Nicosie réunit en février les leaders européens de la durabilité : Chypre place le « tourisme de demain » au centre du débat
Début 2026, Chypre souhaite raconter plus clairement l'histoire cruciale pour son économie : comment l'île peut s'appuyer sur le tourisme tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles, en prolongeant la saison et en répartissant plus équitablement les bénéfices au profit des communautés locales. Dans ce contexte, Nicosie accueillera le 27 février 2026 une conférence européenne consacrée au tourisme durable, « The Tourism of Tomorrow at the Heart of Europe », qui se tiendra au Filoxenia Conference Centre. L'événement est organisé par la Cyprus Sustainable Tourism Initiative (CSTI) à l'occasion de ses 20 ans d'existence, et la conférence se déroule sous l'égide de la présidence chypriote du Conseil de l'Union européenne au cours du premier semestre 2026.
Bien que Chypre soit souvent perçue par le public comme une destination méditerranéenne typique de « soleil et mer », la politique touristique nationale souligne de plus en plus ouvertement, ces dernières années, un virage vers la qualité, la durabilité et une offre disponible toute l'année. Nicosie, en tant que centre administratif et culturel, acquiert ainsi le rôle de lieu de rencontre entre la politique, l'expertise et les initiatives locales, tandis que le tourisme de conférence et les contenus urbains deviennent un outil important pour briser la saisonnalité. Pour les visiteurs venant au rassemblement et aux programmes d'accompagnement, des informations pratiques sur l'arrivée et le séjour seront également disponibles via des
offres d'hébergement à Nicosie, notamment dans les zones bien reliées aux infrastructures de conférence.
Pourquoi maintenant : la présidence de l'UE et les pressions sur les destinations méditerranéennes
Chypre assure du 1er janvier au 30 juin 2026 la présidence du Conseil de l'Union européenne, ce qui donne à l'État une visibilité politique accrue, mais aussi la responsabilité d'ouvrir des thèmes qui sont des priorités européennes. Le tourisme figure parmi les secteurs qui, au sein de l'UE, ressentent fortement les effets du changement climatique, les évolutions de la demande, la transition énergétique et la nécessité d'adapter les infrastructures, alors que les destinations méditerranéennes sont en plus surchargées par des chaleurs extrêmes, des risques de sécheresse et la sensibilité des écosystèmes côtiers.
C'est précisément pourquoi la conférence de Nicosie n'est pas conçue comme un événement protocolaire, mais comme un lieu de débat sur la résilience des destinations touristiques : comment planifier la mobilité, comment réduire les déchets et le plastique, comment protéger la mer, et comment le tourisme peut rester une source de revenus sans effondrer les fondements naturels et sociaux sur lesquels il repose. Les organisateurs annoncent une fusion des perspectives locales et internationales, et un tel format correspond à la position chypriote : l'île dépend simultanément de la demande internationale et doit résoudre des problèmes locaux très concrets, de la gestion de l'eau à la protection des côtes.
20 ans de CSTI : du partenariat à une plateforme pour les politiques et projets
La CSTI a été fondée en 2006 comme une initiative indépendante née d'un partenariat entre le secteur privé, des associations et des acteurs publics, avec un accent mis sur la durabilité et la gestion responsable des destinations. Le vingtième anniversaire donne un poids supplémentaire au message selon lequel la durabilité n'est pas une tendance éphémère, mais un travail de longue haleine qui nécessite une mesure des impacts, de l'éducation, du financement et des changements dans la pratique des entreprises touristiques.
Dans la logique programmatique de la rencontre, le lien entre la politique et les solutions opérationnelles est particulièrement souligné. Le tourisme est souvent réduit dans les débats publics au nombre d'arrivées et de nuitées, mais la conférence de Nicosie part de l'idée que la qualité de l'expérience du visiteur est liée à la qualité de vie des habitants locaux. Cela inclut la préservation du patrimoine culturel, l'accessibilité de l'espace public, la gestion du trafic et la pression sur l'environnement. En ce sens, les organisateurs positionnent la conférence comme un forum européen où l'on tente d'harmoniser l'intérêt de l'industrie, des communautés locales et des régulateurs.
Qu'est-ce qui est sur la table : plastique, espèces invasives, transport et ressources « bleues »
Selon le programme publié, la conférence couvre des thèmes de plus en plus importants dans le tourisme méditerranéen. Une session spéciale est consacrée à la pollution plastique et aux espèces invasives, en mettant l'accent sur la manière dont la dégradation de l'environnement marin affecte directement l'offre touristique. Dans les discussions, l'exemple de la rascasse volante (lionfish) est également mentionné comme une espèce invasive qui modifie les écosystèmes et peut influencer le tourisme de plongée et côtier, un sujet qui s'ouvre de plus en plus fréquemment ces dernières années en Méditerranée orientale.
