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Les recettes provenant des touristes étrangers en Croatie en 2025 ont atteint 15,3 milliards d’euros, et 2026 ouvre de nouvelles questions

Découvrez comment la Croatie a atteint en 2025 un record de 15,298 milliards d’euros de recettes provenant des touristes étrangers et ce que les données sur les arrivées, les nuitées, les prix et les premiers mois de 2026 révèlent sur la véritable force et les défis du tourisme national.

Les recettes provenant des touristes étrangers en Croatie en 2025 ont atteint 15,3 milliards d’euros, et 2026 ouvre de nouvelles questions
Photo by: Domagoj Skledar - illustration/ arhiva (vlastita)

Les recettes provenant des touristes étrangers en 2025 ont atteint 15,298 milliards d’euros, le tourisme croate aborde la nouvelle saison avec une base record et des attentes prudentes

En 2025, la Croatie a encaissé 15 milliards et 298 millions d’euros de la part des touristes étrangers, poursuivant ainsi la croissance des recettes touristiques, mais à un rythme sensiblement plus modéré que durant la période de forte reprise post-pandémique. Selon les données publiées, il s’agit d’une hausse de 2 pour cent par rapport à 2024, soit 292,5 millions d’euros de plus que l’année précédente. Le tourisme croate a ainsi confirmé qu’il continue de générer des effets financiers très élevés, mais aussi qu’il entre dans une phase où ce n’est plus seulement l’augmentation du trafic physique qui est décisive, mais aussi la qualité de l’offre, la structure des visiteurs, la durée du séjour ainsi que la résilience du secteur face aux changements dans l’environnement européen et mondial.

En fin d’année, les recettes ont également progressé. Au quatrième trimestre 2025, les touristes étrangers ont dépensé en Croatie 1 milliard et 886 millions d’euros, soit 3,8 pour cent de plus que durant la même période de 2024. Cette donnée est importante, car elle suggère que le résultat en matière de recettes ne s’est pas appuyé exclusivement sur le pic de la saison estivale, mais qu’une certaine résilience s’est maintenue même en dehors des principaux mois d’été. Dans un pays qui continue de réaliser la plus grande partie de son trafic touristique sur l’Adriatique, tout renforcement de l’avant-saison et de l’arrière-saison revêt un poids supplémentaire, non seulement pour les recettes totales, mais aussi pour une charge plus équilibrée des infrastructures, du marché du travail et des communautés locales.

La croissance des recettes est plus lente que les précédents bonds, mais la base est record

À première vue, une croissance de 2 pour cent peut sembler plus modeste que les résultats auxquels le public s’est habitué ces dernières années. Mais un tel chiffre doit être observé dans un contexte plus large. Le tourisme croate avait déjà atteint un niveau de recettes très élevé lors des saisons précédentes, de sorte que chaque nouvelle hausse se produit à partir d’une base record. C’est précisément pourquoi une croissance en pourcentage relativement modérée signifie, en valeur absolue, près de 300 millions d’euros supplémentaires de recettes en provenance de l’étranger. En même temps, ce résultat intervient à une période où les ménages européens restent exposés à la pression du coût de la vie, aux incertitudes géopolitiques et aux changements des habitudes de consommation, surtout lorsqu’il s’agit de planifier des voyages.

Le ministère du Tourisme et des Sports estime qu’il s’agit d’une confirmation de la poursuite de la croissance du tourisme croate d’une manière plus réfléchie et plus durable à long terme. Le ministre Tonči Glavina a souligné qu’avec des records d’arrivées et de nuitées, des recettes record ont également été réalisées, mais il a aussi averti qu’en raison des défis et des incertitudes mondiaux, il est délicat de formuler des prévisions précises pour le reste de l’année 2026. Son message est important, car il montre que même au sommet de l’État, on insiste de plus en plus sur la responsabilité dans la conception de l’offre et de la politique tarifaire, c’est-à-dire sur le fait que le tourisme ne peut pas durablement compter seulement sur la réputation de la destination et sur ses avantages naturels, mais doit tenir compte du rapport entre le prix et la qualité.

