfaitement à quel point le rapport de force a changé après le début : l'Italie a marqué 8, 16, 15 et 13 points, tandis que les États-Unis en ont inscrit 19, 11, 12 et 13. Après les 11 points d'avance américaine à l'issue de la première période, les 30 minutes restantes ont globalement été remportées par l'Italie avec huit points d'écart.
Le plus faible total de points en phase de groupes depuis 1971
Le chiffre 55 est particulièrement marquant dans le contexte de l'histoire américaine en Coupe du monde. Associated Press indique qu'il s'agit du plus faible total de points marqué par les États-Unis dans un match de phase préliminaire d'une Coupe du monde depuis 1971, lorsque l'équipe avait été limitée à 51 points contre la France. Dans une version actualisée de son compte rendu, la même agence précise également que 55 points constituent le plus faible total américain dans une victoire en Coupe du monde depuis 1967, année où les États-Unis avaient battu l'Australie 42:38. La FIBA a décrit le match contre l'Italie comme le plus faible total de points américain en Coupe du monde depuis l'introduction de la ligne à trois points en 1984. Les trois comparaisons mènent à la même conclusion : le match de Berlin a été extrêmement inhabituel pour une sélection qui, depuis des décennies, fixe les standards grâce à sa profondeur offensive et à sa domination physique.
Jackie Young a été la seule joueuse américaine à atteindre les dix points et a terminé la rencontre avec 10 points, ce qui lui a valu d'être désignée joueuse du match par la FIBA. Elle a été particulièrement importante dans la fin de rencontre, lorsque chaque possession pouvait faire basculer le résultat. Paige Bueckers a enregistré le meilleur indice d'efficacité de l'équipe américaine selon le boxscore de la FIBA, tandis que l'ensemble de l'équipe est resté offensivement très loin du niveau affiché seulement deux jours plus tôt contre la Chine. Caitlin Clark, qui avait compilé 14 points et 11 passes décisives lors du premier match contre la Chine, n'a inscrit aucun tir en jeu face à l'Italie et a terminé avec un seul point. La défense américaine et l'expérience dans les moments décisifs ont néanmoins suffi à éviter la défaite.
Le contraste avec le premier match du tournoi a été saisissant. Le 4 septembre, les États-Unis avaient battu la Chine 94:61 avec 45 pour cent de réussite aux tirs en jeu, et Clark avait figuré parmi les joueuses les plus en vue pour ses débuts dans une Coupe du monde senior. Contre l'Italie, l'attaque américaine a inscrit pas moins de 39 points de moins. Une telle différence en seulement deux jours montre à quel point l'approche italienne a modifié la nature du match et combien l'adaptation à différents styles est importante dans un format de tournoi court. Après la rencontre, la sélectionneuse américaine Kara Lawson a souligné qu'une équipe devait savoir gagner de différentes manières dans une grande compétition et a reconnu que son équipe n'avait pas évolué à son niveau habituel.
Reuters a relayé l'analyse de Lawson, selon laquelle il s'agit probablement de la Coupe du monde la plus difficile à remporter en raison de la profondeur et de la qualité croissantes des sélections adverses. La sélectionneuse américaine a souligné qu'un nombre grandissant d'équipes peuvent désormais faire entrer depuis leur banc des joueuses capables de modifier le cours d'un match. La rencontre contre l'Italie a fourni un exemple concret de ce processus plus large. Les États-Unis disposent toujours du réservoir le plus profond de basketteuses d'élite et conservent leur statut de grandes favorites, mais l'écart entre les favorites et leurs principales rivales ne peut plus être considéré comme acquis à chaque match. Cela s'était également vu aux Jeux olympiques de Paris 2024, lorsque les États-Unis avaient battu la France seulement 67:66 en finale.
