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Évacuation sûre d’un avion : pourquoi le bagage cabine doit rester pendant les consignes de l’équipage

La campagne de l’IATA « Save a Life, Not a Bag » rappelle aux passagers qu’en cas d’évacuation d’urgence d’un avion, les bagages cabine doivent rester à bord. Les équipages, la FAA et l’EASA insistent sur une règle simple : chaque seconde compte, et les sacs peuvent bloquer les issues, ralentir la sortie et mettre des vies en danger

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Évacuation sûre d’un avion : pourquoi le bagage cabine doit rester pendant les consignes de l’équipage Karlobag.eu / illustration

L’IATA lance la campagne “Save a Life, Not a Bag” : lors de l’évacuation d’un avion, les sacs doivent rester derrière les passagers

L’Association internationale du transport aérien IATA a lancé le 8 juin 2026 la campagne mondiale de sécurité “Save a Life, Not a Bag”, qui rappelle aux passagers l’une des règles les plus importantes lors d’une évacuation d’urgence d’un avion : les bagages cabine, sacs, valises, effets personnels et téléphones portables ne doivent pas être emportés au moment de quitter la cabine. Selon le communiqué de l’IATA publié à Rio de Janeiro, la campagne vise l’habitude dangereuse d’une partie des passagers qui, malgré les consignes de l’équipage, s’arrêtent pour récupérer des objets dans les compartiments au-dessus des sièges ou pour filmer l’évacuation. Un tel comportement, indique l’association, peut bloquer les couloirs et les sorties, ralentir le déplacement des autres passagers, endommager les toboggans d’évacuation et mettre directement des vies en danger. L’IATA résume le message par la règle selon laquelle, lors d’une évacuation, il faut écouter l’équipage, laisser tous les objets et se diriger le plus rapidement possible vers la sortie utilisable la plus proche. La campagne est également soutenue par les régulateurs de la sécurité du transport aérien, notamment l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne EASA et l’administration fédérale américaine de l’aviation FAA.

Pourquoi quelques secondes peuvent changer l’issue d’une évacuation

Lors d’une évacuation d’urgence d’un avion, le temps n’est pas une catégorie abstraite, mais un facteur de sécurité essentiel. Selon l’IATA, les passagers qui s’arrêtent pour récupérer un sac ou des effets personnels ralentissent non seulement leur propre progression, mais aussi celle de toutes les personnes qui se trouvent derrière eux dans l’espace étroit de la cabine. Dans l’alerte de sécurité aux opérateurs SAFO 25003, la FAA a indiqué que les tentatives des passagers d’emporter des bagages à main peuvent entraver considérablement les procédures d’évacuation et augmenter la possibilité de blessures ou de conséquences mortelles. Le même document avertit que les bagages peuvent créer des encombrements dans les couloirs et aux sorties, augmenter le risque de trébuchements et de chutes, endommager les toboggans d’évacuation et prolonger le temps nécessaire pour sortir de l’avion dans des circonstances de fumée, d’incendie ou de dommages structurels. La FAA souligne en outre que tout retard causé par la récupération de bagages peut avoir une incidence importante sur les chances de survie lorsque les conditions se détériorent rapidement. C’est aussi la raison pour laquelle le message de la campagne ne concerne pas seulement le passager individuel, mais la sécurité de toutes les personnes dans la cabine.

Selon Willie Walsh, directeur général de l’IATA, prendre des sacs pendant une évacuation n’est ni une infraction mineure ni une erreur anodine. Dans l’annonce de la campagne, Walsh a déclaré qu’un seul sac suffit à affecter l’évacuation sûre de toutes les personnes à bord de l’avion. Dans de telles situations, l’équipage est formé pour donner des consignes courtes et directes, et les passagers doivent les exécuter sans discussion ni délai. L’IATA souligne que les pertes de temps critiques se produisent souvent précisément au niveau des compartiments au-dessus des sièges, où le passager doit se lever, ouvrir le compartiment, sortir le bagage et seulement ensuite rejoindre le mouvement vers la sortie. Dans l’espace exigu de la cabine et sous stress, une telle action peut arrêter toute une file de passagers, surtout si la visibilité est réduite ou si les personnes essaient de se diriger vers la même sortie.

