Les recettes des touristes étrangers sur les trois premiers trimestres de 2025 ont dépassé 13,4 milliards d’euros, le trimestre d’été a légèrement ralenti
Selon les données de la Banque nationale de Croatie (HNB), les recettes des touristes étrangers au cours des neuf premiers mois de 2025 se sont élevées à 13 milliards et 411 millions d’euros. C’est 1,7 % de plus que sur la même période de 2024, soit 223 millions d’euros de recettes supplémentaires. Bien qu’il s’agisse d’une hausse qui, en rythme annuel, s’inscrit dans la tendance à la stabilisation après des saisons très fortes, le troisième trimestre – période clé de juillet, août et septembre – a apporté une légère baisse. Sur ce trimestre, les recettes, selon les mêmes sources, se sont élevées à 9 milliards et 37 millions d’euros, soit 0,2 % de moins qu’un an plus tôt, c’est-à-dire 21 millions d’euros de moins. À première vue, il s’agit d’un mouvement minimal, mais il est important car il concerne le pic de saison, lorsque la Croatie réalise traditionnellement la plus grande part des dépenses touristiques.
Au ministère du Tourisme et des Sports, on souligne que la combinaison d’une hausse sur les neuf premiers mois et d’un léger déficit au cœur de l’été ne signale pas un retournement, mais une sensibilité croissante de la demande. Le ministre Tonči Glavina, dans une déclaration accompagnant la publication des données, a souligné que la HNB et le système eVisitor confirment une croissance stable et durable en 2025, avec une orientation stratégique vers la qualité et une plus forte valeur ajoutée. Il a particulièrement mis en avant que la Croatie a, en 2025, dépassé pour la première fois 110 millions de nuitées touristiques, ce qui est présenté comme le résultat de l’allongement de la saison et d’une meilleure répartition des flux туристiques. Dans le même temps, précisément parce qu’il s’agit du sommet de l’été, la moindre déviation des recettes alimente le débat sur les prix, la compétitivité et les attentes des clients. Le message est que la croissance n’est plus acquise : elle doit être « gagnée » par un rapport réel entre prix et qualité.
Chiffres clés publiés par la HNB : plus sur neuf mois, moins au troisième trimestre
Selon le communiqué du ministère du Tourisme et des Sports, sur les neuf premiers mois de 2025, les recettes des touristes étrangers ont atteint 13,411 milliards d’euros. Par rapport à la même période de 2024, cela représente une hausse de 1,7 %, soit 223 millions d’euros de plus en valeur absolue. Au troisième trimestre 2025, les recettes se sont élevées à 9,037 milliards d’euros, soit 0,2 % de moins qu’au troisième trimestre 2024. Un écart de 21 millions d’euros à l’échelle du trimestre est statistiquement faible, mais important sur le fond car il concerne le pic de saison, lorsque se forme la perception de la destination et de la « valeur pour l’argent ». C’est précisément pourquoi il n’est pas ignoré dans la communication publique, mais utilisé comme un signal et un avertissement.
- Recettes des touristes étrangers (I.–IX. 2025) : 13,411 mrd € (+1,7 % par rapport à I.–IX. 2024)
- Écart par rapport à I.–IX. 2024 : +223 m €
- Recettes du tourisme (IIIe trimestre 2025) : 9,037 mrd € (–0,2 % par rapport au IIIe trimestre 2024)
- Écart au IIIe trimestre : –21 m €
La HNB, dans son communiqué accompagnant les données de balance des paiements, a également indiqué des valeurs arrondies confirmant la même tendance : les recettes du tourisme au troisième trimestre ont légèrement reculé d’environ 9,06 à environ 9,04 milliards d’euros. Dans le même document, la HNB indique que l’excédent du compte courant et du compte de capital de la balance des paiements au troisième trimestre 2025 s’est élevé à 4,39 milliards d’euros, soit moins qu’au même trimestre de l’année précédente, avec des évolutions sur plusieurs postes tels que les biens, le revenu primaire et les services. Cette vision plus large montre pourquoi les recettes touristiques sont suivies au-delà du secteur : elles constituent un poste important des exportations de services et l’un des canaux les plus visibles d’entrées de devises. Quand, au troisième trimestre, elles bougent ne serait-ce que d’une fraction de point, cela se ressent immédiatement dans les indicateurs globaux et dans les attentes pour la saison suivante. C’est pourquoi le chiffre de 9,037 milliards d’euros n’est pas lu uniquement comme une statistique touristique, mais aussi comme une partie du « thermomètre » économique.