Le résultat financier record a également été accompagné d’une hausse du trafic physique

Les données du Bureau croate des statistiques montrent qu’en hébergement commercial, un total de 20,7 millions d’arrivées et de 94,8 millions de nuitées de touristes a été enregistré en 2025. Cela représente une hausse de 2,2 pour cent des arrivées et de 1,2 pour cent des nuitées par rapport à 2024. En d’autres termes, la croissance des recettes n’est pas intervenue durant une année de stagnation du trafic physique, mais durant une année où le trafic touristique a continué à progresser, quoique plus modérément qu’auparavant. Cela vient encore étayer la thèse selon laquelle le tourisme croate est entré dans une phase de développement plus mûre, dans laquelle même de plus faibles variations en pourcentage à des niveaux très élevés ont un grand effet sur les recettes, l’emploi et les finances publiques.

Les touristes étrangers ont, quant à eux, réalisé 17,6 millions d’arrivées et 85,6 millions de nuitées, ce qui signifie qu’ils portent toujours l’essentiel du résultat touristique croate. Dans la structure des nuitées totales, leur part s’est élevée à 90,3 pour cent, tandis que les visiteurs nationaux représentaient 9,7 pour cent. Pourtant, les touristes nationaux ont eux aussi joué un rôle stabilisateur important en 2025. Le Bureau croate des statistiques indique que les visiteurs nationaux ont réalisé 3,1 millions d’arrivées et 9,2 millions de nuitées, avec des taux de croissance sensiblement plus élevés que les visiteurs étrangers. C’est un signal important pour un secteur qui, en période d’incertitude et de changements sur les marchés émetteurs, compte de plus en plus aussi sur la demande intérieure comme amortisseur des oscillations.

L’Allemagne reste le marché émetteur le plus important, mais la structure de la demande devient plus diversifiée

Parmi les visiteurs étrangers, l’Allemagne a conservé en 2025 une position nettement dominante. Les touristes allemands ont réalisé 3 millions d’arrivées et 21 millions de nuitées, ce qui représente près d’un quart de toutes les nuitées des touristes étrangers en Croatie. Bien qu’un léger recul des arrivées et des nuitées allemandes ait été enregistré par rapport à 2024, la domination globale de ce marché n’a pas été remise en cause. Juste derrière l’Allemagne, selon le nombre de nuitées, viennent la Slovénie, l’Autriche, la Pologne, la République tchèque, le Royaume-Uni, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie et les Pays-Bas.

Pour le tourisme croate, cette structure est importante pour au moins deux raisons. Premièrement, elle confirme que la plus grande partie du trafic continue de reposer sur des marchés européens relativement proches, d’où l’on peut rejoindre la Croatie en voiture ou par des vols courts, ce qui s’est montré important même en temps de crise. Deuxièmement, la croissance de certains marchés, comme la Pologne ou le Royaume-Uni, montre que l’espace de diversification s’élargit tout de même. Cela est important parce qu’une dépendance excessive à un ou deux marchés accroît à long terme la vulnérabilité du secteur, surtout lorsqu’un ralentissement économique, un changement des habitudes de voyage ou des perturbations dans les flux de transport se produisent.

L’Adriatique continue de dominer, mais la partie continentale se renforce progressivement

La répartition régionale du trafic touristique continue de montrer clairement la prépondérance de la partie adriatique du pays. Dans la région adriatique, durant 2025, 89,4 millions de nuitées ont été réalisées, soit 94,3 pour cent du total des nuitées en Croatie. Cela confirme que le tourisme croate continue de s’appuyer en grande partie sur la bande côtière et sur le produit estival. Mais en même temps, on voit aussi un renforcement progressif des destinations continentales. La ville de Zagreb a enregistré 2,7 millions de nuitées, la Croatie pannonienne 1,4 million, et la Croatie du Nord 1,3 million de nuitées, la Croatie du Nord ayant précisément enregistré la plus forte croissance relative parmi les régions.