L'Italie confirme que son retour après 32 ans n'est pas symbolique
Pour l'Italie, la défaite a eu presque l'effet inverse de celui que pourrait suggérer le score final. La sélection est revenue en Coupe du monde pour la première fois depuis 1994 et a déjà montré lors de ses deux premiers matchs qu'elle n'était pas venue simplement célébrer son retour. Lors de la première journée, le 4 septembre, elle a battu la Tchéquie 63:54, ce qui constituait selon la FIBA la première victoire italienne en Coupe du monde depuis plus de trois décennies. Avant Berlin, le dernier succès de l'Italie remontait à 1994 contre le Japon lors du match pour la 11e place. La FIBA indique qu'il s'agit de la sixième participation de l'Italie à une Coupe du monde, son meilleur résultat historique restant la quatrième place obtenue en 1974.
Le retour de l'Italie à Berlin a été obtenu grâce au tournoi de qualification disputé à San Juan en mars 2026. Les données de la FIBA montrent que l'Italie y a terminé avec un bilan de 4-1 et pris la deuxième place derrière les États-Unis. Lors de leur confrontation directe, les Américaines s'étaient imposées 93:59, soit avec 34 points d'écart. Moins de six mois plus tard, cet écart a été réduit à seulement trois points, dans un match où l'Italie a bénéficié du dernier tir pour tenter d'arracher une prolongation. Cette progression explique davantage encore pourquoi la prestation de Berlin a été perçue comme la preuve que la sélection italienne peut rivaliser d'égal à égal avec les meilleures.
Après le match, Zandalasini a déclaré qu'elle était fière de l'équipe et que le public italien aurait lui aussi des raisons d'être fier. Dans le compte rendu de la FIBA, elle a souligné que la sélection avait attendu 32 ans avant de revenir sur cette scène et qu'elle avait montré face aux États-Unis qu'elle y avait sa place. Les Italiennes ont alterné défense de zone, changements et différents matchups défensifs, mais Zandalasini a particulièrement insisté sur l'énergie et la solidarité. Cette approche était également visible dans les statistiques : même si l'Italie n'a pas été efficace au tir, elle est restée suffisamment disciplinée pour transformer chaque erreur américaine en pression sur le score.
Le contexte de la progression italienne au cours des deux dernières années est également important. La FIBA rappelle que la sélection a remporté la médaille de bronze à l'EuroBasket 2025 avant d'assurer sa qualification pour Berlin lors des qualifications pour la Coupe du monde grâce à une victoire 68:56 contre l'Espagne. Des joueuses comme Zandalasini, Lorela Cubaj et Matilde Villa incarnent cette continuité, tandis que le sélectionneur Andrea Capobianco a obtenu contre les États-Unis la confirmation que son équipe pouvait contrôler le tempo même face à l'effectif le plus profond du tournoi. Une défaite de trois points ne modifie donc pas le classement en faveur de l'Italie, mais elle change considérablement la perception de son potentiel.
Les Américaines déjà en quarts de finale, un match crucial attend l'Italie
Le dénouement du groupe D a encore renforcé l'importance de la victoire américaine. Plus tôt le 6 septembre, la Chine avait battu la Tchéquie 74:70 après prolongation, de sorte que les Américaines, en s'imposant contre l'Italie, ont assuré la première place grâce aux confrontations directes dans tous les scénarios possibles de la dernière journée et obtenu leur qualification directe pour les quarts de finale. Le format de la FIBA pour la Coupe du monde 2026 comprend quatre groupes de quatre sélections. Les vainqueurs de groupe se qualifient directement pour les quarts de finale, les équipes classées deuxièmes et troisièmes disputent des matchs supplémentaires pour accéder aux huit dernières places, tandis que les dernières de chaque groupe sont éliminées.