Message du ministère : les prix doivent être réalistes, et la qualité visible
Le ministre Tonči Glavina a relié la baisse du troisième trimestre à un sujet sur lequel son ministère alertait depuis des mois : la compétitivité des prix. Dans sa déclaration, l’accent est mis sur le fait que les appels à des prix « réalistes et compétitifs » étaient fondés, car au pic de saison, le moindre écart par rapport à la valeur attendue est sanctionné plus rapidement par le marché. Le ministère indique par ailleurs que des recherches signalent un intérêt plus faible pour les voyages précisément à cette période de l’année ; il est donc, disent-ils, nécessaire d’éviter une situation où les prix dépasseraient la perception réelle de la qualité. En pratique, cela signifie qu’une hausse doit être justifiée par un nouveau niveau de service, un meilleur contenu ou un standard clair, et pas seulement par la « demande touristique ». Le message s’adresse au secteur privé comme au secteur public, car l’expérience de la destination dépend de toute la chaîne de services, de l’hébergement et la restauration jusqu’au transport local et aux activités.
Un message similaire a été porté par le ministre et le directeur de l’Office national croate du tourisme, Kristjan Staničić, lors d’une conférence tenue le 22 décembre 2025. Il y a été souligné que 2025 est une année record avec plus de 21,6 millions de touristes et environ 110 millions de nuitées, mais que la clé pour 2026 est la stabilisation des prix. Leurs déclarations mettent aussi en avant une tendance plus large : davantage de voyages hors été, des séjours plus courts et des budgets plus prudents, avec une recherche de plus en plus marquée de destinations offrant une valeur claire. Dans ce contexte, Staničić a souligné que la « valeur pour l’argent » deviendra déterminante et qu’il faut être sage sur les prix, plutôt que de compter sur l’inertie de la demande. Une telle évaluation ne signifie pas qu’on s’attend à un affaiblissement dramatique de la saison, mais que la concurrence se jouera dans les nuances et que le client choisira de plus en plus là où il a le sentiment de payer au juste prix.
Record de 110 millions de nuitées : un tournant, mais aussi la question de la capacité
Au ministère du Tourisme et des Sports, le chiffre de plus de 110 millions de nuitées en 2025 est interprété comme un résultat historique qui confirme la stabilité de la demande. Ce record est également utilisé comme preuve que la croissance s’étend progressivement au-delà des mois d’été, ce qui est important pour les destinations qui cherchent depuis des années un modèle de développement plus équilibré. Lors de la conférence de décembre, le ministre a ajouté que, pour la première fois, la croissance a été « davantage réalisée hors été », et que les manifestations de l’Avent ont également contribué à un bon mois de décembre, en mentionnant une hausse des arrivées et des nuitées ce mois-là par rapport à l’année précédente. Cela renforce l’argument selon lequel l’année touristique ne doit pas être réduite à deux mois d’été, mais que la croissance peut aussi se construire sur l’avant-saison et l’après-saison. Dans la pratique, cela peut apporter un travail plus stable, des contrats saisonniers plus longs et de plus grandes possibilités d’investir dans la qualité.
Le léger déficit du troisième trimestre renforce encore ce débat. Il suggère qu’un grand nombre de nuitées ne signifie pas automatiquement une hausse plus forte des recettes dans la période la plus importante de l’année, surtout si la structure de la dépense change. En pratique, cela peut signifier davantage de séjours courts, des dépenses sur place plus prudentes ou une sensibilité accrue aux prix dans les restaurants, les transports et les activités supplémentaires. Dans ces conditions, une stratégie fondée uniquement sur « une nouvelle année record » devient risquée, car le marché réagit plus vite et la demande se reporte plus facilement vers la concurrence. C’est pourquoi on entend de plus en plus que l’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée, et pas seulement le nombre d’arrivées et de nuitées.
Comparaison avec 2016 : croissance de long terme des recettes, mais un marché différent
Dans sa déclaration accompagnant les données, le ministre Tonči Glavina a également rappelé la comparaison avec 2016 : les recettes sur les trois premiers trimestres ont augmenté de 83 %, et sur le seul troisième trimestre de 72 %. Ces comparaisons soulignent combien le secteur s’est renforcé au cours de la dernière décennie, en termes de dépense totale, de capacités et de reconnaissance internationale. Toutefois, elles montrent aussi que le marché actuel a une dynamique et des attentes différentes de celles d’il y a une dizaine d’années. Le client est mieux informé, compare plus facilement l’offre et change plus rapidement de destination, surtout lorsqu’il a le sentiment que le prix « s’éloigne » de l’expérience. C’est pourquoi une hausse de 1,7 % sur neuf mois est interprétée comme un signal de stabilité, mais aussi comme un avertissement : la période de « croissance automatique » est derrière le secteur.
Dans le même cadre public, lors de la conférence de décembre, Glavina a aussi parlé de la réforme du tourisme, notamment sur la structure de l’hébergement. Il a souligné que l’objectif est d’arrêter l’expansion de l’hébergement familial afin d’obtenir à long terme une structure plus durable, et qu’en 2025, pour la première fois, une baisse du nombre de lits est enregistrée dans ce segment, avec une baisse attendue d’ici la fin de l’année. Dans le même contexte, il a évoqué une hausse du taux d’occupation moyen et l’idée que cela encourage une utilisation plus efficace des capacités existantes et ouvre un espace pour la location de long terme. Les annonces publiques mentionnent aussi des modifications réglementaires liées à la main-d’œuvre ainsi que la préparation d’une nouvelle loi sur l’activité de restauration, avec un accent sur la lutte contre les activités non enregistrées dans les ménages. Ce sont autant de thèmes qui, selon les messages du ministère, doivent influencer la qualité de l’offre et la durabilité du développement, et indirectement aussi le côté recettes du tourisme.