De telles données sont importantes pour la politique touristique à long terme. Depuis des années, la Croatie tente de réduire la saisonnalité marquée et la forte concentration spatiale du trafic, et tout renforcement des destinations continentales peut signifier davantage d’activité sur toute l’année, une répartition plus équilibrée des bénéfices du tourisme et une pression moindre sur le littoral durant les pics estivaux. Néanmoins, les chiffres montrent clairement que ce processus n’en est encore qu’à un stade précoce. Le continent progresse, mais toujours à partir d’un niveau de départ bien plus bas que l’Adriatique, de sorte qu’un bond plus sérieux nécessite des investissements à plus long terme dans la connectivité des transports, les contenus, la notoriété et le développement de produits qui ne sont pas liés au soleil et à la mer.

L’Istrie reste le comté leader, et la répartition des forces sur la côte ne change pas de façon significative

Au niveau des comtés, c’est toujours le comté d’Istrie qui enregistre le plus grand nombre d’arrivées et de nuitées. En 2025, on y a enregistré 5 millions d’arrivées et 28,3 millions de nuitées, soit près d’un tiers de toutes les nuitées en Croatie. Viennent ensuite le comté de Split-Dalmatie avec 18,4 millions de nuitées et le comté de Primorje-Gorski Kotar avec 15,5 millions de nuitées. Une telle répartition confirme que les principales régions touristiques conservent leur force, mais aussi qu’il n’y a pas entre elles de changements dramatiques qui indiqueraient un brusque retournement des préférences des visiteurs.

Pour l’Istrie, il est également intéressant de noter qu’une grande partie des nuitées continue d’être réalisée dans les campings et dans des formes similaires d’hébergement, ce qui témoigne de la structure spécifique de son offre et de la forte tradition de certains marchés, avant tout l’allemand et l’autrichien. D’autre part, la Dalmatie conserve un fort appui sur les appartements et l’hébergement hôtelier ainsi que sur la combinaison de villes côtières, d’îles et de destinations à forte demande saisonnière. Dans une telle répartition, le tourisme croate montre à la fois de la stabilité et une certaine rigidité de développement : le modèle de base continue de fonctionner, mais la croissance à long terme dépend de plus en plus de la capacité à accroître la valeur ajoutée par visiteur et par nuitée.

Ce que disent les premiers mois de 2026

Les premiers indicateurs officiels pour 2026 pointent vers une poursuite de l’activité, mais sans marge pour un optimisme excessif. Selon les données de l’Office national croate du tourisme issues du système eVisitor, en janvier 2026, 271.864 arrivées et 783.799 nuitées ont été enregistrées, soit davantage que durant le même mois de l’année précédente si l’on observe le trafic total, tandis que le nombre d’arrivées étrangères a été un peu plus faible. En février 2026, le trafic total s’est encore renforcé à 337.151 arrivées et 837.839 nuitées, les visiteurs étrangers ayant réalisé 175.698 arrivées et 521.886 nuitées, soit un meilleur résultat qu’en février 2025.

Ces données, à elles seules, ne peuvent pas fixer le ton de toute l’année, mais elles sont utiles comme signal. Elles montrent que 2026 ne s’est pas ouverte sur une baisse qui indiquerait un affaiblissement plus sérieux de la demande, mais aussi que le marché reste sensible et changeant. C’est précisément ce que souligne le ministre Glavina lorsqu’il parle de décisions de voyage prises toujours plus tardivement. En pratique, cela signifie que les réservations, le taux d’occupation et le niveau de dépense seront probablement encore plus fortement qu’auparavant liés aux prix, à la perception du rapport qualité-prix, aux conditions de sécurité et au revenu disponible des visiteurs sur les principaux marchés émetteurs.

Les prix, la compétitivité et la perception de la valeur deviennent le thème central

Ces dernières saisons, la question des prix dans le tourisme, de l’hébergement et de la restauration aux services annexes, a souvent été soulevée dans l’espace public national. Avec des recettes record, il est facile de donner l’impression que la hausse des prix n’a pas de conséquences plus sérieuses, mais à long terme, cette hypothèse n’est pas durable. Sur le marché méditerranéen, la Croatie est en concurrence avec toute une série de destinations qui ciblent également des visiteurs européens au pouvoir d’achat moyen et élevé, et les décisions de voyage se prennent de plus en plus souvent en comparant le coût total, la qualité de l’hébergement, l’accessibilité des transports et l’étendue de l’offre.