La Coupe du monde 2026 se déroule à Berlin du 4 au 13 septembre, et la FIBA a élargi le tournoi final à 16 sélections pour cette édition. La phase finale s'enchaîne rapidement : les matchs de qualification pour les quarts de finale ont lieu les 8 et 9 septembre, les quarts de finale le 10 septembre, les demi-finales le 12 septembre, puis le match pour la troisième place et la finale le 13 septembre. Les États-Unis terminent leur phase de groupes contre la Tchéquie le 7 septembre, tandis que l'Italie affronte la Chine le même jour. Pour les Américaines, cette dernière journée sera l'occasion de stabiliser leur attaque avant la phase à élimination directe, alors que pour l'Italie, le résultat contre la Chine déterminera son classement et son parcours pour la suite du tournoi.
L'effectif américain présent à Berlin n'est par ailleurs pas identique à celui qui avait été annoncé initialement. Avant la compétition, la FIBA a annoncé que Sonia Citron et Kiki Iriafen avaient été appelées pour remplacer A'ja Wilson et Kelsey Plum, forfaits pour des raisons de santé. Malgré ces absences, l'équipe compte toujours plusieurs médaillées olympiques et mondiales, ainsi qu'une nouvelle génération comprenant Clark, Bueckers et Angel Reese. C'est précisément pour cette raison que le match contre l'Italie est si significatif : il n'a pas montré que les États-Unis avaient cessé d'être favoris, mais qu'une sélection disposant même d'une profondeur exceptionnelle peut être poussée au bord de la défaite lorsqu'un adversaire réussit à imposer son rythme défensif, ralentir les transitions et la contraindre à prendre de mauvais tirs.
Pour les tenantes du titre, le résultat essentiel reste néanmoins la victoire. Dans un tournoi où il n'y a pas de place pour l'erreur, les États-Unis ont survécu à une soirée au cours de laquelle presque rien n'a fonctionné en attaque et ont géré les dernières possessions grâce à l'expérience de Stewart, Young et Gray. Pour l'Italie, la rencontre est devenue la confirmation que son retour parmi l'élite mondiale représente davantage qu'une simple note historique. L'écart entre deux équipes séparées de 34 points en mars s'est réduit à Berlin à un seul tir. Si cette tendance se poursuit pendant le reste de la compétition, ce 55:52 pourrait rester dans les mémoires non seulement comme la victoire américaine la plus difficile en Coupe du monde depuis deux décennies, mais aussi comme l'un des matchs ayant montré à quel point la concurrence s'est renforcée dans le basket-ball féminin.
Sources :
- FIBA - feuille de match officielle et statistiques du match Italie - États-Unis, score, quarts-temps, pourcentages aux tirs et affluence (lien)
- FIBA - compte rendu de la victoire 55:52 des États-Unis et de la défense italienne, de Jackie Young et du dernier tir de Cecilia Zandalasini (lien)
- Associated Press / Local 10 - contexte historique de la série de 32 victoires, total de points historiquement bas et détails de la fin de match (lien)
- FIBA - retour de l'Italie en Coupe du monde après 1994 et victoire contre la Tchéquie lors de la première journée (lien)
- FIBA - format de la Coupe du monde 2026, calendrier de la phase finale et élargissement du tournoi à 16 sélections (lien)
- FIBA - match de qualification États-Unis - Italie 93:59 à San Juan en mars 2026 (lien)
- FIBA - changements dans l'effectif américain avant le tournoi, arrivées de Sonia Citron et Kiki Iriafen à la place d'A'ja Wilson et Kelsey Plum (lien)
- FIBA - feuille de match officielle de la rencontre États-Unis - Chine 94:61 et contexte statistique du début de tournoi américain (lien)
- FIBA - réaction de Cecilia Zandalasini après le match contre les États-Unis et description de l'approche défensive italienne (lien)
- FIBA - parcours de l'Italie en qualifications et victoire 68:56 contre l'Espagne ayant confirmé sa qualification pour Berlin (lien)
- Reuters / 101.9 Jack FM - déclaration de Kara Lawson sur la compétitivité croissante et la difficulté de la Coupe du monde 2026 (lien)