Les règles sont simples, mais une partie des passagers ne les applique pas

Dans le cadre de la préparation de la campagne, l’IATA a commandé une étude auprès de passagers ayant récemment voyagé aux États-Unis, au Royaume-Uni, aux Émirats arabes unis et à Singapour. Selon les résultats publiés par l’association, 80 pour cent des personnes interrogées ont déclaré savoir quoi faire lors d’une évacuation d’urgence, mais seulement 61 pour cent ont répondu correctement qu’il fallait laisser tous les effets personnels et sortir immédiatement de l’avion. L’étude a également montré que 33 pour cent des personnes interrogées avaient vu des informations sur des passagers qui prennent leurs bagages pendant une évacuation, et parmi elles 22 pour cent ont indiqué qu’elles se comporteraient probablement elles-mêmes de la même manière. L’IATA souligne que de nombreux passagers surestiment le temps prévu pour l’évacuation : seulement 18 pour cent des personnes interrogées savaient que les procédures d’évacuation sont conçues autour d’un repère de sécurité de 90 secondes, tandis que 38 pour cent pensaient que cette procédure pouvait durer trois minutes ou plus. Une personne interrogée sur dix a reconnu qu’elle prendrait peut-être quand même ses bagages ou suivrait d’autres personnes qui le font, même si on lui disait de ne pas le faire.

Les données de l’étude expliquent pourquoi la campagne ne s’en tient pas seulement au message général “écoutez l’équipage”. L’IATA indique que 60 pour cent des personnes interrogées disent qu’elles seraient moins susceptibles de prendre leurs bagages si les petites choses indispensables, comme le passeport, l’argent ou les médicaments, étaient déjà sécurisées sur elles. C’est pourquoi la campagne conseille aux passagers de réfléchir à l’avance, avant le décollage et l’atterrissage, à ce qui leur est réellement indispensable et de garder ces petits objets sur eux, et non dans un sac placé dans le compartiment. Cela ne signifie pas qu’il faut tendre la main vers des objets lors d’une évacuation, mais que l’habitude de préparation doit être créée avant qu’une situation exceptionnelle ne se produise. Selon l’IATA, le message a également été élaboré avec la contribution d’experts du comportement humain afin d’être simple, mémorable et suffisamment direct pour les passagers dans des circonstances stressantes.

Ce que les passagers doivent faire lorsque l’équipage ordonne l’évacuation

Dans la campagne, l’IATA met en avant six comportements de sécurité que chaque passager devrait retenir avant le vol. Ces règles ne remplacent pas les consignes du personnel de cabine, mais en sont un résumé pour une situation dans laquelle les décisions se prennent en quelques secondes. Dans ses lignes directrices, l’EASA souligne également que la première tâche des passagers est d’écouter l’équipage de cabine, de prêter attention à la démonstration de sécurité et de lire la carte de sécurité, car la disposition des sorties et des équipements n’est pas la même dans tous les avions. L’agence européenne avertit particulièrement que les bagages doivent être laissés derrière soi, car tenter de sauver ses affaires rend la sortie plus difficile tant pour le passager qui porte le sac que pour ceux qui se trouvent derrière lui. Lors d’une évacuation réelle, selon l’EASA, les passagers peuvent être en état de choc, avec des enfants, âgés ou moins mobiles, de sorte qu’un déplacement discipliné et rapide est encore plus important que dans les conditions contrôlées des exercices.

  • Écouter immédiatement les consignes de l’équipage et les suivre.
  • Laisser tous les bagages cabine et effets personnels.
  • Ne pas filmer ni photographier l’évacuation.
  • Maintenir les couloirs et les sorties dégagés.
  • Ne pas emporter de sacs sur les toboggans d’évacuation.
  • Avant le décollage et l’atterrissage, sécuriser sur soi les petites choses indispensables, par exemple les médicaments ou les documents de voyage.