Tourisme dans la balance des paiements : pourquoi les recettes touristiques sont lues comme un indicateur macroéconomique
Les recettes touristiques publiées par la HNB sont suivies aussi parce qu’elles font partie de la balance des paiements, c’est-à-dire d’un système de données qui montre les transactions entre résidents et non-résidents. Les dépenses des visiteurs étrangers en Croatie y sont traitées comme des exportations de services, et influencent donc directement le solde du compte courant. Lorsque le tourisme augmente, cela peut atténuer les effets négatifs d’une hausse des importations et d’autres évolutions défavorables, car les entrées de devises via les services améliorent la position extérieure globale. Lorsque la croissance ralentit ou qu’un déficit apparaît au troisième trimestre, cela se voit aussi dans les indicateurs macroéconomiques, et les chiffres deviennent partie prenante d’un débat plus large sur la compétitivité. C’est pourquoi les recettes touristiques sont souvent lues comme un indicateur qui dépasse les frontières du seul secteur.
Le communiqué de la HNB pour le troisième trimestre 2025 montre que l’image d’ensemble ne peut pas être réduite au seul tourisme, car l’explication mentionne des changements sur plusieurs postes, y compris le revenu primaire et les échanges de biens. Malgré tout, les recettes touristiques restent la partie la plus visible des exportations de services, d’autant que la plus grande part des recettes est réalisée précisément au troisième trimestre. C’est pourquoi même des variations minimales à cette période reçoivent une forte attention : elles signalent la direction de la demande et d’éventuels changements dans la perception de la destination. Pour les décideurs, c’est une donnée importante, car le tourisme en Croatie est souvent considéré comme l’une des sources clés de stabilité du compte extérieur. Pour le secteur, c’est le message que la qualité et le prix ne peuvent pas être dissociés, car au final, la statistique de la balance des paiements enregistre le résultat de l’offre collective et de la perception collective du client.
Ce qui est attendu en 2026 : stabilisation des prix et renforcement de la « valeur pour l’argent »
Lors de la conférence de décembre 2025, le ministre Glavina, répondant à une question sur les recettes attendues pour l’ensemble de 2025, a déclaré que l’estimation de la HNB tenait toujours, selon laquelle les recettes des touristes étrangers pourraient augmenter jusqu’à environ 15,5 milliards d’euros. Parallèlement, il a été indiqué que 2026 pourrait être similaire en volume, mais que l’essentiel sera la stabilisation des prix et l’adaptation de l’offre aux attentes des clients. Dans les mêmes interventions publiques, des sujets ont aussi été évoqués qui influeront sur la saison : main-d’œuvre, régulation des activités non enregistrées et nécessité de justifier la hausse des prix par une nouvelle qualité. Staničić a annoncé une promotion plus forte et un accent sur les canaux numériques, avec le message qu’un travail particulier sera mené sur les marchés où une baisse a été enregistrée en 2025. En résumé, l’objectif est clair : maintenir le volume, mais consolider la réputation d’une destination offrant un rapport équitable entre prix et expérience.
Pour les lecteurs et le secteur, la conclusion la plus importante qui ressort des données disponibles est que la Croatie aborde 2026 avec de fortes attentes, mais aussi avec un test clair. Les recettes totales des neuf premiers mois de 2025 ont augmenté, ce qui confirme que l’intérêt pour la destination reste fort. En même temps, le léger déficit du troisième trimestre montre que l’été devient plus sensible aux prix et à la concurrence, et que le rapport entre prix et qualité sera le critère clé. Si l’accent se déplace réellement vers une saison plus équilibrée et une plus forte valeur ajoutée, alors le déficit de 0,2 % du troisième trimestre sera une leçon importante, et non une simple note de bas de page dans les statistiques. Au final, le tourisme croate entrera en 2026 avec de fortes attentes, mais aussi avec un test clair : peut-il maintenir des chiffres records tout en veillant à ce que la valeur suive le prix.
Sources :- Ministère du Tourisme et des Sports de la République de Croatie – communiqué sur les recettes des touristes étrangers sur les neuf premiers mois de 2025 (lien : mint.gov.hr)- Banque nationale de Croatie – communiqué « Légère baisse des recettes touristiques au troisième trimestre 2025. » (lien : hnb.hr)- HRT/Hina – compte rendu de la conférence du ministère du Tourisme et des Sports et de la HTZ (22/12/2025) sur le tourisme 2025 et l’accent sur la stabilisation des prix (lien : vijesti.hrt.hr)
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Heure de création: 05 janvier, 2026