Un autre bloc fort concerne le transport durable et le tourisme en Europe, ce qui est crucial pour les destinations dépendantes des liaisons aériennes, mais qui doivent simultanément réduire leurs émissions. Des discussions sur la « perspective européenne » et la coopération autour des politiques maritimes sont également prévues au programme, ce qui est pertinent pour les îles vivant du littoral, de la baignade et de la récréation marine. Dans de tels débats, le tourisme est considéré comme faisant partie d'un système plus large : sans une mer saine, un littoral et des infrastructures adéquates, il n'y a pas d'économie touristique stable à long terme.
Pour les participants et les invités prévoyant de rester plus longtemps et de découvrir la ville, il est particulièrement utile de vérifier à l'avance
l'hébergement à proximité du lieu de la conférence, car Nicosie est sensible aux pics de demande lors de grands événements, et le tourisme de conférence devient un segment de plus en plus important de son offre.
Qui vient : un mélange de politique, d'industrie et de protection de la nature
Le programme et les annonces des organisateurs indiquent que la conférence souhaite réunir différents niveaux de décision. Des interventions et des panels avec des représentants des institutions européennes, des autorités chypriotes, des aéroports et du secteur touristique, mais aussi d'organisations internationales s'occupant de la conservation de la nature et des normes de durabilité, ont été annoncés. Dans une telle configuration, l'ambition clé est de discuter, au-delà des « grands mots », de la mise en œuvre : comment les autorités locales peuvent introduire des pratiques durables, comment le secteur hôtelier peut réduire les déchets et la consommation de ressources, et comment les normes et obligations peuvent être mesurées et suivies.
Dans le programme lui-même, deux panels sont mis en avant : la « perspective locale » et la « perspective internationale ». Une telle structure reflète la réalité du tourisme à Chypre : une partie du problème est résolue localement, via les infrastructures communales, la gestion de l'espace et le management de destination, tandis qu'une partie des solutions s'appuie sur les politiques européennes, les financements et les normes communes. En même temps, l'industrie recherche un cadre prévisible permettant des investissements, notamment dans les projets d'efficacité énergétique, d'économie circulaire et de transformation des produits vers une offre disponible toute l'année.
La durabilité comme question économique : tourisme à l'année et résilience aux crises
Les autorités chypriotes et le secteur soulignent de plus en plus fréquemment ces dernières années la nécessité de développer le tourisme en dehors du pic de la saison estivale. Les débats publics soulignent qu'un modèle reposant exclusivement sur le volume n'est pas stable dans un monde de chocs climatiques et géopolitiques, et que la croissance durable doit inclure la protection de la nature et le soutien aux communautés locales. Le contexte européen renforce encore cette logique : l'UE lie de plus en plus la compétitivité du tourisme à la durabilité, à la numérisation et à la qualité des emplois, et les destinations qui ne s'adaptent pas risquent une baisse de réputation et une augmentation des coûts.
Dans ce tableau, Nicosie acquiert une nouvelle fonction. En tant que ville qui n'est pas une destination « balnéaire » typique, elle peut proposer des contenus culturels, de la gastronomie, des musées, des événements et des conférences tout au long de l'année. C'est également important pour un développement plus équilibré de l'île : quand le tourisme ne dépend pas seulement du littoral, l'intérieur des terres et les localités plus petites peuvent également ressentir davantage de bénéfices, notamment via le lien avec les producteurs locaux et les itinéraires thématiques.
Si vous prévoyez de venir pour la conférence ou dans le cadre d'un voyage plus large sur l'île, il est judicieux de regarder
l'hébergement pour les visiteurs à Nicosie et d'organiser en conséquence la visite de la ville et des excursions d'une journée, car Nicosie est souvent utilisée comme base pour explorer d'autres parties de Chypre.
Eau, déchets et énergie : là où la durabilité se transforme en problème opérationnel
La durabilité dans le tourisme en Méditerranée n'est pas seulement une étiquette « verte », mais aussi une question d'infrastructure de base. Chypre a averti à plusieurs reprises que le pic de demande estival, couplé à des périodes plus sèches, crée une pression sur l'approvisionnement en eau. Dans ces circonstances, la croissance du tourisme peut accroître la vulnérabilité du système, c'est pourquoi on parle de plus en plus d'investissements dans le dessalement, la rénovation du réseau et une gestion plus efficace de la consommation. Pour le secteur touristique, cela signifie que la durabilité devient une partie du risque commercial : sans eau et énergie stables, la qualité du service et la sécurité des opérations sont remises en cause.
Il en va de même pour les déchets, en particulier le plastique. Les côtes méditerranéennes sont parmi les plus exposées aux déchets marins, et les produits touristiques génèrent souvent une part importante de plastique à usage unique. La Global Tourism Plastics Initiative, soutenue par UN Tourism, vise à éliminer les plastiques problématiques et inutiles et à encourager les solutions circulaires dans la chaîne de valeur touristique. C'est précisément pour cela qu'il n'est pas fortuit qu'une discussion sur le plastique soit introduite au programme de la conférence de Nicosie : il s'agit d'un thème qui concerne simultanément l'environnement, les coûts, la logistique et la réputation de la destination.