C’est pourquoi l’avertissement sur la nécessité d’une politique tarifaire responsable est plus qu’un message politique habituel. Si la croissance des recettes repose de manière excessive sur la hausse des prix, et moins sur l’amélioration de la qualité et de la productivité, alors la destination peut à court terme conserver de bons résultats, mais à long terme elle risque une fidélité plus faible des visiteurs et une sensibilité accrue au premier choc extérieur plus sérieux. À l’inverse, un modèle plus durable suppose d’investir dans la qualité de l’hébergement, les infrastructures publiques, la durabilité, les ressources humaines, la numérisation et des contenus grâce auxquels le visiteur ne laisse pas davantage d’argent seulement parce que tout est plus cher, mais parce qu’il reçoit davantage de valeur.

Le tourisme reste un puissant moteur d’exportation de l’économie croate

Les recettes provenant des touristes étrangers ne sont pas importantes seulement pour les hôteliers, les loueurs, les restaurateurs et les budgets locaux. Elles constituent une part importante des exportations de services et l’une des sources clés d’entrée de devises dans l’économie croate. C’est pourquoi l’évolution des recettes touristiques est régulièrement au centre de l’attention de la Banque nationale de Croatie, et pas seulement du ministère compétent. Quand le tourisme progresse, les effets se répercutent sur le commerce, les transports, le secteur alimentaire, la construction, l’emploi et les recettes fiscales. Lorsqu’il ralentit, les conséquences se font également sentir bien au-delà de la seule industrie touristique.

C’est précisément pour cette raison que le résultat de 15,298 milliards d’euros revêt aussi une signification macroéconomique plus large. Il confirme que le tourisme reste l’un des plus solides piliers de l’économie croate, mais il ouvre aussi davantage la question de son poids dans la structure économique globale du pays. La grande force du tourisme est un avantage, mais en même temps aussi un rappel de la nécessité de diversifier l’économie. Pour un pays comme la Croatie, un bon résultat touristique est extrêmement important, mais il est encore plus important que ce résultat ne masque pas les faiblesses d’autres secteurs et ne retarde pas les changements de développement nécessaires.

Entre l’année record 2025 et l’année incertaine 2026

Lorsque toutes les données sont placées dans le même cadre, l’image est claire : en 2025, la Croatie a atteint un nouveau niveau record de recettes provenant des touristes étrangers, avec une hausse des arrivées et des nuitées, une domination stable des principaux marchés européens et le maintien d’une forte concentration côtière du trafic. Dans le même temps, les premiers indicateurs de 2026 ne suggèrent pas un revirement soudain, mais pas non plus une saison que quiconque de sérieux pourrait déclarer d’avance facile ou certaine. Le secteur touristique entre dans une période où, plus qu’auparavant, ce seront l’ajustement précis des prix, la qualité et le positionnement sur le marché qui seront décisifs.

Pour le tourisme croate, c’est peut-être le message le plus important de l’année record 2025. Des recettes élevées ne sont plus en elles-mêmes une explication suffisante du succès, mais un point de départ pour une question plus exigeante : le pays peut-il maintenir un fort intérêt des visiteurs tout en augmentant la qualité, en réduisant la saisonnalité, en étendant l’activité touristique en dehors des zones les plus chargées et en évitant le piège de la perception d’une destination trop chère. La réponse à cette question déterminera non seulement la portée de 2026, mais aussi l’orientation du tourisme croate dans les années à venir.

Sources :
- Ministère du Tourisme et des Sports de la République de Croatie – publication sur les recettes provenant des touristes étrangers en 2025 et sur la déclaration du ministre Tonči Glavina (lien)
- Banque nationale de Croatie – publication statistique sur la balance des paiements pour le quatrième trimestre 2025 et page actualisée de la balance des paiements (lien)
- Bureau croate des statistiques – communiqué annuel sur les arrivées et les nuitées des touristes dans les hébergements commerciaux en 2025 (lien)
- Office national croate du tourisme – indicateurs mensuels du déroulement de l’année touristique pour janvier et février 2026 issus du système eVisitor (lien)

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Heure de création: 2 heures avant

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