Dans son alerte de sécurité, la FAA a recommandé aux compagnies aériennes de réexaminer les procédures d’évacuation, la formation, les annonces de sécurité et les ordres de l’équipage afin de traiter plus clairement le non-respect des consignes, notamment en lien avec la prise de bagages à main. Parmi les recommandations figurent des messages standardisés et courts à destination des passagers, une consigne claire selon laquelle tous les sacs et effets personnels doivent être laissés sans exception, une information plus efficace des passagers assis dans les rangées de sorties ainsi que des contenus visuels dans les terminaux et les zones d’embarquement. La FAA propose également l’utilisation de symboles ou de pictogrammes universellement compréhensibles afin que le message soit transmis au-delà des barrières linguistiques. Le document souligne particulièrement la responsabilité collective : l’idée que tout le monde laisse les sacs devrait devenir un comportement attendu et normal lors d’une évacuation. C’est important, car dans les situations de crise, les gens s’orientent souvent d’après les actions des autres passagers, de sorte qu’un comportement erroné peut provoquer un nouveau retard.

La norme de sécurité de 90 secondes n’est pas une garantie sans la coopération des passagers

Dans les discussions sur les évacuations, le repère de sécurité de 90 secondes est souvent mentionné. Selon la réglementation américaine en vigueur 14 CFR 25.803, pour les avions de plus de 44 sièges passagers, il doit être démontré que le nombre maximal autorisé de passagers et l’équipage prescrit peuvent être évacués de l’avion vers le sol dans des conditions d’urgence simulées en moins de 90 secondes. Dans son explication des procédures d’évacuation, l’EASA indique que, lors de la certification des grands avions, il est vérifié si l’avion peut être entièrement évacué en 90 secondes ou moins, en utilisant seulement la moitié des sorties. L’agence avertit toutefois que de tels tests sont menés dans des conditions simulées et contrôlées, avec des passagers informés et physiquement aptes, tandis qu’un accident réel peut impliquer de la panique, de la fumée, des personnes blessées, des enfants, des passagers âgés ou une visibilité limitée. C’est pourquoi 90 secondes ne constituent pas une réserve confortable, mais un objectif de sécurité très exigeant qui suppose une réaction rapide de toutes les personnes dans la cabine.

Florian Guillermet, directeur exécutif de l’EASA, a déclaré dans le communiqué de l’IATA qu’une évacuation rapide en situation d’urgence sauve des vies. Selon ses mots, les avions sont certifiés selon des normes d’évacuation strictes et les équipages sont largement formés aux situations d’urgence afin que chaque passager ait la meilleure chance possible de survivre. Mais Guillermet a souligné que ce système ne peut fonctionner lors d’un événement réel que si les passagers font leur part : suivre les consignes de l’équipage, laisser tous les bagages et se déplacer rapidement vers la sortie utilisable la plus proche. Un message similaire a été donné par Bryan Bedford, administrateur de la FAA, qui a averti que la FAA enregistre un nombre croissant de passagers qui, lors de situations d’urgence, ne suivent pas les consignes de l’équipage. Bedford a souligné que dans de tels moments, le respect des consignes est essentiel et que les passagers doivent agir rapidement, sans hésitation et sans effets personnels.

Les téléphones portables et l’enregistrement sont devenus un problème de sécurité supplémentaire

La campagne “Save a Life, Not a Bag” n’avertit pas seulement contre les sacs, mais aussi contre le fait de filmer et de photographier pendant l’évacuation. L’IATA indique que la campagne est lancée après un nombre croissant de cas dans lesquels des passagers se sont arrêtés pendant l’évacuation pour prendre leurs bagages ou pour photographier et filmer l’événement, et les preuves d’un tel comportement se voient souvent dans des vidéos publiées sur internet. Filmer peut paraître moins dangereux que sortir une valise, mais en pratique cela crée aussi un arrêt, détourne l’attention et peut perturber l’exécution des ordres de l’équipage. Dans une cabine où chaque personne doit immédiatement se lever, avancer et quitter l’avion, même un bref arrêt pour un téléphone portable peut réduire la fluidité du passage. C’est pourquoi l’IATA inclut dans les messages de base de la campagne une consigne explicite de ne pas filmer et de ne pas photographier pendant l’évacuation.