Le dilemme clé : comment mesurer les progrès et éviter le « marketing vert »
L'un des plus grands défis du tourisme durable en Europe est la différence entre les déclarations et la pratique. Les destinations et les entreprises annoncent de plus en plus souvent des plans climatiques, la réduction des déchets et la protection de la nature, mais sans indicateurs clairs, les progrès restent difficiles à vérifier. La CSTI souligne dans ses documents la nécessité de plans et d'activités mesurables dans le tourisme, et dans le contexte européen, de plus en plus d'initiatives demandent un reporting régulier et une comparabilité des données. Ce n'est pas une formalité administrative : sans mesure des émissions, de la consommation d'énergie et des déchets, il est difficile de gérer les changements, et le public reconnaît de plus en plus vite quand la durabilité n'est utilisée que comme une couche marketing.
La conférence prend donc un sens supplémentaire en tant que lieu où l'on tente de s'accorder sur le « langage » de la durabilité : qu'est-ce qui est réaliste, quelle est la priorité, qui paie la transition et comment inclure les petits entrepreneurs. Chypre a un intérêt spécifique dans ce débat car l'économie insulaire est dépendante des tendances internationales, mais aussi suffisamment compacte pour que des projets pilotes puissent montrer un effet relativement rapidement, notamment en collaboration avec les autorités locales et les grands systèmes hôteliers.
Nicosie comme exemple type : une ville qui construit son identité par le tourisme hors saison
Au niveau régional, Nicosie s'efforce de renforcer sa position en tant que destination urbaine durable, ce qui inclut le développement de l'espace public, une meilleure connectivité avec les environs et le renforcement du segment culturel et des congrès. Des déclarations de responsables chypriotes ont précédemment souligné que la capitale peut relier le tourisme urbain et rural et offrir un réseau d'expériences qui ne repose pas sur le pic estival. C'est également important pour l'image de marque de Chypre en tant que destination offrant plus que des plages, et pour les voyageurs, cela signifie un plus grand choix de contenus pendant les périodes où le littoral est plus calme.
Pour une telle transformation, l'« expérience du visiteur » est également cruciale : la durabilité se voit en pratique à travers la disponibilité des transports publics, la propreté, la réduction du bruit et des déchets, ainsi qu'à travers des programmes authentiques incluant les producteurs locaux et les institutions culturelles. C'est précisément pourquoi le thème de la conférence – le tourisme de demain – prend à Nicosie une dimension très concrète : la ville veut montrer que la durabilité peut se traduire par un séjour de meilleure qualité, et non par une charge supplémentaire.
À quoi s'attendre après la conférence
Selon les informations disponibles, la conférence est conçue comme une plateforme censée encourager de nouveaux projets et collaborations, et non comme un événement ponctuel. Dans le contexte européen, c'est un message important : le tourisme durable demande de la continuité et une coordination entre les niveaux de gouvernement, l'industrie et la société civile. Chypre, en tant qu'État exerçant la présidence au premier semestre 2026, dispose d'un espace supplémentaire pour pousser les thèmes de la durabilité et de la résilience du tourisme dans les débats européens, et Nicosie en tant qu'hôte a l'opportunité de consolider sa réputation de ville de conférence où l'on parle sérieusement de tourisme – à travers des politiques, des plans et des mesures applicables.
Pour Chypre, l'enjeu est de taille : le tourisme est l'un des secteurs économiques clés, et la croissance future dépendra de la capacité à protéger les ressources naturelles, à réduire la saisonnalité et à accroître la qualité de l'offre. La conférence au Filoxenia, avec un accent mis sur le plastique, la mer, le transport et la résilience, montre que le « tourisme de demain » ne peut plus être planifié sans bilans environnementaux et sociaux, et que les destinations qui seront les premières à harmoniser l'intérêt de l'industrie et de la communauté auront un avantage certain.
Sources :- CSTI – annonce de la conférence européenne « European Conference on Sustainable Tourism: Celebrating 20 Years of CSTI Leadership in Sustainability (2006–2026) » avec date et lieu (lien)
- CSTI – programme officiel de la conférence (Filoxenia Conference Centre, 27 février 2026 ; sessions thématiques et panels) (lien)
- Conseil de l'UE (Consilium) – page officielle sur la présidence chypriote du Conseil de l'UE (1er janvier – 30 juin 2026) (lien)
- Secretariat of the Cyprus Presidency of the Council of the EU 2026 – confirmation que Chypre préside au premier semestre 2026 (lien)
- UN Tourism – Global Tourism Plastics Initiative (objectifs de l'initiative et cadre pour la réduction du plastique dans le tourisme) (lien)
- CSTI – Action Plan for Climate Action in Tourism 2025 (plan et approche pour l'action climatique dans le tourisme) (lien)
- EU Tourism Platform – Chypre 2025 Tourism Action Plan (lien avec la Stratégie Nationale du Tourisme 2035 et l'objectif du tourisme à l'année) (lien)
- Cyprus Mail – reportage sur les objectifs de développement du tourisme à l'année et durable à Chypre (lien)
- Kathimerini Cyprus – Nicosie comme modèle de tourisme durable (planification urbaine, verdure et lien avec les environs) (lien)
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