Un risque particulier apparaît lorsqu’un passager essaie simultanément de porter un enfant et un sac ou plusieurs effets personnels. Dans son communiqué, l’IATA avertit que des cas ont été recensés dans lesquels des passagers, lors d’une évacuation, portent à la fois des nourrissons et des bagages, mettant ainsi en danger, au moment critique, leur propre stabilité et la sécurité des autres. Un bagage à main sur un toboggan d’évacuation peut blesser d’autres passagers, endommager l’équipement ou percer le toboggan, qui doit rester utilisable pour toutes les personnes sortant après les premières personnes évacuées. Les sacs peuvent s’accrocher aux sièges, cloisons ou équipements, et le passager qui les porte n’a plus les mains libres pour se tenir, protéger sa tête ou aider un enfant. C’est précisément pourquoi les messages de sécurité aérienne soulignent de plus en plus que les effets personnels ne font pas partie de l’évacuation.

La responsabilité est partagée entre l’industrie, l’équipage et les passagers

L’IATA annonce que les supports numériques de la campagne pourront être utilisés dans la communication des compagnies aériennes, des partenaires de l’industrie, des médias et d’autres acteurs du transport aérien. Les supports comprennent des messages clairs qui peuvent être affichés sur des sites internet, dans des applications, sur les réseaux sociaux et dans d’autres canaux par lesquels les passagers sont informés avant le vol. Dans ses recommandations aux opérateurs, la FAA est allée dans le même sens et a indiqué que les compagnies aériennes devraient également envisager des messages visuels dans les terminaux et les zones d’embarquement. L’objectif n’est pas de créer une peur de l’avion, mais d’adopter une habitude simple qui, dans des situations rares mais graves, peut avoir une importance décisive. Le transport aérien reste un système de sécurité extrêmement réglementé, mais lors d’une évacuation, ce système dépend du fait que les passagers ne transforment pas leurs bagages personnels en obstacle pour les autres.

Nick Careen, vice-président principal de l’IATA chargé des opérations, de la sûreté et de la sécurité, a déclaré que la plupart des passagers savent ce qu’ils doivent faire en cas d’accident, mais qu’il existe chez une partie des passagers une lacune importante de connaissances qui pourrait entraîner des conséquences catastrophiques. Selon son évaluation, même un ou deux passagers qui consacrent quelques secondes supplémentaires à rassembler leurs effets personnels peuvent mettre des vies en danger. C’est pourquoi l’IATA présente la campagne comme un rappel de ce qui est le plus important lors d’une évacuation : survivre et permettre aux autres d’en faire autant. Les bagages peuvent être remplacés, les documents peuvent être réémis et les objets perdus signalés à la compagnie aérienne, mais le temps perdu dans la fumée, le feu ou la panique ne peut pas être récupéré. Le message “Save a Life, Not a Bag” est donc volontairement direct : au moment de l’évacuation d’un avion, on sauve une vie, pas un sac.

Sources :
- IATA – communiqué sur le lancement de la campagne “Save a Life, Not a Bag”, les déclarations de l’IATA, de l’EASA et de la FAA ainsi que les résultats de l’étude auprès des passagers (lien)
- IATA – page de la campagne destinée aux passagers avec les règles de comportement sûr pendant l’évacuation (lien)
- Federal Aviation Administration – alerte de sécurité SAFO 25003 sur les risques liés au fait d’emporter des bagages à main pendant une évacuation d’urgence (lien)
- European Union Aviation Safety Agency – lignes directrices sur le comportement des passagers et la sécurité de l’évacuation des avions (lien)
- eCFR – texte actuel de la disposition 14 CFR 25.803 sur l’évacuation des avions dans des conditions d’urgence simulées (lien)

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